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Par oops, le 15/08/2010
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Aujourd'hui on est considéré pour rien socialement quand on ne ne travaille pas, même vis-à-vis des gens qu'on connaît.
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Par Sycorax, le 10/10/2010
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Marilou a mal aux dents, elle a toujours eu mal aux dents. Dans ces cas-là, le dentiste lui semble la plus périlleuse des solutions. Trop compliqué, trop douloureux, trop cher, une idée d'un autre monde en somme. Elle se tient la joue et la contrariété rend son visage rond encore plus enfantin : "De toute façon, si un dentiste m'approche, je le frappe."
L'autre soir, en rentrant du ferry, elle a appelé SOS Médecins, on lui a donné des calmants, pour patienter. Elle attend que toutes ses dents soient pourries pour les faire arracher à l'hôpital, d'un coup, sous anesthésie générale. "Tout le monde fait ça, maintenant." Elle me regarde comme si je débarquais de la Lune. Son homme y est déjà passé. On se réveille après l'opération, tout est parti sans qu'on se rende compte de rien, on rentre chez soi très vite, on mange de la purée pendant un mois, puis on commande un appareil intégral, que la Sécurité sociale rembourse. On est tranquille pour la vie.
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Par Mia, le 27/07/2010
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
"Est-ce que vous voulez commencer une nouvelle vie? Agent d'entretien, qu'est-ce que vous en pensez? Les métiers de la propreté, c'est l'avenir, mais il faut se décider maintenant. Le marché est en pleine structuration, il va se refermer d'ici peu. Un cycle de formation des métiers de la propreté se met en place, avec un bac spécialisé, peut-être même un troisième cycle. Dans un an ou deux, les entreprises ne prendront plus que des femmes de ménage diplômées. Ce sera trop tard pour les gens comme vous, sans qualification."
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Par Madimado, le 05/12/2011
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Voilà des jours que je n’ai pas vu passer une proposition d’emploi à plein temps, pour un contrat à durée indéterminée ou un salaire au dessus du Smic. Un agent de Pôle Emploi m’a expliqué que c’était normal. “Ce type d’emploi n’existe tout simplement plus dans votre circuit à vous. Bientôt, il n’existera peut-être plus nulle part.”
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Par Bunee, le 16/05/2010
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Mon mari a demandé à la boucheri: il parait que c'est normal. Toutes les familles qui touchent les "allocations des cartables" à la rentrée scolaire ont eu droit à celle-là aussi. (...)
"mais 150 euros, ça fait un paquet de pognon qui tombe du ciel".
"Oui, c'est notre parachute doré. Nous aussi on y a droit."
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Par pyrouette, le 25/05/2011
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Plus on nous fait travailler, plus on se sent de la merde. Plus on se sent de la merde, plus on se laisse écraser.
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Par Coucal, le 28/02/2010
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
J'ai déjà fait le tour es agences d'intérim de Caen,(...) Dans l'une, j'annonce triomphalement : J'accepterai tout. Ici tout le monde accepte tout dit le jeune garçon derrière l'ordinateur. Je lui demande ce qu'il a en ce moment : Rien.
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Par Marie-O, le 05/06/2010
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Vous êtes plutôt le fond de la casserole, madame.
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Par chartel, le 26/10/2011
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Le conseiller, qui s’était mis à parler à regret, avait tout déballé, les petites combines pour masquer les chiffres, les contrats pour les collectivités avec des abattements de charges, les formules bidons pour les jeunes, ou les aides au temps partiel qui poussent l’employeur à embaucher deux mi-temps plutôt qu’un plein temps. Il disait qu’il regrettait, que ce n’était pas leur faute. Ce n’était pas lui qui truandait, c’était tout le système qui voulait ça.
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Par brigetoun, le 17/08/2010
Le quai de Ouistreham de
Florence Aubenas
Nous mangeons debout autour de la camionnette, en nous relayant pour nous asseoir chacune quelques instants au sec sur le siège avant. On termine avec trois heures de retard, et toutes avec la même allure, une démarche aux jambes raides, ankylosées aux genoux et deux bras engourdis, qui pèsent plus lourd que les seaux