-
Les villes de la plaine de
Diane Meur
“Retourne, peuple de Sir, reviens à toi avant qu’il ne soit trop tard ! Mais celui qui tiendrait cette harangue devant le haut palais, les gardes l’éloigneraient comme un énergumène.”
-
Par Cath36, le 05/03/2012
Les villes de la plaine de
Diane Meur
Je suis dure, se redit-elle encore. Et elle ne savait plus si c'était un rappel à l'ordre. (N'oublie pas : tu es dure) ou un regret, un reproche. Dure, n'aurait-elle pu l'être moins ? Pour le sable soulevé par le vent de la plaine, ou recueilli par une paume qui le laissait doucement, grain à grain, retomber vers le sol, n'était-il pas une façon de se sentir être, de se sentir être soi ?
-
Par Neigeline, le 30/10/2009
Les vivants et les ombres de
Diane Meur
Il désirait vraiment qu'elle l'aime assez pour se donner à lui. Mais déjà ce désir était déstabilisant et, pour lui, une source d'angoisse. Désirer, lui ? Avait-il jamais désiré quoi que ce soit dans sa vie ? Ce n'était pas agréable. Cela vous faisait battre le coeur, vous réveillait la nuit. Une petite victoire (la main que vous frôliez en jouant au bilboquet, par exemple, et qui ne se dérobait pas) ne vous rendait heureux que cinq minutes ; après, il vous en fallait plus. L'insatisfaction devenait votre mode d'être, vous n'étiez plus jamais content, plus jamais tranquille. Vous ne vous apparteniez plus : vous étiez livré, corps et âme, au bon vouloir d'une autre.
-
Par Neigeline, le 30/10/2009
Les vivants et les ombres de
Diane Meur
Est-ce qu'on regarde encore ceux qu'on voit tous les jours ?
-
Par Neigeline, le 30/10/2009
Les vivants et les ombres de
Diane Meur
Et je commence à comprendre ce que sont, pour les humains, le temps et son écoulement irrémédiable. Moi qui me laissais vivre dans l'idée que tout est toujours là et peut être rappelé à loisir, je découvre l'humaine amertume des occasions manquées.
-
Par Neigeline, le 30/10/2009
Les vivants et les ombres de
Diane Meur
Un jour vint donc où Clara cessa d'espérer et de craindre. Elle retrouva la paix...
-
Par Cath36, le 05/03/2012
Les villes de la plaine de
Diane Meur
Ah, comment raconter un évènement historique, comment savoir où il commence et où il se termine ! Dès qu'on essaie de l'appréhender, il se met à ressembler à ces mauvaises herbes que l’eunuque jardinier d'Asral s'efforce vainement de faire disparaître des rocailles et des massifs. On croit le tenir, on découvre n'avoir entre les mains qu'un bout de rhizome menant ailleurs, et encore ailleurs, et dont l'origine semble n'être nulle part. La pensée se perd dans ce dédale, la notion de causalité se brouille. On ne voit plus très bien où sont les causes et où sont les effets. Si une même cause peut produire tantôt un effet, tantôt l'effet contraire, est-elle encore une cause ? Et si advient un fait qui serait advenu de toute façon, n'est-il pas oiseux de rechercher de quelle cause il pourrait être l'effet ?
-
Les villes de la plaine de
Diane Meur
Il faudrait que, se levant du milieu de la foule, un inspiré adjure : "Gens de Sir, vous avez changé. Quoi que vous croyiez peut-être, le temps des fondateurs, le temps d'Anouher est révolu. Tout ce qu'ils ont planté ou posé est devenu sacré pour vous, intangible, et vous en concluez que le temps n'avance plus, que rien ne change ni ne bouge. Mais de ce changement, n'êtres-vous pas la preuve? Chaque année rend vos règles plus rigides, chaque année vous fige davantage dans le souvenir de ce passé. Et cette pétrification n'est-elle pas un processus, un devenir, cela même, en d'autres mots, que vous prétendez bannir? Retourne, peuple de Sir, reviens à toi avant qu'il ne soit trop tard!"
Mais celui qui tiendrait cette harange devant le haut palais, les gardes l'éloigneraient comme un énergumène. Au Marché de la porte des Buffles, les passants le feraient taire en lui disant : Nos n'aimons pas ta chanson.
-
Les villes de la plaine de
Diane Meur
Tout ce que décident les juges se fait au nom d’un Anouher qui n’a plus guère à voir avec le vrai. Dont la parole a été sanctifiée, mais en même temps trahie, détournée de sa lettre. Un Anouher dont la véritable nature a été occultée par une dévotion aveugle, et par l’escamotage de documents gênants.”
-
Les villes de la plaine de
Diane Meur
“Mais Sir, où est donc Sir ? Nulle trace de ses remparts, nulle trace de son orgueilleux saillant sur la plaine subjuguée, rien. Car la ligne inchangée des crêtes environnantes finit par nous le faire admettre : Sir est là, sous nos pieds.”
-
Les villes de la plaine de
Diane Meur
“Et maintenant, pensa Asral en jetant à la ville un dernier regard plein d’attentes et d’une certaine appréhension – maintenant il va falloir qu’il leur explique tout ça.”
-
Par ecumeuse, le 01/10/2011
Les villes de la plaine de
Diane Meur
Un récit fluide, agréable à lire, un beau conte qui nous fait réfléchir au sens des lois et à la notion de démocratie.
-
Par Neigeline, le 30/10/2009
Les vivants et les ombres de
Diane Meur
C'était donc ça, la vie des hommes ? Se lier aux autres, se prendre d'intérêt pour eux, placer en eux son espérance - et être cruellement frappé par leur départ ou par leur mort ? Je regrettais de ne pas être restée à ma place, d'avoir voulu sortir du lot commun des maisons, passives, sans affects et, partant, sans douleurs.