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Emmanuelle Urien

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Note moyenne : 3.84/5 (sur 57 notes) Emmanuelle Urien

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Angers , 1970

Biographie :

Emmanuelle Urien, gestionnaire et linguiste de formation, a consacré quelques années de sa vie "active" à diverses entreprises.

Ne se trouvant guère d'affinités avec ce monde, elle décide de s'adonner à l'écriture.

En 2000, le démon des mots, qui la traquait depuis l'enfance, la rattrape définitivement : elle écrit. Ses premiers pas d'auteur la conduisent vers les concours de nouvelles, elle y remporte une centaine de prix, des lecteurs et un peu d'assurance.

Publiée dans de nombreuses revues et anthologies, elle écrit également des fictions pour Radio France ("Les petits polars" ; "Les petites histoires").

Elle a publié plusieurs recueils de nouvelles, un roman, et écrit pour le théâtre et le cirque nouveau. Elle est aussi musicienne, et traductrice dans le civil. Elle vient d'achever un nouveau recueil de nouvelles et travaille actuellement sur un nouveau roman, tout en faisant tourner un peu partout en France des lectures-spectacles musicales avec l'auteur et musicien Manu Causse.
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Emmanuelle Urien et ses lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire?



Tous, je crois. J’ai été très tôt une lectrice boulimique, mais je ne me souviens pas qu’un livre en particulier ait déclenché mon envie d’écrire – en fait, j’ai toujours écrit. En revanche, en lisant Nouvelles et textes pour rien et quelques autres titres de Samuel Beckett, je me suis « autorisée » à m’écarter du classicisme en écriture : cet auteur était la preuve qu’on pouvait emporter le lecteur – émotionnellement, stylistiquement – en sortant complètement des univers romanesques bien rangés que j’avais explorés jusqu’alors.



Quel est l’auteur qui vous a donné envie d’arrêter d’écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?



Aucun. La qualité d’une écriture – autre que la mienne – n’a jamais désespéré l’auteur en moi ! Au contraire, j’y puise une partie de l’enthousiasme qui nourrit mon envie d’écrire, je me dis que j’aimerais, moi aussi, parvenir à remuer des lecteurs comme je l’ai été en lisant certaines œuvres ; ça me pousse plutôt à me mettre au travail.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?



Il pourrait s’agir de Jane Eyre , de Charlotte Brontë. C’est un livre qui m’a bouleversée et terrifiée… J’étais très jeune quand je l’ai lu, et il m’a amenée à découvrir les romans des autres sœurs Brontë, en particulier Les Hauts de Hurle-Vent .



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



Aventures d’Arthur Gordon Pym de E. A. Poe. Là encore, j’ai découvert ce roman quand j’étais enfant et il m’a fascinée, il est extrêmement sombre et torturé, très perturbant.



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?



Le Rouge et le Noir … et pas mal d’autres grands classiques, en fait. J’ai beau lire énormément, je n’arrive pas et n’arriverai jamais à tout lire. Mais je n’en ai pas réellement honte, pour être franche.



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?



Les romans de l’Allemand Akif Pirincci (dont un seul, Felides , a été traduit en français) ; ceux de Richard Jorif (son tryptique Le navire Argo – Le burelain – Tohu-bohu, très drôle et superbement écrit)… Et beaucoup d’autres, mais le mot « perle » était au singulier, alors je ne vais pas abuser…



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?



Euh, un de ceux que je n’ai pas lus ? Pour les autres, j’arrive à comprendre en quoi ils sont des classiques, et où réside leur intérêt, même si personnellement j’accroche moins à certaines œuvres qu’à d’autres. Joker, donc.



Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?



J’ai un cahier qui en est plein, alors pourquoi n’en citer qu’une ?



Et en ce moment que lisez-vous ?



Distraction de Bruce Sterling, L’autofictif voit une loutre d’Éric Chevillard, et les recueils de nouvelles sélectionnés pour le prix Ozoir’Elles où je suis jurée.



L’entretien d’Emmanuelle Urien avec les membres de Babelio



Le thème principal du recueil "Court, noir, sans sucre" est la mort. Comment arrivez-vous pourtant à rendre vos personnages très humains?



Je ne vois pas de paradoxe ou d’incompatibilité entre la mort et l’humanité… La mort est ce vers quoi nous tendons tous, sans exception. Mais je n’ai pas le sentiment que la mort constitue le thème principal du recueil. J’y parle plutôt de la douleur d’être face à la mort, des différentes attitudes qu’un être humain peut adopter lorsqu’il doit affronter la perte ou l’abandon. Quand j’écris leur histoire, je suis mes personnages, dans tous les sens du terme. L’empathie que j’éprouve en les écrivant est peut-être la raison de leur humanité sur le papier…



Dans "La collecte des monstres" vous décryptez les âmes des personnages d’une manière très nette. A votre avis, l’humain et le monstrueux vont toujours de pair?



Disons que nous sommes tous potentiellement des monstres et des anges, des victimes et des bourreaux. Pour la plupart d’entre nous, et la plupart du temps, nous arrivons à conserver un certain équilibre, mais il arrive qu’on bascule d’un côté ou de l’autre, parfois définitivement. Ce sont ces points de bascule et leurs déclencheurs qui m’intéressent. Et, une fois encore, la façon dont un être humain peut vivre ces situations « extrêmes ».



Vous parlez plusieurs langues (anglais, allemand, espagnol) et êtes traductrice. Traduttore traditore - êtes-vous d’accord?



Je suis d’accord pour dire qu’on ne peut jamais rendre toutes les subtilités d’un texte dans une traduction (à moins d’avoir affaire à quelque chose de sèchement technique ou de très plat stylistiquement parlant, auquel cas la subtilité est absente d’emblée) ; en revanche, on peut trouver des finesses de langue équivalentes ou, dans le cas de textes littéraires, être suffisamment imprégné de « l’esprit » de l’auteur pour comprendre quelle image, a priori intraduisible, correspond en français à sa démarche. C’est ce qui rend la traduction passionnante : on va bien au-delà des mots. La traîtrise est donc toute relative, et aisément pardonnable, non ?



Vous venez de publier "Monstres, purgatoires et autres divertissements" avec Manu Causse. En quoi cette collaboration est enrichissante pour vous?



Ce n’est pas une publication, mais le titre de nos lectures-spectacles : nous lisons sur scène nos textes (ceux de mes recueils et des siens, ou des nouvelles inédites), en « jouons » certains et nous

accompagnons musicalement. Cela dit, j’écris aussi avec Manu Causse (nous avons en particulier co-écrit des fictions brèves pour la radio et une pièce de théâtre). Nous avons une méthode « ping-pong » assez amusante, chacun rebondit sur ce que fait l’autre, et ça donne des textes assez vifs. L’écriture théâtrale se prête particulièrement bien à ça, et il est d’ailleurs prévu que nous poursuivions dans cette voie.



Pourquoi écrivez- vous principalement des nouvelles ?



Au début, c’était par manque de temps. Ensuite, par goût : j’aime passer rapidement d’un univers, d’un personnage à l’autre, et tout dire – suggérer – d’une vie en quelques pages. Le roman me demande un investissement très différent. Cela dit, je ne compte pas me cantonner à un genre plutôt qu’à l’autre ; d’ailleurs, je suis en train d’écrire mon deuxième roman, cependant que mon dernier recueil de nouvelles cherche son éditeur.



Où piochez-vous vos idées? En regardant votre voisine papoter, en écoutant le quidam dans la rue?



Voilà, exactement : en vivant, assez normalement, d’ailleurs. C’est de l’observation passive, tout s’empile quelque part dans ma tête, et certains fragments émergent plutôt que d’autres…



Vous écrivez des textes plutôt noirs et acérés. Dans la vie, êtes-vous en fait rieuse et sentimentale?



Vous n’imaginez pas à quel point… L’écriture sert d’exutoire à mes angoisses existentielles ; du coup, je suis plus légère après les avoir posées dans mes nouvelles. En réalité, je suis optimiste, gaie, sentimentale et torturée. J’espère que ça ne me rend pas infréquentable !



Le 25 juin 2010.



Merci keisha et claracambry pour leurs questions !

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Citations de Emmanuelle Urien

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  • Par Nanne, le 22/03/2010

    Court, Noir, Sans Sucre de Emmanuelle Urien

    Mélanie Bix, cette femme mince et un peu voûtée, suspendue par un fil à je ne sais quel ciel, quitte ce matin la petite ville de Saône-et-Loire qu'elle habite depuis dix ans, et où elle ne reviendra plus. Son nom, après, figurera sans doute dans les journaux, Mélanie Bix, c'est un nom que l'on retient facilement, moi en tout cas je ne l'oublierai pas.

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  • Par sylvie, le 05/10/2009

    Tu devrais voir quelqu'un de Emmanuelle Urien

    Sarah a lu et l'homme est là. Janvier, je vais l'appeler Janvier, mais qu'est-ce-que ça change ? Elle rit, et pleure, et rit encore pour cesser de pleurer, déchire la peau de ses doigts à belles dents. Son cœur va s'arrêter de battre d'un instant à l'autre, la peur grandit, la folie guette. Sarah s'effondre sur la table, sa tête va éclater, elle l'a tient à deux mains, elle la lâche et elle tombe, roule sur le lino, Bon débarras, du coin de l'œil elle le voit, maintenant il s'appelle Janvier, il est là et c'est tout."

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  • Par InColdBlog, le 09/09/2010

    La collecte des monstres de Emmanuelle Urien

    Je suis tombé pour complicité dans une affaire de drogue, et je n’en sais guère plus : la drogue, je n’y connais rien, et la complicité, avant d’être déféré, je croyais que c’était bien. Un truc entre deux personnes, des choses qui passent sans qu’on les dise, des regards qui font rire, des verres qui s’entrechoquent et de la mousse qui déborde. Des clichés de télévision. Mais la complicité pour laquelle on m’a accusé n’avait, hélas, rien à voir avec ça.

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  • Par InColdBlog, le 09/09/2010

    La collecte des monstres de Emmanuelle Urien

    La promiscuité m’a soulevé le cœur. Je me suis retrouvé dans la masse de ceux dont j’allais, sans le savoir, devenir le semblable, écrasé contre leurs corps, piétinant leurs membres, respirant leur haleine ou les miasmes de leurs terreurs organiques. Dans la mêlée, nous ne formions plus qu’un, nous étions un seul vaisseau en perdition, luttant malgré l’issue déjà fatale. Comme eux, je ne voulais pas sombrer : je croyais qu’il était indispensable de survivre et d’en revenir. Croire que l’on peut revenir de tout, c’est le propre de l’homme. Mais est-il encore homme, celui qui n’a plus rien d’humain ? Sali, souillé jusqu’à l’os par les insultes et l’humiliation, l’honneur en lambeaux, l’orgueil à l’air pire que la tripe, et du sang sur les mains qui ne serait pas que le sien. Je suis devenu chien, porc, e même hyène, j’ai défendu ma vie avec mes dents, je me suis aplati quand elle en dépendait, je n’ai pas hésité à vendre mon frère chien, nous étions tous bâtards gémissant dans nos cages, réclamant pitance, suppliant pour avoir la vie sauve.
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  • Par Aifelle, le 14/11/2011

    Court, Noir, Sans Sucre de Emmanuelle Urien

    "La première fois, j'ai trouvé marrant qu'elle soit du même avis que le curé, vu qu'elle dit toujours qu'elle ne peut pas l'encadrer, celui-là, et les autres pareils, avec leurs sermons à deux balles. Cà l'a fait sauter au plafond. Pas question qu'elle soit d'accord avec cette engeance-là ! Alors elle m'a expliqué : ses dimanches à elle, c'est pour reposer ses palpitations, son arthrose et faire marner le grand Capital, tandis que le dimanche du curé, il lui sert à berner les pauvres gens et à leur faire croire au septième ciel alors qu'ils resteront leur vie entière bloqués au rez-de-chaussée, tout çà pour finir au sous-sol quand ils auront claqué".

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  • Par Kittiwake, le 27/04/2012

    C'est plutôt triste, un homme perdu de Emmanuelle Urien

    Petit à petit je m'immisce dans sa marotte, deviens sa mascotte, l'accompagne, l'escorte, elle m'accepte, apprécie mon enthousiasme contraint pour la mer. Et puis rie,. Elle ne me voit pas, regarde tout autour de moi tandis que je l'admire.

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  • Par PLUMAGILE, le 03/11/2010

    Tu devrais voir quelqu'un de Emmanuelle Urien

    *Jeune femme médiocre sous tous rapports, prise dans la masse, invisible, étouffée, ne manquant à personne et ne se suffisant pas à elle-même, cherche sentiment d’être pour liaison vitale. Ecrire cerveau qui transmettra.

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  • Par PLUMAGILE, le 03/11/2010

    Tu devrais voir quelqu'un de Emmanuelle Urien

    *Mais être, en définitive, ça n’a guère d’intérêt. Encore faut-il que les autres s’en avisent. Qu’ils entérinent votre existence, dans les règles ternes de l’art du quotidien.

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  • Par PLUMAGILE, le 03/11/2010

    Tu devrais voir quelqu'un de Emmanuelle Urien

    *Marié, père de famille, une belle situation, le bonheur à fleur de peau, le vœu de tous les hommes. Mais sous l’ilôt serein qu’il présente à son entourage, avec plage, palmiers, ciel bleu et buffet à volonté, à fleur d’eau, il y a le mensonge.

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  • Par Zazette97, le 27/03/2011

    Court, Noir, Sans Sucre de Emmanuelle Urien

    Amélie a renforcé les bras et les jambes de ses sculptures avec du fil de fer, et pendant quelques jours, les silhouettes ont tenu bon. Amélie résistait elle aussi. A la fatigue, car elle ne dormait plus, elle n'avait plus le temps, elle sentait approcher la fin.
    A la faiblesse qui lestait son corps pourtant si léger à présent, et l'entraînait vers le sol où elle se réveillait parfois après un malaise, secouée de nausées.
    Tout cela, cependant, concourait à la naissance d'une nouvelle oeuvre, dans les cris étouffés, les larmes, la souffrance et leur probable corollaire, l'accomplissement de soi.
    Elle y était presque, à quelques grammes près. p.85
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    • La collecte des monstres
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    • Court, Noir, Sans Sucre
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