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Par PLUMAGILE, le 17/07/2010
L'entreprise des Indes de
Erik Orsenna
*Lire ressemble à regarder l’horizon. D’abord on ne voit qu’une ligne noire. Puis on imagine des mondes.
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La Grammaire est une chanson douce de
Erik Orsenna
Une phrase, c'est comme un arbre de Noël. Tu commences par le sapin nu et puis tu l'ornes, tu le décores à ta guise... Jusqu'à ce qu'il s'effondre. Attention à ta phrase : si tu la charges trop de guirlandes et de boules, je veux dire d'adjectifs, d'adverbes et de relatives, elle peut s'écrouler aussi.
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Par Jessoya, le 14/07/2010
Les Chevaliers du Subjonctif de
Erik Orsenna
- Les paresseux, les verbes à l'infinitif qui ont décidé que, être verbe, c'était trop fatigant. Ils ont changé de métier. Ils ont préféré devenir des noms. Un nom a beaucoup moins de travail qu'un verbe.
- Vous pouvez me donner des exemples d'infinitif paresseux?
- Le savoir, le sourire.
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Par Jessoya, le 14/07/2010
Les Chevaliers du Subjonctif de
Erik Orsenna
- Alors le monde est une immense bibliothèque?
- Je crois que c'est ce qu'il a voulu nous dire.
- Il dit n'importe quoi! Nous sommes entourés d'endroits sans livres : la mer, le ciel, la montagne.
- Et tu crois qu'il ne faut pas apprendre à lire la mer, quand on veut naviguer? À lire la montagne, si on ne veut pas être enseveli par une avalanche? À lire le ciel, quand on vole en planeur?
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Par TINUSIA, le 14/11/2009
Longtemps de
Erik Orsenna
Quand une femme prend la peine de revenir vous dire "c'est fini", c'est que tout commence.
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Par Nibelheim, le 11/08/2007
La Grammaire est une chanson douce de
Erik Orsenna
" Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu'elle nous parlait :
- Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
- Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. "
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Par ChezLo, le 14/11/2010
Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation de
Erik Orsenna
Le coton est le porc de la botanique : chez lui, tout est bon à prendre. Donc tout est pris. D'abord, on récupère le plus précieux : les fibres. Ce sont ces longs fils blancs, formant les flocons qui entourent les graines. Des machines vont les en séparer. Les fibres du coton sont douces, souples et pourtant solides. Elles résistent à l'eau et à l'humidité. Elles ne s'offusquent pas de nos transpirations. Sans grogner, elles acceptent d'être mille fois lavées, mille et une fois repassées. Elles prennent comme personne la teinture, et la gardent... La longue liste de ces qualités a découragé les matières naturelles concurrentes, animales et végétales. La laine et le lin ne représentent plus rien. Si la fibre synthétique domine le marché du textile (soixante pour cent), le coton résiste (quarante pour cent). Et c'est ainsi que le coton vêt l'espèce humaine. Il ne s'en tient pas là.
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Par sylvie, le 31/01/2009
L'avenir de l'eau : Petit précis de mondialisation II de
Erik Orsenna
Peu à peu, j’ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J’ai vu s’aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j’ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J’ai vu des illusions et des férocités à l’oeuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter.
Un habitant de la planète sur six continue de n’avoir pas accès à l’eau. Un sur deux vit sans système d’évacuation.
Pourquoi ?
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Par Elora, le 02/06/2010
Les Chevaliers du Subjonctif de
Erik Orsenna
Le subjonctif est l’univers du doute, de l’attente, du désir, de l’espérance, de tous les possibles…
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Par TINUSIA, le 16/05/2010
La révolte des accents de
Erik Orsenna
Il était une fois...
Je ne sais pas vous, mais moi, dès que j'entends ces quatre mots, je ronronne, je m'abandonne, je prends la mer ou je m'envole, je m'étends, je m'agrandis...
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Par Karina, le 05/04/2010
Et si on dansait ? de
Erik Orsenna
Il suffit à un point d'en ajouter deux autres pour que le final devienne suspensif. Et que l'espoir renaisse.
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L'entreprise des Indes de
Erik Orsenna
Quand on ne dispose pas de bateau - ou plutôt d'eau pour les y faire naviguer - , la seule façon de fuir, c'est lire.
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Par jostein, le 10/12/2010
La Grammaire est une chanson douce de
Erik Orsenna
Après tout, une phrase , pour un mot, c'est une prison.
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La chanson de Charles Quint de
Erik Orsenna
Le whisky est le breuvage offert par Dieu aux humains de race masculine pour les aider à entrer dans la nuit.
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La Grammaire est une chanson douce de
Erik Orsenna
Les mots sont les petits moteurs de la vie. Nous devons en prendre soin.
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Par liliba, le 16/02/2010
Et si on dansait ? de
Erik Orsenna
Aucun dictateur n'aime les livres, Jeanne. Car les livres aident à rêver, à réfléchir et donc à critiquer. Quel besoin de rêver, pensent les dictateurs, puisque la société que j'ai créée est la meilleure possible ? Quel besoin de réfléchir puisque je décide tout pour vous ? Quand à la critique, je ne l'accepterai jamais."
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Par lecassin, le 04/12/2011
La Grammaire est une chanson douce de
Erik Orsenna
L'imparfait est le temps de la durée qui s'étire, l'imparfait, c'est du temps qui prend son temps...
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L'entreprise des Indes de
Erik Orsenna
Qu'est-ce qu'une carte? Un morceau résumé et pacifié de la Terre.
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L'entreprise des Indes de
Erik Orsenna
Chaque livre invente sa route.Il va aussi libre, parmi toutes les histoires possibles, que chaque bateau sur la mer entre toutes les destinations.
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La Grammaire est une chanson douce de
Erik Orsenna
Brûlé, cet îlot, comme une galette des rois trop longtemps laissée dans le four. Et vide, absolument, de plantes, d’êtres vivants, de constructions, l’endroit champion du monde catégorie désert, imbattable au Livre Guiness des records (chapitre « Rien »). Un plateau rocheux marron foncé, détergé, délavé, récuré… Tel était l’endroit de charme où nous avions débarqué.
Drôle de choix pour une excursion ! Monsieur Henri ne tarda pas à nous donner la raison de notre venue.
- Vous savez pourquoi les déserts avancent, un peu partout sur notre Terre ? … Il suffirait de fermer les paupières pour la voir avancer vers nous, cette terrible armée de sable. On nous parle de réchauffement de la planète, de forêts dévastées… C’est sans doute vrai. Mais l’on oublie l’essentiel. Ici, il y a cent ans, vivaient deux villages, avec tout ce qu’il faut pour être heureux, des plantes, des paillotes, de l’eau douce, des femmes, des hommes, des enfants, des animaux…
Je ne pouvais y croire.
Ici, de la vie ! Sur ce carré de la désolation . Allons donc ! Je forçais mon cerveau à imaginer mais il refusait, il renâclait, il me prenait pour une folle.
-… Un jour, une tempête aussi forte que la vôtre a soufflé sur cette île. Des arbres ont été arrachés, bien sûr, et des maisons se sont envolées. Mais tout le reste demeurait. Il suffisait de rebatir et l’existence aurait repris, comme avant, jusqu’à la prochaine tempête.
Depuis quelque temps, je voyais sur la mer se multiplier des triangles noirs. Ils tournaient et retournaient autour de nous comme une ronde. Je ne compris pas tout de suite que c’étaient les requins. Peut-être que ces bêtes-là ne se nourrissent pas seulement de chair fraîche mais aussi d’histoires sinistres ? Et celle que contait Monsieur Henri n’avait rien de gai.
Les habitants s’étaient fait, comme vous, nettoyer de tous leurs mots. Au lieu de venir chez nous les réapprendre, ils ont cru qu’ils pourraient vivre dans le silence. Ils n’ont plus rien nommé. Mettez-vous à la place des choses, de l’herbe, des ananas, des chèvres… A force de n’être jamais appelées, elles sont devenues tristes, de plus en plus maigres, et puis elles sont mortes. Mortes, faute de preuves d’attention ; mortes, une à une, de désamour. Et les hommes et les femmes, qui avaient fait le choix du silence, sont morts à leur tour. Le soleil les a dessséchés. Il n’est bientôt plus resté de chacun d’entre eux qu’une peau, mince et brune comme une feuille de papier d’emballage, que le vent, facilement, a emportée.
Monsieur Henri s’est tu. Des larmes lui étaient montées. Sans doute avait-il des grands-mères, des grands-pères parmi les desséchés ? Il nous a reconduits à la pirogue. Les requins, après la fin de l’histoire, avaient disparu.
- Vous savez combien de langues meurent chaque année ?
Comment, privés des mots et encore plus des chiffres, aurions-nous pu lui répondre ? Je vous rappelle qu’après les cahots de la tempête et les agressions du vent, nos pauvres têtes ne pouvaient plus fabriquer la moindre phrase ! Nous parvenions tout juste à comprende ce qu’on nous disait.
-Vingt-cinq ! Vingt-cinq langues meurent chaque années ! Elles meurent, faute d’avoir été parlées. Et les choses que désignent ces langues s’éteignent avec elles. Voilà pourquoi les déserts peu à peu nous envahissent. A bon entendeur, salut ! Les mots sont les petits moteurs de la vie. Nous devons en prendre soin.