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Par saphoo, le 23/03/2011
La secrète mélancolie des marionnettes de
Denis Grozdanovitch
Pour ma part, repris-je , j'aime la grisaille parisienne. C'est difficile à expliquer mais certains jours, à Paris, quand le temps est gris-bleu (au bord de la pluie, mais on sait qu'il ne pleuvra pas), remonter le long des quais à vélo en observant les péniches qui ronronnent sur la Seine, les mouettes qui virevoltent et font des loopings, les amoureux qui s'étreignent sur un banc, les innombrables terrasses de café emplies d'une foule apparemment insouciante, on en arrive à oublier la rage imbécile des automobiles tout autour et si, en outre, on a un rendez-vous avec une éventuelle conquête dans un musée pour une exposition Bonnard, et rien d'autre à faire pour le reste de la journée que de fureter dans les librairies, lire ou participer à quelques parties d'échecs au jardin du Luxembourg, puis baguenauder dans les rues sans but bien précis, alors la névrose occidentale prend des allures de plaisir raffiné, ne crois-tu pas ?
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Par saphoo, le 23/03/2011
La secrète mélancolie des marionnettes de
Denis Grozdanovitch
Les chats sont à la fois nos compagnons et nos maîtres discrets dans l'art d'apprivoiser le temps, des funambules dilettantes en équilibre sur le fil du présent, et leur langueur associée à leurs réflexes foudroyants devrait nous enseigner la bonne manières de réagir aux sollicitations des événements. Au lieu de nous agiter frénétiquement (la plupart du temps en pure perte), nous devrions apprendre d'eux comment économiser notre énergie. Celui-ci s'appelle Fulvio, il est venu un matin stationner devant ma porte, de toute évidence abandonné, et puis il n'est jamais reparti; les vrais chats de compagnies surgissent ainsi un jour dans notre vie, de façon assez décisives ; c'est troublant.
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Par saphoo, le 23/03/2011
La secrète mélancolie des marionnettes de
Denis Grozdanovitch
Si observons l'évolution actuelle du monde et ce qui semble logiquement se profiler, nous entrevoyons mal comment une vrai civilisation pourrait subsister ou même comment la planète pourrait se survivre à elle-même, c'est certain. Mais ne faut-il pas conserver espoir en un quelconque imprévu ?
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Par saphoo, le 23/03/2011
La secrète mélancolie des marionnettes de
Denis Grozdanovitch
Je sentis l'atmosphère d'isolement de cette île s'insinuer en moi comme un subtil relâchement des nerfs, une influence lénitive se distillant doucement dans mes veines. Laissant les autres s'attabler pour l'apéritif, je vins m'accouder à la rambarde pour contempler l'étendue marine striée de courants aux teintes plus claires qui paraissent évoluer avec une lenteur cosmique, Un léger vent apportait des effluves d'iode et d'algues pourrissantes. Le soleil illuminait par intermittence les feuillages argentés des oliviers. Je retrouvais le fin bonheur qui a toujours émané pour moi de l'atmosphère méditerranéenne.
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Petit traité de désinvolture : Où il est question du dilettantisme et de la désinvolture, du temps et de la vitesse, des îles et du bonheur, du sport et ... aussi des chats, des tortues et des Chinois de
Denis Grozdanovitch
Pourquoi sommes-nous donc à ce point gagnés par le bien être dès que nous abordons et séjournons, ne fût-ce que pour quelques heures, dans les îles ? Ossip Mandelstam déclare, dans Le Sceau égyptien, que c’est parce qu’il ne s’y ouvre que des chemins courts et limités qui n’offrent plus « l’infini de leur liberté négative » ! Il est vrai que nous n’y sommes plus perpétuellement tenaillés par l’anxiété des choix comme c’est le cas aux différents carrefours du monde !
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L'art difficile de ne presque rien faire de
Denis Grozdanovitch
Et les jours de mauvais temps? me demanderez-vous.
Il vous est sans doute facile de deviner qu'au fil du temps j'ai fini , comme mes congénères, par me constituer mon propre antre aux livres, ma grotte aux imprimés, ma crypte de lecture, dont les parois sont tapissées de livres bien serrés où je savoure de précieux instants ôtés de la course chronophage des heures mécaniques, merveilleusement abandonné à mon succédané d'éternité jusqu'à la fin de l'après-midi....
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L'art difficile de ne presque rien faire de
Denis Grozdanovitch
et si le temps gagné par l'entremise de la vitesse était inutilisable pour le bonheur