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Par kathy, le 13/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
Dormir lui est devenu encore moins facile sans Régine. Malgré l'inévitable usure du désir, ils avaient toujours gardé le besoin de s'enrouler l'un autour de l'autre, de s'encastrer serait plus exact. Chaque nuit, leurs corps se retrouvaient, s'enboîtaient à la perfection, comme si bras, cuisses, fesses et ventres avaient gardé l'empreinte et la mémoire des gestes.
Même déjà profondément endormie, lorsqu'il venait enfin se coucher, vers trois heures du matin, Régine l'accueillait tout contre elle. Ils sombraient dans un sommeil mitoyen, dormaient serrés et dépendants du moindre souffle de l'autre, de son moindre sursaut. Pareils à des chiots, pareils à des enfants, ils ne formaient plus qu'un tout inextricable. Enchevêtrés, blottis bien au chaud, ils se sentaient rassurés jusqu'au matin. Sans doute chacun recherchait-il dans cette harmonie des corps et sans avoir jamais en besoin de le dire un tendre réconfort pour affronter ses propres ténèbres.
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Par kathy, le 15/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
A présent que Léa et lui viennent de mettre fin à un silence de plus de cinquante ans, il prend conscience que chaque personne, à l'instant où elle disparaît, emporte avec elle son énigme, laisse ceux qui lui survivent dans une profonde ignorance, dans d'obsédantes conjectures. Une tombe, un secret. C'est bien ainsi. (p 187)
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Par kathy, le 14/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
Chaque fois, au paroxysme du fracas, une puissante émotion jaillissait du plus loin de sa mémoire : le souvenir doux-amer des alertes, qu'il passait enfoui entre les bras voluptueux et protecteurs de sa mère, contre sa poitrine moelleuse à la palpitation affolée et son châle de laine qui laissait longtemps après sa joue d'enfant marquée de hiéroglyphes. Puis c'était le retour à la vie après des moments d'irréalité.
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Par kathy, le 12/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
Comme après chacune de ses visites à Léa, il va monter à deux cents pour entendre rugir le moteur puissant de la Ducati. Pleins gaz vers Paris par l'autoroute. Il se débarrassera des miasmes de la maison de retraite, de la chape de tristesse et des larmes retenues. De la sinistre prison de Léa.
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Par kathy, le 12/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
En guise de jardin, tout ce qu'il a pu offrir à sa femme, c'est une concession pour deux au cimetière Montparnasse, et encore, il a fallu qu'il se démène pour trouver des appuis et un énorme chèque : les places sont chères au jardin des morts lorsque les célébrités se bousculent au portillon.
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Emotion, Tome 2 : de
Elisabeth Brami
Je me fous éperdument des cours de géo, car l'invention des frontières m'horripile et leur tracé me parait aussi nauséabond que pathétique de la part de ceux qui se sont permis de décider que telle parcelle de terrain leur appartenait en la piquant à d'autres. Les frontières, faudrait les tracer en rouge grenat, sur les cartes, avec le sang versé et coagulé des millions de pauvres types qui, depuis la nuit des temps, en a dessiné les contours à grands jets d'hémoglobine.
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Par kathy, le 15/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
C'est terrible, les "jamais", ça sent déjà la mort...
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Par kathy, le 13/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
N'est-il pas aussi un ancien petit garçon adulé par sa mère et coupable de lui avoir survécu, coupable de ne pas lui avoir rendu autant d'amour?
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Par kathy, le 12/02/2012
Les heures secrètes de
Elisabeth Brami
La vieille dame est dans le parc, au bord de la pelouse, à l'ombre, toute petite dans son fauteuil roulant.
Il se penche. Elle l'attire à elle pour l'embrasser, d'une main noueuse et énergique. A ce contact sur sa nuque, il ferme les yeux de douceur, l'émotion étouffe sa voix.
Il a toujours du mal à lui dire le moindre mot pendant cette accolade, prélude de leurs divagations habituelles. Avec Léa, pas de langue de bois, pas de bavardages convenus. Seules importent les questions qui visent au coeur, qui vous perturbent, vous transpercent. Ces questions dont les réponses vous forcent à la plus exigeante honnêteté, à dépasser les convenances et parfois les règles morales. A vous dénuder.
- Alors, comme ça, on vient contempler les vestiges du passé?
- C'est fou ce que vous sentez bon, Léa...
- Merci du compliment ! Je ne vois pas pourquoi je puerais. Je ne suis pas encore en état de décomposition avancée, que je sache.
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Les Petits Délices de
Elisabeth Brami
Retrouver des fleurs séchées, des photos, en souvenir de quelqu'un qu'on a aimé.