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Par Sesheta, le 19/10/2010
Eloge de la fadeur de
François Jullien
Il convient donc de se former à cet art de la lecture, celui de laisser INFUSER le sens : loin du pointage impérieux du discours (démonstratif) et de tous ses marquages insistants laisser dissoudre librement en soi tout le sens possible, se prêter à ses sollicitations secrètes et s'engager ainsi dans un itinéraire qui se renouvelle toujours, à l'infini.
(p.27)
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Par Sesheta, le 19/10/2010
Eloge de la fadeur de
François Jullien
La fadeur est CONCRÈTE - même si elle est discrète.
(p.27)
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Par Sesheta, le 19/10/2010
Eloge de la fadeur de
François Jullien
La fadeur des choses appelle au détachement intérieur. Mais elle est aussi une vertu, notamment dans notre rapport à autrui, parce qu'elle est gage d'authenticité ; elle doit être aussi à la base de notre personnalité puisque, seule, elle permet de posséder également toutes les aptitudes et de faire preuve, en chaque occasion, de la faculté requise.
(p.19)
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Par Sesheta, le 17/10/2010
Eloge de la fadeur de
François Jullien
Comme ne cessent de le répéter les Chinois, si "tout le monde est à même de distinguer les différentes saveurs", l'insipidité du "centre" (ou du "Tao") est "ce qu'il y a de plus difficile à apprécier". Mais elle s'apprécie sans fin.
(p.18)
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Par Sesheta, le 17/10/2010
Eloge de la fadeur de
François Jullien
[...] la fadeur est au départ de tous les possibles et les fait communiquer.
(p.17)
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Par Sesheta, le 19/10/2010
Eloge de la fadeur de
François Jullien
[les arts chinois] peuvent rendre plus SENSIBLE cette insipidité fondamentale – ils ont donc mission de la révéler : à travers le son, le poème, la peinture, la fadeur devient expérience.
(p.21)
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Les transformations silencieuses de
François Jullien
Un événement, en effet, n’est pas n’importe quel instant, mais fait saillie et se détache par rapport à ce renouvellement continu d’où naît la durée. En lui attribuant un être propre, non seulement isolable mais autoconsistant (”c’est un événement!…), c’est-à-dire en lui reconnaissant la capacité de “se” produire, comme s’il détenait en lui une initiative ou du moins sa propre individualité, on lui fait introduire une faille dans la continuité du changement ; ainsi que refouler dans l’ombre, devenant secondaires ou dépendants, tous les moments adjacents. Non seulement il est exceptionnel, mais il suscite aussi, dans son irruption, un bouleversement reconfigurant par son incidence tous les possibles investis. Qu’on le dise “survenir” sous-entend toujours quelque part une effraction qui le fait déborder – excéder – le moment présent : “Il semble, écrit Proust dans La prisonnière, que tous les événements soient plus vastes que le moment où ils ont lieu et ne peuvent y tenir tout entiers.” C’est pourquoi, aussi attendu ou justifié après coup que soit l’événement, aussi explicable qu’il devienne par son contexte, l’événement contient un inassimilable, ou fait signe vers un dehors, qui transcendent toute explication simplement causale et appellent le secours d’une interprétation : tant demeurerait encore fascinante en lui l’énigme de son origine. Son apparition est à “déchiffrer”, aiment à dire les phénoménologues ne renonçant jamais complètement au langage de l’épiphanie.
Or j’en viens à douter : un tel événement existe-t-il effectivement, c’est-à-dire autrement que sur le mode d’une représentation fictive et mythologique ? Ou ne serait-il pas que l’affleurement visible, tel un trait d’écume, de transformations demeurant invisibles comme le mouvement enfoui, de fond, d’une lame d’eau ? Il est vrai que c’est de l’événement dont on parle, et même on ne parle que de lui ; ou, dit à l’envers et valant déjà définition : dès qu’on en parle, cela “fait événement”. Mais, s’il
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La philosophie inquiétée par la pensée chinoise de
François Jullien
Car, comme le laissait entendre le commentateur chinois, il ne peut y avoir d'immanence si on se restreint au "moi individuel", conçu en agent indépendant (ne relevant que de sa propre initiative) et dans la limite de ses seules facultés (car comment comprendre sinon ce qui "me revient", indirectement, en tant qu'effet?) : pour rendre compte de sa possibilité, il faut renoncer à la catégorie du sujet pour celle du procès; de même, c'est parce que "cela" se constitue en fonds, non en objet (et pas plus en objet d'intuition que de connaissance), qu'on peut l'"habiter", "se reposer" en lui, et tomber dessus à tout instant comme une source intarissable.
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Fonder la morale de
François Jullien
Mencius : ce par quoi l'homme de bien est différent des autres est qu'il maintient sa conscience en train d'exister (p88)
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Eloge de la fadeur de
François Jullien
Le sage sait prêter l'oreille au silence et c'est à ce stade qu'il perçoit l'harmonie.