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Citations de David Vann (78)


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  • Par caro64, le 11/07/2010

    Sukkwan island de David Vann

    Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père.

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  • Par Persepolis, le 22/06/2010

    Sukkwan island de David Vann

    A travers la ramure des arbres, il aperçut quelques étoiles pâles, mais bien plus tard, après que le ciel se fut découvert. Il avait froid et il frissonnait, son coeur battait toujours, la peur s'était ancrée plus profond, s'était muée en une sensation de malédiction, il ne retrouverait jamais la route vers la sécurité, ne courrait jamais assez vite pour s'échapper. La forêt était horriblement bruyante, elle masquait même son propre pouls. Des branches se brisaient, chaque brindille, chaque feuille se mouvait dans la brise, des choses couraient en tous sens dans le sous bois, des craquements bien plus lourds aussi, un peu plus loin, sans qu'il sache vraiment s'il les avait entendus ou imaginés. L'air de la forêt était épais et lourd, il se fondait dans l'obscurité comme s'ils ne faisaient qu'un et se ruait sur lui de tous côtés.
    J'ai ressenti cette peur toute ma vie, pensa-t-il. C'est ce que je suis.

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  • Par caro64, le 11/07/2010

    Sukkwan island de David Vann

    Ses extrémités se sont recourbées lentement, hommes, femmes et enfants luttaient pour rester sur la planète, s'agrippant à la fourrure du voisin et escaladant le dos des autres jusqu'à ce que l'humain se retrouve nu, frigorifié et assassin, suspendu aux limites du monde.

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  • Par raton-liseur, le 26/02/2011

    Sukkwan island de David Vann

    Ses sanglots repartirent de plus belle, mi-pleurs, mi-cris. Ils pouvaient se déclencher n’importe quand, ils avaient une volonté propre, et si pleurer était censé soulager, ce n’était pas le cas pour lui. C’étaient des sanglots terribles, de ceux qui blessent et qui transforment tout en une épreuve de plus en plus insupportable, et s’ils lui faisaient passer le temps, ils semblaient à chaque fois ne plus vouloir s’arrêter. (Deuxième partie, p. 121).

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  • Par livr-esse, le 12/12/2010

    Sukkwan island de David Vann

    L'histoire :
    Après son divorce, Jim s'est un peu éloigné de son fils, Roy, 13 ans. Pour resserrer ces liens distendus, Jim décide d'emmener Roy pendant un an sur une île isolée d'Alaska.
    Arrivés sur Sukkwan island, ils s'installent dans une cabane et commence à appréhender ce nouveau mode de vie. Chasse, pêche, coupe de bois composent l'essentiel de leurs journées.
    Mais très vite, ce séjour se transforme en cauchemar pour Roy. D'une part, chaque nuit son père se met à pleurer et d'autre part, il se rend compte que ce dernier n'a absolument rien organisé.

    Mon avis :
    J'ai longtemps hésité avant de lire ce roman. Il n'a laissé personne indifférent et beaucoup de mes collègues le comparait à " La route " mais en plus noir encore !

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  • Par Marie-O, le 10/05/2010

    Sukkwan island de David Vann

    Les rêves de Roy devenaient récurrents. Dans l'un d'entre eux, il était recroquevillé dans une salle de bain à plier des serviettes rouges à mesure que d'autres serviettes s'empilaient et lui tombaient dessus, le comprimant de tous les côtés. Dans un autre, il était à bord d'un bus enseveli dans le sable qui glissaient lentement sur la pente d'une colline. Dans un autre encore, il était pendu à des crochets et devait choisir entre se tirer dessus une fois, ce qui serait rapide mais risquait de le tuer, ou être plongé dans une cuve pleine de fourmis rouges, ce qui ne le tuerait pas mais durerait une éternité.

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  • Par sylvie, le 23/03/2010

    Sukkwan island de David Vann

    C'est quoi ton rêve ? Roy réfléchissait et ne trouvait rien à répondre. Il avait l'impression qu'il était seulement en train d'essayer de survivre au rêve de son père.

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  • Par sylvie, le 23/03/2010

    Sukkwan island de David Vann

    Ils s’installaient à présent dans une petite cabane en cèdre au toit pentu en forme de A. Elle était blottie dans un fjord, une minuscule baie du Sud-Est de l’Alaska au large du détroit de Tlevak, au nord-ouest du parc naturel de South Prince of Wales et à environ quatre-vingt kilomètres de Ketchikan. Le seul accès se faisait par la mer, en hydravion ou en bateau. Il n’y avait aucun voisin. Une montagne de six cents mètres se dressait juste derrière eux en un immense tertre relié par des cols de basse altitude à d’autres sommets jusqu’à l’embouchure de la baie et au-delà. L’île où ils s’installaient, Sukkwan Island, s’étirait sur plusieurs kilomètres d’épaisse forêt vierge, sans route ni sentier, où fougères, sapins, épicéas, cèdres, champignons, fleurs des champs, mousse et bois pourrissant abritaient quantité d’ours, d’élans, de cerfs, de mouflons de Dall, de chèvres de montagne et de gloutons

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  • Par sbrodj, le 17/12/2011

    Sukkwan island de David Vann

    Je viens de terminer ce petit roman de David Vann qui m'a rappelé à certains égards "La route" de Mac Carthy: même univers lugubre, mêmes destin implacable et absence de perspective. L'homme face à lui-même, tout au bout d'un chemin, dénué de tout. A éviter par jour de grande déprime...

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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 03/12/2011

    Sukkwan island de David Vann

    Cette nuit-là, tard, son père pleura de nouveau. Il parlait tout seul en de petits chuchotis qui ressemblaient à des gémissements, et Roy ne comprenait pas ce qu’il disait, pas plus qu’il ne saisissait l’ampleur de sa douleur ni son origine. Les phrases que prononçait son père le faisaient pleurer de plus belle, comme s’il s’y obligeait lui-même. Il se calmait un instant, se racontait quelque chose et recommençait à gémir et à sangloter. Roy ne voulait pas l’entendre. Il était effrayé et déstabilisé, et il n’avait aucun moyen d’en parler, ni la nuit ni le jour. Il fut incapable de trouver le sommeil avant que son père ne se soit tu et endormi.

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  • Par raton-liseur, le 22/11/2011

    Désolations de David Vann

    Rhoda ouvrit le frigo et se demanda quelle part de Jim elle s’apprêtait à épouser, exactement. Quel pourcentage. Dix pour cent de son attention, un plus grand pourcentage de son affection, quatre-vingt-dix pour cent de ses besoins quotidiens, de ses courses, un certain pourcentage de son corps, un petit pourcentage de son histoire. Elle se demanda pour quoi elle s’apprêtait à signer.

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  • Par pile, le 11/10/2011

    Désolations de David Vann

    Rhoda comprenait désormais comment le mariage pouvait donner une impression de solitude. Un nouveau sentiment qu’elle ne pouvait pas vraiment décrire, ni même cerner. Quelque chose aux confins de son esprit, quelque chose qui lui déplaisait. Elle imaginait de longues périodes pendant lesquelles ils ne se diraient pas grand chose, évolueraient chacun de leur côté dans la maison. Et elle se demanda si les enfants arrivaient à ce moment-là. Avoir un enfant apportait un nouveau centre d’intérêt commun, un nouveau centre d’attention, un endroit pour leur permettre de se retrouver, tous les deux. Peut-être devait-il en être ainsi ? On se consacrait l’un à l’autre jusqu’à décider de se marier, puis on se consacrait ensemble à quelqu’un d’autre. Et que se passait-il ensuite, quand vos enfants avaient grandi, qu’ils étaient partis ? A quoi fallait-il alors se consacrer ? Il y avait quelque chose de terrifiant, à l’idée de ne pouvoir se consacrer à rien. Votre existence ne pouvait jamais être simplement ce qu’elle était. C’était effrayant. personne n’avait envie de cela.

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  • Par sylvie, le 23/03/2010

    Sukkwan island de David Vann

    L’espace d’un instant, Roy eut la sensation de débarquer sur une terre féerique, un endroit irréel

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  • Par saphoo, le 19/02/2010

    Sukkwan island de David Vann

    Observant l’ombre noire qui bougeait devant lui, il prit conscience que c’était précisément l’impression qu’il avait depuis trop longtemps ; que son père était une forme immatérielle et que s’il détournait le regard un instant, s’il l’oubliait ou ne marchait pas à sa vitesse, s’il n’avait pas la volonté de l’avoir là à ses côtés, alors son père disparaîtrait, comme si sa présence ne tenait qu’à la seule volonté de Roy.”

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  • Par Morgouille, le 25/10/2011

    Désolations de David Vann

    Rhoda ouvrit le frigo et se demanda quelle part de Jim elle s’apprêtait à épouser, exactement. Quel pourcentage. Dix pour cent de son attention, un plus grand pourcentage de son affection, quatre-vingt-dix pour cent de ses besoins quotidiens, de ses courses, un certain pourcentage de son corps, un petit pourcentage de son histoire. Elle se demanda pour quoi elle s’apprêtait à signer. La moitié de son argent. Elle n’aimait pas y penser ainsi. Ils étaient censés unir leurs vies. Ils étaient censés s’asseoir ensemble dans le canapé en cet instant pour regarder le coucher de soleil et les prospectus de l’hôtel.

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  • Par Morgouille, le 25/10/2011

    Désolations de David Vann

    Rhoda repartit la peur au ventre sans parvenir à cibler la source de sa crainte. Tout son entourage avait un comportement étrange. Sa mère, son père, Jim. Aucun n’était celui qu’il était censé être. Et elle, dans tout cela ? Sa vie reposait sur eux.
    (…)
    Elle prit le virage à l’extrémité du lac et remonta l’allée glissante jusqu’à chez Mark.
    Salut, connard, dit-elle quand il apparut à la porte. Il était tard, il avait l’air épuisé. Ou défoncé.
    Sympa.
    Pas une seule visite, dit-elle. Tu ne pouvais pas passer voir comment elle allait, rien qu’une fois ?
    Comment elle va ?
    Elle est morte.
    Eh bien, j’imagine que c’est mieux pour nous, en quelque sorte, dit Mark. Le poids de sa fureur, tout ça. Mais ça me manquera, ses gâteaux de Noël et son espèce d’espoir un peu puéril.
    Rhoda lui asséna un coup de pied dans le tibia, assez fort pour l’envoyer à terre dans un hurlement. Puis elle courut jusqu’à sa voiture avant que Karen ne s’en mêle.

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  • Par petitchap, le 25/09/2011

    Sukkwan island de David Vann

    Écoute, dit son père. L'homme n'est qu'un appendice de la femme. La femme est entière, elle n'a pas besoin de l'homme. Mais l'homme a besoin d'elle. Alors c'est elle qui décide. C'est pour ça que les règles n'ont aucun sens et qu'elles changent sans cesse.On ne les établit pas ensemble. (p.108)

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  • Par InColdBlog, le 28/02/2011

    Désolations de David Vann

    The wind and rain formed a roar, against which Irene could bear no other sound. She walked mute, found the bow, placed her log, turned and walked back, no longer hunched. There was no dry part left to save. She was soaked through.
    Gary walked past her a kind of bird man, his arms curved out like wings first opening. Trying to keep his wet shirt away from his skin? Or some instinctive first response to battle, readying his arms? When he stopped at the truck bed, water streamed off the end of his nose. His eyes hard and small, focused.
    Irene moved in close. Should we stop? She yelled over the roar.
    We have to get this load out to the island, he yelled back, and then he pulled another log, so Irene followed, though she knew she was being punished. Gary could never do this directly. He relied on the rain, the wind, the apparent necessity of the project. It would be a day of punishment. He would follow it, extend it for hours, drive them on, a grim determination, like fate. A form of pleasure to him.
    Irene followed because once she had endured she could punished. Her turn would come. And this is what they had done to each other for decades now, irresistibly. Fine, she would think. Fine. And that meant, just wait.

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  • Par bluemoon, le 02/01/2011

    Sukkwan island de David Vann

    Quelle claque ! Une histoire très simple au départ, un père vend son cabinet dentaire, plaque tout pour passer un an sur une île glaciale en Alaska, avec son fils de 13 ans, qu'il connaît peu. L'ado est peu emballé, mais reste pour aider son père à aller mieux. Et là on sombre petit à petit dans une noirceur sans fin, une tension s'installe, le père de Roy sanglote la nuit, gémit, on sent qu'il va se passer quelque chose de terrible, on attend, suspendus au récit. Et puis vient la claque, on prend un grand coup dans la g****e, on écarquille les yeux, on relit par peur d'avoir mal saisi, mais non. Alors commence la seconde partie, on continue à s'enfoncer dans la noirceur, l'horreur la plus totale. On hésite à continuer, on refermera même peut-être un peu le livre, mais on le reprend, fasciné, de façon malsaine peut-être, et jusqu'au bout, jusqu'à la dernière horreur, on reste avec Jim. C'est un roman court, absolument stupéfiant.

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  • Par vchamp2010, le 21/11/2010

    Sukkwan island de David Vann

    "Roy se bouchait les oreilles et essayait de fredonner juste assez fort pour couvrir le son des paroles de son père, mais les confessions continuaient et il était obligé d'écouter."

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