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Par Aela, le 25/01/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Il n'avait pas pris assez de photos d'elle. Il était obligé de faire confiance à ses souvenirs. Certains revenaient sans effort. D'autres, c'était plus difficile.
Charlotte, par moments, tu encombres ma mémoire. Sinon, il arrive que tu sois insaisissable. Je ne parviens pas à reconstituer tous tes traits.
Ne me dites pas que je vais l'oublier pour de bon.
elle ne va pas s'effacer comme ces vieux polaroïds si?
Cette fille avait failli m'éviscérer.
Je me prenais les pieds dans mes propres tripes.
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Mufle de
Eric Neuhoff
Ce sont les dernières secondes de ma vie. Mon esprit vient d’être expédié en unités de soins intensifs. Plus rien n’existe. Je suis là, dans la salle de bains, après le dîner, son portable à la main.
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Par Aela, le 25/01/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Il fit des choses pas bien. Un jour, il l'avait surprise sans qu'elle s'en doute en train de glisser un grand cahier rouge entre le matelas et le sommier. Il lut le journal intime qu'elle cachait sous son lit: il n'aurait pas dû.
Le Colombien n'avait pas été le premier.
A Venise, elle avait embrassé un type devant chaque église. Il renonça à calculer le nombre de baisers que cela représentait.
Ce prince vénitien tenait un restaurant à la Salute.
A Marrakech, un producteur de télévision l'avait invitée à partager sa suite de la Mamounia.
En Turquie, un photographe lui avait demandé de poser pour lui. La suite était décrite en détail. A Dehli, elle avait dépucelé le fils d'un maharadjah.
Il découvrit avec horreur qu'il ne la connaissait pas;
Elle n'avait pas arrêté de le mener en bateau.
Il en conçut une tristesse supplémentaire.
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Par Aela, le 25/01/2012
Mufle de
Eric Neuhoff
Quelle conne. De son écriture ronde et penchée, cette midinette avait recopié dans son carnet les textos qu'elle avait échangés avec le Vénitien. Ils étaient sans ambiguïté.
Il tomba aussi sur des dialogues qui devaient avoir lieu dans une gondole.
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Un bien fou de
Eric Neuhoff
Des hommes bronzés, en tee-shirt découvrant leurs bras musclés, promenaient des Jack Russell. DINK. Double Income No Kids. De plus en plus, une cible des annonceurs. Soyez pédé et on vous vendra encore plus de merde qu'aux autres.
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Un bien fou de
Eric Neuhoff
Je n'agissais pas différemment dans la plublicité où, après chaque réunion, je notais les énormités qui avaient été proférées par les annonceurs - pourquoi seulement les annonceurs ? Les créatifs, c'était quelque chose aussi - autour de la table. Si je rassemble tout cela, j'ai de quoi écrire un roman. Il se vendrait, je suis sûr qu'il se vendrait. Il n'y aurait qu'à lui donner pour titre son prix de vente.
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Par tamara29, le 14/04/2012
Un bien fou de
Eric Neuhoff
Dans la mesure du possible, j’évite de me laisser aller au pessimisme et à la mélancolie. Ce sont des sentiments qui ne valent rien. Cela ne m’empêchait pas de tourner en rond, le moral à zéro. Je ressentais une étrange impression de flottement, comme un décalage horaire qui ne s’effacerait pas. Encore un jour d’hiver au purgatoire.
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Un bien fou de
Eric Neuhoff
J'ai bu comme je n'avais jamais bu auparavant, tout seul, sans rime ni raison. Aucun plaisir. L'alcool m'aidait à tenir le coup. Je recommande la méthode à quiconque vient d'être plaqué. Le foie est un organe beaucoup plus résistant que le coeur.
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Un bien fou de
Eric Neuhoff
N'empêche, tout cela a valu la peine, même si je suis sûr d'une chose : que le passé ne peut pas être réparé. Je crains, hélas, qu'il ne nous apprenne rien non plus sur ce qui nous attend.
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Un bien fou de
Eric Neuhoff
Au bout d'un moment, le célibat a cette odeur rance de serviette mouillée.