-
Par sentinelle, le 08/01/2012
Drood
de
Dan Simmons
Dan Simmons prend le risque de dérouter son lectorat fidèle tant ce récit se singularise de ses autres romans : faisant souvent la part belle au fantastique, à l’horreur et au polar, l’auteur semble bien suivre cette direction coutumière dans les cent cinquante premières pages du roman mais ce n’est que pour mieux ensuite relâcher l’intrigue afin de plonger tête la première dans le roman psychologique pur jus. Biographie romancée des cinq dernières années de la vie de Charles Dickens à travers le regard embrumé de l’opiomane Wilkie Collins, qui surnomme son mentor non sans humour teinté de sarcasme l’Inimitable, c’est avec étonnement que nous suivons les relations ambigües de ces deux hommes tour à tour jaloux, envieux, admiratifs, aimants, haineux ou manipulateurs.
La surprise fut de taille en ce qui me concerne, ne m’attendant pas du tout à cette tournure au cours du récit. Il n’empêche que la balade fut intéressante, tant Dan Simmons reste tout de même Dan Simmons : horreur des bas-fonds londoniens, prisme déformant de la réalité à travers les yeux du narrateur (Wilkie Collins) drogué au laudanum, folies hallucinatoires, autodestructions et aliénations diverses, manipulations mentales et pouvoir de suggestion. Et même si on sent que l’auteur s'est énormément documenté sur cette époque, il arrive à donner à ces personnages une telle épaisseur qu’on a l’impression à la fin du roman de les avoir réellement côtoyés.
Drood n’évite malheureusement pas certaines longueurs dues à de multiples détails et répétitions qui alourdissent le récit.
Les amateurs de C. Dickens et de W. Collins se délecteront à coup sûr, les autres peut-être aussi, sachant qu’il s’agit avant tout d’un roman plus psychologique que terrifique. Un roman qui prend du temps et qui prend son temps, mais j’y ai trouvé mon compte au final, même si l’auteur m’a prise au dépourvu tant je m’attendais initialement à autre chose. Avec cette impression d’avoir finalement été manipulée à mon tour, mais non sans consentement tacite ;-)
A noter qu’il ne faut pas avoir lu les romans de C. Dickens et de W. Collins pour suivre la trame du récit : on loupe certainement quelques références et mises en correspondance sans pour autant que cela nuise à la compréhension de l’ensemble du roman.
-
Par EMOTION, le 02/11/2011
Drood
de
Dan Simmons
Livre furieux, tumultueux, tendre et violent, livre indispensable pour tous les amoureux de la littérature. Pas seulement pour les connaisseurs de Dickens ou de Wilkie Collins ( dois-je avouer que je pensais jusqu'alors que Wilkie Collins était une femme, encore plus à la lecture de certains de ses romans !) même si cela peut renforcer la puissance de cet ouvrage, mais pour tous les lecteurs qui attendent d'une oeuvre un mystère, une aventure, un style de très haute qualité. Ces 866 pages ont un narrateur, l'écrivain W Collins, qui nous entretient des mystères de Londres, des cinq dernières années de la vie de Charles Dickens, de la création littéraire, de ses jalousies et de ses haines entre écrivains mais aussi de leur admiration réciproque. Quel merveilleux narrateur que ce W Collins, écrivain opiomane qui navigue souvent dans les espaces les plus sombres de l'âme humaine ! Ce livre se déroule dans un climat gothique où règne l'ombre de ce mystérieux personnage qui se nomme Drood. Est-il une création de Dickens ou un esprit foncièrement malfaisant qui a recours aux rites de l'ancienne Égypte pour instituer sa domination sur les êtres ? Cathédrales mystérieuses, assassinats,cryptes reliées par des couloirs infinis, magnétisme, peuple vivant dans les sous-sols de Londres, cet ensemble participe à la création d'un livre unique et tellement éloigné du nombrilisme de certains romanciers .
-
Par MarieC, le 03/02/2012
Drood
de
Dan Simmons
Après la fulgurance des Cantos d'Hypérion, la démesure d'Ilium, Drood ne peut que désarçonner ceux qui suivent Dan Simmons. Si, comme dans les Cantos, le héros est un grand écrivain, si on retrouve quelques mythes littéraires - les bas fonds de Londres à l'époque victorienne - Drood n'est ni un ouvrage de science fiction, ni un livre de fantasy. Dan Simmons joue, tout au long du livre, à brouiller les pistes : le lecteur s'imagine tantôt que l'intrigue va basculer dans le fantastique, avec le personnage horrifique de Drood et les divers fantômes qui hantent le narrateur, tantôt dans l'aventure ou le policier, avec des passages où on sent les personnages tout proches du meurtre. Parfois, on est strictement dans l'autobiographie romancée d'écrivain... Un chaud-froid qui dure tout le livre, le dénouement ne permet d'ailleurs pas de trancher définitivement. Au final, il reste un roman psychologique, qui donne très envie de (re)lire Dickens et Wilkie Collins, mais qui exaspère parfois par ses longueurs.
-
Par Woland, le 16/12/2010
Terreur
de
Dan Simmons
The Terror
Traduction : Jean-Daniel Brèque
Extraits
Personnages
Soyons francs et restons lucides en ce glacialissime début de décembre : "Terreur" n'est pas un roman à lire en pareille saison. Tout d'abord parce que, d'un bout à l'autre, et en dépit de quelques longueurs, le récit vous tient si bien en haleine que vous restez scotché à votre exemplaire, n'utilisant que les muscles des doigts de votre main pour tourner les pages et, partant, exposant ainsi tout le reste de votre corps à un refroidissement progressif, sournois et très désagréable. Ensuite parce que le théâtre de l'intrigue n'est autre que la banquise, une banquise aveuglante qui refuse de dégeler ses habituels chenaux d'"eaux libres" quand arrive ce qui, sur le continent arctique, passe pour l'été, une banquise magistralement dépeinte, dans son horreur blanche et figée, par Dan Simmons.
De celui-ci, j'avais à peine entamé "L'Echiquier du Mal" que je bâillais, dégoûtée comme d'habitude par ces pseudo-nazis qui surgissent d'un passé horrifiant pour façonner un présent et un futur tout aussi épouvantables. Fuyant la prise de tête et toutes formes de clichés politiquement corrects, je laissai donc tomber - et sans regrets - ce qui, pourtant jusqu'à ce jour, est considéré comme le chef-d'oeuvre de son auteur.
Mais "Terreur" et son contexte historique - l'expédition polaire menée par Sir John Franklin, qui quitta les rives verdoyantes de l'Angleterre le 19 mai 1845 - m'intéressaient et même me passionnaient. Allez savoir pourquoi, moi que la vue de deux centimètres de neige sur le trottoir d'en face incite à prendre ma plus belle plume pour rédiger mon testament ... j'adore tous les récits, fictionnels ou non, qui tournent autour des expéditions polaires.
Le roman de Simmons offrait en outre l'avantage d'une pointe fantastique : la présence, en vedette américaine, sur l'horrifique banquise, d'une créature non identifiée (mais blanche, elle aussi, cela tombe sous le sens), plus grande qu'un homme, se déplaçant soit à quatre pattes, soit comme un parfait bipède, et traquant impitoyablement jusque sur les ponts des navires de l'expédition tout marin susceptible de lui fournir un bon repas.
La sauce prendrait-elle ? Ou - le propos est de circonstance - se figerait-elle bêtement, formant des gruaux indigestes ?
Eh ! bien, ce fut un régal. Découpage solide, personnages fermement dessinés et qui s'enrichissent au fur et à mesure que progresse le récit, ambiance étouffante et claustrophobe, réflexions suggérées sur la Mort et la survie, fin relativement heureuse pour au moins l'un des membres de l'expédition Franklin, le tout artistiquement rehaussé çà et là par quelques pointes inexpliquées de fantastique et d'horreur - mais non de gore - "Terreur" tient toutes ses promesses.
Bref, un conseil : mettez votre exemplaire au congélateur jusqu'au printemps, réchauffez-le un peu, assaisonnez avec le confort d'un bon fauteuil et le réconfort d'un paquet de gâteaux ou d'une boîte de chocolats, et puis consommez, sans modération. Vous aurez si froid pendant toute votre lecture que, de toutes façons, vous ne prendrez pas un seul gramme.
-
Par Guitou, le 27/04/2011
L'Echiquier du mal, tome 1
de
Dan Simmons
Génial, ce livre transpire le mal et les plaisirs sordides. On se réjouit de voir à quel point Dan Simmons parvient à nous dégoûter tout en nous fascinant et on se prend à croire que ces manipulateurs existent peut-être vraiment. Tout semble calculé, on s'attache à tous les personnages d'une façon ou d'une autre et le dénouement est jouissif. Formidable et repoussant, les deux ingrédients d'un excellent bouquin.
-
Par gizzmoo, le 26/01/2011
Les Cantos d'Hypérion, tome 1 : Hypérion 1
de
Dan Simmons
Un des plus grand cycle de la science Fiction tout simplement !
-
Par yueyin, le 27/03/2009
Hypérion
de
Dan Simmons
La planète Hypérion aux confins du Retz recèle de multiples mystères. Planète Labyrinthique, dotée d'artéfacts étrangers à l'expansion humaine, abritant des phénomènes temporels inexpliqués et une créature de cauchemard, appelée le Gritche, devenue en quelques années la divinité d'une religion sanglante, elle n'a jamais intégré le Retz, même en temps que colonie. Comme si des forces de l'ombre oeuvraient à la tenir l'écart de l'Hégémonie.(...)
Lien : http://lireouimaisquoi.over-blog.com/
-
Par Delaetitia, le 04/12/2008
Terreur
de
Dan Simmons
Familier des récits de science-fiction et d’horreur, Dan Simmons s’essaye cette fois-ci au roman historique. Terreur est un savant mélange d’aventure et de fantastique très efficace. Tiré d’un fait réel - la disparition de l’expédition du commandant John Franklin dans les eaux de l’Arctique, l’auteur relate sa version toute personnelle de ce drame qui ne cesse encore aujourd’hui de fasciner. Le lecteur se verra diriger, à la fin du livre, vers une longue bibliographie consacrée à cette tragédie. Redoutable huit-clos, Terreur nous précipite dans un long cauchemar qui ne semble avoir aucune fin, quand lors de l’hiver 1845, le HMS Terror et le HMS Erebus sont prisonniers des glaces. Les 129 hommes et officiers devront dès lors, affronter nombre de dangers dont le froid, la faim, la maladie mais plus que tout, un prédateur polaire au regard de démon. Cette créature qui semble issue de la mythologie inuit rôde autour de leur prison de glace et traque les survivants avec une patience démoniaque. Et ce n’est pas cette jeune inuit, surnommée Lady Silence - secourue par les marins du Terror -, qui les éclairera sur LA chose.
Mais le fait est, que, dans cet enfer blanc, l’homme reste pour lui-même son pire ennemi. Les conditions de vie se détériorant peu à peu, la discipline est mise à mal, les mutineries menacent, la folie gangrène inexorablement les hommes et les conséquences en seront dramatiques. La personnalité de ces nombreux personnages est parfaitement cernée par l’auteur qui ne manque pas de leur laisser la parole. Chaque chapitre alterne les points de vue ou les souvenirs des protagonistes. Tour à tour, Sir John Franklin, le capitaine Fitzjames et son confrère du HMS Terror, le capitaine Crozier, le Dr Goodsir et bien d’autres retracent avec souffle ce drame historique. La peur qui les gagne un peu plus chaque jour est bien réelle et devient même contagieuse pour le lecteur. Le climat qui règne dans ces pages prend peu à peu de l’ampleur à l’instar du suspense qui tient en haleine le lecteur jusqu’à la dernière page malgré un contexte historique et une fin connus. Grâce à un travail de documentation pointu, Dan Simmons nous fait partager le quotidien de ses hommes isolés du monde.
Terreur se révèle être un pavé fascinant, qui ne laisse pas de glace et dont le rythme lent s’ajuste habilement avec ces longues années perdues à jamais dans les glaces de l’Arctique ! Lecteurs, je vous dis bon vent à bord du Terror…
-
Par bibliomanu, le 12/11/2008
Terreur
de
Dan Simmons
Une fois de plus, j'ai été la victime de critiques dithyrambiques. Déjà lorsque l'édition originale était sortie, à en croire les tabloïds on pouvait être sûr que " Terror " était un monument, qu'il était flagrant que Dan Simmons avait pris un grand plaisir à écrire ce livre là. Alors forcément, quand on a dévoré un livre comme Hypérion, qu'on vous dit qu'il s'agit enfin d'un Grand Dan Simmons, et que ce n'est pas une seule personne qui vous le dit, vous filez chez votre libraire préféré si tant est que vous en ayez un, vous lui prenez le livre et rentrez chez vous en admirant sans cesse la couverture sur le chemin du retour, risquez de vous cogner à trois personnes et à deux poteaux en vous disant qu'après tout, rien ne vous empêche de lire à nouveau la quatrième de couverture ou les premières pages en marchant. A votre domicile, vous vérifiez que les volets sont bien fermés et enfilez enfin votre costume de super-héros qui sort tout juste du pressing, le masque rutilant, la cape ultra-souple. Paré. Les premières impressions sont excellentes. Dan Simmons part d'une histoire véridique, à savoir la disparition de deux navires partis à la découverte du Grand Nord, au milieu du XIXème siècle. A travers l'évocation de plusieurs protagonistes mis en lumière, le lecteur devient le témoin de cet emprisonnement dans la glace et de la survie des équipages dans un univers plus qu'hostile. Une survie rendue d'autant plus ardue à partir du moment où une chose – Créature ? Entité? - se régale de couper en menus morceaux ou de faire disparaître ces chers matelots.
L'univers est parfaitement campé : les conditions extrêmes, la Bête inaccessible, quasimment invisible, l'état moral et physique de l'équipage. On en tremblerait. Vous en tremblez. Un temps. Parce qu'ensuite, l'intérêt s'érode farouchement. Vous commencez à bouger sur votre fauteuil, car vous ne pouvez faire autrement que d'imaginer la suite, vous l'anticipez et puis...vous vous rendez compte que tout ceci sent le déjà-vu, qu'à part cette sensation de claustrophobie qui vous glace le sang artificiellement et qui tend à s'estomper, l'ennui se fait sentir. Sachant qu'il vous faudra écrire un billet sur ce livre qui sent la déception à plein nez quand d'autres crient au chef-d'oeuvre, vous ne voyez qu'une seule solution, sortir une carte " les goûts et les couleurs " cousu dans votre costume, au niveau de la cuisse. Vous l'aviez mise ainsi parce que vous rechignez à l'utiliser. Trop facile, pensez-vous, vraiment trop facile. Et vraiment trop bien cousu ! Alors, naturellement, vous renoncez. Car , il ne s'agit pas uniquement de goûts et de couleurs. Ce n'est pas que cela.
Que l'aventure soit perçue par l'alternance des points de vue de plusieurs personnages, soit. Mais que celle-ci s'opère avec des flash-back incessants, où vous vous retrouvez blackboulés un an en arrière, voire plus, où des bonshommes que l'on sait avoir péri dès le départ, ressurgissent tout à coup pour expliquer le comment du pourquoi, ça commence à sentir le joyeux bordel, si je puis me permettre. Sans compter que cela favorise une impression de longueur, de redondance dans l'action, à partir du moment où vous sentez que l'histoire est pliée d'avance. Ils vont mourir les uns après les autres dans de terribles souffrances, peu en réchapperont mais ils auront été au bout d'eux-mêmes...
Enfin, à l'instar d'un Stephen Baxter, auteur de SF qui connaît une renommée fulgurante ces dernières années (il n'y a qu'à constater le florilège de parutions et d'articles enjôleurs !), ce qui déraille ici, ce sont les personnages, impénétrables, trop froids. Alors bien sûr, ils appartiennent pour la plupart à la Marine, se retrouvent dans une situation d'extrême tension, mais bon sang de bon sang, on a du carton pâte en guise de héros. Le cadre, parfait, l'ambiance parfaite mais alors les zozos qui arrivent avec leur costume mal cousus, leur maquillage, leurs artifices, ça ne colle pas. On tient là le plus gros défaut de Terreur, et de certains autres bouquins de Dan Simmons (Nuit d'été, Les fils de l'éternité, L'Homme nu...). A vouloir reprendre une histoire, vraie, à combler les trous, on ne tombe pas dans certains travers qui consistent à déformer une réalité pour en transposer une autre qui, au final, ne fait qu'édulcorer l'ensemble. Ou alors, on le fait jusqu'au bout. Et là, ce n'est pas une histoire de goût et de couleurs, c'est une histoire de style !
Ceci dit vous vous faites la réflexion que vous même, vous seriez bien incapable de pondre ne serait-ce que la moitié d'un truc pareil. C'est vrai. Mais est-ce pour autant une raison pour que le lecteur accepte tout ce qu'on lui donne à lire, hein ?
-
Par claracambry, le 22/11/2011
Drood
de
Dan Simmons
Le 9 juin 1865, le train où Dickens se trouve déraille. L’auteur, miraculé, descend de son wagon pour porter secours aux nombreux blessés. Il rencontre un étrange personnage blafard, une vision presque sortie des ténèbres au nom de Drood. Perturbé par cet évènement, il met dans la confidence l’écrivain Wilkie Collins qui est également son ami.
O toi lecteur innocent de maintenant et de plus tard, ô toi la pauvre créature innocente qui mettra la main sur ce livre, sois méfiante ! Car cet ouvrage ensorcelant est une source de plaisir incommensurable ( oui, oui et oui !). De joie, tu pourras crier et tes nuits seront écourtées. Pas la peine de lire forcément un livre classé X sous le manteau pour éprouver des frissons d’extase (Monsieur s’est d'ailleurs demandé pourquoi je frétillais autant… )! Sans avoir à se cacher de honte, il suffit de se munir de ce livre et rien d’autre.
La suite sur :
http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/dan-simmons-drood.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/dan-simmons-drood.html
-
Par BlackWolf, le 12/10/2011
Drood
de
Dan Simmons
En Résumé : Dan Simmons m'a encore bluffé avec ce livre qui m'a offert un excellent moment de lecture. L'auteur nous offre ne nouvelle fois une histoire, mélange des gens entre historique, policier et fantastique, vraiment maîtrisée du début à la fin et surprenante. Rien n'est laissé au hasard dans ce livre et les personnages sont vraiment cohérents, humains et vraiment complexes et denses. La plume de l'auteur est complexe et soignée et le rythme est lent et pourtant j'ai savouré chacune des 880 pages de ce livre.
Lien : http://blog-o-livre.over-blog.com/article-drood-dan-simmons-86430718.html
-
Par gizzmoo, le 26/01/2011
Les Cantos d'Hypérion, tome 2 : Hypérion 2
de
Dan Simmons
On devient vite accro à Dan simmons
-
Par Passionlectures, le 05/11/2011
Drood
de
Dan Simmons
Rédigé à la première personne par Wilkie Collins, Drood est, avant d'être un roman mystérieux à la poursuite de l'insaisissable Drood, une histoire des relations qu'entetenait Collins avec Charles Dickens, un piquant mélange d'admiration, d'estime, et de jalousie pouvant mener à la haine. Obsédé par Dickens, dans sa quête de succès pour affirmer sa supériorité littéraire sur son maître, Wilkie Collins s'empare progressivement du mystère de Drood, au moment même où Dickens s'en éloigne. Mais dans le même temps, il augmente sa consommation d'opium, qui lui sert à soulager ses douleurs rhumatismales, et, bien que conscient de certaines hallucinations, les frontières se brouillent au point que le lecteur est complètement pris dans les péripéties vécues par Collins, sans pouvoir démêler le vrai du faux...
Je n'avais jamais lu de livre de Dan Simmons, pourtant connu avec le cycle d'Hypérion, mais autant vous dire tout de suite que j'ai été subjuguée par ce roman. L'époque à laquelle il se passe (entre 1865 et 1870), les protagonistes (les écrivains Wilkie Collins et Charles Dickens), les sujets même du livre (le mystérieux Drood, les bas-fonds de Londres et leurs fumeries d'opium embrumées, l'écriture et l'inspiration littéraire...), TOUT était réuni pour me faire apprécier ce livre, mais je ne m'attendais pas à être à ce point transportée par cette histoire. Je ne connaissais que très peu Dickens et pas du tout Collins avant cette lecture. Malgré des passages jugés par certains ennuyeux ou trop érudits, j'ai énormément apprécié tous les détails que nous donne l'auteur sur ces écrivains, leurs rituels d'écriture, leur quotidien, leurs vie en famille... On découvre par exemple l’ambiguïté de Dickens qui réunissait dans un esprit familial ses enfants et amis pour les fêtes de Noël, mais n'avait pas hésité quelques années plus tôt à renvoyer sa femme assez violemment. Wilkie Collins de son côté jongle avec nonchalance entre ses deux maîtresses ! Le dénouement fut complètement à la hauteur de mes attentes et fait donc de ce roman un énorme coup de coeur pour moi.
Pour ceux qui souhaiteraient vraiment apprécier les passages relatifs à l'écriture, je conseille fortement de lire La Pierre de lune, de Wilkie Collins, avant d'attaquer Drood, notamment pour suivre les discussions très intéressantes entre Collins et Dickens à propos de ce roman, de son intrigue et de ses personnages. En revanche, n'ayant pas lu Le Mystère d'Edwin Drood, je ne sais pas dans quelle mesure Dan Simmons s'est servi de ce roman inachevé pour inspirer le sien !
Lien : http://passionlectures.wordpress.com/2011/11/05/drood-dan-simmons/
-
Par Lirio, le 08/10/2011
Terreur
de
Dan Simmons
Aujourd’hui encore, les historiens ne savent pas avec exactitude ce qui a causé la perte de la tristement célèbre « Expédition Franklin »…
En 1845, deux navires de la Royal Navy , l’Erebus et le Terror, quittent l’Angleterre en direction du Grand Nord sous le commandement de Sir John Franklin pour trouver un passage navigable vers l’Extrême-orient. Trois années plus tard, les deux bâtiments sont bloqués dans les glaces arctiques avec leurs équipages, après y avoir subi plusieurs pénibles hivernages. A l’isolement et aux températures glaciales s’ajoutent la pénurie de nourriture, le scorbut, les mutineries et une folie grandissante qui pousse certains hommes aux pires extrémités. De plus, une mystérieuse créature sanguinaire massacre régulièrement les matelots avant de s’évanouir sans traces sur la banquise. Quelle malédiction poursuit les malheureux marins perdus dans l’enfer blanc de ces terres hostiles ?
Au fil des pages, dans un huis-clos étouffant, le lecteur assiste au lent calvaire des 129 membres de l’expédition Franklin, jusqu’à leur inexorable disparition. S’inspirant largement de faits réels, Dan Simmons y insuffle suffisamment de suspense et de fantastique pour tenir le lecteur captif d’une somptueuse intrigue. Magistral !
-
Par Francois-Xavier, le 18/09/2011
Drood
de
Dan Simmons
Il faut aller jusqu'à la fin du livre pour apprécier la qualité de l'intrigue. Un excellent livre qui m'a accompagné une quinzaine de jours.
Pourtant je ne le recommanderai qu'à un "public averti" : amateur du XIX de Lovecraft, Dickens, Wilkie Collins, Henri James et accepter se laisser mener page après page.
-
Par cannibalector, le 18/06/2011
Terreur
de
Dan Simmons
je ne veux pas plagier maladroitement les excellentes critiques faites sur ce livre mais juste vous faire partager mes impressions fugaces, quand,à l'aube j'ai referme la quatrième de couverture
-le génie sans travail n'est qu'une sale manie(brassens):simmons,c'est le contraire:on peut critiquer son style mais pas l'énorme recherche documentaire historique, géographique, sociologique, maritime faite dans ce livre
-vous connaissez,sans doute, le tableau les montres molles de dali:des montres déformées symbolisent l'incapacité de l'homme à maitriser le temps;dans terror c'est la même idée: un monstre (ours blanc genre King Kong)symbolise ici la peur de l'inconnu (ou la peur de l'autre-c'est la même chose)
-j'espère,qu'à l issue de cet excellent roman,nous aurons tous moins peur de ce qui nous semble différent
-
Par gizzmoo, le 26/01/2011
Les Cantos d'Hypérion, Tome 4 : La chute d'Hypérion : Tome 2
de
Dan Simmons
Que dire ? Génial, je suis accro !
-
Par gizzmoo, le 26/01/2011
Les Cantos d'Hypérion, Tome 3 : La chute d'Hypérion : Tome 1
de
Dan Simmons
Quand on aime ce cycle on aile et on continu !
-
Par Philemont, le 01/07/2010
Ilium
de
Dan Simmons
Autant il est facile d’imaginer une réécriture de l’Iliade dans un roman de Fantasy, autant l’exercice peut surprendre dans une oeuvre de Science Fiction. C’est pourtant ce qu’a réalisé Dan SIMMONS dans une vaste fresque en deux volumes, Ilium suivi d’Olympos. Et SIMMONS étant l’auteur que l’on connaît, l’oeuvre mérite que l’on s’y arrête.
L’action d’Ilium, du nom latin de la cité de Troie, se déroule dans le système solaire quelque quatre millénaires en aval de notre XXIème siècle. L’intrigue qui s’y déroule est une trame de trois récits dont la convergence s’achève à la fin d’Olympos, d’après le nom du plus haut relief connu du système solaire, Olympus Mons, volcan bouclier situé sur la planète Mars et culminant à 27 000 mètres.
Les dieux de l’Olympe sont des posthumains. Ils ont depuis longtemps assimilé les arcanes de la physique quantique ce qui leur confère une quasi-immortalité et des pouvoirs illimités. Ils sont ainsi capables de traverser l’espace et le temps, et d’intervenir dans le devenir des hommes. Ils sont basés sur le Mont Olympe de la planète Mars terraformée où est en train de se dérouler une guerre antique, celle de Troie. Les dieux s’amusent bien entendu de ce spectacle et jouent à comparer ce conflit avec celui qui a été narré jadis par HOMERE dans l’Iliade. Pour les aider dans cette tache, ils recrutent un corps de vérificateurs, les scholiastes, des humains qui ont vécu pendant l’Ere Perdue et qui sont ressuscités pour surveiller le déroulement du conflit, et signaler le moindre écart avec le poème bien connu. Il est vrai que dans leur première vie ils étaient des hellénistes spécialistes d’HOMERE et de l’Iliade, comme Thomas Hockenberry, Professeur d’université du XXème siècle, que nous suivons tout particulièrement.
Dans la ceinture d’astéroïdes, les moravecs sont des organismes autonomes, conscients et biomécaniques. Nommés ainsi en hommage au roboticien Hans Moravec, ils sont strictement spécialisés et parfaitement adaptés au vide et aux radiations qui règnent dans la ceinture d’astéroïdes ou sur les lunes de Jupiter. Ils s’inquiètent de l’intense activité quantique sur Mars et y dépêchent une expédition à laquelle prennent part Mahnmut et Ophu d’Io. Humanistes tous les deux, ils sont respectivement passionnés par les oeuvres de SHAKESPEARE et de PROUST sur lesquelles ils aiment débattre en toutes circonstances.
Quant à la Terre elle est peuplée de quelques milliers d’humains "à l’ancienne". Ils vivent dispersés sur une planète vidée, se déplaçant d’une de leurs résidences à l’autre en empruntant des portails-fax. Inspirés des Eloïs de WELLS, ils sont totalement oisifs et ne s’interrogent pas sur le monde qui les entoure, ni sur le fonctionnement des machines, serviteurs robotiques qui assurent leur confort, et Voynix qui les protègent des bêtes sauvages, dont les dinosaures ressuscités. Sauf qu’une poignée d’entre eux font figure d’iconoclastes en se posant justement des questions et en cherchant les réponses. Parmi eux il y a Hannah qui s’est mis en tête d’inventer la forge, Harman qui a appris à lire et rêve d’aller dans l’espace pour gagner quelques années de vie supplémentaires, limitée à 100 ans pour tous, Ada et Daeman, tous deux inspirés de Ada ou l’ardeur de Vladimir NABOKOV, la première étant amoureuse d’Harman, le second d’Ada.
Trois histoires dans une grande histoire donc. La première est telle que la mythologie grecque a laissé son empreinte dans l’imaginaire collectif, pleine de bruit et de fureur. La deuxième rend hommage à la technologie poussée à son extrême grâce à laquelle les robots sont plus humains que les hommes eux-mêmes. La troisième montre l’humain dans toute sa faiblesse, totalement inerte dans un monde mécanisé, et obligé de tout réapprendre dès lors que les machines sont défaillantes. Les trois sont traitées avec beaucoup d’humour, ce qui est une première pour Dan SIMMONS. Ce qui n’est pas nouveau en revanche, c’est que l’auteur s’appuie sur une multitude de références littéraires tout au long du roman ; c’est ainsi que Thomas Hockenberry s’appuie sur ses connaissances de scholiaste pour analyser et anticiper les évènements qui se déroulent sous ses yeux, que les moravecs Mahnmut et Ophu d’Io s’en remettent sans cesse à leurs passions respectives pour mieux comprendre les humains, que ces derniers sont contraints d’en revenir à l’écrit pour se sortir d’une situation dans laquelle ils sont totalement démunis. En d’autres termes, la culture d’une manière générale, et la culture littéraire en particulier, sont essentielles pour vivre dans une société civilisée.
Pour toutes ces raisons Ilium/Olympos est une oeuvre d’une grande richesse et les personnages de Thomas Hockenberry, de Mahnmut et d’Ophu d’Io sont particulièrement réussis et attachants. C’est malheureusement moins vrai des humains "à l’ancienne" qui n’en finissent pas de se perdre dans des aventures aussi extraordinaires que peu crédibles. Si cela est peu dérangeant dans le premier volume, qui se concentre surtout sur le scholiaste et les deux moravecs, c’est beaucoup plus pénible dans le second, qui se consacre longuement au pourquoi et au comment du destin de l’humanité à grand renfort de figures mythologiques, certes inspirées des personnages de La Tempête de William SHAKESPEARE, mais pour le moins saugrenues et confuses dans le contexte de ce roman. Mais le ridicule est atteint quand l’élément clé de l’intrigue d’Olympos est dévoilé, et par le biais duquel Dan SIMMONS s’égare dans un militantisme pro-sioniste et franchement anti-palestiniens aussi malvenu que douteux.
La lecture du diptyque Ilium/Olympos ne peut donc qu’engendrer des sentiments mitigés. Si la première partie est enthousiasmante grâce aux aventures martiennes de Thomas Hockenberry et des moravecs, et en dépit des faiblesses des aventures terriennes des humains, la seconde, plus longue et moins rythmée, est bien plus ennuyeuse, voire même agaçante pour le parti pris manifeste de l’auteur. Et comme la seule lecture d’Ilium s’achève sur un sentiment d’inachevé, celle d’Olympos s’impose et fait que ce sont les sentiments négatifs qui dominent une fois le livre refermé. En d’autres termes, on est bien loin de la qualité de nombreuses autres oeuvres de Dan SIMMONS, et notamment de sa précédente oeuvre de Science Fiction, Hypérion.
-
Par gavelin, le 30/03/2010
Les Cantos d'Hypérion, tome 1 : Hypérion 1
de
Dan Simmons
Que dire au lecteur qui va commencer la saga Hypérion si ce n'est que ce cycle va vous rendre asocial le temps que vous arriviez à la fin...
C'est un livre univers fabuleux, intriguant, dans lequel on se plonge avec délectation et duquel on ne ressort pas indemne.
Cet ouvrage vous fait naitres des images splendides, des mondes extraordinaires, des personnages quasi mythologiques.
Je recommande très fortement cet ouvrage et les 7 autres qui le suive !
Effectivement, le rythme est plutot calme, mais les 8 tomes passent cependant bien trop vite : on en redemande !