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Par Aela, le 25/01/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Il n'avait pas pris assez de photos d'elle. Il était obligé de faire confiance à ses souvenirs. Certains revenaient sans effort. D'autres, c'était plus difficile.
Charlotte, par moments, tu encombres ma mémoire. Sinon, il arrive que tu sois insaisissable. Je ne parviens pas à reconstituer tous tes traits.
Ne me dites pas que je vais l'oublier pour de bon.
elle ne va pas s'effacer comme ces vieux polaroïds si?
Cette fille avait failli m'éviscérer.
Je me prenais les pieds dans mes propres tripes.
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Par Gwordia, le 08/08/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Comment faire ? Elle était difficile à remplacer. Elle prenait du volume. Charlotte était un pluriel à elle toute seule. Avec elle, cela tanguait. On n'avait pas le temps de s'assoupir. Il fallait qu'elle ait la vedette. Pour cela, elle arborait une jeunesse absurde. Qu'est-ce qu'elle allait encore inventer ? Avec qui allait-elle se disputer à table ?
Le nombre de dîners qu'elle avait gâchés. Combien de ses voisins avait-elle agressés ? Elle entrait dans la pièce et l'atmosphère changeait. Elle faisait tout pour. Il lui fallait du bruit, de la musique, de l'alcool et des tempêtes. J'avais été servi. Elle criait "Où sont les bouteilles ?" Où sont les toros ?" Quand on vivait à côté d'elle, chaque année en valait sept. On devait compter en calendrier pour chiens. Elle fouettait l'instant. L'imprévu était sa résidence secondaire. Elle ne croyait pas à la prudence. Elle fuyait le raisonnable. Elle avait un appétit de requin-marteau. Elle ne se rendait jamais. Elle voulait diriger les opérations. C'était Miss Patton, Gengis Khan au féminin. Cela l'avait séduit. Maintenant, il en faisait les frais.
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Mufle de
Eric Neuhoff
Ce sont les dernières secondes de ma vie. Mon esprit vient d’être expédié en unités de soins intensifs. Plus rien n’existe. Je suis là, dans la salle de bains, après le dîner, son portable à la main.
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Par Gwordia, le 08/08/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Je ne t'oublie pas, Charlotte. Je prends mes distances. Je ne te connais plus. Tu étais vrombissante, originale, inclassable. Tu te servais de ta beauté avec violence. Beaucoup devaient te prendre pour une emmerdeuse. Tu faisais bouger les jours. Avec toi, aucun ne durait vingt-quatre heures. Tu inventais la vie. Tu enchantais le quotidien. La banalité, tu la piétinais. C'était cela qui m'avait séduit chez toi. Le rythme était usant. Il avait ton physique. Dans la rue, les hommes se retournaient sur ton passage.
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Par Gwordia, le 08/08/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Il n'avait pas pris assez de photos d'elle. Il était obligé de faire confiance à ses souvenirs. Certains revenaient sans effort. D'autres, c'était plus difficile. Charlotte, par moments tu encombres ma mémoire. Sinon, il arrive que tu sois insaisissable. Je ne parviens pas à reconstituer tes traits. Ne me dites pas que je vais l'oublier pour de bon. Elle ne va pas s'effacer comme ces vieux polaroïds, si ? Cette fille avait failli m'éviscérer. Je me prenais les pieds dans mes propres tripes.
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Par Gwordia, le 08/08/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Avant, ils se parlaient plusieurs fois par jour au téléphone. Ils s'appelaient pour des riens, trouvaient des prétextes dérisoires, des choses essentielles qu'ils avaient oublié de se dire, pour le simple plaisir d'entendre la voix de l'autre. Ca n'était pas un hasard si tout s'était effondré quand il n'avait pas réussi à la joindre, qu'il tombait tout le temps sur sa messagerie. Ils se livraient désormais à une intifada de sms.
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Par Aela, le 25/01/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Il fit des choses pas bien. Un jour, il l'avait surprise sans qu'elle s'en doute en train de glisser un grand cahier rouge entre le matelas et le sommier. Il lut le journal intime qu'elle cachait sous son lit: il n'aurait pas dû.
Le Colombien n'avait pas été le premier.
A Venise, elle avait embrassé un type devant chaque église. Il renonça à calculer le nombre de baisers que cela représentait.
Ce prince vénitien tenait un restaurant à la Salute.
A Marrakech, un producteur de télévision l'avait invitée à partager sa suite de la Mamounia.
En Turquie, un photographe lui avait demandé de poser pour lui. La suite était décrite en détail. A Dehli, elle avait dépucelé le fils d'un maharadjah.
Il découvrit avec horreur qu'il ne la connaissait pas;
Elle n'avait pas arrêté de le mener en bateau.
Il en conçut une tristesse supplémentaire.
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Par Lyllye, le 05/10/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Il fut faible. Il fut lâche. Il fit semblant de pardonner. Il se flattait d'être magnanime. C'était une blague, il avait encore envie de la baiser ,oui. Charlotte était sa prison. Il ne parvenait pas à s'en évader. Elle ne pourrait pas le tromper tant qu' il la tiendrait contre lui.
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Par Aela, le 25/01/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Quelle conne. De son écriture ronde et penchée, cette midinette avait recopié dans son carnet les textos qu'elle avait échangés avec le Vénitien. Ils étaient sans ambiguïté.
Il tomba aussi sur des dialogues qui devaient avoir lieu dans une gondole.
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Un bien fou de
Eric Neuhoff
J'ai bu comme je n'avais jamais bu auparavant, tout seul, sans rime ni raison. Aucun plaisir. L'alcool m'aidait à tenir le coup. Je recommande la méthode à quiconque vient d'être plaqué. Le foie est un organe beaucoup plus résistant que le coeur.