-
L'assassin éthique de
David Liss
Melford s’aperçut que j’observais le centre commercial.
-J’adore la Floride, s’exclama-t-il.
-Tu plaisantes ? Moi, il n’y a rien que je déteste plus. Je n’ai qu’une hâte, me tirer d’ici.
-C’est toi qui plaisantes. Une région qui n’a pas de valeurs, dépourvue de toute orientation culturelle, ne serait-ce que la plus basique. Une région où rien ne compte à part les centres commerciaux et l’immobilier, où on dénombre plus de golfs que d’écoles, où les bâtiments préfabriqués se développent comme des cancers, où vit une population vieillissante et dangereuse au volant, sans parler du Ku Klux Klan, des barons de la drogue, des cyclones et de l’été perpétuel.
-Oui, je confirme mes propos.
Milford secoua la tête.
-En Floride, on finit par vivre dans une ironie permanente. Ça empêche de tomber dans une conscience mensongère.
-Et bien moi, je n’ai qu’une seul envie, partir pour toujours.
-C’est une autre façon de voir les choses.
> lire la suite
-
Par yv1, le 26/01/2012
L'assassin éthique de
David Liss
Certains jours, toutes ces personnes m'inspiraient presque de la condescendance. Ces personnes qui m'observaient d'un air vide tandis que je leur servais mon speech appris par coeur, je les méprisais pour leur apathie, que je jugeais responsable de leur condition sordide. Je pensais que c'était cette mollesse qui les avait menés, et mènerait plus tard leurs enfants, à vivre dans un mobile home déglingué. Parce qu'au fond, ils s'en foutaient. (p.248)
-
Par yv1, le 04/05/2012
Une conspiration de papier de
David Liss
Si tu venais travailler avec moi, tu deviendrais riche, mais tu comprendrais aussi les dangers d'être un Juif fortuné dans ce pays. Nous n'avons pas droit à la propriété, nombre de secteurs d'activité nous ont été interdits. Depuis des siècles nous avons été contraints de nous occuper de leur argent, et dans le même temps, nous sommes honnis parce que justement nous pratiquons la seule activité qu'ils nous ont concédée. (p.605)
-
Par yv1, le 26/01/2012
L'assassin éthique de
David Liss
Le moochie, ce sont les jouets en plastique, les carillons éoliens, les décorations de Noël tape-à-l'oeil qu'on installe trop tôt et qu'on laisse jusqu'au mois de février, tout ce qui suggère que les gens qui vivent là aiment dépenser de l'argent qu'ils n'ont pas pour des choses dont ils n'ont pas besoin ou dont leurs enfants n'ont pas besoin -voilà à peu près ce qu'est le moochie. (p.16)
-
Par yv1, le 26/01/2012
L'assassin éthique de
David Liss
Je n'étais pas censé me trouver là. J'avais été accepté à la Columbia University, mais mes parents avaient refusé de payer l'inscription. Tout ce que je voulais, c'était gagner de l'argent pour la fac, point final. Rien de tout ça ne me concernait ; j'ai fermé les yeux dans l'espoir que tout allait disparaître. Ça n'a rien changé. (p.34)
-
Par yv1, le 04/05/2012
Une conspiration de papier de
David Liss
La presse unanime dénonçait le poids de la dette nationale, qui, disait-on, ne pourrait jamais être remboursée, et ne cessait d'augmenter... C'était une époque d'exubérance et de tumulte, de prospérité et de débauche. (p.8/9)