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Citations de Emmanuel Levinas (56)

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  • Par Nastasia-B, le 20/08/2014

    Quatre lectures talmudiques de Emmanuel Levinas

    Quand la voix de l'exégète s'est tue — et qui oserait croire qu'elle résonne longtemps dans les oreilles des auditeurs ? —, le texte retourne à son immobilité où il redevient énigmatique, étrange et même parfois d'un archaïsme saugrenu.

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  • Par Cath36, le 18/07/2012

    Le Visage de l'autre de Emmanuel Levinas

    Eros est la relation avec l'altérité, le mystère, c'est-à-dire avec l'avenir, avec ce qui, dans un monde où tout est là, n'est jamais là.

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  • Par Piling, le 01/07/2010

    Dieu, la mort et le temps de Emmanuel Levinas

    Le temps n'est pas la limitation de l'être mais sa relation avec l'infini. La mort n'est pas anéantissement mais question nécessaire pour que cette relation avec l'infini ou temps se produise.

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  • Par Piling, le 30/12/2009

    Entre nous de Emmanuel Levinas

    C'est sans doute Kierkegaard qui a le mieux compris la notion philosophique de transcendance qu'apporte le thème biblique de l'humilité de Dieu. La vérité persécutée n'est pas pour lui simplement une vérité mal approchée. La persécution et l'humiliation par excellence à laquelle elle expose sont des modalités du vrai. La force de la vérité transcendante est dans son humilité. Elle se manifeste comme si elle n'osait pas dire son nom, elle ne vient pas prendre place dans le monde avec lequel elle se confondrait aussitôt comme si elle ne venait pas d'au-delà. On peut même se demander, en lisant Kierkegaard, si la Révélation qui dit son origine n'est pas contraire à l'essence de la vérité transcendante qui par là affirmerait son autorité impuissante contre le monde, on peut se demander si le vrai Dieu peut jamais lever son incognito, si la vérité qui s'est dite ne devrait pas aussitôt apparaître comme non dite, pour échapper à la sobriété et à l'objectivité d'historiens, de philologues et de sociologues qui l'affubleront de tous les noms de l'histoire, qui réduiront sa voix de fin silence aux échos des bruits qui se lèvent dans les champs de bataille et les marchés, ou à la configuration structurée d'éléments sans sens. On peut se demander si le premier mot de la Révélation ne doit pas venir de l'homme comme dans l'antique prière de la liturgie juive où le fidèle rend grâce non pas de ce qu'il reçoit mais de ce fait même de rendre grâce.

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  • Par jeanparapluie, le 25/09/2013

    Le temps et l'autre de Emmanuel Levinas

    La caresse est un mode d'être du sujet, où le
    sujet dans le contact d'un autre va au delà de ce
    contact. Le contact en tant que sensation fait partie
    du monde de la lumière. Mais ce qui est caressé
    n'est pas touche a proprement parler. Ce n'est pas
    le velouté ou la tiédeur de cette main donnée dans
    le contact que cherche la caresse. Cette recherche
    de la caresse en constitue l'essence par le fait que
    la caresse ne sait pas ce qu'elle cherche. Ce « ne
    pas savoir ››, ce désordonné fondamental en est
    l'essentiel. Elle est comme un jeu avec quelque
    chose qui se dérobe, et un jeu absolument sans
    projet ni plan, non pas avec ce qui peut devenir
    nôtre et nous, mais avec quelque chose d'autre,
    toujours autre, toujours inaccessible, toujours à
    venir. La caresse est l'attente de cet avenir pur,
    sans contenu. Elle est faite de cet accroissement
    de faim, de promesses toujours plus riches, ouvrant
    des perspectives nouvelles sur l'insaisissable. Elle
    s'alimente de faims innombrables. Cette intentiona-
    lité de la volupté, intentionalité unique de l'avenir
    lui-même, et non pas attente d'un fait futur, a
    toujours été méconnue par l'analyse philosophique.
    Freud lui-même ne dit pas de la libido beaucoup
    plus que sa recherche du plaisir, prenant le plaisir
    comme simple contenu, à partir duquel on commence
    l'analyse, mais qu'on n'analyse pas lui-même. Freud
    ne cherche pas la signification de ce plaisir dans
    l'économie générale de l'être. Notre thèse qui con-
    siste à affirmer la volupté comme l'événement
    même de l'avenir, l'avenir pur de tout contenu, le
    mystère même de l'avenir, cherche à rendre compte
    de sa place exceptionnelle.
    Peut-on caractériser ce rapport avec l'autre par
    l'Eros comme un échec ? Encore une fois, oui, si
    l'on adopte la terminologie des descriptions cou-
    rantes, si on veut caractériser l'érotique par le
    « saisir ››, le « posséder ››, ou le « connaître ››. Il
    n'y a rien de tout cela ou échec de tout cela, dans
    l'eros. Si on pouvait posséder, saisir et connaître
    l'autre, il ne serait pas l'autre. Posséder, connaître,
    saisir sont des synonymes du pouvoir.
    D'ailleurs, le rapport avec l'autre est généralement
    recherché comme une fusion. J'ai voulu précisément
    contester que la relation avec l'autre soit fusion. La
    relation avec autrui, c'est l'absence de l'autre; non
    pas absence pure et simple, non pas absence de pur
    néant, mais absence dans un horizon d'avenir,

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  • Par Piling, le 16/10/2009

    Ethique et Infini de Emmanuel Levinas


    Je vais vous conter un trait singulier de la mystique juive. Dans certaines prières très anciennes, fixées par d'antiques autorités, le fidèle commence par dire à Dieu "tu" et finit la proposition commencée en disant "il", comme si, au cours de cette approche du "toi" survenait sa transcendance en "il". C'est ce que j'ai appelé, dans mes descriptions, l'"illéité" de l'Infini.

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  • Par Piling, le 30/12/2009

    Entre nous de Emmanuel Levinas

    Ce que j'appelle la non-différence du Dire est, dans sa double négation, la différence derrière laquelle rien de commun ne se lève en guise d'entité. Et, ainsi, et rapport et rupture et, ainsi, éveil : éveil de Moi par autrui, de Moi par l'étranger, de Moi par l'apatride, c'est-à-dire par le prochain qui n'est que prochain. Éveil qui n'est ni réflexion sur soi, ni universalisation ; éveil qui signifie une responsabilité pour autrui à nourrir et à vêtir, ma substitution à autrui, mon expiation pour la souffrance et, sans doute, pour la faute d'autrui. Expiation, à moi impartie sans dérobade possible et à laquelle s'exalte, irremplaçable, mon unicité de moi.

    Mais dans cette rupture, et cet éveil, et cette expiation, et cette exaltation, se déroule la divine comédie d'une transcendance par-delà les positions ontologiques.

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  • Par Piling, le 30/12/2009

    Entre nous de Emmanuel Levinas

    Comment attendre d'un autre qu'il se sacrifie pour moi sans exiger le sacrifice des autres ? Comment admettre sa responsabilité pour moi, sans aussitôt me trouver, de par ma condition d'otage, responsable de sa responsabilité même. Être moi, c'est toujours avoir une responsabilité de plus.

    L'idée de l'otage, de l'expiation de moi pour l'Autre, où se renversent les relations fondées sur la proportion exacte entre les fautes et les peines, entre liberté et responsabilité (relations qui transforment les collectivités en sociétés à responsabilité limitée) ne peut s'étendre hors de moi. Le fait de s'exposer à la charge qu'imposent la souffrance et la faute des autres pose le soi-même du Moi. Moi seul, je peux sans cruauté être désigné comme victime. Le Moi est celui qui, avant toute décision, est élu pour porter toute la responsabilité du Monde. Le messianisme, c'est cette apogée dans l'Être – renversement de l'être "persévérant dans son être" – qui commence en moi.

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  • Par Piling, le 13/10/2009

    Ethique et Infini de Emmanuel Levinas

    Ce sentiment que la Bible est le Livre des Livres où se disent les choses premières, celles qui devaient être dites pour que la vie humaine ait un sens, et qu'elles se disent sous une forme qui ouvre aux commentateurs les dimensions mêmes de la profondeur, n'était pas une simple substitution d'un jugement littéraire à la conscience du 'sacré'. C'est cette extraordinaire présence de ses personnages, c'est cette plénitude éthique et ces mystérieuses possibilités de l'exégèse qui signifiaient pour moi originellement la transcendance. Et pas moins. Ce n'est pas peu de choses que d'entrevoir et de sentir l'herméneutique avec toutes ses audaces comme vie religieuse et comme liturgie. Les textes des grands philosophes, avec la place que tient l'interprétation dans leur lecture, me parurent plus proches de la Bible qu'opposés à elle, même si la concrétude des thèmes bibliques ne se reflétaient pas immédiatement dans les pages philosophiques. Mais je n'avais pas l'impression, à mes débuts, que la philosophie était essentiellement athée et je ne le pense pas aujourd'hui non plus. Et si, en philosophie, le verset ne peut plus tenir lieu de preuve, le Dieu du verset, malgré toutes les métaphores anthropomorphiques du texte, peut rester la mesure de l'Esprit pour les philosophes.

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  • Par jeanparapluie, le 02/04/2014

    Difficile liberté de Emmanuel Levinas

    Tout commence sans conteste dans le respect de l'homme et dans la lutte pour sa libération, pour son autonomie, pour la loi qu'il se donne à lui-même, pour « la liberté gravée sur les Tables de pierre ", comme le veulent nos docteurs de la Loi.

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  • Par Cath36, le 18/07/2012

    Le Visage de l'autre de Emmanuel Levinas

    L'essence de la raison ne consiste pas à assurer à l'homme un fondement et des pouvoirs, mais à le mettre en question et à l'inviter à la justice.

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  • Par Piling, le 03/01/2010

    Entre nous de Emmanuel Levinas

    L'unité me semble prendre sens à partir de l'impermutabilité qui vient ou qui revient au moi dans la concrétude d'une responsabilité pour autrui : responsabilité qui d'emblée lui incomberait dans la perception même d'autrui, mais comme si dans cette représentation, dans cette présence, elle précédait déjà cette perception, comme si déjà elle y était plus vieille que le présent et, dès lors, responsabilité indéclinable, d'un ordre étranger au savoir ; comme si, de toute éternité, le moi était le premier appelé à cette responsabilité ; impermutable et ainsi unique, ainsi moi, otage élu, l'élu. Éthique de la rencontre, socialité. De toute éternité un homme répond d'un autre. D'unique à unique. Qu'il me regarde ou non, "il me regarde" ; j'ai à répondre de lui. J'appelle visage ainsi, en autrui, regarde le moi – me regarde – en rappelant, de derrière la contenance qu'il se donne dans son portrait, son abandon, son sans-défense et sa mortalité et son appel à mon antique responsabilité, comme s'il était unique au monde – aimé. Appel du visage du prochain qui, dans son urgence éthique ajourne ou efface les obligations que le "moi interpellé" se doit à lui-même et où le souci de la mort d'autrui peut pourtant importer au moi avant son souci de moi pour soi. L'authenticité du moi, ce serait cette écoute de premier appelé, cette attention à l'autre sans subrogation et, ainsi, la fidélité aux valeurs en dépit de sa propre mortalité. Possibilité du sacrifice comme sens de la nature humaine ! Du sensé, malgré la mort, fût-elle sans résurrection ! Sens ultime de l'amour sans concupiscence et d'un moi qui n'est plus haïssable.

    J'use apparemment d'une terminologie religieuse : je parle de l'unicité du moi à partir de l'élection à laquelle il lui serait difficile de se dérober, car elle le constitue, d'une dette dans le moi, plus vieille que tout emprunt. Cette façon d'aborder une notion en faisant valoir la concrétude d'une situation où originellement elle prend sens, me semble essentiel à la phénoménologie. Elle est présupposée dans tout ce que je viens de dire.

    Dans toutes ces réflexions se profile le valoir de la sainteté comme le bouleversement le plus profond de l'être et de la pensée à travers l'avènement de l'homme. À l'intéressement de l'être, à son essence primordiale qui est conatus essendi, persévérance envers et contre tout et tous, obstination à être-là, l'humain – amour de l'autre, responsabilité pour le prochain, éventuel mourir-pour-l'autre, le sacrifice jusqu'à la folle pensée où le mourir de l'autre peut me soucier bien avant, et plus, que ma propre mort – l'humain signifie le commencement d'une rationalité nouvelle et d'au-delà de l'être. Rationalité du Bien plus haute que toute essence. Intelligibilité de la bonté. Cette possibilité de prêter, dans le sacrifice, un sens à l'autre et au monde qui, sans moi, compte pour moi, et dont je réponds (malgré la grande dissolution, dans le mourir, des relations avec tout autre, que Heidegger annonce au §50 de Sein und Zeit) n'est certes pas le survivre. C'est une extase vers un futur qui compte pour le moi et dont il a à répondre : mais sans-moi futur, sensé et futur, qui n'est plus là-venir d'un présent protenu.

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  • Par Piling, le 30/12/2009

    Entre nous de Emmanuel Levinas

    Je pense que l'humilité de Dieu, jusqu'à un certain point, permet de penser la relation avec la transcendance en d'autres termes que ceux de la naïveté ou du panthéisme ; et que l'idée de substitution – selon une certaine modalité – est indispensable à la compréhension de la subjectivité.

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  • Par jeanparapluie, le 11/12/2013

    Difficile liberté de Emmanuel Levinas

    Le monde moderne a oublié les vertus de patience. L'action rapide et efficace où tout s'engage en une seule fois a terní l'obscur éclat de la capacité d'attendre et de pâtir. Mais le déploiement glorieux de l'énergie est meurtrier. Il faut rappeler cette vertus de patience non pas pour prêcher la résignation contre l'esprit révolutionnaire, mais pour faire sentir le lien essentiel qui rattache à l'esprit de patience la révolution véritable. Elle vient d'une grande pitié. La main qui se saisit de l'arme doit souffrir de par la violence même de ce geste. L'anesthésíe de cette douleur amène le révolutionnaire aux frontières du fascisme.

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  • Par EspritRoumain, le 20/06/2013

    Le temps et l'autre de Emmanuel Levinas

    La solitude est une absence du temps.

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  • Par lutinielle, le 24/09/2012

    Altérité et transcendance de Emmanuel Levinas

    La proximité de l'autre est signifiance du visage. Signifiant d'emblée d'au-delà des formes plastiques qui ne cessent de le recouvrir comme un masque de leur présence dans la perception. Sans cesse il perce ces formes.
    (p 44)

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  • Par Piling, le 15/10/2009

    Ethique et Infini de Emmanuel Levinas

    Je suis tout seul, c'est donc l'être en moi, le fait que j'existe, mon exister, qui constitue l'élément absolument intransitif, quelque chose sans intentionnalité, sans rapport. On peut tout échanger entre êtres, sauf l'exister. Je suis monade en tant que je suis.

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  • Par Piling, le 14/10/2009

    Ethique et Infini de Emmanuel Levinas

    E.L. – Il y est question de ce que j'appelle l'"il y a". Je ne savais pas qu'Apollinaire avait écrit une œuvre intitulée Il y a. Mais l'expression, chez lui, signifie la joie de ce qui existe, l'abondance, un peu comme le "es gibt" heidegerrien. Au contraire "il y a" pour moi est le phénomène de l'être impersonnel : "il". Ma réflexion sur ce sujet part de souvenirs d'enfance. On dort seul, les grandes personnes continuent la vie; l'enfant ressent le silence de sa chambre à coucher comme "bruissant".

    Ph. N. – Un silence bruissant ?

    E.L. – Quelque chose qui ressemble à ce que l'on entend quand on approche un coquillage vide de l'oreille, comme si le vide était plein, comme si le silence était un bruit. Quelque chose qu'on peut ressentir aussi quand on pense que même s'il n'y avait rien, le fait qu'"il y a" n'est pas niable. Non qu'il y ait ceci ou cela; mais la scène même de l'être est ouverte : il y a. Dans le vide absolu, qu'on peut imaginer, d'avant la création – il y a.

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  • Par Piling, le 13/10/2009

    Ethique et Infini de Emmanuel Levinas

    Le rôle des littératures nationales peut être ici très important. Non pas qu'on y apprenne des mots, mais on y vit "la vraie vie qui est absente" mais qui précisément n'est plus utopique. Je pense que dans la grande peur du livresque, on sous-estime la référence 'ontologique' de l'humain au livre que l'on prend pour une source d'informations, ou pour un 'ustensile' de l'apprendre, pour un manuel, alors qu'il est une modalité de notre être.

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  • Par de, le 08/08/2014

    Emmanuel Levinas Emmanuel Levinas

    De temps en temps, d’étranges crépuscules interrompent l’histoire éclairée, la lumière se scinde en innombrables petites flammes vacillantes et ambiguës, la terre ferme vous est retirée sous les pieds, les événements se mettent à tourner en ronde infernale autour d’une conscience à nouveau dépaysée. Et des certitudes qui se moquent de la confrontation vous remontent d’un fond oublié

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