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Tout bouge autour de moi de
Dany Laferrière
Certaines personnes parviennent à danser ainsi sur les braises. On les traite d’insouciants ou d’irresponsables sans savoir que ce sont pourtant des êtres d’une force d’âme exceptionnelle. S’ils ont traversé cette époque sanglante avec une humeur égale, c’est qu’ils estiment qu’on n’a pas besoin d’ajouter son drame personnel au malheur collectif. (…) Cette grand-mère, pas loin de moi, est en train de remplacer, dans la tête de son petit-fils, ces images horribles par des chansons et des mythologies qu’elle tire de sa mémoire vacillante. (p. 49, “La conversation du matin”).
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Tout bouge autour de moi de
Dany Laferrière
Je me demande comment font les gens pour dormir dans la boue, chaque nuit. (p. 79, “Un tremblement de corps”).
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Tout bouge autour de moi de
Dany Laferrière
« Quel peuple ! » Ces gens sont tellement habitués à chercher la vie dans des conditions difficiles qu’ils porteront l’espérance en enfer. (p. 23, “La marchande de mangues”).
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Tout bouge autour de moi de
Dany Laferrière
Pour Homère si les dieux nous envoient des malheurs c’est pour qu’on en tire des chants. (p. 36, “Mon neveu”).
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Par zabeth55, le 27/01/2012
L'énigme du retour de
Dany Laferrière
Le feu du sud croisant
la glace du nord
fait une mer tempérée de larmes
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Le galop dans la morne plaine du temps
avant de découvrir
qu'il n'y a dans cette vie
ni nord ni sud
ni père ni fils
et que personne
ne sait vraiment où aller
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.La force du non. Faut s'entêter. Se tenir debout derrière son refus. Presque rien qui mérite un oui. Trois ou quatre choses au cours d'une vie. Sinon il faut répondre non sans aucune hésitation.
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Il n'y a que dans une banque, une église ou une bibliothèque qu'on trouve cette qualité de silence. Les hommes ne se taisent que devant l'Argent, Dieu et le Savoir - la grande roue qui les écrase.
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Cette valise m'attendait.
Il a fait confiance au réflexe de son fils.
Ce qu'il ne savait pas
(tais-toi donc, on n'apprend rien à un mort)
c'est que le destin ne se transmet pas de père en fils.
cette valise n'appartient qu'à lui,
Le poids de sa vie.
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Et l'exil du temps est plus impitoyable
que celui de l'espace.
Mon enfance
me manque plus cruellement que mon pays.
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Ma mère ne se baigne pas
dans le fleuve de l'Histoire.
Mais toutes les histoires individuelles
sont comme des rivières qui la traversent.
Elle conserve dans les replis de son corps
les cristaux de douleur de tous ces gens
que je croise dans les rues depuis mon arrivée
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Tout bouge autour de moi de
Dany Laferrière
Je m'attendais à entendre des cris, des hurlements. Rien. On dit en Haïti que tant qu'on n'a pas hurlé, il n'y a pas de mort. Quelqu'un a crié que ce n'était pas prudent de rester sous les arbres. En fait, c'était faux, car pas une branche, pas une fleur n'a bougé malgré les quarante-trois secousses sismiques de cette première nuit. J'entends encore ce silence.
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Par Lune, le 03/02/2011
L'énigme du retour de
Dany Laferrière
Aujourd'hui à cinquante-six ans, je réponds non à tout. Il m'a fallu plus d'un demi-siècle pour retrouver cette force de caractère que j'avais au début. La force du non. Faut s'entêter. Se tenir debout derrière son refus. Presque rien qui mérite un oui. Trois ou quatre choses au cours d'une vie. Sinon il faut répondre non sans aucune hésitation.
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Par luocine, le 04/10/2009
L'énigme du retour de
Dany Laferrière
Si on meurt plus vite qu’ailleurs,
la vie est ici plus intense.
Chacun porte en soi la même somme d’énergie à dépenser
sauf que la flamme est plus vive quand son temps pour la brûler
est plus bref.
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Par Woland, le 03/09/2009
L'énigme du retour de
Dany Laferrière
[...] ... C'est quand même étonnant cette absence de la faim comme thématique qui pourrait intéresser les artistes en quête de sujet. Très peu de romans, de pièces de théâtre, d'opéras ou de ballets ont la faim comme thème central. Et pourtant il y a aujourd'hui un milliard d'affamés de par le monde. Est-ce un sujet trop dur ? On exploite bien la guerre, les épidémies, la mort sous toutes formes possibles. Est-ce un sujet trop cru ? Le sexe s'étale sur tous les écrans de la planète. Alors pourquoi ? Parce que cela ne concerne que des gens sans pouvoir d'achat. L'affamé ne lit pas, ne va pas au musée, ne danse pas. Il attend de crever.
La nourriture est la plus terrifiante des drogues. On y revient toujours : pour certains au moins trois fois par jour, pour d'autres une fois de temps en temps. Gary Victor [autre auteur haïtien] m'a dit qu'il n'a pas connu la grande famine. Moi non plus. Ce qui nous a donné le sentiment qu'on ne sera jamais l'auteur du grand roman haïtien dont le sujet ne peut être que la faim. Roumain l'avait effleuré en faisant de la sécheresse le thème de Gouverneurs de la Rosée. La sécheresse c'est la soif. La terre qui a soif. Je parle de l'homme qui a faim. Bien sûr que la terre nourrit l'homme. J'ai tenté de le consoler en évoquant des sujets peut-être aussi intéressants comme l'exil, mais ça ne fait pas le poids face à l'homme qui a faim. Victor m'a quitté avec une certaine tristesse dans les yeux. ... [...]
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Par Orphea, le 07/05/2011
L'énigme du retour de
Dany Laferrière
En fait, la véritable opposition n'est pas
entre les pays, si différents soient-ils,
mais entre ceux qui ont l'habitude
de vivre sous d'autres latitudes
(même dans une condition d'infériorité)
et ceux qui n'ont jamais fait face
à une culture autre que la leur.
Seul le voyage sans billet de retour
peut nous sauver de la famille, du sang
et de l'esprit de clocher.
Ceux qui n'ont jamais quitté leur village
s'installent dans un temps immobile
qui peut se révéler, à la longue,
nocif pour le caractère.
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