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Par brigetoun, le 10/12/2009
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
L’homme dit encore,
Vous êtes de braves gens, vous respectez les droits de
l’homme.
Celui qui m’a dénoncé, a volé de l’argent aux Américains,
celui qui m’a dénoncé, je crois, est un ami des Talibans.
Quand les Américains sont venus chez moi,
ils ont exigé que je m’allonge par terre,
et j’ai obtempéré.
Ils m’ont séquestré pendant deux jours
et violemment battu.
Depuis je suis malade,
dit l’homme.
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Par brigetoun, le 23/05/2010
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
Pollock ne voit plus l'herbe jaune, plus les tonneaux qui rouillent à côté ni le ciel passé. Quand cela s'en empare, Pollock s'enfonce. Le paysage se vide avec lui. Ses yeux l'enfoncent. Les orbites se ferment sous les yeux de Pollock.
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Par brigetoun, le 23/05/2010
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
Pollock ne me connaît pas mais ce Pollock-là du fond de ma tête me scrute. Il ressemble à s'y méprendre aux arbres nus sur le ciel de Springs.
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Par brigetoun, le 10/12/2009
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
On dit qu’on ne parle pas anglais,
mais qu’on lui en parle tous les jours, au médecin,
qu’on lui montre où ça fait mal,
et qu’on souffre de problèmes d’urination.
Que le médecin a l’air de penser qu’on plaisante
et qu’il se met à rire.
On s’excuse,
mais un testicule a été endommagé
quand on a été battu.
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Par brigetoun, le 23/05/2010
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
Pollock s'allonge. Le jaune gratte sa nuque en dessous des cheveux. Peut-être que Pollock participe et qu'il respire un peu. Il n'allume pas sa cigarette. Pollock pense qu'une seule clope pourrait brûler ce paysage, le consumer d'un seul vent, mais Pollock l'allume. Pollock tire sa dernière latte, une autre, et Pollock se lève.
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Par brigetoun, le 10/12/2009
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
Vous, vous faites comme chez vous,
vous avez le droit de savoir
qui je suis, où je vis,
ce que je fais, ce que je dois faire.
Vous, vous avez le droit de tout savoir.
Je n'ai pas travaillé pour le moindre gouvernement,
je n'ai jamais travaillé pour personne.
Ma vie ça a toujours été de m'occuper d'un bétail,
d'une terre à une autre,
et de cette autre terre à une troisième encore,
dit l'homme, enfin.
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Par brigetoun, le 10/12/2009
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
On est l'interrogateur, on est l'interrogé./ On pose une question, on répond à la question posée./ On pose une deuxième question, on répond à la deuxième question posée./ On pose une troisième question, on répond à la troisième question posée./ On interroge encore une fois l'interrogé, on répond encore une fois à l'interrogateur./ On pose une question, on ne répond pas à la question./ On interroge l'interrogé, l'interrogé répond à l'interrogateur./ L'interrogateur questionne l'interrogé, on répond à l'interrogateur./ L'interrogateur pose une nouvelle question à l'interrogé, l'interrogé apporte une nouvelle réponse à l'interrogateur./ L'interrogateur pose une nouvelle question à l'interrogé, l'interrogé répond à l'interrogateur par une autre question./ L'interrogateur répond à la question de l'interrogé pour permettre à l'interrogé de répondre..
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Par brigetoun, le 23/05/2010
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
Pollock sent qu'il n'est rien, qu'il n'est qu'un mot là-dessus. Et Pollock sait qu'il finira. Alors peindre ne le concerne pas. Il verse le mur, c'est pas si mal. ll peindrait le ciel qu'on s'y ferait prendre.
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Par brigetoun, le 23/05/2010
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
Pollock se penche. La route va les cheveux sur le ciel, le vent pense. Pollock au boulot, le vent pense. Il a vidé sa grole, rien ne compte. Pollock s'oublie. Et Pollock nous fait presque oublier ce geste tant il l'agit; Car Pollock s'avoue quand il verse. Pollock peint tel qu'il verse sa grolle, mais tout n'est pas simple.
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Par brigetoun, le 23/05/2010
Guantanamo 2006 de
Frank Smith
Pollock dit fleur et qu'il faut s'approcher. Pollock n'est pas naïf, mais sentir pareil, là de suite, sans penser. Pollock n'a pas tord, pas plus que de raison. Pollock balance. Pollock ne sait pas choisir et ne veut pas.
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Par brigetoun, le 10/12/2009
dans Los Angeles de
Frank Smith
Quelque chose est déjà là.
Pour obtenir quoi ? Une vraie déformation, un vrai rire ?
C’est seulement quand on émerge d’une situation particulière et s’en extrait par rejet (un guet-apens dans un district manipulé par un nom de gang, si on veut), que ça part commencer, que ça peut s’engager. Il n’y aurait pas de territoire à remplir mais plutôt à vider, désosser… avec l’intention de perdre l’intention. Et, flottants encore dans la mémoire de Rudolph, coulent les sanglots de Pola Negri, s’échappe dans le vent le chapeau enrubanné noir de Mary
Pickford comme celui d’une couventine.