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Bone de
George C. Chesbro
Cette femme avec sa beauté très particulière possédait une forte emprise sur son âme. C'était sa voix qui avait tracé ce chemin sonore qu'il avait suivi pour émerger de l'oubli ; c'était sa ténacité et sa compassion, en fin de compte, qui lui avaient sans doute sauvé la vie.
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Par le_Bison, le 21/03/2012
Bone de
George C. Chesbro
- Vous ne pouvez pas imaginer l’état de certaines personnes que nos patrouilles des rues…
- Les patrouilles des rues ?
- C’est ainsi que nous appelons les équipes mobiles qui travaillent pour la HRA, la Human Resources Administration, un organisme municipal. Les individus qu’ils nous ramènent souffrent très souvent de maladies telles que la tuberculose ou la gale, ils ont des engelures, j’en ai même vus atteints de la peste ou du choléra. On doit presque tous les épouiller avant de les installer dans un lit. En hiver et au début du printemps, pas un jour ou presque ne se passe sans que nous devions amputer un clochard à cause de la gangrène consécutive aux engelures, et il n’est pas rare que nous soyons obligés de couper les doigts ou les orteils d’une personne que nous avons déjà soignée. Bref, par rapport à tous les sans-abri que nous accueillons ici, vous constituez une exception frappante.
- Comment la municipalité peut-elle tolérer ça ?
- Tolérer quoi ?
- Que des gens sans foyers meurent de la tuberculose et des autres maladies que vous avez mentionnées. Comment peut-on laisser des gens mourir de froid en hiver ?
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Le second cavalier de l'apocalypse de
George C. Chesbro
J’avais presque perdu toutes les sensations dans mon corps ; je parvins malgré tout à me baisser et, utilisant mes mains gelées comme une sorte de pince, je sortis le petit revolver de l’étui fixé à ma cheville droite. Tandis qu’on continuait à s’enfoncer dans l’eau opaque, je glissai le canon du Seecamp entre la main de Thompson et ma cheville gauche, et je poussai […] Je me propulsai vers la surface ; ma tête heurta des blocs de glace à la dérive, et le souffle retenu au fond de mes poumons jaillit dans une sorte de râle libérateur. Il ne me restait plus que quelques secondes avant de perdre toute motricité […] J’agrippai un des blocs de glace, en agitant les bras et les jambes, et ainsi je réussis à regagner un des piliers qui supportaient la plateforme de béton
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Par le_Bison, le 23/03/2012
Bone de
George C. Chesbro
Il passa le restant de l’après-midi à errer dans les salles de détente du refuge, puis il se promena dans les rues alentours, observant les visages avec l’espoir d’y déceler un signe de reconnaissance. Mais sur cette multitude de visages, vieux et jeunes, hommes et femmes, noirs, blancs, latinos, il ne voyait que le désespoir, la solitude et l’échec. Parfois, il ne voyait rien du tout, un vide étrange et inquiétant dans les yeux de ces hommes et de ces femmes affalés dans l’ombre des entrées d’immeubles, ou qui avançaient sur le trottoir en traînant les pieds, tels des zombis. Des dizaines d’ivrognes étaient étalés sur le bitume, certains vomissaient dans le caniveau. La rue de Bowery semblait bordées d’épaves humaines, […]
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Bone de
George C. Chesbro
Dormir auprès de Jésus l'avait toujours protégée jusqu'à maintenant ; mais ce soir, les voix électriques avaient réussi à pénétrer dans ce sanctuaire. Voguant sur les vents âpres du début avril, enveloppés de ténèbres, copiant le langage primitif et le zézaiement de la pluie, les Orateurs — ils étaient trois cette fois-ci — l'avaient retrouvé peu après minuit. En d'autres occasions, quand les Orateurs l'avaient découverte à cet endroit, Jésus les avait convaincus de s'en aller et de la laisser en paix ; mais ce soir Hô Chi Minh n'avait eu de cesse de défier Jésus et de persuader les autres de l'imiter ; pendant deux heures, les Orateurs avaient juré et craché, ils lui avaient uriné dessus depuis le paquet de nuages noirs frémissants que le Sauveur de pierre tenait au-dessus de sa tête dans ses bras tendus.
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Le Seigneur des Glaces et de la Solitude de
George C. Chesbro
Même si je n'avais pas été en train de me geler dans ma cabane à outils, couché tout habillé, avec mon anorak, sous trois couvertures, et quasiment enlacé à mon chauffage au fuel, je savais que je n'aurais pas réussi à dormir. Mongo ne se sentait pas Magnifique. J'étais furieux après moi, de manière générale, et plus particulièrement à cause de mon comportement récent.
Au fil des ans, Garth et moi avions croisé notre lot de fanatiques religieux pour qui la meilleure façon de traiter ceux qui ne partageaient pas leurs croyances était de les éliminer, mais Marc Coletis et Dylan Parker n'appartenaient pas à cette catégorie. C'étaient des individus inoffensifs qui ne faisaient du mal qu'à eux-mêmes et gâchaient leur vie avec leurs fantasmes religieux incontrôlables. Parker avait dit vrai : il n'obligeait personne à partager son rêve d'une nouvelle existence surgie de l'oubli. J'avais lu une théorie selon laquelle certains malades mentaux atteints de délire mystique avaient dans le cerveau une zone qui produisait des changements chimiques déclenchés par leurs obsessions. Résultat, ils se prenaient pour des dieux, des anges ou des messies, et évoluaient dans un état d'euphorie équivalent à l'excitation que pouvait provoquer, chez d'autres individus, l'usage de cocaïne ou d'héroïne. Mais peu importait la cause de la folie de Parker ou de Coletis ; en bombardant d'insultes gratuites, de moqueries et de sarcasmes ces pauvres malheureux, je n'avais réussi qu'à m'avilir.
Ma fiancée me manquait terriblement. Seul et transi de froid, j'étais hanté par des fantômes provenant de notre passé commun qui rongeaient mon âme et ma quiétude. Très jeune, quand je faisais partie du Statler Brothers Circus, j'avais été amoureux, éperdument, de Harper Rhys-Whitney, la célèbre charmeuse de serpents. Mais je l'aimais de loin, de l'autre côté du vaste gouffre psychologique que j'avais creusé pour me protéger de la souffrance. Harper était la Belle, et moi la Bête. Elle était magnifique et incroyablement sexy, mais aussi incontrôlable et inconstante ; elle consommait une demi-douzaine d'amants par an, ne cessant de faire souffrir et de souffrir.
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Bone de
George C. Chesbro
Tous les psy, excepté Hakim, s’accordent à penser que les probabilités pour qu’une amnésie soit à la fois antérograde et rétrograde sont d’une sur un million ; et dans ce cas, il est impossible qu’un individu puisse poursuivre un raisonnement comme votre ami Bone.
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Les bêtes du Walhalla de
George C. Chesbro
L’enfance et l’adolescence d’un nain sont un vrai calvaire ; vous avez toujours quelques dizaines de centimètres, et un tas de kilos, de moins que vos inévitables bourreaux. Toutefois, pour être juste envers la bande de joyeux drilles qui s’étaient amusés, un soir, à me lancer comme un medecine-ball dans une ruelle derrière le cinéma local, je dois préciser que je n’étais pas non plus le gamin le plus doux du quartier.
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La cité où les pierres murmurent de
George C. Chesbro
Mon ancien patron avait l'air mal à l'aise et déplacé sur le campus — un génie débraillé surgi sans prévenir de mon passé. Avec son pantalon trop grand et son vieux pull rapiécé, Phil Statler était un souvenir irrégulier et douloureux de mon ancien monde qui m'attendait sur le trottoir.
Ce souvenir en libéra une nuée d'autres qui se mirent à bourdonner dans ma tête telles des mouches en colère. Mon esprit passa soudain à la vitesse supérieure, me catapultant en arrière dans l'estomac de sciure d'une bête à mille yeux. Les projecteurs s'allumèrent ; la bête rit à la vue de la silhouette rabougrie au centre de l'arène. Je commençai mon numéro, lançant mon corps dans un dédale de trampolines, tremplins, cordes et barres ; la bête retint son souffle et applaudit. Le numéro terminé, elle m'acclama ; mais, comme toujours, l'écho de cet horrible rire persista, me rappelant que si je voulais être pris au sérieux, je devais être le meilleur.
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Une affaire de sorciers de
George C. Chesbro
Canal 13, la chaîne de service public de New York, venait d'organiser sa vente aux enchères annuelle afin de collecter des fonds, et mon petit malin de frère m'avait offert une douzaine de leçons de timbales avec le Premier Timbalier du New York Philharmonic ; voilà ce qu'il appelait une bonne farce. Mais le plus surpris des deux, c'était ce vieux Garth : j'ai le sens du rythme. Pour m'entraîner, pas de problème : j'avais juste besoin d'une partition, de deux crayons et d'une surface plate. J'avais commandé une série complète de timbales, et j'attendais avec impatience le dernier discours de Garth sur ce qu'il croyait être mon besoin obsessionnel de surcompenser.
Après seulement huit leçons, je m'imaginais déjà en train d'auditionner pour le New Jersey Symphony, au moins. Un timbalier nain devrait leur assurer une saison à guichets fermés.
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