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Nous deux mon chien de
François Caradec
La tendresse d'un chien est faite de spontanéité, de naïveté, droite et directe : un chien ne ment jamais. Cette honnêteté scrupuleuse échappe à ceux qui craignent les chiens, parce que ce sont eux qui leur font peur en retirant la main.
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Par Woland, le 17/07/2009
Willy, le père des Claudine de
François Caradec
... Les premiers mois de mariage ne sont pas très heureux, et l'éducation de la nouvelle Parisienne ne se fait pas sans agacer Willy. Colette se sent mal à l'aise, et la cible des curiosités : "On ne voyait que lui. Si on me regardait un instant, c'était pour le plaindre, je crois. On me faisait si bien comprendre que, sans lui, je n'existais pas." (La Vagabonde) Le peintre Jacques-Emile Blanche, dont la femme est apparentée aux Gauthier-Villars, organise le premier dîner en ville du jeune ménage, dans une brasserie du Quartier latin. Vêtue d'une robe lie-de-vin à col tuyauté, Colette fait sensation, "traînant la corde à puits de ses cheveux" (Jules Renard), avec ses tresses qui descendent à la hauteur des genoux. Willy surveille l'effet que font sur ses hôtes les "r" bourguignons. "Elle émiette un petit pain chaud sur la nappe et nous regarde d'un air embarrassé. Willy la gronde. Rageuse mais soumise, elle détourne la tête."
A Marcel Schwob (c'est la première des "Lettres à ses Pairs", datée du 9 décembre 1893, elle écrit : "Willy me gronde et me bouscule et crie." Il lui avait caché un télégramme de Schwob annonçant le décès de son amie Renée, et Colette "demande pardon d'avoir été vilaine tout à l'heure", car elle ne savait pas. Willy s'applique à enseigner à sa trop jeune femme la discrétion et le tact, mais il la tient à l'écart de sa comptabilité personnelle. Colette tient un livre de ses dépenses journalières, comme toute bonne épouse ordonnée soumise au maître de la maison : on en trouve la trace, au dos d'une page d'un cahier de "Claudine en ménage", d'1,60 de miel à 6,50 de papeterie en passant par 0,45 de papier WC, 3,25 de rideaux et 0,75 de beurre ; mais rien au crédit. ...
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Nous deux mon chien de
François Caradec
Nous n'aurons servi à rien, sauf à nous rencontrer.
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Nous deux mon chien de
François Caradec
Il y a parfois de la tristesse dans le regard d'un chien qui repose les yeux ouverts, après un gros soupir : ce n'est qu'une mélancolie fugitive, un moment d'absence, lorsqu'aucun son, aucune odeur ne viennent éveiller son attention. De tels moments sont rares ; il semble que les mouches aient été créées pour occuper ces loisirs.
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Nous deux mon chien de
François Caradec
Tous les chiens savent où il y a de l'eau. Ce sixième sens est parfois si développé qu'il trahit une hantise. Ainsi, mon chien n'est jamais entré dans une salle de bain par méprise ; seulement par force. Il flaire la présence d'un robinet à dix mètres ! Et le mot bain est le seul phonème qu'il redoute, au point que le pain est devenu suspect.
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Nous deux mon chien de
François Caradec
Mon chien vit dans l'instant. Je vis dans la durée.
Nous sommes séparés par le temps même que nous vivons ensemble.
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Nous deux mon chien de
François Caradec
Mon chien a une logique à lui. Ainsi, lorsqu'il a plu, il tire sur sa laisse pour me faire traverser la rue : s'il existe une chance pour que l'autre trottoir soit sec, pourquoi la négliger ? Mon expérience d'homme me dit le contraire, mais pourquoi ne pas essayer ? J'en ferais une tête si, un jour, en effet, le trottoir d'en face n'était pas mouillé ! Ce que beaucoup attendent d'un monde meilleur, il le croit réalisable, et tout de suite.
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Par Woland, le 17/07/2009
Willy, le père des Claudine de
François Caradec
... "On veut me couper le gaz. Ca vaut mieux que les couilles mais c'est embêtant tout de même. (...) Nous différons trop : tu aimes la littérature quand même, pour elle-même. Moi, je la hais, comme on poursuit d'une sauvage rancune la femme qu'on n'a pas pu étreindre. J'avais rêvé des viols fougueux, une splendide frénésie de spasmes, je n'ai pu aboutir qu'à des frôlements, agréables certes, mais décevants. D'où mes rages inassouvies. Il me reste du moins la joie - insuffisante - de mépriser les confrères qui chante le los de la Très Chère, de la Muse divine, alors qu'ils forniquent avec des maritornes au cul mal lavé.
Déçu, j'ai âprement cherché à gagner ma vie, faute de lauriers. Or, que tu le saches ou non, je me trouve actuellement dans une passe des plus difficiles. En cette occurrence, toi, tu t'étends, ta pipe d'opium à portée de la main, ou bien tu alignes des phrases - moi, je burine. La Défense de buriner n'existe pas pour moi. Quand je serai trop las, je disparaîtrai, net." ... [...]