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Par Lali, le 08/02/2011
Une fraction d'éternité de
Francis Dannemark
Gare du Nord
Mais que font les trains dans les gares
depuis qu’on ferre les chemins?
Dans les gares, les trains rêvent
et tous ces rêves de tant de trains
emplissent l’air des gares,
autour des gares et parfois loin.
Que font les humains dans les gares?
Ils consultent en courant
les horaires de l’amour
qui les attendait, qui les attend,
de l’amour qui les attendra.
Ils font rêver les trains,
et vibrer l’air dans les gares,
autour des gares et parfois loin.
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Par Lali, le 08/02/2011
Une fraction d'éternité de
Francis Dannemark
Les poèmes viennent ou ne viennent pas. Si on bouge pour les attraper, ils s’envolent comme des papillons, qui ne se laissent pas guider et choisissent seuls l’endroit où ils se posent. Si les artistes ont parfois un drôle de caractère, c’est sans doute pour ça : ils ignorent pourquoi le papillon est venu, ils ne savent pas s’il reviendra. Les plus beaux ne viennent pas souvent - quelques-uns dans une vie, avec un peu de chance. Le reste, c’est du bricolage. Il faut bien vivre.
Pour tout arranger, les poèmes, quand ils sont réussis, personne ne les comprend vraiment. Leurs significations changement selon l’humeur, la lumière… Ils ne sont pas là pour être compris. Ce sont eux qui nous comprennent.
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Par Lali, le 08/02/2011
Greve des archeologues (la) de
Francis Dannemark
Quand à eux, leur histoire et leur géographie tiennent dans le territoire que parcourent leurs mains, leurs lèvres. Ce sont des caresses et des frissons, des chutes à deux dans la nuit des temps avec des étoiles bleues qui font tourner la tête.
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Par Lali, le 08/02/2011
Une fraction d'éternité de
Francis Dannemark
Protection rapprochée
Tant de mots et tant de phrases
pour tant d’histoires qu’on se raconte
à voix basse ou sur place,
tant de sages mensonges qu’on s’invente,
tant de scénarios savamment conçus,
de plans pensés au millimètre.
Et toutes ces histoires, disais-je,
parce qu’on ne veut plus tomber,
parce que ce n,est pas le moment,
tant d’histoires pour se protéger
de qui, de quoi,
pour garder les démons à la cave
et l’amour au grenier.
Alors compose des poèmes, dit-elle,
écris des histoires
mais ne t’en raconte pas,
et pour le reste, ne pense à rien,
écoute ton cœur qui bat,
il connaît le chemin
comme un cheval de Troie.
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Par Lali, le 08/02/2011
La longue course de
Francis Dannemark
Knowledge
Tout ce que nous savons
et tout ce que nous croyons savoir.
Toutes les choses que nous avons faites
et celles que nous ferons et celles
que nous ne ferons pas.
Combien de tiroirs faudrait-il? Combien de livres,
de budgets, de bilans, de projets,
de rêves possibles et impossibles?
Mais les mêmes dix doigts suffisent pour écrire et
pour compter, pour montrer la route qui se divise
et le chemin qu’il faut emprunter.
Les mêmes dix doigts suffisent pour serrer une main,
entourer votre épaule,
caresser ton visage.
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Par Lali, le 08/02/2011
Une fraction d'éternité de
Francis Dannemark
Puzzle
Combien de vies dans une vie?
C’est comme demander combien de pièces
dans un puzzle, dit-il. L’un en compte douze,
l’autre douze fois plus, il en faudra mille ici,
là quarante. Et chemin faisant,
on comprend que chacun aura
très exactement le temps
de compléter le sien, et que le nombre
de pièces n’aura rien signifié,
et que le temps lui-même,
cent ans, dix secondes, n’aura jamais été
qu’un instant,
une fabuleuse fraction
d’éternité.
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Par Lali, le 08/02/2011
Une fraction d'éternité de
Francis Dannemark
Here & Everywhere
Dans l’air. Dans l’air et dans l’eau
des fontaines publiques,
entre les pages des livres à lire et déjà lus.
Dans un jardin. Dans la forme floue
d’un nuage.
C’était là, tout ce temps.
C’était parfois dans la voix.
Dans une manière légère
de pencher la tête.
C’était encore dans un rire,
dans l’ébauche gauche d’un geste.
C’était là, tout ce temps. Tout ce temps.
Dans l’œil où vit un animal qui voit tout.
Dans l’œil brillant. Au bord des lèvres.
C’était dans l’escalier tournant du cœur.
C’était là. Dans un arbre dressé
pour traverser les saisons tristes,
les saisons gaies.
C’était là.
C’était là. Tout ce temps.
Tout ce temps.
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Par Lali, le 08/02/2011
Une fraction d'éternité de
Francis Dannemark
Le mystère
Et plus que tout, dit-il, j’aime la part de toi
que je ne comprends pas, l’ombre
qui cerne tes yeux, le silence qui s’engouffre
entre trois de tes mots, j’aime le secret
qui te porte et dont tu n’as pas la clé.
Il donne à tes lèvres le goût
d’un fruit d’enfance, il donne
à l’amour qui te fait encore défaut
la force d’une promesse
longue comme le jour.
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Par Lali, le 08/02/2011
La longue course de
Francis Dannemark
Matin bleu
C’est la lumière bleue, ou très pâle, ou vive. C’est le chant d’un oiseau, un bruit de rue. C’est la sonnerie d’un réveil, rarement un coq, simplement assez de sommeil. C’est le matin. La merveille de la vie comme l’eau souterraine qui a tracé son chemin dans le mur plein de la nuit. Mes lèvres cherchent tes seins, leur chaleur, leur docueur d’avant qu’on donne un nom au soleil, une forme à la lune. La lumière t’ouvre les yeux. La main trouve la main. Juste un geste et le monde peut commencer.
Et plus tard on réapprend à parler, à marcher. On façonne des objets, on ouvre des dossiers, on porte des enfants à hauteur des fenêtres. Sable et eau, vert et cristal. On fait des rires, parfois quelques grimaces. Et vite on va, ou lentement, vers le quai du soir où accoste la nuit et l’on s’y glisse. Corps accordés. Et la vie est un quart de seconde qui n’en finit pas de durer.
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Par Lali, le 08/02/2011
Une fraction d'éternité de
Francis Dannemark
L’amour fascine, comme le mont Everest; tant de gens rêvent d’y aller, mais la plupart s’arrêtent au premier ou au deuxième gîte. Au retour, ils liront des romans. Je ne sais plus qui a dit qu’on écrivait des histoires pour donner des souvenirs à ceux qui n’en ont pas.