-
Par carre, le 16/07/2012
Mort sur la route de
David Le Breton
Le reste du temps il disposait de la clé de la maison et du frigidaire pour se débrouiller. Il ne manquait de rien, comme lui avait dit une fois sa mère qui lui trouvait l’air un peu triste et le rabrouait à ce propos.
– On t’a toujours tout donné.
Ce jour-là il eut envie de lui répondre que ce n’était pas cela qu’il attendait, mais il s’était arrêté ne sachant pas vraiment ce qu’il attendait d’eux.
> lire la suite
-
Par keisha, le 17/05/2012
Eloge de la marche de
David Le Breton
Le silence est saisonnier. Dans nos contrées, il n'est pas le même en janvier dans un champ enveloppé de neige ou en août dans le bruissement de la multitude des insectes, l'explosion des fleurs et des herbes brûlées par le soleil. Dans un même paysage, jamais le silence n'est égal d'un jour à l'autre." (p 55)
" Margaret Mead déplore avec humour l'invention des bateaux ou des automobiles. Si les hommes n'avaient eu d'autres moyens de se déplacer que leurs jambes, ils ne seraient allées bien loin au cours de leur existence. La vulnérabilité du marcheur est une bonne incitation à la prudence et à l'ouverture à l'autre plutôt qu'à la conquête et au mépris. Une chose est certaine, l'homme qui marche a rarement l'arrogance de l'automobiliste ou de celui qui emprunte le train ou l'avion car il demeure toujours à hauteur d'homme en sentant à chacun de ses pays l'aspérité du monde et la nécessité de se concilier amicalement les passants croisés sur son chemin." (p 62)
" Chaque espace contient en puissance des révélations multiples, c'est pourquoi aucune exploration n'épuise jamais un paysage ou une ville. On ne se lasse que de vivre." (p 74)
"Tout parcours hors des sentiers battus est simultanément animalier" (p 85)
> lire la suite
-
Par keisha, le 13/04/2012
Marcher : Eloge des chemins et de la lenteur de
David Le Breton
La marche est inutile comme toutes les activités essentielles. Superflue et gratuite, elle ne mène à rien sinon à soi-même après d'innombrables détours." (p 31)
"Bien que les pieds de l'homme n'occupent qu'un petit coin de terre, c'est par tout l'espace qu'ils n'occupent pas que l'homme peut marcher sur la terre immense." (Tchouang-Tseu)(p 37)
"Un marcheur est un homme ou une femme qui se sent passionnément vivant et n'oublie jamais que la condition humaine est d'abord une condition corporelle, et que la jouissance du monde est celle de la chair, et d'une possibilité de se mouvoir, de s'extraire de ses racines." (p 51)
"Et parfois une heure seulement dans la forêt ou dans la ville, près de la mer ou sur les collines, suffit à emmener infiniment loin, et pourtant au coeur de soi, et aboutir au retour au sentiment d'y voir plus clair, d'avoir élagué bien des tracas."(p 155)
Pour les urbains, ne pas rater les idées de Pérec pour transformer une promenade en ville...(p 123)
> lire la suite
-
Par becdanlo, le 14/05/2010
Eloge de la marche de
David Le Breton
Il faudrait sans doute raconter bien d'autres balades sous le signe liquide à Calcutta, à Bombay ou à Goa dans l'oubli de la mousson mais dans la nécessité d'être trempés à longueur de journée. Un soir à Pokhara, cette année, tandis que j'écrivais ce texte, une pluie diluvienne a soudain inondé les rues, coupant l'électricité et donnant naissance à un orage spectaculaire dont les éclairs illuminaient plusieurs secondes l'obscurité de la ville. Nous dînions à bonne distance de notre petit hôtel, il a fallu marcher de l'eau jusqu'au genoux, tomber dans quelque trous, croiser quelques vaches immobiles et serrées contre les murs des maisons, inventer le chemin dans une nuit d'encre entre deux éclairs, un beau périple avant d'arriver enfin à bon port. Mais tout cela est aujourd'hui familier. Ce sont des moments de complications provisoires qui donnent leur sel à la marche urbaine et laissent des souvenirs impérissables.
> lire la suite
-
Par Philes67, le 15/06/2012
Marcher : Eloge des chemins et de la lenteur de
David Le Breton
Le marcheur est le seul maître de son temps, il décide de son rythme de progression, s'arrête à sa guise pour observer un détail du paysage ou une source, plonger dans l'eau fraîche d'un lac ou d'une rivière, ou pour musarder dans l'herbe, observer un cortège de fourmis ou suivre le cheminement tortueux d'une couleuvre ou d'un orvet.
-
Par J-line, le 29/04/2012
La saveur du monde : Une anthropologie des sens de
David Le Breton
(… ) le monde et l’homme s’enchevêtrent grâce à un système de signes qui règle leur communication. Les sens ne sont pas seulement une intériorisation du monde en l’homme, ils sont une irrigation de sens, c'est-à-dire une mise en ordre particulière organisant une multitude de donnée.
-
Par J-line, le 29/04/2012
La saveur du monde : Une anthropologie des sens de
David Le Breton
L’individu ne prend conscience de soi qu’à travers le sentir, il éprouve son existence par les résonances sensorielles et perceptives qui ne cessent de le traverser.
-
Par picaflor, le 26/05/2012
La saveur du monde : Une anthropologie des sens de
David Le Breton
Parcourant la même forêt, des individus différents ne sont pas sensibles aux mêmes données. Il y a la forêt du chercheur de champignons, du flâneur, du fugitif, de l'Indien, la forêt du chasseur, du garde-chasse ou du braconnier, celle des amoureux, des égarés, des ornithologues, la forêt aussi des animaux ou de l'arbre, celle du jour et de la nuit.
-
Par Philes67, le 15/06/2012
Marcher : Eloge des chemins et de la lenteur de
David Le Breton
Marcher c'est avoir les pieds sur terre au sens physique et moral du terme, c'est-à-dire de plain-pied dans son existence.
-
Par J-line, le 29/04/2012
La saveur du monde : Une anthropologie des sens de
David Le Breton
L’homme est impuissant à se mouvoir s’il n’éprouve pas la solidité de ses mouvements et la tangibilité de son environnement. La disparition du toucher est une privation de la jouissance du monde (…). Sans point d’appui, sans limite autour de soi pour ressaisir le sens de la présence, l’homme se dissout dans l’espace.