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Par Reka, le 26/05/2010
Pour Vous de
Dominique Mainard
Voilà, tout a commencé ainsi, j'ai été la petite fille d'une inconnue, puis la soeur, la maîtresse, l'amie, la confidente de centaines d'autres, et aujourd'hui je porte un enfant dont je ne suis pas vraiment la mère. Cette agence est un vaste sac où l'on trouve de tout, une boîte de Pandore, selon les termes d'un client, et il n'est rien en effet dont nous ne fassions commerce, la vie, l'amour, la mort. (p. 63)
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Le Ciel des chevaux de
Dominique Mainard
Les médecins ont diagnostiqué une maladie complexe, un trouble plutôt – c’était un mot étrange, « trouble » comme une eau opaque, l’œil indéchiffrable d’une flaque sur un chemin boueux- dans lequel certains enfants finissaient pas sombrer jusqu’à n’avoir plus aucun contact avec le monde extérieur.
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Par Chrys, le 16/09/2010
Pour Vous de
Dominique Mainard
P31: "Je ne sais pas s'il est vrai que je devrais avoir honte de ce que je fais. Je ne sais pas s'il est vrai que je n'ai pas ou plus la moindre idée de ce qu'est la réalité, comme on me l'a reproché parfois; on m'a traitée de marchande de rêves et c'était indifféremment un compliment ou la pire des injures. Aux yeux de mes clients, je suis quelqu'un qui console et soigne ou qui vend la plus toxique des drogues. Mais la vie m'a appris qu'il n'y a rien de moins réel que ce qu'on nomme la réalité et qu'une mort, une trahison, une souffrance cessent d'exister du moment qu'on arrive à s'en distraire. "
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Le Ciel des chevaux de
Dominique Mainard
Où dors-tu la nuit ? T'es-tu construit un lit d'herbes sèches comme un renard, ou dors-tu entre les branches comme un oiseau ? Reposes-tu sous un buisson, au bord d'une allée, comme une pierre repoussée du pied, dont l'éclat précieux est voilé par la poussière ? T'es-tu construit un palais plus beau que ceux des princes ?
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Le Ciel des chevaux de
Dominique Mainard
Il manque des années à ma vie comme il manquerait des doigts à ma main, quelques centimètres à l'une de mes jambes, je boitille sans relâche d'un bout à l'autre du ruban, quelqu'un a coupé le fil, les deux extrémités flottent librement et il m'est impossible de les renouer.
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Par Reka, le 26/05/2010
Pour Vous de
Dominique Mainard
J'ai tout de suite eu beaucoup de clients - parfois je les appelle 'patients' mais est-ce vraiment le mot, 'patients', puisque ceux qui viennent me voir n'ont justement pas eu la patience nécessaire pour que le temps fasse son travail, qu'il épuise, émousse, filtre le plus gros de la douleur ou du désir. (p. 33)
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Par Heloize, le 13/05/2010
Pour Vous de
Dominique Mainard
J'ai dû m'interrompre alors. J'ai fermé le cahier, je l'ai posé sur les autres et je les ai entourés de leur élastique, comme on maintient close la gueule d'un monstre, un de ces monstres dont les paroles et les rires sont cruels de vérité ou encore prémonitoires. Je pensais à mon errance dans la rue presque abandonnée, la veille, quand j'étais partie de l'appartement de Jones après ses menaces et ses injures. Je me rappelais le scooter surgissant et mon espoir insensé - peut-être était-ce Jones, peut-être était-il venu me consoler, incliner ma tête et la poser sur son épaule comme il l'avait fait pour Adorno voici longtemps ; mais, non, j'avais marché seule dans la rue avec les yeux humides et mon gros ventre, il n'avait sans doute même pas jeté un regard par la fenêtre pour s'assurer que je prenais la direction de l'arrêt de bus, et j'ai senti les larmes me monter aux paupières, difficilement, lourdes et brûlantes.
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Par VALENTYNE, le 09/12/2012
Le Ciel des chevaux de
Dominique Mainard
Les médecins ont diagnostiqué une maladie complexe, un trouble plutôt- c’était un mot étrange, « trouble », comme une eau opaque, l’œil indéchiffrable d’une flaque sur un chemin boueux – dans lequel certains enfants finissent par sombrer jusqu’à n’avoir plus aucun contact avec le monde extérieur. Le monde dans lequel ils vivent est autre, disaient-ils, ils y grimpent comme dans un petit grenier, une minuscule cabane en haut d’un arbre, et ils tirent la porte derrière eux pour un moment, pour quelques heures et parfois pour toujours. Maman a pleuré mais en te retrouvant dans l’antichambre où l’on t’avait envoyé attendre, elle n’a pu y croire, son petit garçon au visage si tendre qui avait appris à compter, à lire, à écrire presque en même temps que sa grande sœur.
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Par VALENTYNE, le 09/12/2012
Le Ciel des chevaux de
Dominique Mainard
Et puis il y avait notre père. Il élevait des chevaux, disait-il. Quand il rentrait le soir, il dégageait une forte odeur de fumier qui nous faisait éternuer, et ses ongles, les lignes de ses paumes étaient incrustées de la crasse noire qu’y laissait le poil des bêtes. A tour de rôle, nous avions le droit de lui récurer les mains avec une brosse de poils durs. Bien sûr cela nous émerveillait, nous tournions autour de lui en flairant cette odeur animale inconnue et il y a avait mieux encore ; parfois il travaillait le dimanche, il arrivait à travers champ en tirant derrière lui un cheval attaché à une corde. De notre chambre nous les entendions s’ébrouer ou hennir dans le pré derrière le portillon du jardin, et nous nous précipitions dehors en criant. Souvent c’étaient de vieux chevaux au chanfrein gris, parfois ils boitaient ou paraissaient malades, mais nous les trouvions magnifiques ; après cela nous chevauchions pendant des jours des bâtons au bout duquel nous avions attacher les fines soies que l’on trouve à l’extrémités des épis de maïs, nous refusions même de mettre pied à terre dans la maison.
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Par saphoo, le 23/12/2010
Leur histoire de
Dominique Mainard
"Y-a-t-il un endroit précis dans nos vies où quelque chose s'arrête ou se brise, pourtant nous continuons à vivre comme si de rien n'était, faisant tourner inlassablement le fil des jours dan sle vide comme la roue d'un vélo dont la chaîne a sauté ?"