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Dublinesca de
Enrique Vila-Matas
Riba sait bien que l’une des caractéristiques majeures de l’imagination est de toujours nous donner l’impression d’être à la fin d’une époque. Depuis qu’il fait usage de la raison, il a toujours entendu dire que nous vivons des temps de crise majeure, une transition catastrophique vers une nouvelle culture. Mais l’idée d’apocalypse a toujours existé. Sans aller chercher plus loin, on la trouve dans la Bible, dans l’Enéide, dans toutes les civilisations. Selon Riba, l’apocalypse ne peut être de nos jours qu’abordée sur le mode parodique. [...] Il en a finalement par-dessus la tête d’entendre dire depuis sa plus tendre enfance que notre situation historique et culturelle est plus terrible que jamais et d’une certaine façon privilégiée, un point cardinal dans le temps. [...] Toute crise n’est au fond que la projection de notre angoisse existentielle. Notre seul privilège est peut-être d’être vivants et de savoir que nous allons mourir tous ensemble ou séparément. Finalement, pense Riba, l’apocalypse a un splendide état romanesque, mais il ne faut pas la prendre trop au sérieux [...].
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Par Messager, le 07/06/2011
Bartleby et Compagnie de
Enrique Vila-Matas
Chamfort alla si loin dans la voie du Refus que, le jour où il se crut condamné par la Révolution française, il tira un coup de pistolet qui lui brisa le nez et lui creva l’œil droit. Toujours en vie, il revint à la charge, saisit un couteau, s’égorgea et se poignarda. Baignant dans son sang, il remua encore son arme dans sa poitrine et, après s’être tailladé mollets et poignets, s’effondra dans une véritable mare.
Mais, tout cela n’est rien à côté de la sauvage désintégration de son esprit.
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Dublinesca de
Enrique Vila-Matas
Il rêve d’un temps où la magie du best-seller cédera en s’éteignant la place à la réapparition du lecteur talentueux où le contrat moral entre l’auteur et le public se posera en d’autres termes. [...] Parce qu’il ne faut pas se leurrer : ce voyage qu’est la lecture passe très souvent par des terrains difficiles qui exigent une aptitude à s’émouvoir intelligemment, le désir de comprendre autrui et d’approcher un langage différent de celui de nos tyrannies quotidiennes.
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Par BVIALLET, le 09/04/2012
Le mal de Montano de
Enrique Vila-Matas
Mon destin serait la solitude , la drogue , la violence et le suicide ...
Ecrire, c'est comme se droguer, on commence par pur plaisir et on finit par organiser sa vie comme les drogués en faisant tout tourner autour de son vic.
La littérature nous permet de comprendre la vie... Elle nous parle de ce qu'elle peut être, mais aussi de ce qu'elle a pu être.
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Par nadejda, le 30/12/2010
Le mal de Montano de
Enrique Vila-Matas
Je peux à présent tranquillement dire qu'entre la vie et les livres, j'opte pour ces derniers qui m'aident à la comprendre. La littérature m'a toujours permis de comprendre la vie. Mais c'est précisément la raison pour laquelle elle me laisse en dehors d'elle. Je le dis sérieusement ; c'est très bien ainsi.
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Par nadejda, le 11/09/2012
Journal volubile de
Enrique Vila-Matas
Si tu veux essayer, que ce soit à fond. Sinon, mieux vaut ne pas commencer. Il se peut que tu perdes ta famille, ta femme, tes amis, ton travail et même ta tête. Il se peut que tu ne manges pas pendant des jours, te gèles sur un banc public. Peu importe, c'est une épreuve de résistance pour savoir que tu peux le faire. Et tu le feras. Malgré le rejet et l'incertitude, ce sera mieux que tout ce que tu auras imaginé. Tu te sentiras seul avec les dieux et les nuits se consumeront en flammes. Tu chevaucheras la vie jusqu'au rire parfait. C'est la seule bataille qui compte. Charles Bukowski cité par Vila-Matas p 258 du "Journal Volubile"
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Par valaflebu, le 12/02/2012
Chet Baker pense à son art de
Enrique Vila-Matas
Je peux imaginer un critique immergé dans le "vague flottement" d'une nuit de sa vie essayant d'écrire un long texte d'un genre qu'il appelle"fiction critique" et qui, quasiement sans s'en recndre compte, malgré la contrariété initiale que cela représente pour lui, se transforme en observateur et éventuel narrateur d'une histoire traditionnelle où il y a des personnages.
Tout se passe à Turin, dans une chambre de la rue du Pô, à deux pas de l'endroit où Xavier de Maistre a écrit son livre le plus célèbre. D'une certaine façon, le critique par ailleurs Secrétaire perpétuel de la Société du Voyage autour de ma chambre, s'est installé dans cette chambre d'hôtel pour rendre hommage au livre du cmote de Maistre.
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Par Messager, le 07/06/2011
Bartleby et Compagnie de
Enrique Vila-Matas
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire », a dit Wittgenstein. Cette formule mérite certainement une place d’honneur dans l’histoire de la Négation, mais on se demande si ce ne serait pas celle du ridicule. Car, comme l’a écrit Maurice Blanchot, « le précepte de Wittgenstein, trop fameux et tellement rebattu, montre en effet que, puisque c’est en l’énonçant qu’il aura pu s’imposer le silence, c’est donc que pour se taire il faut parler. Mais avec quelle sorte de mots ? »
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Par Nanne, le 21/03/2009
Paris ne finit jamais de
Enrique Vila-Matas
Je m'étais dit qu'être antifranquiste n'était pas grand chose et, influencé par les idées situationnistes, avec ma pipe et mes deux paires de fausses lunettes, j'ai commencé à me promener dans le quartier en prototype de l'intellectuel poétique et secrètement révolutionnaire. Mais, en fait, j'étais situationniste sans avoir lu une seule ligne de Guy Debord, dont j'étais donc partisan de l'extrême gauche la plus radicale, mais seulement à cause de ce que j'en avais entendu dire.
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Par Messager, le 07/06/2011
Bartleby et Compagnie de
Enrique Vila-Matas
Dans une description bien faite, même obscène, il y a quelque chose de moral : la volonté de dire la vérité. Quand on n’use de langage que pour obtenir un effet, que pour ne pas dépasser les limites permises, on commet paradoxalement un acte immoral […] La littérature, quelque passion que nous mettions à la nier, permet de sauver de l’oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l’indifférence absolue.
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