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Zéro, le monde de
Frédérique Martin
- Alors Dominic, qu'est ce que tu veux faire plus tard ?
Dans le palmarès des questions débiles, celle-ci essaie de gagner le pompon. Elle est suivie de près par "T'as fait tes devoirs ?" et "T'as rien à me dire ?". Coudes au corps on a "Tu te drogues ?" qui colle aux basques de "Qui t'aimes ?". Mais la première place revient au Maître, le balèze "C'est quoi ton problème ?". A cette question que le conseiller d'orientation, Mr Radock, ne m'a pas encore posée, une seule réponse s'impose : " Mon problème, c'est vous !".
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Zéro, le monde de
Frédérique Martin
La prof de Français est tombée raide pendant le cours. Une crise d'appendicite ! C'est pas la peine de tant faire la maligne pour ramasser les mêmes maladies que les autres. Alors toute la semaine, on aura une remplaçante...A vue de nez, comme ça, c'est une femme à qui je déconseillerais l'Amérique. Ils l'enferment dès qu'ils la voient. Parce que la remplaçante, elle est noire et grosse. Genre obèse et black.
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Le fils prodigue de
Frédérique Martin
- Arrête ça, Maurice, tu vas trop loin.
Sa voix chevrotait, et ils eurent l’air de ce qu’ils étaient, un homme encore fort rudoyant une petite vieille. Ils s’affrontaient du regard car malgré sa peur, Marthe ne désarmait pas.
- Tu aurais pu faire un effort, c’est un jour spécial, quand même. Je comptais sur toi.
- Tu n’as rien demandé de particulier. Et je ne suis pas une comédienne, ni une menteuse.
Elle crut qu’il allait perdre la tête et la frapper. Au lieu de quoi, il la relâcha.
- Je vois, finit-il par dire.
- Tu ne vois rien du tout, c’est bien ce qu’on te reproche.
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Zéro, le monde de
Frédérique Martin
La vérité, c'est qu'ils sont contents quand on récolte des boules. Les profs, ils ne veulent pas qu'on y arrive, ils veulent qu'on coule. Ils se vengent sur nous parce qu'ils n'aiment pas leur travail. Ils nous détestent pour ça et nous, on les déteste aussi. Ils veulent qu'on souffre comme eux, ils veulent qu'on rate comme eux. Et ils finissent par avoir raison, on devient rien.
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En quête de JOB de
Frédérique Martin
Tu te souviens, murmure-t-elle, ce sont des femmes qui ont franchi en premier le seuil tabou entre la rue et l’usine. Elles ont entendu la misère et elles sont venues.Tu t’en souviens ? Les hommes étaient déconcertés. Ils se battaient, ils sentaient la présence du quartier autour d’eux, ils restaient méfiants. Mais des femmes sont venues jusqu’à eux. L’une accompagnée d’un enfant, l’autre seule, les deux ont ignoré la frontière invisible qui semblait interdire ce passage, que les habitants, avant elles, n’avaient pas essayé d’emprunter. Elles ont traversé, elles sont entrées avec la grâce indéniable de celles qui ne cherchent pas à séduire et rayonnent de ce détachement même. Dans un sourire, elles ont créé le lien. L’étranger devient familier, l’étrangère devient une amie
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Femme vacante de
Frédérique Martin
On ne devient pas Femme Vacante comme cela, il faut de nombreuses années d’asservissement sous les regards, et un tel éloignement de soi qu’on ne s’adresse plus le moindre signe, comme une vieille parente qu’on néglige pour ne pas avouer qu’elle nous indiffère et qu’on voudrait l’effacer
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L'écharde du silence de
Frédérique Martin
Célestin avait dit : "Chez nous on chante parce que la joie étouffe la faim".
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Par Joana, le 19/05/2011
Zéro, le monde de
Frédérique Martin
Les adultes, ils disent : « Ces jeunes, on ne les comprend pas. Ils boivent, ils fument, ils se droguent, ils gueulent pour un rien. Ils rendent leurs parents mabouls. » Ils disent aussi : « De mon temps…le respect se perd…tout fout le camp. » C’est les grands qui assomment les petits et pas l’inverse, il faudrait comprendre ça à la fin. Il y a quelque chose qui pèse sur nous de toutes ses forces, qui nous écrase certains jours. Où va-t-on trouver la force de résister ?
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Frédérique Martin
Qu'est ce qu'un homme ? Qu'est ce qu'une femme ?
Deux enfants cachés derrière leurs sexes respectifs et qui ont perdu la joie de jouer ensemble.
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Papier du sang de
Frédérique Martin
Il me manque des mots. Ce n'est pas une sensation nouvelle, mais une désolation sans cesse renouvelée. J'ai beau guetter sans relâche et dans la haine de mon incapacité, il me manque toujours des mots. D'ailleurs, j'en viens à penser qu'ils n'existent pas. Dieu, en mesurant l'effroi de sa créature, n'a pas permis que ces mots-là voient le jour.