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Par kathel, le 06/02/2012
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
J’entrais dans ce livre un peu à reculons, mais j’ai vite été convaincue de son utilité. Florence Aubenas s’était donné pour but de s’installer dans une ville inconnue d’elle, sous son identité, mais sans autre bagage qu’un baccalauréat, et en n’annonçant aucune compétence ni expérience particulière. Elle arrêterait l’expérience dès qu’elle obtiendrait un contrat de travail à durée indéterminée. « Agent d’entretien, c’est l’avenir. » lui annonce sa conseillère, et c’est donc vers ce domaine qui ne requiert aucune qualification (quoique…) qu’elle se dirige. La multitude de ses expériences, ses rencontres avec d’autres agents de propreté, sa formation, les situations kafkaïennes au guichet du Pôle Emploi, tout est minutieusement décrit, avec une dose d’humour qui fait parfois sourire de situations où l’on ne voudrait pas se retrouver.
Ce témoignage très intéressant se lit avec facilité, et éclaire sur des conditions de vie que ne font parfois qu’imaginer ceux qui ont la chance d’avoir « la sécurité de l’emploi ». La démarche de Florence Aubenas est courageuse, il aurait été tellement plus facile d’aller réaliser un reportage d’une quinzaine de jours dans la région de Caen, et d’aligner des interviews ici et là. Ce changement radical de vie lui a permis d’approcher les problèmes au plus près, et d’en rendre compte d’une manière absolument pas didactique, et sans réduire les demandeurs d’emploi à des nombres ou à des pourcentages. Ils s’appellent Philippe, Mimi, Marilou, Françoise ou Marguerite, pratiquent mieux que quiconque la solidarité et l’entraide, et tentent contre vents et marées d’assurer une maigre subsistance à leur famille au prix d’un combat de tous les jours. Et je vois ce livre comme un hommage qui leur est rendu.
Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-florence-aubenas-le-quai-de-ouist...
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Par chartel, le 26/10/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Comment peut-on reprocher à Florence Aubenas, dans "Le quai de Ouistreham", que son jeu n’en vaut pas la chandelle, puisqu’elle ne pourra jamais être totalement à la place des précaires et ainsi ressentir exactement comme eux leurs émotions quotidiennes ? Je crois que c’est faire peu de cas de la finesse d’analyse et de l’intelligence d’esprit de Florence Aubenas. Elle était consciente des limites de l’exercice quand elle s’est lancée dans ce projet. Elle n’a pas cherché à devenir du jour au lendemain une fan de Johnny Halliday, une accro des hypermarchés et des promenades dans les jardineries le dimanche ou encore une adepte des apéros aux alcools frelatés bon marché. Justement, on sent dans son reportage qu’elle n’oublie jamais son rôle, comme une actrice cherchant à paraître vraisemblable tout en conservant sa conscience de soi. Et c’est pour cette raison que j’ai aimé son récit. Il y a de l’empathie, bien sûr, on connaît les combats politiques de l’auteur ; mais elle tente, en grande professionnelle du journalisme, de rester objective jusqu’au bout. Décrire du mieux possible ce qu’elle vit pour que le plus grand nombre puisse se faire une idée de la précarité du travail aujourd’hui. Et le plus intéressant n’est pas d’apprendre que les petits boulots sont mal payés et sous évalués, mais de comprendre les mécanismes de cette situation : l’égoïsme, l’individualisme à outrance. Cet individualisme joue à tous les niveaux. C’est parce qu’un patron ne pense qu’à récupérer le marché d’un concurrent qu’il oblige ses salariés à travailler plus pour gagner moins, c’est parce qu’un délégué syndical pense à sa propre carrière qu’il bafoue les missions premières du syndicalisme, c’est parce qu’un conseiller de Pôle Emploi pense à sa prime qu’il y a moins de chômeurs inscrits qu’il n’y en a en réalité.
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Par Malaura, le 28/09/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Grand reporter au Nouvel Observateur, la journaliste Florence Aubenas a toujours, dans les nombreuses affaires qu’elle a couvertes, revendiqué d’un engagement citoyen, d’une volonté de faire entendre les voix de ceux que l’on n’entend jamais.
Reportages en Afghanistan ou au Rwanda, otage en Irak en 2005, procès d’Outreau, conditions de détention dans les prisons….elle a été de tous les combats sociaux, sur tous les fronts, et est devenue l’une des figures majeures du journalisme d’investigation en France.
Parce que ces derniers temps on a beaucoup parlé de la crise, elle a décidé de mener sa propre enquête pour témoigner de ce qu'est, aujourd'hui, le marché du travail dans la France d'en bas.
Comme en son temps le journaliste indépendant Marc Boulet avec « Dans la peau d’un Intouchable » ou l’allemand Gunther Wallraff avec « Tête de turc », c’est un travail en immersion qu’a réalisé Florence Aubenas, au plus près de la « basse humanité », à savoir la cohorte des anonymes qui se démènent sans compter pour moins de 700 € par mois.
Elle est donc partie dans une ville française, rechercher anonymement du travail.
C'est dans la ville de Caen qu'elle a posé ses valises et s'est inscrite au chômage avec pour mission d'arrêter son enquête le jour où elle trouverait un CDI.
Sa quête a duré 6 mois, de février à juillet 2009. Ce récit raconte son parcours.
Propos pertinents, observations justes et subtiles des aberrations du système, portraits plein de finesse, de sensibilité et de drôlerie de ses compagnons d’infortune, Florence Aubenas s'est très consciencieusement immergée dans son rôle de femme sans qualification en recherche d'emploi.
Des rendez-vous à Pôle-Emploi en passant par les réunions de formation ou les salons de l'emploi, c'est le long chemin de croix du chômeur que l'auteur nous raconte, un véritable parcours du combattant, une quête chaotique et bancale pour trouver ce qui, aujourd'hui, fait de plus en plus défaut : un travail sûr et stable, un CDI.
A la clé, c’est bien souvent un emploi des plus précaires, tout au plus quelques heures de ménage où il faudra avaler plusieurs dizaines de kilomètres de bitume, que les plus chanceux arriveront à dégoter sans se plaindre, avec cette incroyable énergie dont savent faire preuve les plus démunis.
Qu’on ne se méprenne pas, « Le quai de Ouistreham » n’est pas un livre triste destiné à faire pleurer dans les chaumières.
Bien au contraire, ce récit profondément sensible et humain, qui se lit avec la facilité d’un roman, est un récit de vie dans lequel Florence Aubenas, avec une grande empathie, sait montrer les petites joies, les faiblesses, les déterminations, le sens de la débrouille et du partage.
Un témoignage social que l'amitié et la solidarité viennent alléger…en pied-de-nez.
Un livre authentique que beaucoup devraient lire….
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Par PerdreUnePlume, le 24/01/2012
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Un livre expérience qui se lit comme un roman, une enquête sur le monde du travail dans une région quelque peu dévastée par le chômage... Un livre à la fois rassurant, puisqu'on se rend compte ainsi que le chômage et la manière dont il est vécu est une expérience à la fois personnelle et identique pour chacun, inquiétante puisque elle montre qu'au final personne n'est épargné.
Quiconque ayant vécu une période de chômage trouvera un véritable écho dans ces lignes ; l'expérience du pôle-emploi, les petites annonces, les exigences des recruteurs, l'angoisse qui guette avec le temps qui passe, les concessions de plus en plus dures auxquelles on se soumet, la pression psychologique que peut avoir un employeur potentiel...
Aubenas pousse l'expérience dans ses extrémités en se présentant comme une femme sans expérience et sans qualification et qu'elle va être d'office orientée vers les postes de femme de ménage, employée intérimaire plus ou moins interchangeable qui va finalement se plier en quatre pour obtenir "des heures".
Même si clairement il y a un monde entre ce que connait l'auteur et celui qu'elle découvre, reste que le fait de le vivre comme une expérience qui aura un terme fausse un peu l'enjeu. D"un point de vue psychologique se dire "j'en bave mais c'est juste le temps de décrocher un CDI" ou "j'ai décroché un CDI de merde et je vais récurer des WC pour le reste de mes jours" il y a tout de même un pas !
[...La suite chez moi...]
Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2012/01/24/La-quai-de-Ouistreham
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Par Quintnico, le 30/03/2010
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Chronique magistrale de la misère sociale
Permettez-moi tout d'abord de resituer qui est Florence Aubenas. Une journaliste brillante, engagée, qui a effectué une bonne partie de sa carrière à Libé où elle a couvert des conflits à travers nombres d'endroits chauds de la planète. Elle a ensuite acquis une certaine célébrité comme otage pendant 6 mois en Irak avant d'être finalement libérée. Il est d'ailleurs assez remarquable qu'après ce cauchemar, elle soit toujours apparu souriante et libérée au propre comme au figuré et ce, dès sa descente d'avion. Même si elle a du être marquée pour toujours dans sa tête sinon dans sa chair, elle n'en a jamais rien laissé paraître. Elle a ensuite couvert le procès d'Outreau, étant une des premières à émettre des doutes sur la culpabilité des accusés. Elle travaille désormais au Nouvel Obs, elle est également présidente de l'Observatoire International des Prisons.
Début 2009, frappée (intellectuellement) par la crise, elle prend un congé sabbatique en cachant son vrai projet à son employeur. Celui-ci est de partir à Caen en laissant tout derrière elle pour vivre la crise "à hauteur d'hommes" (ou de femmes plutôt). Elle loue une chambre minable à Caen, part sans voiture, ne rentre à Paris que deux fois et se promet d'arrêter l'expérience quand elle aura décroché un CDI ce qui arrive (miraculeusement) au bout de 6 mois. Elle revient alors à Paris puis repart quelques mois après dans sa chambre meublée pour écrire ce roman/document/reportage. Ca n'est pas la première fois qu'un journaliste utilise cette méthode d'"immersion extrême", cela avait été fait avec des immigrants clandestins, des SDF. Néanmoins, il faut un sacré courage pour aller s'immerger, les mains dans le cambouis (ou pire dans la merde), dans ce que tous les autres français ne rêvent que de fuir. Avec en bandoulière, ses yeux, ses oreilles et sa mémoire pour enregistrer. Sa sensibilité et sa plume pour rapporter.
Ce qui est étonnant, c'est qu'avec son profil d'ex-otage que l'on voyait à la TV quasi tous les soirs pendant 6 mois, on se dit qu'il lui a fallu porter faux nez et postiches en tous genres. Eh bien, non ! Elle a fait au plus simple. Elle a vaguement teint ses cheveux, mis en permanence ses lunettes (qu'elle ne porte pas toujours sinon) et ... c'est tout. Pour le reste, elle a gardé la même identité et s'est juste inventé un passé de femme mariée et au foyer pendant 20 ans qui vient de se faire larguer par son mari et a besoin désespérément de bosser. Le plus fou, c'est que presque personne ne l'a reconnue. Deux ou trois personnes ont eu un doute et une l'a formellement reconnue mais a gardé le silence à sa demande.
Donc Florence Aubenas décrit sa quête d'un travail ou plutôt d'heures de travail car on se rend rapidement compte que non seulement le CDI relève du graal absolu, que même un CDD est déjà un poste au-dessus du lot mais qu'en plus espérer travailler 35h par semaine est totalement illusoire, voire impossible. Caen est marquée par un passé industriel (SMN, Moulinex, qui a complément disparu entre les années 70 et la fin des années 90). Résultat : ça n'est plus qu'une zone condamnée, avec un taux de chômage élevé et une population paupérisée. Le statut d'ouvrier est devenu quelque chose de mythique, un rêve presque oublié.
La quête de Florence Aubenas commence logiquement par l'ANPE, débordée, ne proposant rien sinon brasser du vent et truquer les chiffres à la demande de sa direction. Puis c'est les agences d'interim et enfin les boîtes de nettoyage qui vendent de la viande pour laver des locaux, ici de 5 à 7 deux fois par semaine, là de 18h30 à 20h30 tous les soirs. Une vie passée à quémander un bout de travail ici, un autre là, à faire 1h de route pour 2h de travail payés au SMIC (la convention collective prévoit SMIC+10% mais les employeurs ne la respectent pas avec la complicité de l'ANPE). Et encore, souvent les 2h négociées entre la société de nettoyage et son client se transforment en 3h. Qui éponge la différence ? Les femmes de ménage pardi ... Car c'est ce qu'a trouvé Florence Aubenas. Sa seule carte de visite ? Elle est prête à tout. "Comme tout le monde", lui est-il répondu ...
Ce livre permet de vraiment regarder la France dans les yeux de la crise, voir la misère humaine mais aussi sociale et culturelle. Le mépris affiché par les patrons, les petits chefs, les sociétés d'interim donne mal au ventre. On n'a pas vraiment l'impression d'être la France "pays-des-droits-de-l'homme" mais plutôt être resté dans Zola. Et à côté de cela, on sent malgré tout une envie de vivre, une humanité, une solidarité qui sent les derniers remparts avant le désespoir.
La grande force de Florence Aubenas c'est que son immersion permet d'être au plus près de cette réalité mais elle parvient malgré tout à trouver le recul nécessaire pour le récit. Un récit qui ne surligne jamais, ce qui aurait été l'écueil majeur. Les situations sont telles qu'il n'est pas besoin de faire de l'emphase. Juste recueillir, relater avec une sensibilité et une bienveillance qui affleure dans le récit. Sans misérabilisme, sans condescendance, sans manichéisme ni prise de parti excessive. L'exacte bonne distance. Avec du style en plus.
Chapeau, madame Aubenas !
Lien : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/22490
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Par Kikili, le 21/02/2010
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Au début de ma lecture, je m'attendais à ce que ce soit la journaliste qui raconte et surtout qui commente ce qu'elle était en train de vivre, puisqu'elle avait choisi délibérément de faire cette expérience. Or Florence Aubenas ne le fait pas. Elle se contente de raconter, de témoigner et de faire parler les personnes qu'elle rencontre. Des commentaires auraient été forcement des jugements : C'est là toute la pudeur dont fait preuve l'auteur de ne pas donner son sentiment.
Peut être le fera t elle à l'occasion des "retombées" de la sortie de ce livre et je suivrai ces discussions. Ce récit est sobre, les personnages attachants et vrais !
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Par Madimado, le 05/12/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Un reportage fort qui se lit comme un roman. On en vient à oublier totalement que l'auteur n'est pas réellement une femme de ménage et on suit avec angoisse son triste quotidien. On a beau savoir que la situation aujourd'hui n'est pas glorieuse, on ne peut s'empêcher d'être surpris par l'ampleur des dégâts. Un très bon livre.
Lien : http://madimado.com/2011/12/04/florence-aubenas-le-quai-de-ouistreham/
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Par ygounin, le 01/10/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Il est délicat d'émettre une note dissonante dans le flot de critiques laudatives que s'est attiré ce beau témoignage humaniste de la France d'en bas, qui souffre de la crise et de la précarité.
Je le concède volontiers : cette chronique de la misère sociale est émouvante. La démarche de cette grande journaliste est noble.
Pour autant j'avoue deux réticences
La première est littéraire. Le livre a un problème de rythme. Constitué d'une multiplicité de petites saynètes, certes attachantes et bien troussées, il n'avance pas.
La deuxième est méthodologique. Pour écrire son livre, Florence Aubenas est entrée dans la peau d'une chômeuse de longue durée en quête de petits boulots. L'embedment est au journalisme ce que l'Actor's studio est aux acteurs de cinéma. Pour autant il a ses limites. Même en se grimant, même en bidonnant son CV, même en s'installant pendant des mois dans une cité HLM sans charme, même en nettoyant les WC conchiés du ferry d'Ouistreham, Florence Aubenas ne sera jamais de la France d'en bas. Elle en partagera peut-être les affres, l'espace de quelques semaines ; mais elle n'en éprouvera jamais l'intime désespérance, l'absence entêtante de perspective.
Sa démarche du coup ne peut pas ne pas être artificielle. Comme Fabrizio Gatti, ce journaliste italien qui avait partagé le sort de réfugiés africains en route vers l'Eldorado européen, Florence Aubenas touche vite les limites de l'exercice. Quand elle postule à un emploi de femme de fin de ménage, elle n'est pas, elle ne peut pas être une chômeuse en fin de droit cherchant à décrocher un petit boulot pour remplir son frigo. Elle ne peut qu'être une journaliste - certes courageuse - qui aligne les expériences pour enrichir son livre de plusieurs épisodes pittoresques.
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Par pyrouette, le 25/05/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Il y a quelques années profitant des livres étudiés par ma fille, j’ai eu l’occasion de lire « L’Amérique pauvre » de Barbara Ehrenreich, journaliste qui faisant un pari avec un ami va partir chercher du travail sans qualification, en conservant seulement sa voiture et mille dollars (il me semble, bien que maintenant la somme me parait importante…), Depuis j’attendais qu’un journaliste ou sociologue se lance dans le même genre d’aventure en France. Mon souhait a été exaucé ! Ce livre arrive au bon moment dans ma vie puisque je suis inscrite à pôle emploi depuis deux mois…. J’ai retrouvé dans ce constat navrant et pourtant réaliste l’ambiance de pôle emploi, une sorte d’agressivité latente dès qu’on pousse la porte de cet endroit. La pensée positive est arrivée jusqu’à nous, sauvons nous help !!!! Ou comment faire passer des consignes et des ordres sans que ceux-ci soit discutés ou refusés, excellent ! J’ai beaucoup ri en lisant ce témoignage, me retrouvant dans certaines situations. Les loisirs évoqués sont malheureusement pragmatiques en ces temps de précarité et je le constate dans ma région : la sortie du week-end est aussi la grande surface où on passe beaucoup de temps à discuter, à faire des rencontres etc…La solidarité, les astuces pour acheter de quoi manger, l’amitié, les bagarres, tout y est. Florence Aubenas s’est parfaitement « coulée » dans la peau du personnage s’est contentée de témoigner et son livre est une réussite. A lire absolument surtout si vous êtes « demandeur d’emploi », il ne faut plus dire chômeur, la pensée positive n’oubliez pas !
Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2011/05/25/21225802.html#comments
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Par Ael, le 27/09/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
IL y aura deux types de lecteurs de ce reportage : ceux qui savent ce qu'est ce boulot exténuant de l'invisible où l'on devient l'ombre des autres et ceux qui pensent que les sols sur lesquels ils marchent ne se salissent jamais.
Les premiers n'apprendront rien et reliront ses pages comme on feuillette un album photo de souvenirs amer. Les deuxièmes regarderont, ENFIN, d'un oeil nouveau les couloirs de leur entreprise, leur bureau "cocon" et les toilettes ! Peut être, oseront-ils lever un regard neuf sur ses femmes de l'ombre pour les mettre au grand jour d'un "bonjour" spontané et reconnaissant.
Florence Aubenas a su, de sa plume agile, intelligente et avec un humour tendre, donner une parole sincère et touchante à ses fées du quotidien !
Lien : http://lechat-pitre.com
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Par Tomie, le 10/03/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
J'ai vécu certaines périodes avec des emplois précaires. Et rien ne m'a étonnée dans ce que F. Aubenas découvre dans ce livre. Et ce qui m'a le plus touchée est qu'elle a vraiment pris son rôle au sérieux. Travail, trajet, dodo : pas le temps pour d'autre occupation ! Et un attachement à ce milieu, beaucoup d'entraide. Et même comme un regret de quitter tout ça... Mais évidemment c'est plus facile à vivre quand on sait que tout est temporaire ! Néanmoins un bon témoignage de la vie de milliers de gens
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Par Marie-O, le 05/06/2010
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Dans ce livre, tout le talent de l'auteur est de ne jamais juger, elle rend compte de ses difficultés, de ses joyeuses rencontres parfois, de son abattement aussi mais jamais elle ne porte de jugement, ni sur les gens qu'elle côtoie ni sur le fonctionnement de notre société. Cette lecture m'a secouée, d'abord parce que Caen est la ville dans laquelle j'ai fait mes études donc les lieux qu'elle cite me sont familiers et surtout parce que son livre m'a fait prendre conscience de la rapidité avec laquelle on peut oublier ce qu'est la véritable précarité.
Lien : http://tribulations-litteraires.over-blog.com/
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Par carre, le 22/12/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Si le livre de Florence Aubenas a le mérite de décrire les difficultés de la vie quotidienne des travailleurs précaires mais aussi les débrouilles et les petites joies du quotidien, cette immersion de la journaliste montre trop rapidement ces limites. Tout d'abord le livre peine à trouver le ton juste, problème de rythme et de lien.Et surtout même si bien sûr la démarche est louable et sincère
il est clair qu' Aubenas ne peut véritablement nous faire ressentir le quotidien de ces précaires puisque qu'elle cache son identité et ne pourra jamais totalement ressentir leur problématique au quotidien. Et forcément le récit manque sa cible et n'a pas la force voulue. Intéressant même si bancal.
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Par Chouchane, le 25/08/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Ce livre met en colère. Notre monde du travail est un enfer. C'est un monstre économique dont nous ne savons plus nous dépêtrer et la crise nous enfonce un peu plus. Florence Aubenas, en se mettant dans la peau d'une chômeuse sans expérience de 48 ans, nous livre un reportage sur la vie de ceux qui pleurent pour travailler et qui comptent les pièces jaunes pour s'acheter à manger. 2 heures de route pour 1 heure de ménage à 6 heures du matin payé au SMIC en CDD. Des mois à 650 euros en se levant à 4 heures du matin et se couchant à 11 heures avec 3 employeurs. Un dentier à 25 ans parce qu'il est moins onéreux de porter une prothèse que de se faire soigner des caries. Des soupers dans le noir, des appartements à 18° pour économiser. Des heures supplémentaires non-payées parce que le patron a négocié 3 heures de ménage là où il en faut 5. Des cabines de bateaux à nettoyer en 3 mn.... tout est l'avenant, j'ai fini ce livre révoltée et avec un fort sentiment d'impuissance.
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Par pika50, le 05/12/2010
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Excellent témoignage, étant moi-même femme de ménage entres autres, je me suis retrouvée dans certaines situations : l'accueil Pôle Emploi, les 1ères rencontres avec les collègues, l'enchainement des jobs, le temps passé sur la route, la force physique de ce travail pas forcément reconnue,...
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Par Bunee, le 16/05/2010
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Florence Aubenas est journaliste à Paris, présidente de l'observatoire international des prisons depuis juillet 2009.
En février 2009, elle décide de partir à Caen (critère: une ville de province ni trop grosse ni trop petite, pas trop loin de Paris) infiltrer la planète France d'en bas - chomage - précarité. Version blonde, le nez chaussé de lunettes, CV et biographie bidonnés, elle entre dans la peau d'une femme ayant vécu vingt ans entretenue par son époux, avant d'être délaissée, obligée désormais de travailler sans aucune expérience pro et avec comme seul bagage un bac littéraire.
Deux impératifs: ne pas travailler chez des particuliers (ce qui aurait pourtant partie à notre apprentie galérienne de décrocher un poste dès le début du livre et ne lui aurait pas permis d'écrire le dit livre mais passons) et arrêter l'expérience dès que quelqu'un lui propose un CDI (car elle ne veut pas occuper un "vrai" emploi).
Elle pensait que ce serait facile. Qu'en arrivant aux agences d'intérim en déclarant tout accepter, y compris n'importe quoi, elle trouverait quelque chose. Mais ici, tout le monde accepte n'importe quoi et, de toute façon il n'y a rien.
Tout ce qu'on va lui proposer va être de s'orienter vers des places d'agents d'entretien. Ce secteur difficile où on ne cherche pas un travail mais "des heures", tôt le matin, tard le soir, sur des sites éloignés les uns des autres. L'être s'épuise, gagne un peu d'argent sans gagner sa vie, rejoint le monde des gens invisibles, de ceux que l'on croise sans voir.
Elle rencontre Françoise, Victoria, Marilou, Fanfan et tant d'autres, d'autres galériennes, des vraies, attachantes dans leur histoire et leur sincérité presque naïve, qui ont des baskets fendues, froid et faim, qui étudient les prix à la loupe, qui s'agitent dans une sphère à part, mais qui ont elles aussi leurs rêves... Passer un diplôme, avoir une maison, une voiture à soi, des enfants, un travail moins ingrat (sauf pour quelques unes qui aiment réellement leur travail). Bref, avoir une vie "normale".
Elles deviennent des amies, un peu de chaleur dans ce monde si brutal et si froid. Sourires entre deux misères. Parmi elles, les pro du chariot et de la raclette, Florence se débat, maladroite, un peu boulet (elle peine à entrer dans le rythme et renverse ses seaux) et tient son rôle. La fatigue perpétuelle, les attentes interminables, les réunions et convocations inutiles, auxquelles personne ne croit, la démotivation générale. Débâcle de pôle emploi. Et le temps, qui se tord et se détend, interminable, l'attente entre deux missions.
Ici, le travail comme l'attente brisent les êtres.
En débutant la lecture de l'ouvrage, j'étais perplexe devant la démarche, que je trouvais presque incongrue. Je veux dire: le milieu pauvre est-il si exotique pour certain que l'on aille s'y infiltrer?
Personnellement j'ai beaucoup travaillé et j'ai la chance d'avoir pu faire des études, mais j'ai connu et je connais toujours des personnes pauvres qui comptent au centime prêt, des "cas", des gens qui galèrent. Si vous ouvrez les yeux, que vous parlez aux personnes qui peuvent vous cotoyer, vous vous rendez bien compte que la vie peut-être dure et que vous pouvez vite passer du côté "obscur". Du coup, le fait d'infiltrer "les précaires" évoquerait plutôt un caprice de riche, pour personnes vivant dans leur bulle, afin de vivre le grand frisson de la précarité.
Bon, ça, donc, c'est ce que je pensais en ouvrant le livre, et c'est ce qui me faisait peur - tomber dans un discours bobo-misérabiliste d'une personne examinant un microcosme à la loupe.
Mais ce récit s'avère être une chronique sans fard ni complaisance des galères d'une France d'en bas, qui se lève tôt, travaille toujours plus mais sans parvenir à "gagner" sa vie. Pas de monologue, juste le ressenti, les dialogues, les situations. C'est un témoignage sensible et touchant, parfois révoltant, que je pourrais vous conseiller comme piqûre de rappel.
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Par corpartjm, le 16/03/2010
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Une description sans fard de la France d'en bas, celle des horaires impossibles, des petits boulots et de la précarité. Une vision d'un Pôle Emploi désorganisé et impuissant qui fait froid dans le dos. Et une question lancinante en filigrane : où va notre beau pays ? Au total, un livre utile et courageux.
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Par ph_hugot, le 21/04/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Avec le quai de Ouestreham, Florence Aubenas renoue avec cette façon bien particulière de mener l’enquête en se fondant dans son sujet : sur le même principe on se souvient de Tête de turc ou bien encore de ce documentaire dans lequel un blanc américain s’était fait passer pour un noir.
Florence Aubenas, l’espace de quelques mois, a pris une chambre meublée à Caen et s’est mise dans la peau d’une demandeuse d’emploi. Assez étrangement, personne ne l’a reconnu à part une jeune femme dans une agence d’intérim.
En devenant elle même une précaire, elle met des visages sur ce mot qu’on a lu, entendu sans savoir exactement ce qu’il signifiait : la crise ! Les statistiques deviennent des histoires individuelles qui ont toutes en commun des parcours chaotiques, des contrats de travail qui mis bout à bout ne parviennent même pas à un smic et des conditions de travail qui tendent à montrer que plus l’état se désengage, plus le monde du travail devient inhumain.
Le quai de Ouistreham n’est pas un roman, les destins croisés manquent de profondeur et le style n’est pas particulièrement percutant. Ce livre n’est pas non plus un essai : au delà des faits, pas d’explications sur les mécanismes de la précarisation et de l’absurdité d’un système (cadences impossibles à respecter, temps de trajet parfois aussi longs que la durée d’une mission..).
. Néanmoins dénoncer cette situation que l’on trouve banale puis tellement normale un jour qu’elle ne révolte plus personne c’est aussi un acte de résistance.
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Par Bill, le 02/04/2011
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Un récit,
où on (re)découvre qu'il ne faut parfois pas grand chose pour basculer,
où la détresse économique parait à la fois si lointaine et si proche ...
où la transparence de certains êtres est décrite si précisèment ...
où certains comportements ordinaires n'en paraisssent que plus odieux
et où le respect est encore une notion à promouvoir dans les relations économiques ...
Lien : http://les.lectures.de.bill.et.marie.over-blog.com/article-le-quai-de-ouistre...
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Par simae, le 12/11/2010
Le quai de Ouistreham
de
Florence Aubenas
Eh bien, ça ne m'arrive pas souvent mais je finis ce livre sur une drôle d'impression...
J'ai été assez choquée par certaines phrases au début du livre "je cherchais du boulot depuis 15 jours, une éternité me semblait-il." "l'idée qu'on ne me proposerait rien était la seule hypothèse que je n'avais pas envisagée." "Plusieurs offres me seraient faites, forcément, j'aurais le temps de les soupeser, avant de me décider.".. ça m'a clouée...je me suis vraiment demandé dans quel monde elle vivait avant de faire cette immersion car qui ne sait pas combien c'est long et difficile de trouver, et qu eça ne date pas de la crise?? Là, je me suis dit c'est mal parti, je ne vais pas accrocher...
Côté recherche d'emploi, le livre relate bien les difficultés que peuvent rencontrer les demandeurs d'emploi : sous payés, exploités, devant accepter chaque heure qu'on leur offre même si cela leur coûte plus cher en déplacement, etc.
Une structure pour l'emploi débordée, des employés devant traiter plus de 100 dossiers, l'agressivité/le désespoir des certains demandeurs... Plein de pensée pour ma cousine qui vit ça au quotidien...
Mais, Florence Aubenas ne parle absolument pas des difficultés du quotidien : comment payer son loyer, payer les nouveaux pneus de la voiture, payer les factures, etc?? A-t-elle réellement vécu que des revenus acquis pendant cette période??
Je reste sur ma faim, il manque quelque chose... Pour moi ce n'est pas une réelle immersion mais ce n'est que mon ressenti de lectrice...
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