Par Feldrik, le 17/11/2011
Les Kerns de l'Oubli, tome 1 : l'Exil de
Feldrik Rivat
Premier roman, premier tome, premier chapitre, premières lignes...
CHAPITRE 1
ROCH
Mes muscles se crispent sous l’effort. Je suspends mon ascension,
le souffle court. Accroché d’une main au-dessus du vide. Je
cherche de l’air, mais ne trouve que la lourde moiteur de cette nuit
d’été. Un éclair déchire le ciel, sortant Almenarc’h de l’obscurité.
Mais le tonnerre ne vient pas. Il attend un signe, un ordre entraînant
le déchaînement de sa colère. Il est comme moi. Moi à qui
l’effort fait couler le sang dans la bouche. Mes doigts scrutent la
surface grenue de la pierre et ce n’est pas sans peine que je trouve
enfin à me réfugier dans le creux d’une faille.
Je respire, le visage collé contre la roche froide. Quel spectacle!
Almenarc’h, Cité Majestueuse, se dresse devant moi, auréolée par
les embruns des chutes fracassantes de l’Almen. Le vide résonne,
m’attire et m’invite à plonger dans les eaux noires du lac. Mais je
résiste à ce mauvais vertige et regarde l’île, enserrée par les à-pics,
au fond de son gouffre. Je devine sous les éclairs, les habitations
millénaires qui s’incrustent étroitement dans les pentes de ce piton.
Jusqu’au sommet. Jusqu’à la Tour du Castel qui culmine et défie le
courroux du ciel, à plus de huit cents pas de la surface. Cette tour à
qui l’on me refuse l’accès, à moi! Roch! Le Grand Gardien! À moi
qui ai la charge suprême de défendre cette Cité!
Les falaises blanchissent à nouveau sous les feux du ciel. L’air
se charge peu à peu d’une odeur métallique, une odeur âpre qui
vient se mêler au goût du sang, dans ma bouche. Et ce tonnerre qui
ne vient toujours pas ! Serrant les dents de rage, je tire sur mes bras
fatigués, arrachant les quelques toises qui me permettront enfin de
surplomber ce lieu interdit. Là, encore un dernier effort. Je dois
savoir.
Plaqué contre la paroi, je scrute la pénombre, le souffle court,
et distingue avec peine la Tour du Castel. Elle est masquée par les
ramures du Grand Arbre. L’Unique. Le premier Imputraï de la
Cité. Un éclair darde le ciel. La terrasse se dévoile. Elle est déserte.
— NON!
Le monde bascule alors que je précipite ma descente. Elle est
rapide. Trop rapide. La colère. Elle m’aveugle. Le sang bat à mes
tempes. Cette corde qui m’assure, fait fumer mes brassards de cuir.
Mensonges! Le monde qui m’entoure n’est que mensonges! Mais
depuis combien de temps je me balance, pantin imbécile, au bout
des fils de ce pouvoir occulte?
Je touche violemment le sol et rappelle la corde.
— Alors? Et votre fils?
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Par Feldrik, le 17/11/2011
Les Kerns de l'Oubli, tome 1 : l'Exil de
Feldrik Rivat
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L’univers des Kerns de l’Oubli :
Cet univers est d’obédience Fantasy. D’obédience, seulement, car il s’inspire autant des contes arthuriens qu’il prend sa source dans les écrits de Tolkien, Morcoock ou Howard.
C’est un univers bipolaire. D’un côté, un éventail de cultures d’évocations antiques, sur fonds de Spartes ou Carthage, bigarrées d’inclusions plus ou moins sauvages et nomades empruntées aux scythes, aux huns, ou autres vikings, pour terminer sur des notes puissantes de cités médiévales. Entre Mt St Michel et krachs de chevaliers. De l’autre, un monde aux senteurs mauresques et orientales, bâti sur les lointains vestiges d’un jardin d’Eden. Un monde mal connu, impénétrable et nimbé de mystères.
L’histoire :
Toute l’histoire part d’Almenarc’h. La Cité-Etat. Aux yeux de tous, sa longue lignée de Rois assure depuis des mille et des mille, l’équilibre entre les peuples. La puissance militaire au service de la sagesse. Une puissance qui au milieu de la Grande Guerre, a brillé comme un phare dans la tempête, ralliant à elle tous les guerriers du Nord pour faire face aux Hordes de Saham. Une puissance qui par sa colère, a érigé en une nuit une terrible muraille barrant le monde en deux, protégeant les justes d’un côté, et refoulant les armées barbares de l’autre, dans le feu et la mort.
Quarante ans plus tard, le monde n’est plus qu’un semis de royaumes dévastés par les fléaux. Les peuples crient famine pendant qu’Almenarc’h, l’Imprenable, semble toujours jouir de richesses infinies, sans ne plus tendre la main au faible, glissant peu à peu dans l’arrogance…
Voilà, ce que voit l’œil de tous.
La réalité est toute autre. Almenarc’h tient sa fondation de la main même de Dieu, l’Esprit Père de la Terre, Aïnhor Eran. Il mit à sa tête cinq cercles. Quatre cercles occultes pour un visible de tous. Des cercles relayant sa puissance sur Terre, pour le Salut des Hommes.
Description rapide des cercles :
- Les Gardiens, cercle visible de tous, ignorent tout de la face occulte d’Almenarc’h. Les membres de ce cercle sont au nombre de 12 et ont pour mission de défendre la Cité, de commander les armées et la Garde d’Airain. Ils sont de redoutables combattants, rompus aux maniements de toutes les armes, et réputés imbattables en duel. Roch, le père du héros, Grand Gardien, a la tâche supplémentaire d’être le protecteur de la Reine.
- Les Veilleurs, cercle dont les membres sont visibles de tous, mais dont l’identité réelle n’est pas connue, et pour cause, ce cercle d’espions a pour mission d’infiltrer tout royaume et de garantir l’inviolabilité des secrets d’Almenarc’h. Ils tuent, trompent, empoisonnent… et exilent.
- Les Chamanes-Guérisseuses, cercle occulte de femmes comptant 12 membres, en plus d’être expertes en médecine naturelle, deux d’entre elles détiennent les clefs d’un savoir d’essence divine : la stellamancie. L’âme humaine étant une parcelle d’étoile, connaître l’étoile d’un homme permet de lire son passé, son présent et son avenir… La Matriarche de cet ordre est aussi Reine d’Almenarc’h.
- Les Détenteurs, cercle supérieur au nombre de 12, ne sont plus d’essence matérielle. Ils gardent les mémoires des morts dans les rayonnages éthérés du Temple de la Connaissance. Gardiens des cryptes, protecteurs des reliques, ils tiennent intactes les lignées et fouillent le passé pour remonter toujours plus loin le compte des ancêtres… Un Sage tirant sa puissance de la longueur de sa chaine d’ancêtres, nous comprenons le rôle central de cette caste des Détenteurs.
- Les Sages-Guerriers, cercle ultime de 12 membres, sont la quinte-essence des forces physiques et spirituelles. Formés dès leur plus jeune âge à percevoir le monde tel qu’il est et non tel que les hommes le voient, ils maîtrisent le Šhå, la particule primordiale, l’élément clef à partir duquel se déclinent toutes les formes, de la matière la plus tangible aux pensées les plus subtiles. Les Sages-Guerriers sont missionnés aux quatre coins de la Terre, par le Grand Esprit. Leur présence fait basculer le destin des royaumes, met un terme à des guerres séculières. À leur mort, certains Sages-Guerriers choisissent de fondre leur essence dans un lieu, l’habitant alors pour l’Éternité. D’autres choisissent de créer un nouvel être vivant, appartenant au règne animal ou végétal, et poursuivent leur vie disséminés en chacun d’eux…
Progressons dans l’histoire :
Toute la Cité d’Almenarc’h vit en réalité au rythme de ses traditions occultes. Le Roi, père des Sages-Guerriers, reçoit ses instructions de l’Esprit Père en personne, et relaie sa sagesse dans le monde.
Mais à l’aube de la Grande Guerre, le Silence s’abat sur Almenarc’h. L’Esprit Père ne répond plus aux demandes du Roi d’alors, Unlhor. S’ensuit la plus brutale et sanguinaire des batailles, laissant l’humanité exsangue pour des décennies et des décennies… Sacrifiant à la colère et à la folie, les royaumes de Mirand’Ar. Barkan, Sage-Guerrier de l’Eau, fit de ces royaumes, des déserts de sables à jamais maudits et peuplés de spectres hurleurs. Pour que plus un Homme ne refoule un jour ces terres. Baraï, Sage-Guerrier de la Terre, érigea cette terrible muraille, coupant le monde en deux, hantant pour l’éternité ces murs rendus insensibles aux outrages du temps et des Hommes. Ulnhor, le Roi Sage, disparût. Non sans avoir sauvagement assassiné son épouse et ses deux fils, pris lui aussi d’une folie passagère.
Depuis lors, la Cité glisse en roue libre. Sa sagesse millénaire s’éteint tandis que sa puissance occulte reste intacte. Des divisions se font sentir, entre les tenants des traditions qui s’affairent à rétablir le contact avec le Très-Haut, et les jeunes affranchis, qui comptent jouir de cette liberté nouvelle pour tailler dans ce monde moribond, un royaume qui soit véritablement à l’image de la puissance d’Almenarc’h…
Chacun des personnages tient un rôle clé dans un de ces cercles occultes. Et avec chacun d’eux nous nous enfonçons dans les strates insondables d’un univers propre à leur caste. Tous suivent un but. Chacun de leurs actes redistribue la donne et impacte la destinée de tout autre.
Les personnages :
- Ulnhor cherche à racheter ses fautes, le massacre de sa famille, le sacrifice de Mirand’Ar, l’abandon de son peuple.
- Telleran cherche à se retirer du monde des Hommes, lui, le plus ancien des Sages-Guerriers. Le dernier Sage à avoir entendu la voix de l’Esprit Père. C’est pour cette raison qu’il forme depuis plus de vingt printemps, le jeune Erkan. C’est pour cette raison qu’il traversera une dernière fois le monde pour le retrouver et le ramener à Almenarc’h.
- Erkan marche sur les traces de son passé. Ce jeune disciple de Telleran, futur Sage-Guerrier de l’Eau, victime des machinations du trouble Cataxak, se trouve frappé de la pire des punitions pour un membre des Cercles Occultes : l’Exil. Les Veilleurs lui font respirer des fumées de Tixil, la plante de l’Oubli, et le laissent au milieu de nulle part, seul, avec son amnésie. Ce personnage va courir durant des lunes derrière son passé, poursuivi par des tueurs, terrifié par ses propres réflexes. Tous ceux qu’il approche meurent. Et à mesure qu’il marche dans les pas de son passé, il remonte dans le passé inavouable d’Almenarc’h… Cette Cité d’essence divine repose sur une spoliation. Puisque tout doit être dévoilé dans ce résumé : Saham était le premier royaume élu de Dieu. Jusqu’au jour où, pour garder le contrôle sur les Hommes, l’Esprit Père de la Terre a détruit son œuvre pour la reconstruire à l’autre bout du monde. Il a volé le Šhå accumulé par les sages de Saham qu’il a placé dans une gemme, Ramsara. Puis il a missionné le dernier d’entre eux, Karaï pour qu’il fonde Almenarc’h à l’aide de la gemme. Depuis ce jour, le pouvoir occulte de Saham cherche à récupérer ce pouvoir spolié. Mais bien entendu, pas un Sage d’Almenarc’h ne connaît ce mythe fondateur, ils ignorent tous pourquoi, depuis des millénaires, Saham envoie ses hordes razzier le monde, avec pour but avoué de détruire Almenarc’h.
- Cataxak… Le personnage le plus noir de l’histoire. Il incarne le Mal. Un mal qui, comme nous venons de le voir, est intimement mêlé au Bien. Il est originaire de Saham. Il est un Prêtre Noir. Le plus puissant d’entre eux. Les Prêtres Noirs sillonnent les terres de Saham et moissonnent le Šhå des morts. À la mort d’un homme, le Šhå accumulé par celui-ci durant sa vie doit naturellement retourner vers son étoile, avec l’âme. Il est la récompense d’une vie sur Terre, le porteur d’un retour d’expérience. Les Prêtres Noirs moissonnent, et sont à leur tour moissonnés par les Happeurs Noirs. Les Happeurs Noirs peuvent aller jusqu’à vampiriser des hommes bien vivants, volant à la fois leur Šhå et leur âme. Cataxak moissonne les Happeurs Noirs. Son but est de récupérer l’Énergie jadis spoliée à Saham par l’Esprit Père de la Terre. Pour ce faire, il devient Veilleur et fini par infiltrer le Palais d’Almenarc’h. D’ici, il gagne sans mal l’oreille du jeune Roi, Alkar, et le manipule ainsi qu’il manipule tous les puissants…
- Alkar est le Roi d’Almenarc’h. Il appartient au cercle des Détenteurs, cercle qui accède pour la première fois à cette fonction réservée jusqu’ici aux Sages-Guerriers. Est-ce utile de préciser qu’il doit sa place aux fourberies de Cataxak ? Et que c’est encore à lui qu’il doit l’idée de vouloir conquérir par la force la moitié des terres émergées ?
- Roch… est le Grand Gardien. C’est un des personnages centraux. Spolié par Alkar d’un trône qui aurait dû lui revenir, spolié d’une femme, Miléna, qui aurait dû être sienne, il n’en finit pas de ravaler sa colère. Alors quand il découvre que son fils, Erkan, a disparu… il se rue tête baissée dans le piège que lui a tendu Cataxak… Une bataille. Une armée en guenille pour dissimuler le plus fourbe et le plus redoutable des mercenaires. Il aurait dû mourir à l’issu de cette bataille. Roch est un héros maudit.
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