Un délicieux naufrage de
Frank De Bondt
Debout, en caleçon, les pieds posés sur la descente de lit, Langon se trouve face au spectacle renversant d’un corps nu, légèrement penché en avant, à la peau parfaitement tendue. Ses yeux avisent la courbe des reins, le découpé des hanches, la naissance de la raie qu’il croyait réservés aux pages de Elle que parcourait Babette avant de décréter qu’il n’y avait pas grand-chose d’intéressant à lire là-dedans. Sans doute pour le dissuader d’y fourrer son nez. Oui, il vit un instant de grâce, celui que l’on aimerait faire partager à tous les hétérosexuels de plus de quatorze ans pour s’assurer qu’ils ne changeront pas d’avis sur leurs inclinations, convaincus d’avoir fait le bon choix. Une image vivante qu’aucun curé respectueux de ses vœux de chasteté ne verra jamais, ce qui prouve bien que ces types-là sont partis dans la vie sur de mauvaises bases.