Critiques de Emile Zola


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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 21/01/2012


    Nana Nana de Emile Zola

    En 1866, Zola écrit deux articles assez virulents, prenant position contre un roman anonyme, Mémoires d'une biche russe. Selon lui, il ne présente pas réellement les mœurs de son temps. Il dira ainsi : " J'attends l'histoire vraie du demi-monde, si jamais quelqu'un ose écrire cette histoire." Cette personne, ce sera lui-même, quelques années plus tard. Il se met alors à enquêter (au grand dam de sa femme) sur ce monde particulier des courtisanes. Il veut décrire la débauche effrénée tout en la marquant au fer rouge.

    C'est ainsi qu'apparaît le personnage de Nana. Fille de Gervaise et de Coupeau, elle est la figure même de la perversité. Fuyant la misère de ses parents, elle se lance sur les planches. Sans talent et sans voix, elle attire néanmoins tous les regards par sa beauté envoûtante. Elle vit ainsi de ses charmes. Elle se venge des hommes, et notamment des aristocrates, en leur révélant les infidélités de leurs femmes et en les ruinant tour à tour : Steiner, le banquier véreux, le comte de Vandeuvres, le capitaine Hugon... Elle finira par se mettre en ménage avec Fontan, un comédien mais la violence de ce dernier aura raison du couple. Nana préfèrera s'égarer dans les bras d'une de ses consœurs, Satin. Le sommet de sa réussite est atteint lorsqu'elle parvient à conquérir le comte Muffat, chambellan de l'empereur, à qui elle fera subir les humiliations les plus ignobles.

    Triste figure que celle de cette femme qui assiste à la déchéance de sa société tout en voyant sa vengeance s'accomplir. On ne peut s'empêcher de faire la comparaison entre la peinture d'une courtisane et le reflet d'un monde retrouvant ses propres faiblesses en elle.

    Ce neuvième tome de la fresque est encore un coup d'éclat de la part de l'écrivain. Il finit ce tome par la mort de Nana, dans une chambre sordide. La courtisane, malade et ruinée, meurt de ses frasques au moment même où on fête bruyamment dans les rues la déclaration de guerre à la Prusse. " Poème sinistre des amours du mâle" selon Zola, ce tome est une illustration flamboyante de la corruption et des vices d'une société.


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xixe-si%C3%A8cle/zola-em...

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 01/08/2011


    Thérèse Raquin Thérèse Raquin de Emile Zola

    Ah, toujours cette force dévastatrice et pourtant réaliste de Zola...j'adore. Comme il le dit lui-même dans sa préface, ce qu'il a voulu faire dans ce livre, c'est étudier des caractères et non des personnages en particulier. Thérèse Raquin, promise depuis sa plus tendre enfance à son cousin Camille, un homme frêle qui la répugne, trouve consolation, une fois son mariage célébré, dans les bras de Laurent, un homme vigoureux et viril. En se plongeant, la passion les embrase tous deux pour les mener jusqu'au crime du pauvre Camille. Ils s'imaginaient qu'une fois débarrassé de lui, ils auraient plus de liberté pour assouvir leur désir de chair insatiable et, une fois le deuil de Thérèse terminé, ils pourraient enfin se marier et ne plus se cacher à la face du monde. Cependant, ils ne se doutaient pas qu'un tel crime pouvait se dérouler sans conséquence et que l'amour qui s'était emparé d'eux se trabsformerait bientôt en une haine qui les rongera de l'intérieur et les détruira à petit feu.
    Du Zola comme je les aime, écrit avec une analyse extrêmement détaillée et qui colle au plus près de la nature humaine, que l'on découvre ici dans toute son infamie.

    Critique de qualité ? (16 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 22/06/2010


    La Bête humaine La Bête humaine de Emile Zola

    Roman de meurtre, de médiocrité, d'amour, de chemin de fer, La Bête humaine est un concentré de violence. La rencontre d'Eros et de Thanatos aboutit aux drames, les personnages se tuent parce qu'ils s'aiment ou s'aiment parce qu'ils se tuent, sans qu'on puisse l'expliquer, sinon par une hérédité qui dépasse de loin celle de la famille, l'homme des cavernes qui tuait au fond des bois. Les personnages tuent et personne n'en a le moindre remords, ni Jacques, qui avait cru jusqu'au bout qu'il était possible de résister à la pulsion fatale, ni Roubaud, qui se noie dans le jeu, ni Séverine, qui se noie dans le corps de Jacques, ni Misard, qui cherche à tout jamais ses mille francs, ni Flore, qui fait dérailler le train pour rien. La mort rôde partout où se trouve l'amour. Même la Lison, seul personnage véritablement innocent, avec le "coupable" Cabuche, meurt atrocement, assassinée. Tout est sang, instinct de mort, fuite en avant, comme le train, à la fin, qui annonce la débâcle. Pourtant, la vérité, l'ignoble vérité, la part de l'assassin en tous, reste cachée. Le procès condamne un innocent, le seul. L'honneur est sauf. Cabuche est le coupable idéal. La preuve qui l'innocente est sciemment cachée. Dreyfus sera le coupable idéal. Le bordereau livrera la vérité.

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    • Livres 4.00/5
    Par Andrew, le 21/10/2010


    L'Assommoir L'Assommoir de Emile Zola

    Le plus beau, le plus terrible, c'est qu'on y croit jusqu'au bout. "Allez Gervaise! " veut-on crier. On veut qu'elle s'en sorte, on veut qu'elle y arrive, elle le mérite tellement !
    Et puis c'est la dégringolade. Elle tombe. Et c'est fini.

    Probablement un des Zola les mieux construits si l'on prend en compte la mise en place progressive de l'action, le parfait équilibre entre des descriptions très pointues et des scènes d'action, de l'étude psychologie des personnages. On ressent de vrais sentiments pour toutes ces personnes, que ce soit de la sympathie ou du mépris, de l'irritation ou de la peine.

    Critique de qualité ? (13 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 30/12/2011


    Le Ventre de Paris Le Ventre de Paris de Emile Zola

    Florent s’est évadé de Guyane où il avait été déporté suite à sa compromission dans les événements du 2 Décembre. Il trouve refuge chez son frère, Quenu, qui est charcutier au plein cœur des Halles de Paris. Il devient inspecteur de la marée. Commence le quotidien d’un Maigre entouré d’une foule qui n’a qu’un objectif : le faire grossir.

    « Le Ventre de Paris » est le troisième tome des Rougon-Macquart paru en 1873. J’ai beaucoup apprécié cette longue et belle œuvre. J’ai notamment particulièrement aimé la plume singulière de l’écrivain qui sait rédiger des descriptions si poétiques. On a d’ailleurs pu qualifier son texte de « prose descriptive ». Il prend manifestement plaisir à décrire les Halles de Paris, les étalages gargantuesques de légumes, de fruits, de poissons, de viandes, de fleurs, de fromages, … Vers la fin de son roman, Zola utilise des métaphores musicales pour décrire l’odeur pestilentielle des fromages qui s’étalent sous ses yeux, en témoigne cet extrait : « Elles restaient debout, se saluant, dans le bouquet final des fromages. Tous, à cette heure, donnaient à la fois. C’était une cacophonie de souffles infects, depuis les lourdeurs molles des pâtes cuites, du gruyère et du hollande, jusqu’aux pointes alcalines de l’olivet » (p. 340). Les étals nous apparaissent dans toute leur matérialité, avec leurs cortèges de couleurs, d’odeurs, de saveurs. On a pu dire que cette œuvre de Zola pouvait être comparée à une véritable nature morte, l’auteur donnant à voir à travers ses mots une vraie peinture, telle qu’aurait pu la concevoir Claude, l’artiste qu’il décrit au fil des pages.

    Zola croque une véritable fresque de la bourgeoise parisienne à travers la galerie de personnages qu’il présente : Florent, le fuyard, Quenu, son frère, la belle et grasse Lisa qui tient la charcuterie. Il y a aussi Marjolin et Cadine, les deux brutes éprises l’une de l’autre qu’aime à peindre Claude, l’artiste. N’oublions pas Mlle Saget, la médisante petite vieille, qui constitue un personnage repoussant. Zola fait tous ces personnages une véritable analyse psychologique.

    J’ai été particulièrement sensible au début de l’œuvre : l’écrivain nous décrit l’arrivée de Florent dans les Halles luxuriantes qui offrent un trop plein de nourritures, un luxe démesuré. Le lecteur est saisi de pitié devant cet évadé affamé (il n’a pas mangé depuis plusieurs jours) qui observe avec beaucoup de convoitise ces monceaux de victuailles qui s’offrent à ses yeux et à son odorat. Face à cette prodigalité, Zola oscille entre fascination et répulsion.

    Une belle œuvre naturaliste qui expose la lutte entre les Maigres et les Gras sur un fond politique marqué. On ne retrouve pas ici de drame amoureux, comme dans « La bête humaine » par exemple. Le propos est ici plus centré sur l’engagement politique. Il faut donc bien connaître l’histoire de la fin du XIXème siècle. A savourer sans modération !

    Le lecteur complétera utilement sa lecture par un dossier en fin d’œuvre. La préface d’Henri Guillemin est aussi très éclairante.

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 07/12/2011


    Nana Nana de Emile Zola

    Paris est en ébullition: La Blonde Vénus, la nouvelle pièce de Bordenave au Théâtre des Variétés met en scène une nouvelle venue, une certaine Nana. Personne ne sait encore quoi que ce soit sur cette jeune femme, aussi la curiosité est-elle à son comble le soir de la première.

    Pourtant, lorsque Nana entre enfin en scène, c'est la stupéfaction qui l'emporte: cette nouvelle actrice n'a aucun talent particulier et, en plus, elle chante faux. Mais au fur et à mesure que se déroule l'histoire, l'opinion du public commence à changer. La féminité flamboyante et librement affichée de Nana, blonde et pulpeuse, gagne peu à peu la majeure partie du public. Les hommes, en particulier, sont conquis.

    Cela arrange tout particulièrement Nana quand elle l'apprend, puisqu'elle compte profiter de sa nouvelle célébrité pour trouver quelques riches protecteurs qui pourront l'aider à payer ses factures. Car celles-ci commencent à s'accumuler et les marchands font le siège de l'antichambre de Nana.


    Malgré une issue tragique, j'ai trouvé que Nana ressemblait assez Au Bonheur des Dames. On reconnaît, dans les deux ouvrages, la "patte" de Zola.

    L'une des caractéristiques que j'apprécie le plus chez Zola, c'est son réalisme. Il ne fait pas qu'écrire une histoire, il nous la fait vivre. Nous nous trouvons ainsi plongés en pleine préparation de l'Exposition Universelle de Paris, avec toutes les inquiétudes que ce grand événement fait naître dans la vie des nantis qui veulent y briller de mille feux et des filles qui souhaitent y repérer de riches messieurs.

    Mais loin de nous plonger uniquement dans le bon côté des choses, Zola, fidèle à son type d'écriture habituel, dépeint également le désespoir, la dégradation et la pauvreté de ses personnages et, plus largement, de la société française de l'époque.

    Nana, c'est tout d'abord l'histoire d'une femme qui, entraînée par le tourbillon des hommes qui gravitent autour d'elle, finit par perdre l'équilibre. Élevée dans la pauvreté, elle devient la star de Paris grâce à plusieurs amants fortunés, qu'elle n'hésite pas à ruiner.

    Mais, Nana, c'est aussi l'histoire de nombreuses autres femmes, issues de toutes les classes de la société, de la plus humble à la plus fortunée. Et ce qui frappe le lecteur, c'est que les plus riches de ces femmes ne se conduisent pas mieux que Nana elle-même. Zola dénonce donc, avec ce récit, une certaine hypocrisie ayant court dans le Paris du XIXe siècle: les femmes de la haute société, éduquées de manière irréprochable et possédant une certaine fortune, ne se conduisent pas mieux que Nana, cette enfant d'alcoolique qui a travaillé un temps comme fleuriste avant de devenir la coqueluche de Paris. Et pourtant, Nana ne sera jamais vraiment acceptée par cette bonne société qui se conduit si mal...

    Une autre dimension du style de Zola est également présente dans ce roman: la complexité des personnages. Car loin d'être une simple courtisane et une dévoreuse d'hommes (de leur fortune, surtout), Nana est pleine de contradictions: ainsi est-elle parfois émue aux larmes par la pauvreté et la dureté de l'existence, malgré ses envies de luxe et de confort. Ses crises de sentimentalisme se manifestent surtout lorsqu'elle se souvient de sa vie avec ses parents. Nana est aussi parfois honnête mais ment souvent; Nana recherche une vie simple avec Fontan mais revient vite à ses anciens penchants lorsque leur histoire se termine. Elle ne peut donc pas être réduite au simple rôle de parvenue: c'est un être humain avec toutes les qualités et tous les défauts que ce statut implique.

    Nana est donc du grand Zola, tout en restant accessible à tous les lecteurs. N'hésitez donc pas à (re)découvrir ce roman qui n'a que des qualités!

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    • Livres 5.00/5
    Par zael11, le 21/03/2011


    Au bonheur des dames Au bonheur des dames de Emile Zola

    Découvert en 4e avec le français, j'ai été subjuguée par cette merveilleuse histoire d'amour. Pour moi, une des plus belles de la littérature.

    Outre l'histoire entre Denise et Mouret, Zola nous offre en portrait haut en couleur de la société parisienne du 19e siècle grâce à une série des personnages de caractère. Il entraine le lecteur dans la folie des grands magasins, des soldes...

    Je ne me lasse pas de le lire, le relire.
    Un véritable bijou qui nous laisse sur un petit nuage... On est impatient de connaitre la fin de l'histoire et en même temps, on regrette de l'avoir déja terminé.

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    • Livres 5.00/5
    Par Ari, le 23/12/2011


    La Curée La Curée de Emile Zola

    Zola nous décrit ici l’époque des grands travaux d’aménagement et d’urbanisation menés à Paris. C’est la Curée, c’est-à-dire le dépeçage de Paris par les spéculateurs, des bourgeois véreux prêt à tout pour leur gain. Et Aristide Rougon, qui prendra le nom de Saccard en sera le meilleur exemple.

    Pour ce second tome des Rougon-Macquart, La Curée, Emile Zola met en scène la bourgeoisie parisienne du 19e siècle, plus particulièrement lors des grands travaux de Napoléon III. Et comment faire mieux que de tout détruire pour mieux reconstruire. Et évidemment ces travaux laisseront libre champs aux spéculateurs. Zola s’y attaque à cette classe de la société ne vivant que pour et par l’argent, en décrivant leur fascination du gain ainsi que leur vie scandaleuse. Et cela surtout autour du personnage de Aristide Saccard, ainsi que de sa compagne Renée, un personnage féminin très fort qui attache le lecteur d’un bout à l’autre du roman. D’ailleurs, comme à l’habitude chez Emile Zola, ce sont les personnages qui font le tout, sans compter cette incroyable reconstruction d’un Paris d’une époque durant laquelle le Paris moderne s’est forgé.

    J'ai beaucoup aimé. Les descriptions des costumes de l'époque, des dîners, des aventures, de la vie un peu débauchée de la bourgeoisie. Mes copines ne comprennent pas que j'aime lire et relire Zola. Elles me disent que je me torture ! Mais ça n'est pas de la torture. C'est de la littérature classique. Et moi, j'adore.

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    • Livres 5.00/5
    Par spicyfrog, le 18/11/2011


    Au bonheur des dames Au bonheur des dames de Emile Zola

    Zola a le don de montrer une société à son époque avec une réaliste incroyable. Quand on lit cce livre, on a l'impression de marcher dans les rues de Paris, de ressentir ce que l'héroïne ressent. Surtout, on découvre la différence des classes sociales et à notre époque c'est toujours le même cas même si c'est moins dénoncé. Zola aime mêler sentiments et tragédies, et chacun de ses livres de la série des Rougon-Macquart est une pure merveille.

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    • Livres 5.00/5
    Par MilaKali, le 06/03/2010


    Germinal Germinal de Emile Zola

    Ce livre est d'une beauté infernale!!! Je n'ai jamais lu un livre aussi bon que cela. C'est l'histoire d'un jeune mineur qui se cherche une famille, parce qu'il vient d'arriver dans le nouveau village. Il travaillera très fort pour récolter de l'argent... Sérieux, c'est mon livre préféré! Je n'ai peut-être que 14 ans, et je l'ai lu quand javais 12 ans, mais c'est le plus bon livre que j'ai jamais lu!!! Essayez-le ou louez-le à la bibliothèque, vous n'allez pas regretter!!!

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 31/08/2008


    Au bonheur des dames Au bonheur des dames de Emile Zola

    A nous qui vivons à l'époque des achats et de la vente en ligne, "Au Bonheur des Dames" risque de faire bientôt figure de témoignage sur la naissance d'un monde désormais pris de vitesse par la technologie : celui des grands magasins.

    C'est en effet l'histoire de cette révolution économique que Zola nous conte avec celle du "Bonheur des Dames", cette boutique plutôt obscure et tranquille que la mort de Mme Hédouin a laissée en héritage à Octave Mouret. Déjà que, du vivant de sa femme, Octave y avait introduit beaucoup d'innovations et en avait doublé le chiffre d'affaires, depuis qu'il est veuf, il est passé à la vitesse supérieure. Son "Bonheur" enfle et éclate de bonne santé, se nourrissant, tel un vampire, aux dépens des petits commerces qui l'entourent : chapellerie, ganterie, etc, etc ...

    Ne lui résistent plus dans le quartier que deux irréductibles : Baudu, le drapier du "Vieil Elboeuf" et Bourras, le vieux et colérique marchand de cannes et de parapluies. Mais des sommets où il s'est solidement installé, séduisant les hommes par la pluie d'or qu'il leur fait miroiter et les femmes par les seules qualités de son physique et de son tempérament d'amant, Mouret ricane sous cape : il sait que, un jour où l'autre, la déchéance viendra, pour Baudu comme pour Bourras.

    Grâce à l'appui de sa maîtresse, Mme Desforges, il parvient à étendre ses locaux de telle manière que les deux malheureux se trouvent littéralement écrasés par le "Bonheur." Et puis, douillettement installé dans ses affaires florissantes, soutenu par son entregent et son incontestable talent de ce que l'on ne nomme pas encore un bussiness-man, il attend.

    Le Destin va s'amuser à lui tendre un piège en lui jetant dans les bras - et dans le coeur, ce qui est plus grave pour un homme de cette trempe - la nièce de Baudu, Denise, qui, fraîchement débarquée de Normandie à la mort de ses parents et ayant dans ses bagages ses deux frères, plus jeunes qu'elle, a vraiment besoin de travailler. Son oncle Baudu ne pouvant évidemment pas l'embaucher, la voilà contrainte de quémander un poste en face, au "Bonheur." On y prend cette vendeuse d'apparence falote et effacée, qui ne paie guère de mine, uniquement sur ordre du patron, lequel tente ainsi un geste envers Baudu. Mais les débuts de la pauvre Denise sont très durs.

    Ce qui fournit à Zola l'occasion de nous brosser un portrait saisissant de ce qui était la vie des employés de magasin de l'époque : toujours debout et forcés de sourire et de subir toutes les avanies infligés par les clientes ; trottant des heures à travers les dédales du "Bonheur" pour accompagner un tel ou une telle et ses achats ; mal logés, à peine mieux nourris mais vêtus de soie et d'élégance car il fallait paraître.

    A l'exemple du Paradou de "La Faute de l'Abbé Mouret", le "Bonheur" a tout d'une gigantesque plante semi-exotique et plus ou moins malveillante, qui pousse ses racines aux quatre coins du quartier en étouffant au passage ces végétaux malingres que sont les petits commerces. Zola le fait aussi parfois machine, machine aveugle et épouvantable qui broie sous ses pistons tous ceux qui ne peuvent la suivre dans sa marche vers le progrès et le succès. Bref, "Au Bonheur des Dames" a quelque chose de Protée.

    En dépit de tout, de la mort de Geneviève, la cousine de Denise, qui se laisse aller complètement lorsque son fiancé la quitte pour s'amouracher d'une vendeuse du "Bonheur", de la ruine de Baudu et de Bourras, bref de tous ceux que le grand magasin triomphant foule aux pieds de sa réussite sans précédent, ce roman, moins caricatural, moins féroce sans doute que le très voltairien "Pot-Bouille", se détache comme le plus doux et le plus optimiste dans la série des Rougon-Macquart. Pour une fois notamment, l'intrigue amoureuse centrale, celle de Mouret et de Denise, se termine bien et l'on peut y voir, en quelque sorte, la victoire d'une certaine Bonté sur l'Egoïsme affairiste.

    On peut évidemment lire ce volume sans se soucier de "Pot-Bouille" mais le puriste préférera tout de même, je le pense, ne pas se passer de ce dernier.

    Critique de qualité ? (9 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 14/12/2011


    Le Docteur Pascal Le Docteur Pascal de Emile Zola

    Le docteur Pascal, situé après la proclamation de la République en 1870, clot la série des Rougeon-Macquart( saga familiale sur fond de satire politique et sociale).
    Pascal Rougon (déjà croisé dans La faute de l'abbé Mouret), qui préfère taire son nom de famille vu la "félure héréditaire" qu'il sous-entend, est connu de tous en tant que Docteur Pascal altruiste et gai, positiviste, homme de science qui travaille sur l'hérédité afin de "régénérer l'humanité" et étudie l'influence du milieu. Sa mère Félicité, richissime, n'aura de cesse de détruire les dossiers compromettant la famille en dénonçant ses tares(alcoolisme,débilité,hystérie,démence...) pour ne garder que les "beaux documents".
    Il a recueilli à la "Souleiade" sa nièce Clotilde admirative face à ce "maître" tout puissant. Une passion fébrile (qualifiée d' incestueuse, scandaleuse pour les critiques de l'époque) nait entre eux. Tout le talent d'Emile Zola (insatiable travailleur tel le docteur Pascal) dont ce roman est une autofiction inspirée par sa propre liaison avec la jeune Jeanne (rayon de soleil de ses vieux jours dont il aura deux enfants) est de nous présenter Clotilde à l' "exquis et sérieux profil", "aux frisures folles" comme une Vierge Marie, saine, pieuse, innocente, féminine et courageuse qui reste pure malgré sa relation charnelle et l'enfant quasi-miraculeux engendré.
    L'amour triomphera-t-il?
    Des instants fugitifs et des descriptions de paysages impressionistes fixés par un oeil de peintre, l'un de ces peintres (Monet,Manet,Courbet,Sisley..) dont Zola était l'ami.
    De beaux portraits psychologiques et une belle preuve d'amour d'un Zola vieillissant à sa jeune maîtresse. Par contre on peut juste s'interroger sur les curieuses méthodes du Docteur Pascal, plus alchimiste que véritable scientifique dans ses expériences farfelues à base de cervelles de moutons. Mais tout progrés n'implique-t-il pas des essais?

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 23/10/2011


    Au bonheur des dames Au bonheur des dames de Emile Zola

    "Misère en robe de soie", Denise la petite provinciale triste au charme caché, engagée par Mouret au rayon confection du Bonheur, sujette aux moqueries des autres vendeuses a passé toute une nuit à retailler sa robe austère. Habillée, coiffée, métamorphosée, elle surprend son patron.
    Renvoyée (en même temps que Robineau, vendeur au rayon soie), après avoir repoussé le trop insistant inspecteur Jouve, pour fabrication de cravates dans les sous sols, sans un sou,avec ses frères à charge, elle loge chez le marchand de parapluies Bourras qui l'embauche.
    Elle travaille ensuite chez Robineau dont le magasin de quartier ne tient pas la route face au Grand magasin, monstre dévorateur, symbole du capitalisme.
    "Ses idées larges et nouvelles" séduisent Robineau qu'elle aime mais dont elle refuse l'argent lorsqu'il tente de la séduire.
    Sur fond de jalousies,concurrences déloyales,ruines,expropriations, audacieuses tentatives de relances commerciales Le bonheur des dames, symbole de réussite,temple "d'une religion nouvelle", prendra son essor sur les ailes de l'amour triomphant et d'une même longueur d'onde.
    Emile Zola brosse dans ce roman un portrait fort d'une femme d'avenir fière,droite, aimante et courageuse. Il dépeint la société du XIX° siècle et la révolution commerciale parisienne(Les trois Quartiers ayant ouvert ses portes en 1829) liée à l'industrie textile de la soie.Il oppose le bien et le mal dans le monde sensuel des soieries, univers impitoyable régi par la loi du plus fort.
    Zola, l'écrivain(connu et reconnu de Germinal, entre autres et des Rougon-Macquart) est-il un pointilliste aux touches tendres ou un impressioniste qui recherche l'harmonie dans ses images nuancées?
    Il est en fait indémodable, surtout ici où le sujet porte sur la société de consommation!

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    • Livres 5.00/5
    Par Hindy, le 26/12/2010


    Germinal Germinal de Emile Zola

    Un monde révolu, âpre et dur.
    Une évocation si réaliste que l'on s'imagine aisément au fond de la mine.
    beau, poignant.

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    • Livres 0.00/5
    Par LiliGalipette, le 22/12/2009


    Le Rêve Le Rêve de Emile Zola

    Trouvée transie de froid au pied de la cathédrale et recueillie par le couple Hubert, Angélique Rougon grandit entourée d'amour. Ses bienfaiteurs sont brodeurs. Leur profonde et sincère piété s'exprime dans leur travail et dans les broderies dont ils parent les vêtements et ornements ecclésiastiques destinés à la cathédrale. Angélique est un modèle d'obéissance et de renoncement. Fine brodeuse, elle travaille aux côtés des Hubert dans leur atelier. Jeune fille rêveuse, elle attend un amour immense. Et il y a ce garçon qui apparaît un soir sous son balcon, un jeune peintre verrier. L'adolescence et le jeune esprit d'Angélique déjà bouleversés par la découverte de la Légende dorée font de cette apparition céleste la révélation qui changera sa vie, qui la rendra égale aux vierges saintes qu'elle admire tant.

    Voilà un Zola en odeur de sainteté! Nous avons la Légende dorée et l'hagiographie en général. Nous avons aussi les doux prénoms des héros Angélique et Félicien, c'est-à-dire un ange annonciateur et un jeune homme qui vit sa passion jusqu'au bout. On se promène entre les surplis, les chasubles brodés et les vitraux peints des cathédrales. Décidément, je suis toujours impressionnée quand je lis un Zola: il a un don particulier pour créer une atmosphère différente dans chacun de ses livres.

    La narration se déroule silencieusement et avec recueillement, dans une espèce de pénombre sereine propice à la méditation. La jeune Angélique, bien mystique il faut le reconnaître, rachète par sa conduite douce et modeste et par ses rêves de pureté toute une lignée dévoyée. L'atavisme des Rougon ne prend pas chez elle. Ce livre semble être une pause dans l'ensemble de la série, une respiration éthérée loin des violences et des folies qui caractérisent les membres de la famille Rougon-Macquart.

    Je l'ai lu il y a au moins dix ans et j'en ai gardé un souvenir attendri. Et c'est sur ce souvenir que j'ai écrit mon billet. Un peu d'indulgence si vous êtes des spécialistes de la question...


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2009/12/22/16241120.html

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 15/12/2007


    La Fortune des Rougon La Fortune des Rougon de Emile Zola

    Le premier volume d'une série qui compte des best-sellers tels que "L'Assommoir", "Nana" ou encore "La Bête Humaine", a forcément la part délicate. Pressé d'en venir directement aux chefs-d'oeuvre de Zola, le lecteur l'oublie souvent. Et c'est un tort.

    Car le souffle zolien s'y fait déjà sentir. A ceux qui m'opposeraient les longues descriptions du premier chapitre, je répondrais qu'il s'agit là d'un chapitre d'exposition et que, en tant que tel, il ne saurait être court, surtout au XIXème. Et puis, franchement, n'est-elle pas prodigieuse, la description du vieux cimetière St Mittre ? D'emblée, Zola nous prouve la maîtrise, rare parce qu'innée, avec laquelle il mariait naturellement les luxuriances de la vie et la pourriture sacrée de la mort.

    Un morceau pareil, dans la droite ligne des descriptions cadavériques de "Thérèse Raquin" et de celles, dévoreuses, monstrueuses et quasi amazoniennes de la serre de "La Curée" où Renée et Maxime cachent leurs amours incestueuses, ou de ce Paradou oublié dans lequel l'abbé Mouret, amnésique, succombe aux plaisirs de la chair, que voulez-vous, moi, ça me stupéfie et ça m'émerveille toujours autant !

    "La Fortune ..." est le livre-fondateur de la saga des Rougon, des Macquart et des Mouret. Celui qui passe auprès de lui sans le lire se résigne du coup à laisser dans l'ombre trop des points importants et dont certains sont carrément essentiels à la bonne compréhension du reste de la fresque.

    D'abord, cela va de soi, la haine fondamentale entre les Rougon, descendants du premier mari de l'aïeule Adélaïde Foulques, et les Macquart qui, eux, sont les enfants de son amant, le braconnier Antoine Macquart.

    Attachez vos ceintures et suivez-moi bien.

    Dès le départ, Pierre Rougon, le fils légitime, vole sa mère et ses demi-frère et soeur, Antoine et Ursule, afin de se doter pour épouser la fille d'un marchand d'huile, Félicité Puech. Dès le départ aussi, Antoine, le fils du braconnier, nous apparaît dans toute sa hideur : aussi voleur que son demi-frère mais beaucoup moins chanceux (peut-être parce que beaucoup plus paresseux), parasite-né qui vit d'abord aux crochets de sa mère, puis de sa femme, Fine, et enfin de ses deux enfants, Jean (que l'on retrouvera dans "La Terre"), Lisa (la "Belle Normande" du "Ventre de Paris") et bien sûr Gervaise, future et touchante héroïne du plus gros succès de Zola, "L'Assommoir."

    Ursule, seule fille du braconnier et d'Adélaïde, aura la chance d'épouser un ouvrier chapelier solide du nom de Mouret. La réussite de ce dernier sera telle d'ailleurs que son fils, François, finira par se marier avec sa cousine, Marthe Rougon - tous deux seront les protagonistes de "La Conquête de Plassans." Hélas ! de santé fragile et d'humeur étrange, elle finira par se suicider et son mari ne mettra pas longtemps à la suivre dans la tombe. Le second de leurs fils, le petit Silvère, sera adopté par sa grand-mère Adélaïde, qu'il surnommera "Tante Dide."

    Du côté Rougon, apparaissent Eugène, futur ministre de Napoléon III ("Son Excellence Eugène Rougon"), Aristide (personnage que Zola semble avoir conçu comme assez falot mais qui, par l'une de ces bizarreries qui se manifestent dans l'oeuvre des grands romanciers, deviendra très vite le Saccard flamboyant de "La Curée" et celui, presque émouvant, de "L'Argent"), Pascal (l'un des rares personnages positifs de la fresque qui donnera son nom au dernier volume), Marthe (cf. plus haut) et enfin Sidonie (c'est elle qui, dans "La Curée", révèlera à son frère l'adultère incestueux de Renée et de Maxime).

    Pour les deux clans - plus précisément pour les Rougon et Antoine Macquart - le coup d'Etat du 2 décembre 1851 servira de tremplin. Pierre et Félicité obtiendront enfin la recette générale qu'ils convoitaient depuis des lustres et Antoine, en se faisant leur complice, gagnera ainsi la possibilité de les faire chanter à vie. Aussi cruels, aussi sournois et aussi avides les uns que les autres de se bâtir une fortune, ils abandonneront à la fusillade le pauvre Silvère qui, trop jeune et trop utopiste, aura eu le tort de se battre dans le camp des vaincus.

    C'est donc, on l'aura compris, dans le sang de la République et dans celui de ses défenseurs, que la fortune des Rougon-Macquart prend ses racines.

    Telle est, résumée autant que faire se peut, l'intrigue de ce roman qui, à sa parution, ne déchaîna guère les critiques et qui, pourtant, ne peut manquer de passionner les inconditionnels de Zola et de la fresque qui lui permit d'accéder à la célébrité. ;o)

    Critique de qualité ? (8 votes positifs)


    • Livres 3.00/5
    Par iarsenea, le 11/10/2011


    Nana Nana de Emile Zola

    Nana est une fille de joie aux goûts de luxe. Elle est toujours à court d'argent et ses créanciers la poursuivent sans relâche. Une pièce de théâtre dans laquelle elle joue pitoyablement Vénus la propulsera pourtant au sommet. Les hommes sont tous inéluctablement attirés par elle, et plusieurs font des pieds et des mains pour l'avoir.
    C'est entre autres le cas du comte Muffat, un homme dans la quarantaine, religieux et pleins de principes. Il est marié depuis longtemps à la comtesse Sabine avec qui il n'a jamais découvert le plaisir. Lorsqu'il rencontre Nana, c'est le coup de foudre immédiat. Il tente en vain de résister à l'attrait que Nana exerce sur lui, mais il finit par céder.
    Nana, pourtant, ne veut rien savoir de cet homme. Il est trop laid, trop ridicule à son avis. Mais lorsqu'elle se retrouve sans le sou, à faire le trottoir, elle est forcée d'accepter l'offre de Muffat qui lui offre tout ce qu'elle veut : un hôtel, des robes et des bijoux coûteux ainsi que le rôle de son choix dans une nouvelle pièce de théâtre. Tout cela en échange de sa seule fidélité.
    Pourtant, Nana ne tarde pas à retourner à ses vieilles habitudes. Elle « reçoit » des hommes de tous âges, elle entretient même une relation homosexuelle avec un autre prostituée. Et par son attrait, elle vide les poches et brise la vie de tous ces hommes qui sont prêts à tout pour elle, pour toujours s'entourer de plus de luxe.


    Mon commentaire :
    J'ai trouvé ce roman très long à démarrer, comme d'ailleurs les deux autres Zola que j'ai lus jusqu'à maintenant. L'action tarde à débuter, l'auteur prend le temps de bien installer ses personnages, les lieux et l'histoire. Je me suis même demandé rendue à la moitié de l'histoire où il voulait en venir. Je trouvais que l'histoire stagnait et je ne comprenais pas du tout pourquoi ce roman faisait partie de la sélection des vingt livres classiques préférés des lecteurs de Livr@ddict. Oui, c'était audacieux de décrire une prostituée et sa vie à l'époque, mais de là à considérer le roman comme faisant partie des meilleurs classiques ? C'est de l'abus.
    Après avoir terminé le roman, je comprends un peu mieux pourquoi les gens ont tant apprécié ce roman. Effectivement, à partir du milieu de l'histoire, ça commence à démarrer et on constate tout l'égoïsme, l'égocentrisme, voire le narcissisme de Nana. Elle demande sans arrêt et ne donne rien en retour. Elle n'hésite pas un instant à manipuler les hommes pour obtenir tout ce qu'elle veut d'eux. Et les hommes, dans l'histoire, sont faibles, très faibles. Tellement faibles qu'on a l'impression qu'ils sont des marionnettes. Ils en deviennent des personnages tout aussi repoussants et pathétiques que Nana. Et c'est à mon avis ce portrait peu flatteur des personnages qui fait l'attrait de ce roman.
    Pourtant, au final, je ne peux pas dire que Nana est parmi mes classiques préférés. Je n'arrive pas à passer par-dessus le fait que je me suis vraiment ennuyée au début de l'histoire. Tous ces flaflas inutiles m'ont donné l'impression de perdre mon temps. Mon cerveau devenait comme saturé d'informations inutiles au bout de quelques pages, ce qui me forcait à arrêter pour le reprendre quelques heures plus tard. Ceci explique d'ailleurs en partie le fait que Nana est le premier livre que j'ai terminé depuis le mois d'octobre. J'espère que ça va aller un peu mieux maintenant que je l'ai terminé.
    Peut-être n'était-ce tout simplement pas le bon moment pour moi de lire ce livre.


    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2011/10/nana.html

    Critique de qualité ? (7 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Cloe4, le 08/10/2011


    Au bonheur des dames Au bonheur des dames de Emile Zola

    Beaucoup aimé, il reste le livre que je préfère de Zola.

    Critique de qualité ? (7 votes positifs)


    • Livres 5.00/5
    Par kedrik, le 07/09/2011


    Germinal Germinal de Emile Zola

    Pourquoi lire un bouquin de Zola en 2011 ? Dans mon cas, c'est à cause des 90 ans du Parti communiste français. On s'amuse beaucoup à regarder ce parti moribond agoniser et à parler d'acharnement thérapeuthique. Stalinien même quand c'était une position indéfendable. Georges Marchais et André Lajoinie, les Dupont et Dupond du prolétariat. La fête de l'Huma, un endroit populo-branchouille où les vieux de la vieille se retrouvent pour radoter sur les luttes d'hier. Ils étaient censés rallumer toutes les étoiles du ciel, à la place, ils vendaient du muguet les 1er mai. C'est toujours triste, un naufrage. Et une fin misérable occulte les bons moments. Car le PCF, ce n'est pas seulement Robert Hue qui imite Eddy Mitchell chez Patrick Sébastien. Il y a eu des combats, des avancées sociales, du progrès mesurable. Et Pif Gadget. Et justement, Germinal, ce sont les prémices de cette aspiration au changement.

    Étienne Lantier, jeune machiniste ayant perdu sa place pour avoir gifflé un supérieur, erre à la recherche d'un travail. Il trouve un emploi dans une mine de charbon où il va découvrire à la dure à quel point la vie des mineurs est rude. Abus de pouvoir des petits chefs. Sexualité de promiscuité. Conditions de travail épouvantables. Comme Étienne a fait des études et qu'il entretient une correspondance avec un responsable de l’Internationale, il va proposer à ses collègues de mettre en place une caisse de solidarité, en vue de la grève. Parce que ça va péter, c'est certain. La compagnie leur mange de plus en plus la laine sur le dos. Ils crèvent en respirant la poussière de charbon. Les mioches se font écraser quand les tunnels mal entretenus s'écroulent. Le prix du pain ne cesse d'augmenter. Alors, un beau matin, s'en est trop. Ils en ont gros. Étienne est heureux : l'heure de sa révolution est arrivée. Mais est-ce vraiment le bien commun, qui l'intéresse, ou bien faire reluire sa petite gloriole ?

    Zola écrit un roman reportage. Le lecteur ne lit pas tant une histoire qu'il découvre un univers qui lui est inconnu. C'est bourré de termes techniques sur la mine, on sent bien que le Mimile, il est allé sur place pour regarder comment la poussière de charbon colle à la sueur des mineurs. Et il n'est pas tendre avec les pauvres, le Zola : au lieu de nous raconter la vie simple des humbles sur l'air de "C'est pas leur faute, ils sont exploités par le patronnat", il se montre assez objectif quand il pose son regard sur cette misère. Et quand il dépeint les patrons, ce n'est pas uniquement pour montrer des accapareurs qui s'engraissent à rien faire. On trouve également des petits patrons paternalistes qui veulent juste rentrer dans leur argent ou bien qui sont obligés de faire plaisir à leurs actionnaires. Et l'Étienne, c'est pas un ange. Dès qu'il a le vent en poupe, il n'hésite pas à profiter de sa petite notoritété pour coucher. Mais surtout, il dit à la plèbe ce qu'elle a bien envie d'entendre. Il promet que l’Internationale va renverser l'ordre mondial en 3 ans. Il ment avec le même aplomb que le curé du coin, il utilise la même réthorique en remplaçant Dieu par Marx.

    Par contre, Zola ne semble pas avoir vu Bienvenue chez les Ch'tis parce que ses personnages du nord parle le langage du peuple, mais ça reste très parisien. Il ne fallait sans doute pas effrayer le lectorat bien propre sur lui.

    Germinal, ce sont des promesses non tenues. Des lendemains meilleurs. Un monde nouveau. Une nouvelle ère. L'entente entre les peuples. L'égalité entre camarades. Sauf que cette utopie est vendue en oubliant un élément important de l'équation : l'hommerie. Le système politico-économique a beau changer, l'homme reste le même. Avide. Un peu con. Partisan du moindre effort. On a 90 ans d'expérience qui le démontrent. Alors Germinal, ça fait mal. On sait que ça va foirer. Le livre est censé incarner les germes de cette révolution (d'où le titre) alors que nous avons assisté à la mort de cette idéologie.

    Mais en dehors de l'aspect purement politique, Germinal reste d'une actualité frappante. Il n'y a qu'à regarder les mineurs chiliens ou lire le récit des catastrophes minières chinoises pour se rendre compte que cette misère-là, elle a juste changé de continent. Les tunnels d'ailleurs sont eux aussi mal étayés. Des gamins grandissent trop vite en se courbant pour ramasser un peu de charbon. C'est juste que ce n'est plus sous nos yeux.

    Germinal m'a éclairé sur la raison qui fait qu'avec le temps, les ouvriers ont tourné le dos au PCF pour aller écouter les délires bruns du Front national. Les gens préfèrent croire en des mensonges concrets qu'en des promesses abstraites. Il est plus facile de croire que les musulmans vont violer ma fille que d'aspirer à plus d'harmonie dans les rapports humains. Et j'ai dans l'idée que la Marine Le Pen, des conneries tangibles, elle en a à revendre.

    Conclusion : ni dieu, ni Marx, ni Le Pen.


    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2011/01/germinal.html

    Critique de qualité ? (7 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par Donnakal, le 06/05/2011


    Au bonheur des dames Au bonheur des dames de Emile Zola

    Editions FASQUELLE
    61 rue des Saints Pères
    75006 PARIS


    Monsieur ZOLA Emile
    Appartement n° 9
    5 rue de Bruxelles
    75009 PARIS



    Paris,
    Jeudi 24 novembre 1882


    Cher Ami,

    J’ai (enfin !) achevé la lecture de ton « Bonheur des Dames »… Pour ma part, je l’intitulerai « Comment faire le Malheur de ces Messieurs » !!! Cela fait dix ans maintenant que nous nous connaissons, et franchement, ton style ne s’est pas bonifié avec l’âge, crois-moi ! A moins que tes plumes n’aient été envoutées par le diable pendant que tu écrivais cette plaidoirie sur la femme ?

    Lors de notre dernière soirée (très coquine, non ?) chez « Prunelle », tu m’avais pourtant prévenu que tu écrivais sur un thème très différent. Alors je m’attendais à tout, mais pas à cela ! Tout un pavé sur les chiffons de ces dames avec, en prime, une histoire d’amour qui finit bien… Mais où as-tu été trouver pareilles idées ??? Prunelle t’aurait-elle inspirée ? Je suis ton ami et là, c’est lui qui parle : tu es devenu complètement fou… Tu discrédites ton image d’écrivain ! Penses-tu réellement que les Français vont apprécier ?! Cherches-tu à te faire Hara-Kiri ! Ceci étant, je n’ai pas peur ; je sais que seules les plumes envahissent ton domicile alors, sauf éternuer, tu ne te feras pas bien mal !

    Trêve de plaisanterie… Accepter d’éditer ce livre reviendrait à vouloir mettre en péril ma maison d’édition, ce que je ne peux me permettre.

    Je te prie de croire, Cher Ami, en l’expression de mon amitié la plus sincère.


    Eugène FASQUELLE

    Critique de qualité ? (7 votes positifs)




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