-
Par caro64, le 29/01/2011
Le camp des morts de
Craig Johnson
Ce sont les plumes de hibou qui sont signes de mort, les messagères de l'autre monde. La plume d'aigle est un signe de vie, elle renvoie à toutes les activités des vivants : faire la pluie, planter et récolter dans les champs, pêcher en abondance, protéger les maisons et guérir les maladies. Elle est considérée comme le souffle de la vie, incarnant le pouvoir et l'esprit de l'oiseau dont elle était autrefois un élément vivant.
-
Par BMR, le 19/05/2010
Le camp des morts de
Craig Johnson
[...] Ils utilisaient du feu dans le temps.
Le vieux cow-boy voulait dire que les gars qui avaient la fantaisie de mourir pendant l’hiver au Wyoming trouvaient le repos éternel sous un mètre cinquante de terre gelée.
- Ils construisaient un feu de joie et le laissaient brûler quelques heures pour que ça dégèle, et ensuite ils creusaient la tombe.
Jules enleva le bouchon d’une flasque qu’il avait tirée de la poche poitrine de sa veste en jean, une véritable loque, et s’appuya sur sa pelle complètement pourrie. Il faisait - 2 °C, il ne portait rien d’autre que cette veste en jean et il ne frissonnait même pas ; la flasque y était probablement pour quelque chose.
La suite de ce premier chapitre est disponible sur le site de l'éditeur.
> lire la suite
-
Par caro64, le 21/01/2011
Little Bird de
Craig Johnson
Je regardai les traînées de nuages reflétées par la lune. Il avait l’air de faire froid dans la montagne. Nous étions dans la cinquième année d’un cycle de sécheresse et les ranchers se réjouiraient de voir l’humidité s’accumuler là-haut. Au printemps, l’eau porteuse de vie descendrait le long des précipices, faisant pousser l’herbe, nourrissant les vaches, pour qu’on ait des hamburgers et que le shérif soit payé. C’était dans l’ordre naturel des choses, ou du moins, c’était ce que les ranchers me disaient et me répétaient.
-
Par caro64, le 29/01/2011
Le camp des morts de
Craig Johnson
Nous avons placé une partie considérable de notre personnel sur cette affaire et nous faisons tout notre possible pour clore rapidement cet incident.
Qu'allais-je dire d'autre ? Que nous n'étions que trois personnes et demie, et que nous allions faire durer l'enquête aussi longtemps que possible, juste pour avoir quelque chose à faire ? Je redoutais le ronronnement monologique qui accompagnait ces déclarations publiques et je vivais dans la peur que ma bouche s'ouvre un jour et que la vérité en sorte. ››
-
Par caro64, le 21/01/2011
Little Bird de
Craig Johnson
Les moutons s’en étaient donné à cœur joie. La veste orange était déchirée à l’endroit où ils avaient essayé de la bouffer, les manches de sa chemise de flanelle étaient en loques, et même ses bottes donnaient l’impression d’avoir été grignotées. Ils avaient dormis couchés sur lui, récupérant les dernières parcelles d’énergie de feu Cody Pritchard à mesure que son corps refroidissait. Enfin, au grand dam des types du labo, ils avaient chié sur le cadavre.
Je tendis le bras vers les moutons au pied de la colline.
- J’imagine que tu va vouloir interroger les témoins.
> lire la suite
-
Par kathel, le 22/11/2010
Le camp des morts de
Craig Johnson
Je secouai la tête et baissai les yeux vers le poêle. Il réchauffait un peu notre coin d’univers et je sortis les épaules du duvet.
— Est-ce que tu vas te décider à dire autre chose que “oui” ?
Et j’ajoutai précipitamment :
— Ne réponds pas à cette question.
Le vent soufflait fort, battant contre les parois en bois de la vieille station essence Sinclair que Henry Standing Bear avait convertie en bar. Le Red Pony était en bordure de la Réserve, et le vent était plus ancien ici. J’écoutai les voix des Vieux Cheyennes qui descendaient du Nord-Ouest pour aller se perdre dans les Black Hills. J’avais vécu des épisodes hallucinatoires lors de la première tempête de neige de la saison, tout au moins, c’était ainsi que j’avais décidé de les appeler, mais d’une certaine façon les Vieux Cheyennes me manquaient. Ils n’étaient pas les seuls à me manquer. Je gardai pendant une seconde le goût amer du café dans ma bouche. Ce n’était la faute de personne ; j’étais en mode silence radio.
> lire la suite
-
Par caro64, le 21/01/2011
Little Bird de
Craig Johnson
Son ton était hésitant et j’étais certain qu’il y avait quelque chose à creuser, là. Alors, j’avais utilisé un de mes vieux trucs de flic et je lui avais demandé s’il n’y avait pas quelque chose qu’elle voulait me dire. Elle avait utilisé un de ses vieux trucs de mère et m’avait répondu non. Les trucs de flics ne font pas le poids devant les trucs de mère.
-
Par caro64, le 21/01/2011
Little Bird de
Craig Johnson
Je regardai les traînées de nuages reflétées par la lune. Il avait l’air de faire froid dans la montagne. Nous étions dans la cinquième année d’un cycle de sécheresse et les ranchers se réjouiraient de voir l’humidité s’accumuler là-haut. Au printemps, l’eau porteuse de vie descendrait le long des précipices, faisant pousser l’herbe, nourrissant les vaches, pour qu’on ait des hamburgers et que le shérif soit payé. C’était dans l’ordre naturel des choses, ou du moins, c’était ce que les ranchers me disaient et me répétaient.
-
Par caro64, le 21/01/2011
Little Bird de
Craig Johnson
Je repensai à la dernière fois que j’avais vu Cody Pritchard vivant. Il était costaud, bâti comme un quaterback, avec des cheveux blonds bouclés et des yeux bleu clair. Il ressemblait à sa mère, il avait le tempérament de son père et le cerveau de personne. J’avais eu affaire à lui en trois occasions, la dernière étant l’affaire du viol. Cody s’était fait aimé de la communauté indienne locale quand le journal avait cité ses paroles : Ouais, c’est une Peau-Rouge attardée, mais elle l’a bien cherché.
-
Par wictoria, le 07/06/2010
Little Bird de
Craig Johnson
Je descendis la vitre au maximum, c'est à dire à peu près à mi-chemin, et respirai. Dans un contraste frappant, l'air frais du canyon se mêla à l'odeur tiède de moisi qui régnait dans le camion. C'était quelque chose que j'aimais dans le camion de Henry, même si je ne lui avais jamais dit : son odeur chaleureuse de vieux métal, de terre et de cuir. J'avais grandi dans des pick-up comme celui-ci, et j'y trouvais une forme de sécurité, un souvenir sensoriel qui transcendait les marques et les écussons. Je regardais alentour les vestiges de tous ces rêves nomades et pensai à la mobilité de la nostalgie dans l'Ouest. Aucune des roues autour de moi ne retrouverait probablement jamais la route mais restait-il, hébergées dans les intérieurs brûlés par le soleil et dans les carrosseries rouillant lentement, des passions profondément enracinées ? Rien n'était moins sûr, mais l'espoir a souvent un relent d'éternité.
> lire la suite