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Par Alice5, le 05/02/2012
Le voyage vertical de
Enrique Vila-Matas
Quand on voyage avec quelqu’un, me dit-il, on a toujours tendance à trouver ce qui nous entoure étrange, tandis que si on voyage seul, c’est toujours soi qui est étrange.
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Par Alice5, le 05/02/2012
Le voyage vertical de
Enrique Vila-Matas
J’ai le sentiment que tant que tu ne visiteras pas de ville que tu ne connais pas, tu te maintiendras en vie.
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Par Messager, le 07/06/2011
Bartleby et Compagnie de
Enrique Vila-Matas
Chamfort alla si loin dans la voie du Refus que, le jour où il se crut condamné par la Révolution française, il tira un coup de pistolet qui lui brisa le nez et lui creva l’œil droit. Toujours en vie, il revint à la charge, saisit un couteau, s’égorgea et se poignarda. Baignant dans son sang, il remua encore son arme dans sa poitrine et, après s’être tailladé mollets et poignets, s’effondra dans une véritable mare.
Mais, tout cela n’est rien à côté de la sauvage désintégration de son esprit.
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Dublinesca de
Enrique Vila-Matas
Riba sait bien que l’une des caractéristiques majeures de l’imagination est de toujours nous donner l’impression d’être à la fin d’une époque. Depuis qu’il fait usage de la raison, il a toujours entendu dire que nous vivons des temps de crise majeure, une transition catastrophique vers une nouvelle culture. Mais l’idée d’apocalypse a toujours existé. Sans aller chercher plus loin, on la trouve dans la Bible, dans l’Enéide, dans toutes les civilisations. Selon Riba, l’apocalypse ne peut être de nos jours qu’abordée sur le mode parodique. [...] Il en a finalement par-dessus la tête d’entendre dire depuis sa plus tendre enfance que notre situation historique et culturelle est plus terrible que jamais et d’une certaine façon privilégiée, un point cardinal dans le temps. [...] Toute crise n’est au fond que la projection de notre angoisse existentielle. Notre seul privilège est peut-être d’être vivants et de savoir que nous allons mourir tous ensemble ou séparément. Finalement, pense Riba, l’apocalypse a un splendide état romanesque, mais il ne faut pas la prendre trop au sérieux [...].
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Dublinesca de
Enrique Vila-Matas
Il rêve d’un temps où la magie du best-seller cédera en s’éteignant la place à la réapparition du lecteur talentueux où le contrat moral entre l’auteur et le public se posera en d’autres termes. [...] Parce qu’il ne faut pas se leurrer : ce voyage qu’est la lecture passe très souvent par des terrains difficiles qui exigent une aptitude à s’émouvoir intelligemment, le désir de comprendre autrui et d’approcher un langage différent de celui de nos tyrannies quotidiennes.
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Par nadejda, le 30/12/2010
Le mal de Montano de
Enrique Vila-Matas
Je peux à présent tranquillement dire qu'entre la vie et les livres, j'opte pour ces derniers qui m'aident à la comprendre. La littérature m'a toujours permis de comprendre la vie. Mais c'est précisément la raison pour laquelle elle me laisse en dehors d'elle. Je le dis sérieusement ; c'est très bien ainsi.
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Par Messager, le 07/06/2011
Bartleby et Compagnie de
Enrique Vila-Matas
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire », a dit Wittgenstein. Cette formule mérite certainement une place d’honneur dans l’histoire de la Négation, mais on se demande si ce ne serait pas celle du ridicule. Car, comme l’a écrit Maurice Blanchot, « le précepte de Wittgenstein, trop fameux et tellement rebattu, montre en effet que, puisque c’est en l’énonçant qu’il aura pu s’imposer le silence, c’est donc que pour se taire il faut parler. Mais avec quelle sorte de mots ? »
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Par Nanne, le 21/03/2009
Paris ne finit jamais de
Enrique Vila-Matas
Je m'étais dit qu'être antifranquiste n'était pas grand chose et, influencé par les idées situationnistes, avec ma pipe et mes deux paires de fausses lunettes, j'ai commencé à me promener dans le quartier en prototype de l'intellectuel poétique et secrètement révolutionnaire. Mais, en fait, j'étais situationniste sans avoir lu une seule ligne de Guy Debord, dont j'étais donc partisan de l'extrême gauche la plus radicale, mais seulement à cause de ce que j'en avais entendu dire.
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Par Messager, le 07/06/2011
Bartleby et Compagnie de
Enrique Vila-Matas
Dans une description bien faite, même obscène, il y a quelque chose de moral : la volonté de dire la vérité. Quand on n’use de langage que pour obtenir un effet, que pour ne pas dépasser les limites permises, on commet paradoxalement un acte immoral […] La littérature, quelque passion que nous mettions à la nier, permet de sauver de l’oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l’indifférence absolue.
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Par brigetoun, le 16/12/2010
Explorateurs de l'abîme de
Enrique Vila-Matas
Un jour, Maurice Forest-Meyer commanda une "roulotte" noire identique pour lui. Le génial équilibriste voulait avoir la même voiture que Raymond Roussel. À la fin, plus que la voiture de Roussel, sa "roulotte" finit par rappeler l'un de ces "wagons funéraires" qu'il y avait à Prague à l'époque de Kafka, des tramways noirs qui servaient à transporter des soldats morts et dans lesquels il y avait de l'espace pour au moins quatre cercueils.