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Sukkwan island de
David Vann
« Ils allaient se coucher le soir épuisés, Roy ne parvenait plus à rester éveillé pour écouter son père et il réussissait parfois à oublier que son père allait mal. Il commença même à imaginer qu’il allait bien, dans la mesure où il ne pensait plus vraiment à lui. Il vivait au jour le jour, chaque journée tout entière consacrée à une activité, puis il se couchait pour se lever à nouveau, et comme il travaillait aux côtés de son père, il imaginait que son père ressentait les mêmes choses. »
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Par caro64, le 11/07/2010
Sukkwan island de
David Vann
Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père.
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Sukkwan island de
David Vann
« Roy leva les yeux. Son père était penché en avant, les bras sur les genoux, la tête baissée. Il se frottait le front. Il demeura ainsi longtemps. Roy ne trouvait rien à dire, alors il ne disait rien. Mais il se demandait pourquoi ils étaient là, quand tout ce qui semblait importer à son père se trouvait ailleurs. Cela ne lui semblait pas logique du tout que son père soit venu s’installer ici. Il commençait à se demander si son père n’avait pas échoué à trouver une meilleure façon de vivre. »
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Sukkwan island de
David Vann
« Il avait l’impression qu’il était seulement en train d’essayer de survivre au rêve de son père. » (p. 99)
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Sukkwan island de
David Vann
A travers la ramure des arbres, il aperçut quelques étoiles pâles, mais bien plus tard, après que le ciel se fut découvert. Il avait froid et il frissonnait, son coeur battait toujours, la peur s'était ancrée plus profond, s'était muée en une sensation de malédiction, il ne retrouverait jamais la route vers la sécurité, ne courrait jamais assez vite pour s'échapper. La forêt était horriblement bruyante, elle masquait même son propre pouls. Des branches se brisaient, chaque brindille, chaque feuille se mouvait dans la brise, des choses couraient en tous sens dans le sous bois, des craquements bien plus lourds aussi, un peu plus loin, sans qu'il sache vraiment s'il les avait entendus ou imaginés. L'air de la forêt était épais et lourd, il se fondait dans l'obscurité comme s'ils ne faisaient qu'un et se ruait sur lui de tous côtés.
J'ai ressenti cette peur toute ma vie, pensa-t-il. C'est ce que je suis.
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Par Ancolie, le 27/08/2012
Désolations de
David Vann
Il savait que c'était mal, mais il ne ressentait pas ce qu'il était censé ressentir. Peut-être lui manquait-il une faculté humaine élémentaire, celle qui lie les gens les uns aux autres ? Mais ce qu'il voulait avant tout, c'était qu'on le laisse tranquille. Etait-ce vraiment un crime ?
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Sukkwan island de
David Vann
« L’homme n’est qu’un appendice de la femme. »
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Par Marie-O, le 10/05/2010
Sukkwan island de
David Vann
Les rêves de Roy devenaient récurrents. Dans l'un d'entre eux, il était recroquevillé dans une salle de bain à plier des serviettes rouges à mesure que d'autres serviettes s'empilaient et lui tombaient dessus, le comprimant de tous les côtés. Dans un autre, il était à bord d'un bus enseveli dans le sable qui glissaient lentement sur la pente d'une colline. Dans un autre encore, il était pendu à des crochets et devait choisir entre se tirer dessus une fois, ce qui serait rapide mais risquait de le tuer, ou être plongé dans une cuve pleine de fourmis rouges, ce qui ne le tuerait pas mais durerait une éternité.
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Désolations de
David Vann
Quand on est pauvre, on est obligé de demander de l’aide et d’attendre et de poireauter et de passer du temps avec des gens qu’on n’a pas envie de fréquenter. Et pendant tout ce temps, on reste invisible.
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Par caro64, le 11/07/2010
Sukkwan island de
David Vann
Ses extrémités se sont recourbées lentement, hommes, femmes et enfants luttaient pour rester sur la planète, s'agrippant à la fourrure du voisin et escaladant le dos des autres jusqu'à ce que l'humain se retrouve nu, frigorifié et assassin, suspendu aux limites du monde.