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Citations de David Toscana (9)


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  • Par antigoneCH, le 13/04/2009

    El ultimo lector de David Toscana

    "Savez-vous que, sur vingt-huit pages publiées, on n'en lit qu'une ? Car il y a des livres qu'on offre à des gens qui ne lisent pas, d'autres échouent dans une bibliothèque sans lecteurs, on en achète pour remplir des étagères, certains sont offerts pour l'achat d'un autre produit, le lecteur se lasse dès le premier chapitre, ils ne sortent jamais de l'entrepôt de l'éditeur, ou bien les livres sont achetés sur un coup de tête. Je viens de me défaire de l'Automne à Madrid, dit Lucio, j'en étais à la page 63, il en restait 208 à lire. Moi, je n'ai pas dépassé la ligne 20, dit-elle. Pour qu'un roman aussi rébarbatif que celui-là arrive à Icamole, il faut la complicité de l'auteur, des correcteurs, des éditeurs, des imprimeurs, des libraires et même des lecteurs, sans compter celle de la femme de l'auteur qui lui dit : Oui, mon chéri, ce que tu écris est vraiment très beau. Délinquance organisée, ajoute-t-il."

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  • Par sentinelle, le 10/12/2010

    Un train pour Tula de David Toscana

    Domenico

    Apprends ce nom qui n’est pas celui d’un homme mais d’un cœur qui part en quête de batailles et de guerres pour se signaler à toi. Domenico n’a pas d’autre musique que le grondement des fusils et le cri des blessés. Tiens-toi prête, Carmen, car le jour où tu t’y attendras le moins, Domenico viendra ravir ton âme.

    Tula, Tamaulipas, 13 février 1863

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  • Par sentinelle, le 10/12/2010

    Un train pour Tula de David Toscana

    — Si cela t’intéresse, mon fils, je peux t’envoyer au séminaire.
    Il fit non de la tête.
    — Ou si tu préfères…
    — Connaissez-vous Carmen ?
    — Quelle Carmen ?
    Domenico serra les dents. Le nom aurait dû suffire. À quoi bon un nom de famille ? À des gens comme elle, des êtres comme elle, un seul nom suffisait. Imaginait-on quelque chose comme "Crois-tu en Dieu ? —Lequel ? —Dieu González." ?
    — La connaissez-vous ? insista-t-il.

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  • Par kathel, le 23/02/2010

    El ultimo lector de David Toscana

    Il tourne les pages en arrière pour tomber sur le premier chapitre de la Genèse. Au commencement Dieu créa les cieux et la Terre. Il nie de la tête. Pourquoi préciser que le commencement est le commencement ? Il raye les deux premiers mots et lit à voix haute : Dieu créa les cieux et la Terre. Beaucoup mieux, se dit-il. Il saute plusieurs pages et se remet à lire. Par la grandeur de ton bras ils deviendront muets comme une pierre. Lucio s’est toujours méfié des comparaisons. Muets comme une pierre, répète-t-il dans un murmure, au cas où ils auraient été muets comme des troncs ou des chaussures ou ce qui lui passe par la tête. Après avoir révisé son opinion, il finit par accepter la comparaison, parce que par sa banalité même elle passe inaperçue, avoir écrit deviendront muets comme un ongle, ferait que le lecteur la considère comme une extravagance, ce qui distrairait son attention du texte.

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  • Par Lizouzou, le 19/08/2011

    El ultimo lector de David Toscana

    Asseyez-vous à cette table, ne faites pas de bruit, ne mâchez pas de chewing gum, il est interdit de souligner des mots ou d'écrire sur ces pages, ne vous sucez pas les doigts pour tourner les pages, attention à ne pas arracher de feuilles, utilisez un marque-page, ne pliez pas les coins et gare à celui que je verrai coller sa morve sur les livres ou sous les tables.

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  • Par sentinelle, le 10/12/2010

    Un train pour Tula de David Toscana

    Tu verras qu’elle a plusieurs visages, plusieurs formes, et que finalement ce n’est qu’une seule et même femme. Ecris-la et réécris-la, mille et une fois. Dès que tu sauras bientôt qui elle est, tu sauras aussi qui chercher.

    J’ai eu l’impression d’être le personnage d’un conte où le prince doit retrouver sa bien-aimée parmi une multitude, en la reconnaissant à la pointure de son pied, à un grain de beauté sur l’épaule ou à la voix qui chante dans la forêt. Il ne manquait plus que le vieux Capistran m’avertisse que je devais la rencontrer avant minuit.
    — Et que ferais-je quand je l’aurai trouvé ?
    — Tu sauras la femme que tu as… Elle s’appelle Patricia, n’est-ce pas ? Pas grand-chose en réalité.
    — Alors ne comptez pas sur moi, ai-je dit, en sentant une sorte de trouble m’envahir.

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  • Par sentinelle, le 10/12/2010

    Un train pour Tula de David Toscana

    Aujourd'hui j'ai vu Carmen.
    Carmen
    Carmen
    Carmen
    Carmen
    L'écrire cinq fois ne me suffit pas. J'ai besoin d'en parler avec quelqu'un. Avec Patricia,n'y pensons pas :il suffit d'un "tu sais ? aujourd'hui j'ai vu une femme qui m'a profondément remué", et c'en est fini de la paix de cette maison. Mes collègues de bureau me poseraient des questions sur ses jambes, ses fesses, sa taille, ses seins et son visage. Je ne leur en veux pas : ce sont des questions logiques pour n'importe qui n'a pas rencontré Carmen.

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  • Par sentinelle, le 10/12/2010

    Un train pour Tula de David Toscana

    Peu à peu Patricia est devenue un être sans plus d’importance qu’une simple chaîne. En ce moment, tandis que j’écris ces lignes, elle est dans la chambre, en train de regarder la télévision et peut-être de penser à moi. Toute la journée elle répète que je ne suis plus le même, que je ne lui dis plus les choses d’avant, et elle insiste sur cet avant comme quelqu’un qui parle de la préhistoire. Avant Jésus-Christ. Pour moi seul existe l’après-Carmen. Préhistoire signifie "précarmen", et Patricia appartient au "précarmen". Elle n’est plus qu’un souvenir qui malheureusement occupe une place physique dans mon lit, un souvenir dont parfois je me sers.

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  • Par sentinelle, le 10/12/2010

    Un train pour Tula de David Toscana

    Il y avait quatre cimetières à Tula. L’un d’eux se situait initialement à l’extérieur, à côté de ce qui avait été le temple du Rosaire, mais ensuite, à mesure que le hameau grandit, il se retrouva presque au centre du village. C’était le plus ancien, il avait été ouvert par frère Juan Bautista de Mollinedo, le fondateur de Tula. C’est là qu’on inhumait le tout-venant, ceux qui de leur vivant ne s’étaient distingués ni par leurs bonnes œuvres, ni par leurs fautes, des gens qui allaient à la messe le dimanche et se confessaient de temps en temps. Un autre cimetière était distant de trois lieues. Là-bas, on portait les morts dont la vie avait été dissolue, comme des lépreux, pour éviter toute contagion, sous prétexte que le mal s’enracine jusque dans les âmes. La petite crypte sous l’autel de l’église faisait office de troisième cimetière, réservé à ceux que le père disait quasi sancti, et, sur le mont du Camposanto, s’élevait un dernier cimetière où l’on enterrait les morts qui n’étaient pas certains de la grâce divine.

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