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Par nadejda, le 25/11/2011
Le syndrome de Fritz de
Dmitrij Bortnikov
Campé au milieu de nulle part, il me fixait, souriante solitude.
Nos deux regards enlacés. Nous nous mouvions au rythme d'une danse immobile. Longtemps, nous sommes restés ainsi, envoûtés, et la couleur de nos yeux s'est fondue en une.
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Par nadejda, le 25/11/2011
Le syndrome de Fritz de
Dmitrij Bortnikov
Rien de plus extrême que le quotidien.
Un beau matin , on se réveille et on voit que la vie est finie. p 19
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Par nadejda, le 25/11/2011
Le syndrome de Fritz de
Dmitrij Bortnikov
Sous le soleil de plomb, la ville n’était plus qu’un mirage de brume. Je marchais le plus possible à l’ombre, enjambant des chiens abrutis de chaleur, carpettes vautrées dans la poussière. Mon corps s’était transformé en une gigantesque motte de beurre grésillant sur une poêle. Sueur et graisse coulaient sur mon visage, me donnant l’air d’un sioux fardé pour me combat.
Je marchais plus d’une heure, suivant la trajectoire du soleil.
Parvenu au péage, je sentais sur ma peau l’haleine brûlante de la steppe. De rares voitures passaient en vrombissant, et la route se remettait à fondre dans la brume suffocante. La steppe, le bois et le chemin de fer : les trois étapes de ma traversée. p 69
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Par nadejda, le 17/10/2011
Repas de morts de
Dmitrij Bortnikov
Comme tout ce qui est grand -- elle est dangereuse la steppe. Elle t’écrase. On se perd. Elle est cruelle la steppe. Elle te laisse à toi. Et l’homme est un danger pour lui-même. p 34
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Par nadejda, le 17/10/2011
Repas de morts de
Dmitrij Bortnikov
Quand l'homme en peut plus -- il se cache. Pas être. Pas être mais vivre... Tout s'arrête. Il se recroqueville. Il se met en boule, l'homme. En chien qui peut plus courir qui s'allonge dans la neige... Se met en boule et ferme les yeux tout doucement ferme ses yeux. Hurle le blizzard hurle ! Que tout s'écroule... Quand l'homme ne peut plus ça devient lumière... Quand ça devient lumière, l'homme meurt, et lumière ne parle pas.
(...) Quand on en peut plus on s'effondre. Tout doucement on s'allonge. On se pelotonne. On cache le reste de vie qui n'est qu'un peloton de tristesse. Tout bas en murmure les choses partent et nous entraînent avec. p110 111
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Par nadejda, le 25/11/2011
Le syndrome de Fritz de
Dmitrij Bortnikov
La mort instaure un silence qui ressemble à la paix. p 46
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Par nadejda, le 17/10/2011
Repas de morts de
Dmitrij Bortnikov
La neige Babania... Il neige. Elle tombe comme avant. Là à Paris. Il neige chez vous. Dans vos terres... Elle couvre ta tombe la neige. La tombe de ton homme silencieux. La tombe de ma mère.
Je dis -- patience... La neige couvrira tout. Nos forces, nos chagrins... Nos traces. Nos pas. Les miens -- lourds. Les tiens -- si légers Babania dans cette vieille neige fraîche... Doucement elle couvrira mes morts. Mes années à venir. Elle couvrira notre vieillesse. Notre misère. Patience... p 29
«Derrière le dos d’extase -- mélancolie. La grâce Babania. Quand on est fatigué on devient soi-même. On regarde loin...
(...) La vie. Nous ne sommes que ses empreintes. On sait pas la prier de nous toucher à nouveau. p 29
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Repas de morts de
Dmitrij Bortnikov
Je dis - patience... La neige couvrira tout. Nos forces, nos chagrins... Nos traces. Nos pas. Les miens - lourds. Les tiens - si légers (...) Doucement elle couvrira mes morts. Mes années à venir. Elle couvrira notre vieillesse. Notre misère. Patience...
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Repas de morts de
Dmitrij Bortnikov
Les nuits de première neige. Elle tombait... Tombait... Cachait les petites maisons. Les champs... Notre rivière sombre... Toute la nuit neigeait. Et. Le matin - tout était blanc. Je me réveillais de blancheur. Partout...
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Repas de morts de
Dmitrij Bortnikov
La vie m’a laissé en paix. J’ai glissé de ses mains. Du coup elle a eu pitié de moi.
La vie… Elle nous chante des berceuses et. S’endort elle-même. Tu vois le cœur de la tristesse. Je dis – maintenant, c’est fini. Elle est enterrée. Elle est dans la terre froide. C’est froid là-bas, froid. Je vais prendre l’avion. J’ai de l’argent, oui. J’le mettais de côté exprès. Pour les jours noirs. L’avion alors. C’est ça. L’air est si ouvert si humble et les ailes… c’est bien d’avoir les ailes. Planer… planer. Ce sera long mon voyage. Long. Lent à tout oublier.