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Par ballad, le 12/03/2012
Solarium de
Félix Bruzzone
- T’es une vraie petite groseille toi, hein, c’est bien parce que t’as le swing, sans ça je te faisais persil, je te dis pas.
- Tu me trouves trop vert ?
- Mais non, pastèque : persil haché, je te hachais menu et je te balançais aux cochons.
- Un peu de respect pour tes aînés, bébé.
-Aînés la raie du cul, y’a pas plus respectable ; t’inquiète Bisounours, un de ces soirs je t’attrape et je te fais gagner au loto. »
Ca c’était Yuyo tout craché.
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Par ChezLo, le 13/11/2010
Les Taupes de
Félix Bruzzone
Au début, j'avais du mal à croire que Maïra pouvait être un assassin. Au pire une moucharde, une délatrice. Mais quand elle a dit : ou je te tue toi aussi, elle n'avait pas l'air de plaisanter. Surtout à cause du "ou" et du "aussi", qui sonnaient comme des pierres creuses, avec des coups de tonnerre dedans, des chiens sauvages ; tout était possible. Et à voir la facilité avec laquelle elle m'avait jeté dehors, rien d'étonnant à ce qu'elle soit prête à faire bien pire.
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Les Taupes de
Félix Bruzzone
Un clodo qui passait de temps en temps sur la place avec sa briquette de vin m’a dit que chercher des restes dans les poubelles, des pièces sur le trottoir, c’est chercher les morceaux d’un miroir. Y’a rien de nouveau, rien n’a changé, il disait, c’est toi, mais cassé.
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Les Taupes de
Félix Bruzzone
Moi, quand je faisais des gâteaux, souvent je laissais certains clients me devoir de petites sommes. Au début je ne le faisais pas exprès, je laissais passer, ou alors ça me gênait de devoir leur rappeler qu’ils me devaient de l’argent. Et puis au bout d’un moment, je me suis rendu compte que justement, c’est ça, être pâtissier : faire des gâteaux, être payé pour ça, vivre des gâteaux qu’on fait, mais aussi les faire pour les faire, parce que quelqu’un en demande, parce que le monde, à certains moments, a besoin de gâteaux.
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Les Taupes de
Félix Bruzzone
Et je me demandais pourquoi les militaires, pour se débarrasser des corps, ne les avaient pas brûlés et point barre : ça aurait évité que maintenant, les gens se mettent à exhumer les des os et à récolter les témoignages des pêcheurs et des curieux ayant trouvé sur les plages des corps que la mer a rejetés sur la côte. Une excellente idée, ça leur aurait permis de faire un musée où aller se réconforter, avec le sentiment du travail bien fait : une salle muette, secrète, remplie de boîtes pleines de cendres bien rangées sur des étagères. Les visiteurs formeraient une secte ; eux et les générations suivantes pourraient aller contempler le labeur des héros, se remplir l’âme du souvenir de vieilles prouesses en sachant que, même si un jour le musée venait à être découvert, rien de ce qui était exposé là ne pourrait jamais servir à prouver un quelconque délit.
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Par Electra, le 28/09/2010
Les Taupes de
Félix Bruzzone
Jusqu'au moment où les petites lumière se sont concentrées sur ma nuque, denses comme des galets, et d'un coup ont dégringolé tout le long de mon dos avant d'en rester là, éparpillées de tous côtés, dents de quartz, aimants géants, et là El Aléman, épuisé, a joui.
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Par asphalte, le 09/01/2012
Solarium de
Félix Bruzzone
Faut que tu sois notre guide, toi tu nous guides et nous on fait le boulot. Mais on a besoin de tes yeux. Parce que toi en plus tu connais les baraques, tu sais où sont les capteurs des alarmes, quelles fenêtres ils laissent ouvertes, si y’a des grilles partout ou pas, si le chien qui aboie mord ou pas, si y’a des trous dans le toit, des verrières, ou des lucarnes. Crois-moi, saute dans ce train, t’as tout à y gagner, tu vas devenir un roi du pétrole, un winner Gustavo, Tavito, tu vas tous les laisser sur le flanc, bientôt ils diront houla, gaffe, v’là Tavo, poussez-vous.
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Par asphalte, le 09/01/2012
Solarium de
Félix Bruzzone
C’est pas des cambrioleurs du dimanche tu comprends, ceux-là tu les attrapes au filet à papillons. Maintenant t’as plein de professionnels, ils ont compris que c’était du gâteau. Parce que les gens, c’est vrai qu’ils prennent certaines précautions. Seulement ils voient que la serrure est cassée et ils mettent un mois à la faire réparer. La fois d’après c’est l’alarme qui reste coincée, qu’est-ce qu’ils font, ils la débranchent. Ou leur chien qui clamse et avant qu’ils en reprennent un… Le secteur a toujours été tranquille, et puis on est là. Mais contre une attaque commando, qu’est-ce que tu veux faire ; les types ont toutes les infos. Avant ça allait parce que combien il pouvait y en avoir. Dix, vingt, dans tout le pays. Aujourd’hui ils sont… je sais pas : des milliers. Avant tu leur disais là non et c’était là non. On s’arrangeait. Moi j’allais faire un tour à la San Jorge, j’en chopais quatre ou cinq et je leur filais des billets pour le bal, ou des consos, tous les vendredis je faisais ça, et ils faisaient pas chier. Ou ils allaient ailleurs. Maintenant il t’en tombe des arbres.
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Par ballad, le 12/03/2012
Solarium de
Félix Bruzzone
Il paraît que la Terre se réchauffe un peu plus d’année en année et que le jour où elle sera vraiment chaude, accroche-toi à ton nombril et prie dans toutes les langues.