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Par stoufnie, le 20/05/2013
Le grand soir de
François Dupeyron
Un homme s'avance, il est lourd, large comme une armoire, il marche en s'appuyant sur une canne, il est saoul, cuit, coton... mais ça ne parait pas au premier coup d'oeil, la lenteur va bien avec sa corpulence et on pourrait même penser qu'elle lui est naturelle. Le grand Courbet, le peintre, c'est lui... mieux que ça ! le naturalisme, c'est lui ! l'inventeur le plus grand, l'unique... il le sait qu'il restera dans l'histoire et c'est un poids un de plus, il en porte, il a sa charge.
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Le grand soir de
François Dupeyron
La fille se retourne, jauge, un regard suffit... jamais vu cette gueule épaisse, tout en barbe qui lui arrondit le visage, elle pense à une coquille Saint-Jacques, le plat du front plus étroit que la base... et tout de suite elle l'oublie, et il n'a plus que son dos, il en reste en l'air tout gros qu'il est, arrêté dans son élan, il va devoir attendre qu'elle repasse, la pister, viser juste pour gagner une seconde ou deux... Qu'elle le regarde nom de Dieu ! Qu'elle le regarde vraiment et elle le reconnaîtra... Il a blanchi c'est vrai, grossi, les yeux... il sait ! il sait !... C'est le regard qui a changé, mais rien, du détail, c'est dedans la catastrophe, dehors c'est toujours lui... Si elle ne pense pas à lui, c'est normal qu'elle ne l'imagine pas là, mais qu'elle le regarde et ça remontera !... Parce que chez lui, ça n'en finit pas, il en sue, il en est tout mouillé tellement ça remonte le passé, pas mort... Oh que non ! c'est fou ce qu'il est là, à toucher... Il passe sa main sur son front, tout en eau lui aussi.
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Par ChezLo, le 23/08/2012
Le grand soir de
François Dupeyron
Elles vont viennent au milieu des hommes, chienne, chatte, tigre, cheval, tout le bestiaire, tous les goûts... tout ce qui est bon pour les exciter, les monter, leur tirer un billet avant de les moucher.
Jamais elles ne s'arrêtent c'est la règle, la patronne y veille, jamais répondre à quelque saloperie, parce qu'ils en bavent, en écument, ils s'échauffent là, si près du but, les morts de faim... ils les boivent, se rincent, les yeux écarquillés, ils essayent aussi de tâter, pincer, ils se penchent pour frôler, humer et on dirait qu'ils ne se décident qu'à la toute dernière extrémité, presque à regret, comme s'ils allaient se jeter dans une eau trop froide.
Alors, ils prennent le bras d'une fille et se laissent conduire au pied de la chair... là, ils règlent leur dû contre un jeton que la patronne remet à la fille, et puis c'est l'escalier, tout de suite à droite, derrière la chair... pas qu'un escalier ! Il fascine, les hommes gardent toujours un oeil dessus pour savoir qui monte qui descend... et c'est pas triste ! il y a à voir là aussi, ceux qui descendent se croient obligés de commenter et ceux qui montent goguenardent, se gonflent... Il faut bien dès lors qu'ils sont en vue, mais à vouloir se cacher, ils se trahissent, y a plus de gueule que d'estomac, ici comme ailleurs.
Courbet s'est allumé, on dirait... une étincelle, une idée, il s'avance, se fraye, pour croiser le chemin d'une formidable crinière rousse. On ne voit que ça, rousse ! la masse mousseuse, orageuse presque, plus affolante que la chair pour celui qui s'y laisse prendre... et il est pris Courbet.
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Par migo, le 12/01/2008
Le grand soir de
François Dupeyron
Il n'a rien tué du tout, il a vieilli, il a vécu... C'est peut-être ça vivre, la nature de vivre, rien qui dure! Il n'a rien tué du tout...Il a seulement épuisé le vivre, ce n'est que sa soif qui se lamente, qui veut encore et encore....
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Par ChezLo, le 25/08/2012
Le grand soir de
François Dupeyron
Un soir de demie brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre