-
Par Woland, le 15/01/2009
Crime et Châtiment, suivi de Journal de Raskolnikov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Преступление и наказание
Traduction : George Philippenko, Nicolas Berdiaeff et Elisabeth Guertik
Si vous n’avez pas encore lu « Crime et Châtiment » et que vous vous en inquiétez, conservez votre sang-froid et demeurez optimiste : je ne l'ai moi-même achevé que quelques jours après mon entrée officielle dans ma quarante-sixième année.
Il faut dire que, avec son image à la fois mystique et sensuelle, dans la droite ligne de la tradition slave, Fédor Dostoievski a de quoi faire peur. Qui pis est, le malheureux avait, tout comme notre Victor Hugo national, une faiblesse accentuée pour les développements et digressions philosopho-religieuses qui atteignent leur summum dans « Les Frères Karamazov. » Ca et les patronymes russes si pittoresques mais dotés de rallonges multiples ont fait fuir plus d’un lecteur pourtant bien résolu à « aller jusqu’au bout » de Dostoievski. La voie du succès littéraire est jalonnée d'injustices ineptes.
Je parle d'injustice car, si l’on observe « Crime et Châtiment » d’un point de vue purement technique, on ne peut que s’incliner devant l’impeccable rigueur de la construction. Aucun détail n’y est superflu, un personnage qui nous apparaît « de trop » dans la première partie s’avère en fait essentiel au bon fonctionnement de la troisième, le discours à la fois philosophique et social de Raskolnikov est tout, sauf fumeux, en un mot, si disparates qu’elles se présentent parfois, toutes les pièces du puzzle s’imbriquent au millimètre près.
Certes, on peut tiquer devant le goût mélodramatique de l’époque dont Dostoievski, qui publiait en feuilleton, était évidemment tributaire. Mais la nécessité de pousser le lecteur à acheter « la suite au prochain numéro » est aussi l’une des forces du roman : sans ce besoin, le romancier n’aurait sans doute pas organisé ses scènes de façon à laisser presque toujours le lecteur sur sa faim.
L’épilogue et la « rédemption » du héros laissent aussi à désirer – enfin, c’est mon avis. Mais l’idéologie religieuse de Dostoievski s’inspirant bien entendu du principe chrétien : « Souffrez et il vous sera pardonné » me rend sur ce plan fort peu objective, voire facilement exaspérée, je tenais à le préciser.
L’intrigue est à la fois très simple et très complexe. Raskolnikov, jeune étudiant d’une intelligence certaine et même brillante mais de complexion indéniablement caractérielle, se détache de ses études et, au lieu de chercher à les payer en travaillant en parallèle en tant que précepteur ou traducteur occasionnel, comme son ami Razoumikhine, s’enferme peu à peu dans son monde et se pose la question suivante : le meurtre d’un être mauvais, pervers, fourbe, parasite et inutile peut-il se justifier par les bienfaits éventuels que la disparition de cette personne apporterait à plus malheureux qu’elle ? Et, par extension, tout est-il permis en ce bas monde si l'intention est bonne ?
Pendant ce temps, Raskolnikov apprend que sa sœur, Dounia, se décide à épouser un homme qu’elle n’aime pas, Piotr Petrovitch Loujine, afin d’échapper à une situation de gouvernante chez autrui et de garantir du même coup l’avenir de sa mère et aussi les études de son frère.
Dans la fièvre de ses idées et dans la rage de son orgueil, il se rend chez une vieille usurière chez qui il avait déjà déposé un « gage » afin de reconnaître les lieux et l’assassine à coups de hache. Le hasard – encore lui – le force à tuer également la sœur de sa victime, Elisabeth, qu’il prétendait pourtant délivrer la première de la tyrannie de la vieille femme.
De fil en aiguille et même si Raskolnikov, par une chance inouïe (on serait tenté d’écrire la chance du débutant), échappe aux recherches de la Police, la mécanique s’emballe. Bien loin de se sentir délivré et heureux, bien loin de se sentir l’un des ces hommes « extraordinaires » qui, selon lui, ont le droit de tuer pour le bien de l’Humanité, Raskolnikov s’enfonce de plus en plus dans la détresse morale et l’insatisfaction.
En arrière-plan apparaissent une foule de personnages : l’ivrogne et père indigne, l'ancien fonctionnaire Marmeladov, qui a laissé sa fille, Sonia, se prostituer et se mettre « en carte » pour que mange toute sa famille ; Catherine Ivanovna, seconde épouse, puis veuve de Marmeladov (lequel se suicide en se jetant sous les pas d’un cheval de fiacre), qui finit par perdre la raison après l’enterrement mémorable de son époux ; le prétendant de Dounia, Pierre Petrovitch Loujine, l’un des « salauds » les plus terribles et les plus tartuffards de toutes la littérature ; l’exubérant et intègre Razoumikhine, ami et condisciple de Raskolnikov, qui finira pas épouser Dounia ; l'énigmatique Porphyre Petrovitch, juge d’instruction très tôt persuadé de la culpabilité de Raskolnikov et à qui Harry Baur prêta jadis sa silhouette monolithique dans le film de Pierre Chenal ; Lebeziatnikov, le socialiste utopiste, exaspérant mais foncièrement honnête et qui aime en secret Sonia Marmeladov ; et Sophie Semionovna, justement, la fille de Marmeladov, la « fille perdue » qui tombera amoureuse du héros si tourmenté de Dostoievski et le suivra au bagne. Sans oublier le personnage d’Arcady Svridigailov, ex-escroc, ex-tricheur professionnel, propriétaire terrien qui avait failli « perdre de réputation » la sœur de Raskolnikov et qui, toujours amoureux d’elle, se suicide tout à la fin du roman lorsqu’il comprend qu’elle ne l’aime pas et ne l’aimera jamais.
Oui, on se suicide beaucoup chez Dostoievski. Mais cela passe à peine pour une marque de faiblesse. C'est plutôt l'aboutissement d'une quête quasi mystique - en tous cas, je l'ai ressenti comme tel.
Quand on sait que Dostoievski travaillait sans plan pré-établi, conservant les grandes lignes de son intrigue uniquement dans sa tête et avançant à coups de petits dialogues griffonnés sur ses carnets, on ne peut que rester ébloui par le résultat ainsi obtenu. Par sa concision, par l’ampleur des questions qu’il soulève cependant et par la puissance des personnages, « Crime et Châtiment » est un grand livre. Et si vous ne deviez lire qu’un seul roman de Dostoievski, ce serait lui qu’il faudrait choisir. Sans hésitation. ;o)
-
Par Pasdel, le 01/11/2011
Monsieur Prokhartchine
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Il s'agit ici d'un écrit de jeunesse de Dostoïevski. On y reconnaît son style avec des personnages bien campés;l'intrigue de cette nouvelle n'est pas le fondement principal du récit,il s'agit plutôt d'une description de la classe pauvre des fonctionnaires de la Russie impériale qui s'inquiète de leur avenir.
La maîtrise du personnage principal,un avare associal,est encore loin de celle des futurs romans: les raisonnements de Prokhartchine sont confus et s'enchaînent sans logique.
Une nouvelle à lire pour ceux qui ont peur d'affronter les œuvres plus complexes de l'auteur.
-
Par cprevost, le 03/10/2010
L'Idiot
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Ce roman fatigue, il demande une attention permanente. Il faut mémoriser une foule de détails, des noms de personnages, prêter attention à tout, ne rien omettre. C’est un inconvénient ; ce peut être un avantage car cet univers nous révèle une part d’ombre. Certains romans nous confrontent à une altérité radicale. L’intérêt ne vient plus de ce que nous reconnaissons de nous même, mais de ce que nous sommes susceptibles d’apprendre de l’autre. Lire ce n’est pas seulement converser avec de grands auteurs du passé et du présent, c’est une expérience de pensée. C’est accueillir en soi d’autres langues, d’autres mondes et d’autres caractères. C’est incorporer dans sa personnalités des savoirs, des émois nouveaux.
Pour Dostoïevski, le prince Mychkine, personnage central de « L’idiot », est l’Homme positivement beau. Malade, il vit dans la perspective émminamant chrétienne de la fin de son existence. L’amour de la vie se confond chez lui avec la hantise permanente de la mort. Ce double sentiment le rend absent au monde et pourtant son retour en Russie lui impose une impossible présence .
Le prince, imitateur du Christ, est donc en butte au milieu cruel de la haute société pétersbourgeoise qui tout à la fois le raille et l’admire. L’amour qu’il éprouve pour tous – sans distinction – sème la tempête. Il détruit tout ce qu’il approche : Hippolyte, l’athée qui se révolte contre sa maladie ; Nastassia Philippovna, la femme déchue et repentie qu’il aime ; Aglaïa, l’amoureuse jeune, et innocente qu’il ne chérit pas moins ; Rogogine, épris de Nastassia et part sombre de lui-même.
L’idiot est un roman profondément russe. Les personnages y sont entièrement dominés par leurs sentiments. Ils sont en cela très étrangers à notre univers et le plus souvent incompréhensibles. Ils passent sans transition aucune des larmes au rire, de la colère aux pardons les plus outranciers. Leur intériorité se révèle, pour nous lecteurs français, d’une complexité inimaginable. Le roman est encombré de bouts et morceaux, de détails improbables. Mais ce fatras apparent – impossible de sauter une ligne – éclaire, page après page, l'âme russe.
-
Par Titine75, le 05/10/2011
Crime et Châtiment, suivi de Journal de Raskolnikov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Rodion Romanovitch Raskolnikov est habillé de loques, il loue une chambre minuscule dans un des quartiers les plus malfamés de Saint Pétersbourg. Il est « (…) sombre, renfermé, hautain et fier, ces derniers temps (et peut-être bien avant), susceptible et hypocondriaque. (…) Parfois, du reste, il est tout sauf hypocondriaque, mais simplement froid et insensible jusqu'à être inhumain (…). » Cet être peu avenant est pourtant le héros d'un des plus grands chefs d'œuvre de la littérature russe : « Crime et châtiment ». Raskolnikov est une âme rongée par la pauvreté. Il a dû abandonner l'université faute de liquidités et depuis, il ressasse les idées les plus sombres. Une seule issue lui semble possible pour sortir de son marasme : assassiner une vieille usurière pour la voler et recommencer à vivre. Le crime, longuement préparé par le cerveau malade de Raskolnikov, est mis à exécution, mais ne se passe pas comme prévu. La sœur de l'usurière, Lizaveta, rentre plus tôt que prévu et meurt sous les coups de hache de Raskolnikov. Ce dernier s'en sort en apparence, mais son esprit, son âme ne vont plus cesser de le tourmenter.
« Crime et châtiment » raconte la longue rédemption de Raskolnikov, du crime vers le châtiment. Il ne tue pas la vieille usurière uniquement pour l'argent. C'est pour lui également une mise à l'épreuve : va-t-il franchir le pas ? Ce crime est très intellectualisé chez Raskolnikov. Il distingue les êtres supérieurs des êtres inférieurs, les premiers pouvant faire couler le sang des seconds si la nécessité les y oblige. Pourquoi un être comme Napoléon est-il admiré alors qu'il a fait couler autant de sang ? Parce que c'est un génie et Raskolnikov pense en être un également. L'ennui, c'est que notre jeune homme ne digère pas ses actes aussi bien qu'il l'avait pensé. Il ne peut se défaire de son crime, il est obsédé par lui. Ce qui est pour lui en contradiction avec son idée du génie, ce qui le dévore d'autant plus. Le chemin suivi par Raskolnikov lui apprendra à devenir tout simplement humain.
Cette résurrection de Lazare ne se fait pas seulement par la réflexion, mais surtout grâce aux gens qui l'entourent. Dostoïevski compose une fabuleuse galerie de personnages pour accompagner son héros vers la lumière. On ne peut tous les citer car ils sont nombreux, mais les plus importants sont Razoumikhine, la mère et la sœur de Raskolnikov, et surtout Sonia. Cette dernière vit également dans la misère la plus noire, devant se prostituer pour aider sa famille. Mais, son âme a su rester pure ; c'est sans conteste le plus beau personnage du roman. Humble, généreuse, douce, c'est la force de ses sentiments qui tirera notre Lazare de son tombeau psychologique. Ce sont tous ces personnages qui rendent Raskolnikov si touchant. Tant d'amour l'entoure, tant de fidélité que cet être-là ne peut pas être entièrement mauvais.
Tous ces personnages si parfaitement dessinés sont bien évidemment une des forces de « Crime et châtiment ». Mais il y a aussi l'écriture si puissamment évocatrice de Dostoïevski. André Markowicz, excellent traducteur, parle dans sa postface de la pesanteur qui nous écrase durant tout le roman. L'écriture de Dostoïevski rend parfaitement l'oppression qui accable Raskolnikov, le poids de la pauvreté puis du crime qu'il porte sur les épaules. Mais, toute la population des quartiers pauvres de Saint Pétersbourg semble totalement appesantie par la misère et l'alcool. Et ces gens parlent beaucoup, énormément même. « Crime et châtiment » est rempli de dialogues et de monologues fiévreux et exaltés. Ce qui nous donne notamment de splendides face-à-face entre Raskolnikov et le commissaire Porphiri Petrovich.
Les personnages et l'écriture de Dostoïevski sont habités, possédés par la soif de vivre. Malgré les épreuves, la pauvreté, rien ne semble plus important que de vivre. J'ai été bien entendu captivée par tous ces destins, par cette langue hypnotique. C'est tout simplement ce que j'appelle la Littérature, avec un grand « L ».
Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
-
Par Anouschka, le 16/07/2010
Les Frères Karamazov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Considéré par son auteur comme son œuvre la plus aboutie.
Dostoïevski y fait la synthèse des problèmes philosophiques, religieux et moraux qui ont hanté son univers. Il aborde la question ultime de l'existence de Dieu, qui l'a tourmenté toute sa vie. De nombreux thèmes chers à l'auteur y sont développés : l'expiation des péchés dans la souffrance, l'absolue nécessité d'une force morale au sein d'un univers irrationnel et incompréhensible, la lutte éternelle entre le bien et le mal, la valeur suprême conférée à la liberté individuelle.
-
Par Ecureuil, le 03/01/2012
Crime et Châtiment, suivi de Journal de Raskolnikov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Ce fut long et difficile, mais j'ai enfin terminé ce roman, lu sur les conseils d'une amie. Pour résumer : Dostoïevski nous conte l'histoire d'un jeune homme sans le sou (Raskolnikov) qui tue une vieille dame par idéologie, parce que cela lui permettra d'accomplir son destin, celui que l'Histoire lui a accordé.
Si les premières centaines de pages (!) sont réellement un obstacle, l'écriture de Dostoïevsky donne toute sa puissance à la fin. Et puis, une fois la dernière page atteinte, on comprend que le début, qui pouvait paraître facultatif, était en fait vital à l'histoire en donnant de l'épaisseur au personnage de Raskolnikov et à cette époque où, en Russie tsariste, bouillonnaient des "idées nouvelles" (qu'on reliera aisément à la philosophie de l'histoire et au communisme).
La biographie de l'auteur et la préface (que j'ai lus en dernier) donnent des éclaircissements qui ne sont pas anodins et aident réellement à replacer le roman dans son contexte.
Finalement, après des mois de "galère" et quelques jours "pour digérer", je suis non seulement content d'avoir terminé ce texte, mais également convaincu que sa place au panthéon de la littérature du XIXe siècle est méritée.
-
Par litolff, le 14/10/2011
Crime et Châtiment, suivi de Journal de Raskolnikov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Une oeuvre magistrale dans laquelle Dostoïevsky dissèque pensées, sentiments, calculs, états d'âme et tourments de ses personnages, tous excessifs, bien entendu, avec une précision confondante. Les personnages, outranciers, fascinants sont des chef d'oeuvre de finesse psychologique : nul doute qu'ils ont de l'épaisseur !
Une formidable histoire de rédemption qui ne pourra s'opérer que grâce aux femmes qui entourent Raskolnikov, sa mère, Dounia et surtout Sonia, magnifique d'abnégation.
-
Par brigittelascombe, le 15/08/2011
L'Idiot
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Le personnage de l'Idiot n'est pas idiot du tout.Le prince Mychkine est un homme de qualité, naïf qui n' assume pas ses pulsions agressives (tout comme Dostoïevski éprouvait des sentiments de haine envers son père un tyran humiliant mais était incapable de les mentaliser). Cet excés de bonté le fait passer pour plus bête qu'il n'est.
Ce roman fouillé et compliqué dépeint fort bien la société russe du XIX° siècle. Les émotions sont intenses et passionnées chez les personnages annexes.Le prince aime Nastasia qui le trahira et s'enfuira avec Rogogine.
Ce roman a été publié en 1868, alors qu'épileptique, Fiodor Michaïlovitch Dostoïevski s'est réfugié à Genève avec son épouse Ania Svitkine pour fuir les deuils,défaites et nombreuses dettes dues à son vice pour le jeu(cf:Le joueur).
Ecrivain prolifique Crime et chatiment(1866), entre autres, puis Les frères Karamasov(1878) lui apporteront la notoriété.
-
Par vanuatu2000, le 02/06/2011
L'Idiot
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Lire" L'idiot" est un exercice fastidieux.
En compagnie du prince, protagoniste christique, épuisant de naiveté et de bonté,qui plonge dans des histoires tragiques, cocasses et absurdes, le lecteur se sent souvent perdu dans le labyrinthe des personnages ainsi que par l'immersion brutale et détaillée dans la société russe du XIXème siècle.
"L'idiot" propulse le lecteur dans l'âme slave d'un autre temps et transmet le triste et vrai message de toute époque: les bons sont broyés et les mauvais ne cessent de triompher.
Le prince, personnage hors société et hors temps, face à un monde d'argent triomphant et d' arrivisme social ne peut que perdre la raison.
Un roman "parabole" sompteux, à lire et relire tant pour sa vision d'un humanisme fraternel que par sa description des moeurs d'une civilisation perdant toute notion de partage et de communication.
Dostoïevski a voulu repenser sa société.
Avec "L'idiot", le romancier nous amène à nous interroger sur nous-même et sur l'absurdité de nos moeurs.
-
Par Hindy, le 23/12/2010
Les Démons
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Description impressionnante 50 ans avant des systèmes totalitaires Nazi et Soviétique.
Prophétique et effrayant !
A LIRE !
-
Par Chouchane, le 30/03/2010
Les Frères Karamazov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Y'a du monde dans ce livre et une justesse psychologique fascinante. Tous les personnages ou presque sont décrits de l'intérieur. C'est moins l'intrigue que tout le monde connait que le style qui captive, il faut se laisser aller à cette âme slave, ces verres de vodka bus sans compter, ces rires tonitruants, cette sensualité brutale et cette passion brulante de deux hommes pour une femme. Sans compter que l'on voyage dans la Russie du 19ième, sa philosophie , son extrême religiosité. Un moyen unique d'en comprendre l'histoire. Malgré la difficulté de lecture (j'ai toujours un peu de mal avec le 19ième), l'effort est payant et des images et idées très précises finissent pas émerger et dévoiler tout un monde.
-
Les Nuits blanches - Le Sous-sol
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
"-Oh, Nastenka, ma chère petite, chère, chère, Nastenka, je parle comme un livre, mais c'est parce que de tout e ma vie il me semble que je n'ai parlé à personne. Pas une femme, pas même un homme, un être vivant, une ombre, personne. Car il faut que vous le sachiez, Nastenka, depuis que j'habite à Petersbourg, je suis seul, si seul.
-Moi aussi ! Dit Nastenka.
-Oh Nastenka, chère chère Nastenka, que j'aime entendre votre voix. Cette voix, c'est comme la mélopée vespérale d'un ange anfracteux sur les chimères de la Néva de Pouchkine déclamant son ode aux Grâces diaphanes, Nastenka, il n'y a rien de plus beau au monde, mon coeur étouffe de joie, Nastenka. Ne sentez-vous pas, vous aussi, ce souffle qui anime mon coeur, qui le fait virevolter dans ma poitrine comme un petit cheval sur le grand manège de la vie ? Car j'aime les manèges, Nastenka !
-Moi aussi ! Dit Nastenka.
-J'aime aussi votre conversation, chère, chère Nastenka. Avant de vous rencontrer, je ne connaissais personne, personne, personne. Les gens passent autour de moi sans me voir, Nastenka, j'ai l'impression d'être une ombre dans le coin de leur oeil, qu'ils chassent comme une mauvaise pensée, éphémère, sans même y songer.
-Moi aussi ! Dit Nastenka.
-Mais depuis hier, chère, chère Nastenka, depuis que je vous ai vue accoudée sur ce pont, le regard dans le lointain, j'ai compris qu'il pouvait en être autrement ! J'ai compris que le froid linceul de la solitude n'était plus mon seul horizon !
-Moi aussi, dit Nastenka.
-Je savais, dès avant de vous adresser la parole, que vous seule pourriez me comprendre. Car je suis un rêveur, chère, chère, Nastenka. Et, voyez-vous, un rêveur, du matin au soir, rêve, rêve, rêve, sans rapport avec la réalité. Un rêveur se lève le matin, regarde par sa fenêtre, et ce n'est pas le monde qu'il voit, c'est son rêve. Puis il descend acheter le pain, et alors, ce n'est pas le boulanger qu'il voit, c'est son rêve ! Ensuite il part au travail, et [...] le soir en rentrant, il marche dans la ville comme dans un rêve. Mais la nuit, non, la nuit, il n'arrive pas à dormir.
-Moi non plus ! Dit Nastenka.
-Car c'est à ce moment-là que la solitude le ronge, chère, chère, chère, Nastenka. Voyez-vous, toute la journée, le rêve est comme une scène posée entre lui et le monde, mais la nuit, lorsqu'il est seul, le monde disparaît, et la scène avec. Alors, il se ronge les sangs, il se sent seul, et il pleure silencieusement.
-Moi aussi ! Dit Nastenka.
-Et c'est pour calmer son trouble qu'il allume la lumière dans l'appartement insalubre que ses ridicules appointements de fonctionnaire lui permettent de louer, qu'il s'assoit sur son lit, qu'il attire une mouche à lui avec du miel, et qu'il lui arrache les ailes en poussant de petits cris aigus.
-Moi au... dit Nastenka.
-Ensuite, il regarde la mouche marcher sur la méchante couverture, sans ailes, et il lui parle, il l'appelle Mimine, pour la consoler ! Et ensuite, voyez-vous, Nastenka, chère, chère Nastenka, il mange ses ailes, puis lui arrache les pattes, une à une, et mange la mouche elle-même !
-Heu... dit Nastenka.
-Mais parfois, parfois, parfois, le rêveur se sent si seul, que la mouche ne suffit plus. Alors il va dans la cave, attrape une souris, l'éviscère, puis se frotte le bas-ventre avec son petit cadavre sanguinolent.
-Oh mon Dieu ! dit Nastenka.
-Et une fois, lorsqu'il habitait à Moscou, il y avait la petite Maria Timopheïevna, sa voisine du dessus, une pauvre enfant qui était phtisique. Même s'il ne lui avait jamais parlé, quand elle est morte, le rêveur fut si triste qu'il est allé au cimetière la déterrer, et qu'ensuite, il l'a empaillée, pour la garder toujours avec lui...
-En fait, j'attends quelqu'un. L'amour de ma vie. Il arrive bientôt. C'est un ninja, et il est très jaloux. Tiens, le voilà ! » dit Nastenka avant de s'enfuir en courant avec le premier passant.
(A peu près "Les Nuits Blanches")
"Le sous-sol", ou "mémoires écrits dans un souterrain", ou "les carnets du sous-sol", ou "mon petit poney, l'amitié est magique", ou "manuscrit du souterrain" (attention, parmi ces titres se dissimule un intrus, sauras-tu le retrouver ?) fait partie des oeuvres de Dostoïevski qui ont marqué les esprits. Ainsi, la sous-culture wikipédienne qui me fait office de culture générale l'a déjà repéré dans le « Roman Russe » de Emmanuel Carrère (0/5), chez le « Sganarelle » de Romain Gary (2/5), comme récemment parmi « les Lois de l'attraction » de Bret Easton Ellis (5/5).
Pourtant, ce court texte ne mérite pas tant d'occurrences. Il met en scène une figure récurrente dans l'oeuvre Dostoïevskienne, à savoir le faux-derche prolixe, dont la logorrhée ne s'orne d'accents d'honnêteté et de perches à l'empathie que pour mieux entraîner le lecteur vers les profondeurs putrides dans lesquelles baigne son âme malade. Or, si l'auteur excelle à faire parler cette malsaine engeance, et si l'exercice en lui-même est encore plus fascinant que répugnant, le défaut de ce texte réside dans son point de vue.
En effet, le personnage en question fait ici office de narrateur. Il interpelle directement le lecteur pour lui infliger l'exhibition complaisante de sa bassesse pendant un chapitre, avant de lui raconter, dans une seconde partie, ce qu'il considère semble-t-il comme le pas décisif qui l'a entraîné vers son « sous-sol » éponyme.
Dans l'absolu, les deux parties constituent de bonnes pages. Le récit, en particulier, fait l'effet d'un véritable crève-coeur. Mais, par contre, le contexte manque cruellement. Car tout est dit dans ce texte du seul point de vue de ce narrateur misérable, sans aucun contrepoint. Du coup, tandis que dans les autres romans les interventions ponctuelles de ce type de personnages donnent au lecteur l'impression bizarre d'avoir manqué une marche et de s'enliser soudain dans une fange dégueulasse, dans « le sous-sol », on patauge dedans de bout en bout, ce qui au final retire une bonne part à l'effet produit.
« Les nuits blanches », quant à elles, sont franchement pénibles. Oeuvre de jeunesse, cette nouvelle raconte la rencontre d'un pétersbourgeois pauvre, solitaire et rêveur avec une pétersbourgeoise pauvre, orpheline et pubère. L'histoire en elle-même, sans casser des briques, est d'une simplicité pas nécessairement rédhibitoire : il la croise, il tombe amoureux, elle en attend un autre, il est dégoûté. A vrai dire, tout le passage où le personnage principal se rend compte que sa dulcinée le considère comme un ami est même assez réussi. Seulement, pour en arriver là, il faut s'être préalablement enquillé les plus longs monologues du monde, au cours desquels le jouvenceau énamouré explique, avec une légèreté poétique qui ne déparerait pas sur une carte postale de la saint-valentin, qu'il est à une courte phalange d'être un dangereux psychopathe. Ce qui incite la demoiselle à lui accorder toute sa confiance.
En lisant ça, on a l'impression, primo, que c'est interminable (mon dieu ces monologues), et secundo, que Dostoïevski ne maîtrise pas du tout ce qu'il raconte. C'est un peu comme si Hannibal Lecter signait un livre de cuisine végétarien ou si Frank Ribery tenait une rubrique beauté dans GQ : ils auraient beau se donner du mal, ça resterait une erreur de casting.
Bref, cet écrivain n'était clairement pas fait pour compter fleurette, mais pour explorer les psychés torturées de sociétés décadentes et de tueurs de petites vieilles, ce que par bonheur il fit majoritairement par la suite.
-
Par Carmilla_K_Pride, le 01/04/2010
Crime et Châtiment, suivi de Journal de Raskolnikov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Je ne ferai jamais mieux que celui qui me précéda dans la critique de cette œuvre, mon jeune âge m'interdit jusqu'à son recule et le temps me parait trop ingrat pour que je tartine de la sorte.
J'ai lu ce roman l'année dernière, ciel que ce fut dur de commencer. La mise en place est longue, mais le style de Dostoïevski, riche et pertinent, ne manque pas de vous enchainer.
C'est terriblement humain. On se dit que cet homme a réussi le pari génial de coucher l'humanité sur papier. Il en ressort une justesse et une profondeur qui changera durablement le lecteur. Crime et Châtiment fait partie de ces romans qui modifient votre approche des choses.
A lire oui.
-
Par medsine, le 30/01/2012
Les Frères Karamazov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Ça y est ! Je suis arrivé au bout du pavé !Je crois bien que je vais en reprendre un petit peu avec un "crimes et châtiments" ou bien "L'idiot", pour pas mourir idiot justement.Mais pas tout de suite... Dostoïevski, ça doit se laisser reposer... On en sort pas indemne comme ça.Je crois bien que c'est le meilleur Polar que j'ai lu. Et c'est pas tous les jours qu'un polar nous fait réfléchir sur la condition humaine, la religion et l'athéisme, la filiation, la vengeance et l'honneur.Et puis quels beaux portraits de la jeunesse.Allez, allez, on se dépêche d'aller dépoussiérer ce livre noir et lumineux des rayons de sa bibliothèque municipale.
-
Par medsine, le 30/01/2012
L'Idiot
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
L'Idiot, c'est mon deuxième Dostoïevski et si je ne me mets pas la note maximum c'est que j'ai préféré les frères Karamazov. Mais il faut bien reconnaitre que c'est encore un coup de génie et un véritable tour de force quand on sait à quelle vitesse et dans quelle misère Dostoïevski a écrit ce roman de 900 pages.Le héros est un prince démuni, d'une très grande innocence et à la santé mentale fragile (c'est lui l'Idiot). Il arrive à Saint-Pétersbourg après plusieurs années de soins et va naviguer au sein de trois familles bourgeoises qu'il va bouleverser par son comportement. Il y a là plusieurs histoires d'amour, et les histoires d'amour finissent mal (en général).On retrouve dans ce roman, comme chez les Karamazov, une vive critique de l'athéisme, le Prince est une sorte de Jésus, mais aussi une vision de l'avenir de la Russie (déclin de l'autorité et fin du patriarcat, montée du socialisme et du nihilisme). Le découpage du roman en quatre parties est assez déroutant, la première est très rythmée et permet de rentrer très vite dans le livre, puis viennent les grands monologues et le véritable discours de Dostoïevski. La fin est très noire et sublime.
-
Par snybril, le 23/08/2010
Crime et Châtiment, suivi de Journal de Raskolnikov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Dors sur tes deux oreilles, gentil citoyen, car le crime ne paie pas. Continue de te bercer de l’illusion collective de l’esprit des lois, construction intellectuelle qui protège et rassure. La pression des normes sur le plus grand nombre assure la stabilité de l’édifice complexe de notre société bien plus que tous ces législateurs bedonnants, que tous ces magistrats travestis par leur belle robe noire, bien plus que les basses cours de volaille bleutées.
Bien plus que les forces répressives, ce sont nos propres conditionnements qui nous remettent dans le droit chemin. La thèse du jeune Raskolnikov soutient que seuls les hommes d’exceptions ont cette force d’esprit qui les affranchis des lois des hommes, qui leur permet de considérer l’ignoble comme un simple détail d’une perspective plus grandiose.
Pour les trois du fond qui ne suivent pas, je dois préciser que je m’apprête à commenter le Crime et Châtiment de Fédor Dostoïevski. Ce n’est pas un orgueil démesuré qui me pousse au crime de critiquer un chef d’œuvre accepté comme tel par la postérité. Les lois de l’attraction terrestre me poussent à l’action, la masse des livres à commenter conjuguée à la piètre solidité de ma nouvelle étagère annonce le drame. Une illustration du poids des mots ?
Trêve de digressions, revenons au sujet de cette chronique. Le crime et le châtiment résume avec peu d’originalité le contenu de l’œuvre. Le premier tiers nous présente donc le crime. Voici Raskolnikov, jeune étudiant brillant expulsé de la bonne société par le balai de la misère qui sait si bien nettoyer nos rues et repousser dans le caniveau les moins chanceux. On change nécessairement d’avis sur nos contemporains lorsque que l’on est soumis au froid et à la faim. La condition du narrateur le libère du carcan des lois des hommes et lui offre l’opportunité de vérifier ses théories sur la grandeur d’âme.
Résumons-nous, un crime résulte de la conjonction d’une intention criminelle et de son exécution. Et Raskolnikov le prémédite avec attention son meurtre. Tout d’abord comme un jeu de l’esprit, puis petit à petit comme une potentialité, enfin comme une nécessité. Pour se prouver qu’il fait lui aussi partie de cette élite au dessus des lois et accessoirement pouvoir manger un peu, se chauffer, survivre. Il choisit sa victime avec soin, pour sa richesse, mais aussi pour son caractère. Une prêteuse sur gage acariâtre ne manquera à personne, encore moins à ses débiteurs.
Quelle que fût la pertinence de ses hypothèses, l’histoire montrera à Raskolnikov l'étendue de son erreur. La suite du roman présente donc son châtiment. On s’improvise difficilement criminel et malgré son intense préparation notre meurtrier flanche face à l’imprévu et son expédition frôle le désastre. Il ne récolte rien de son crime, pas d’argent et préfère se débarrasser des quelques objets de valeur transformées en autant d'encombrantes pièces à conviction.
La santé du narrateur vacille à mesure que sa raison sombre et qu’il s’inflige de lui-même son châtiment. Tandis que sa vie semble vouloir prendre un nouveau départ, son comportement devient lunatique et paranoïaque.
Voulant protéger son sombre secret qui lui ruine l’âme il s’affiche comme suspect et même coupable aux yeux de tous.
On vous l’aura dit, le crime de paie pas, notre esprit torturé sait se montrer plus féroce que le plus abject des bourreaux.
Ce livre, malgré son final absurde m’aura prouvé une chose. Le miroir a bien raison de me renvoyer l’image d’un intellectuel snobinard à lunettes. Parce que dit comme ça, la littérature russe du XIX ième siècle, j’aime bien. J’aime bien cette écriture simple, brutale et directe, ce sentiment de pénétrer au plus profond des pensées du narrateur. J’aime bien rester oublier les centaines ou les milliers de pages, porté par le récit. J’aime bien cette description d’une époque qui malgré les apparences ressemble si bien à la notre.
Il parait que Nabokov positionnait Dostoïevski comme une sorte de niveau zéro de la littérature, qu’il fustigeait les comportements schizophrènes de ses héros. Vrai ou pas, moi j’aime bien.
Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2010/08/800-pages-plus-tard-un-crime-ou-un...
-
Par zorazur, le 13/11/2011
Les Possédés
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Ils sont très rares, les romans d'une telle densité, où l'auteur crée autant de personnages d'égale importance, en dresse autant de portraits aussi fouillés, aussi approfondis, aussi proches du lecteur que l'on peut l'être. Il réussit ce tour de force où chacun s'y retrouve. Quant à savoir qui est le héros du roman ... je ne saurais le dire tant chaque personnage est un rouage essentiel et porte sa prpre énigme. Kirilov ? Stavroguine ? Stepane Trophimovitch ? Varvara Petrovna ? Quel que soit le lecteur, il porte en lui un peu de chacun d'entre eux.
-
Par Lordius, le 31/10/2011
Le Joueur
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Ce roman de Fédor Dostoïevski, écrivain russe connu surtout pour « Crime et châtiment » et « l’idiot » est paru en 1866. Contrastant par la taille sinon par le « poids » avec les deux pavés cités, le Joueur est un court roman qui se lit bien. Une qualité précieuse pour une œuvre du XIXème siècle, quand on songe à la lourdeur indigeste de « grands » auteurs comme Balzac, Flaubert Stendhal ou Marie Shelley (Frankenstein).
Le roman possède deux thèmes principaux. L’addiction au jeu d’argent (la roulette), expérience de l’auteur. Mais aussi l’amour, l’amour romantique du XIXème siècle où les hommes tombaient facilement amoureux et ne semblaient pas dévorés outre mesure par le désir charnel. On peut regrouper ces deux thèmes : la passion, dévorante, dangereuse, destructrice.
Au début, le narrateur ne souffre que d’une passion, mais qui le tourmente pas mal : il est très épris d’une jeune femme, qu’il semble pourtant peu connaître. L’amour est aveugle, dit-on et Dostoïevski l’illustre bien : la fille est inconstante, calculatrice, dissimulatrice et surtout folle. D’ailleurs ses nerfs lâchent, elle tombe malade.
On se dit tant mieux pour le narrateur. Hélas ! Ne pouvant vivre sans obsession, il sombre dans la passion du jeu. Son besoin d’amour se métamorphose. Au diable le frustrant amour sentimental ! Fi de la mortifiante chasteté ! Il s’adonne aux joies du sexe avec une demi-mondaine qu’il entretient par ses gains au jeu.
Dans la dernière partie, la plus sombre, le roman flirte avec le nihilisme. Le narrateur n’a que faire de l’argent qu’il gagne au jeu. Vite, il le dépense pour avoir une raison de jouer. Jouer pour rester libre (vivre sans travailler), jouer pour le frisson, le courage de « risquer sa vie ». Quand il ne joue pas, il s’ennuie. Quand il joue, il risque la prison pour dette. L’amour, l’argent ne l’intéressent plus. Reste le plaisir de gagner, de faire sauter la banque, de vaincre le hasard.
Lien : http://lordius1er.blogspot.com/2011/10/critique-litteraire-le-joueur-de.html
-
Par kathy, le 19/10/2011
Les Frères Karamazov
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Sûrement la manifestation la plus brillante de ce qu'on appellera "l'âme russe", l'oeuvre de Dostoïevski est une fresque du XIXe siècle européen dans laquelle évoluent des dizaines de personnages, avec en toile de fond cette angoisse perpétuelle du vide et de l'absurdité de l'existence.
Son influence sur le monde : Son écriture dialectique faisant se confronter toutes les pensées du siècle (libéralisme, communisme, nihilisme, mysticisme chrétien...) nourrira de nombreux penseurs du XIXe et du XXe siècle.
Il en ressort cette idée que l'homme est surtout guidé par un désir mimétique et des passions irrationnelles. Un impact puissant sur la philosophie moderne, l'existentialisme et la sociologie interactionniste. (source l'Internaute Livres)
-
Par Henriette, le 25/05/2011
Les carnets de la maison morte
de
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Beaucoup plus lumineux et léger que son thème (le journal d'un déporté en Sibérie...) ne pourrait le suggérer, ce roman autobiographique m'a surtout frappée par sa galerie de personnages hors du commun et sa succession d'anecdotes, parfois profondément tristes, parfois édifiantes, parfois franchement drôles.
Je m'attendais à la description féroce d'un cauchemar, avec matons sadiques, prisonniers qui s'entretuent, famine et maladies et au final, c'est un récit somme toute presque... banal, d'un quotidien répétitif, et qui illustre l'un des propos principaux (et grand sujet d'effarement de l'auteur), qui est que l'être humain est capable de s'adapter à absolument tout.