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Critiques de Georges Bernanos


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    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, le 27/02/2014


    Sous le soleil de Satan Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos

    Peut-être suis-je totalement passée à côté de cette œuvre, peut-être mon avis ne vaut-il que tripette, aussi me bornerai-je à ne livrer que mes impressions de lecture, pour lesquelles, je puis tout de même formuler quelques certitudes.

    Je me suis littéralement engluée dans cette lecture pro-religieuse, pas motivante, pas transcendante, pas aussi subtile à mon goût que certains avis me l'avait laissé espérer. Voici une brève description de la structure du roman avec ses trois parties très distinctes :

    1) un assez long prologue, étrange mais plutôt tonique, qui retrace l'histoire houleuse d'une jeune fille de seize ans, Germaine Malhorty, surnommée Mouchette. Mouchette, fille d'une famille de notables du nord de la France en fin de XIXè ou au tout début du XXème siècle, découche et s'attire des ennuis auprès des siens. Son impulsivité et son non-conformisme qui confine parfois à la folie lui font commettre de nombreux impairs.

    2) une "première" partie, contemporaine du prologue, où l'on fait connaissance avec le personnage principal du roman, l'abbé Donissan, présenté comme une force de la nature mais excessivement gauche, timide et de faible intelligence. Les quatre chapitres de cette partie m'ont parus interminables.

    L'auteur force le trait à n'en plus finir sur le caractère soumis (vis-à-vis de sa hiérarchie cléricale), obtus, borné, ultra spartiate de l'abbé et ses incalculables auto-flagellations (au propre comme au figuré). Bref, c'est du lourd et pour la finesse, je la cherche encore et que dire de cette rencontre avec Satan lui-même, passage d'un pathétique à donner envie de refermer le livre pour ne plus jamais le rouvrir.

    Donc, notre brave pâte d'abbé a vu Satan dans le blanc des yeux et arrive même maintenant à lire dans le fond des âmes comme dans son bréviaire afin de les délivrer de leur multiples péchés et tentations du mal. C'est ainsi que sa route croise celle de Mouchette, à laquelle il va faire toucher du doigt tout le côté obscur de sa conduite et la plonger dans le repentir, chose qui n'était pas son fort auparavant. Je vous laisse le bonheur de découvrir les détails si le courage vous prend de vous engager dans cette lecture.

    3) enfin, une dernière partie faite de quinze très minces chapitres, situés environ quarante ans plus tard, avec l'abbé Donissan au crépuscule de sa vie, avec un épais passé d'exorciste et de saint local, désormais en proie au doute vis-à-vis du salut en général et du sien en particulier, très affaibli, et toujours aiguillonné par l'odieux Satan.

    Pour faire court, le ministre du mal arrivera-t-il à faire ployer le saint homme ? L'abbé Donissan, en proie au doute changera-t-il de regard ? C'est ce que vous saurez si vous lisez le livre, mais très sincèrement, si vous ne le savez pas, peut-être n'est-ce pas, selon moi, si grave que cela, car ce n'est vraiment pas une lecture que je conseille, sauf à titre de curiosité, pour les esprits un peu torturés comme le mien, ou mieux, pour les vrais insomniaques qui ont besoin de meubler leurs nuits sans sommeil avec toutes sortes de lectures.

    Que penser encore de l'intercession aussi inutile qu'inintéressante du personnage d'Antoine Saint-Marin, écrivain renommé, lui aussi au soir de sa vie, une vie faite quant à elle de jouissance et d'égoïsme, venu en " pèlerinage " dans la petite église de l'abbé Donissan à titre de curiosité et qui y trouvera finalement " la grâce "...

    Je ne peux pas non plus m'extasier sur le style, pas désagréable dans l'ensemble mais pas franchement non plus à tomber à la renverse et qui se complique parfois d'une fâcheuse tendance à l'intrication, voire à l'obscur, quand il ne fait pas purement et simplement dans l'abscons.

    Impressions de lecture, comme vous l'aurez deviné, sans appel, mais je le rappelle encore une fois, tout ceci n'est que mon tout petit avis, qui avec ses lunettes fumées ne sait que se dorer la pilule sous le soleil de Satan, c'est-à-dire, qu'il ne sait pas faire grand-chose.

    Critique de qualité ? (60 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 09/05/2014


    Journal d'un curé de campagne Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos

    Le siècle dernier semblait encore propice à l’expression d’une individualité prise au piège d’une solitude nourrie par la différence. Le vécu catholique, en proie à une désagrégation subtile, persistait encore courageusement et trouvait un écho plus direct chez ses lecteurs contemporains que ce ne serait le cas aujourd’hui. Quel ressort dramatique utiliserait-on à présent pour encadrer les illuminations mystiques d’un homme d’abord isolé à cause des autres, avant de choisir cette solitude comme vocation ? Dans la profession de foi de ce curé de campagne, le raccourci entre l’abandon et l’exaltation spirituelle se satisfait d’idées préconçues. Georges Bernanos peut déployer la panoplie des sentiments contrastés de son personnage avec une souplesse presque géniale, si elle n’était contrainte de fait à s’embarrasser de tous les lieux communs cristallisés autour de la vocation ecclésiastique.


    Georges Bernanos s’éloigne tranquillement d’une forme de narration classique en nous soumettant le journal de son curé de campagne et si les événements nous paraissent ainsi plus troubles, assumant une part d’illogisme que les ellipses mystérieuses abandonneront à notre imagination, ils n’échappent cependant pas à l’obligation de la cohérence sur la durée des journées décrites par le curé. Une fois remplies les inévitables contraintes formelles permettant de caractériser le personnage par opposition à ses congénères humains, que ceux-ci soient ecclésiastes ou mortels campagnards, une fois toute la fanfaronnade des particularités individuelles brandies comme composantes uniques d’une personnalité, reste la force d’évocation d’intuitions spirituelles qui nous prouvent que Georges Bernanos n’écrit pas sous la forme d’hypothèses des emportements mystiques impossibles à contrefaire. Mais parce qu’il se croit rare et que ses sentiments lui apparaissent comme une aumône privilégiée, ou peut-être simplement parce qu’il ne sait pas comment parler de l’indéfini sans le rapporter à une expérience particulière, Georges Bernanos entrave son expansion mystique par une complaisance en soi et un mépris des autres qui nous prouve que son curé est effectivement humain –trop humain- tâtonnant sur un chemin d’élévation que Georges Bernanos semble lui-même chercher avidement.


    Lien : http://colimasson.blogspot.fr/2014/05/journal-dun-cure-de-campagne-1936-de.html

    Critique de qualité ? (27 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 21/05/2014


    Sous le soleil de Satan Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos

    Sous le soleil de Satan et le Journal d’un curé de campagne se confondent sous l’insigne d’un même élan catholique qui anime Georges Bernanos dans les tréfonds de ses propres emportements spirituels. Les deux histoires se confondent en se construisant autour des interrogations spirituelles de personnages. Leurs controverses intérieures nous font comprendre que Bernanos se projette en envisageant des modes d’existence éloignés des conceptions traditionnelles. Le roman devient alors un lieu d’expérimentation et de conversation personnelle. Tant mieux si le dialogue de Georges Bernanos parvient ensuite à rejoindre celui que le lecteur tient avec ses propres contradictions. Les risques que cette connivence ne se produise pas sont faibles car le Soleil de Satan propage des controverses intérieures qui ne sont pas si hermétiques qu’elles ne le semblent de prime abord, une fois que l’on aura ôté aux occultismes de Georges Bernanos tous les mystères essentiellement littéraires qui se chargent d’éloigner le lecteur du sens premier du texte.


    Comme dans le Journal d’un curé de campagne, il faudra s’accommoder des fantaisies narratives qui semblent relever davantage du plaisir investi par Georges Bernanos au moment de l’écriture que de la véritable nécessité intellectuelle. On retrouve souvent un manichéisme caricatural entre les personnages ecclésiastiques et les autres, qui ne nous fait aimer ni les premiers, ni les seconds, et l’ensemble des faits est rapporté avec une complaisance dans les images stéréotypées qui contredit l’aspiration sur-morale de Georges Bernanos.


    « Certes, il a contemplé la mort aussi souvent que le plus vieux soldat ; un tel spectacle est familier. Faire un pas, étendre la main, clore des doigts la paupière, recouvrir la prunelle qui le guette, que rien ne défend plus, quoi de plus simple ? »


    Et Georges Bernanos brandit fièrement, à plusieurs reprises, un personnage qu’il imagine exceptionnel parce qu’identique à lui dans ses quêtes spirituelles, semblant perdre ainsi de vue l’objectif initial de sa démarche. Satan ne cesse jamais d’agir. Chez Georges Bernanos, il prend la forme de la tentation esthétique et se perd dans une déferlante de stéréotypes qui voilent malheureusement quelques-unes de ses puissantes intuitions.


    Lien : http://colimasson.blogspot.fr/2014/05/sous-le-soleil-de-satan-1926-de-georges...

    Critique de qualité ? (25 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 07/10/2012


    Sous le soleil de Satan Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos

    « J'ai pas compris » me suis-je piteusement dit une fois tournée la dernière page de ce roman. Ni le message de l'auteur, ni le fil conducteur de l'histoire, ni la psychologie des personnages. Pas terrible comme bilan.

    L'expérience avait pourtant bien démarré avec l'histoire de Mouchette. Âgée de dix-sept, elle est séduite par le marquis du coin qui lui fait un enfant. Alors qu'elle s'attendait à vivre une aventure qui scandaliserait tout le village, elle trouve son marquis vite soumis au qu'en-dira-t-on et qui redevient soudainement raisonnable, attitude qui ne plaira pas du tout à Mouchette.

    Les choses se compliquent quand entre en scène le personnage principal, l'abbé Donissan. Ayant péniblement terminé sa formation, il est bien plus à l'aise dans les travaux manuels que dans les sermons, véritable calvaire pour lui et pour l'assistance, malgré toute sa bonne volonté. Son supérieur voit en ce personnage lourdaud et un peu simplet un saint, déclaration qui impressionnera l'abbé et le plongera dans une spirale de mortification corporelle et mentale. Donissan entamera un combat avec Satan tout au long de sa vie, qui le feront passer de l'exaltation au désespoir à n'en plus finir.

    Je suis passé totalement à côté de la psychologie des personnages, qui m'a semblé tortueuse au possible. Elle colle vraisemblablement à la vision catholique du bien, du mal, de la grâce, … N'étant pas du tout instruit dans ce domaine, mon incompréhension doit venir de là. J'ai par contre apprécié l'écriture, qui seule m'a donné le courage d'aller au bout de cette histoire.

    Critique de qualité ? (22 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par Luniver, le 10/01/2014


    Un crime Un crime de Georges Bernanos

    Le petit village de Mégère attend son nouveau curé. Ce dernier arrive en plein milieu de la nuit, après bien des déboires, pour entendre aussitôt des coups de feu et des appels à l'aide. L'alerte est aussitôt donnée, et on découvre bientôt un mourant dans le jardin du château, et la châtelaine morte dans sa chambre. L'enquête commence, mon enthousiasme faiblit.

    Le prêtre est la copie conforme du « Journal d'un curé de campagne » : jeune et inexpérimenté, timide, malhabile en société, à la santé très fragile (gravir une petite colline l'épuise) et qui ne tient sur ses jambes que grâce à sa foi. La personne chargée de l'affaire attrapera également une grippe, qui la laisse au bord de la syncope à chaque effort physique ou moral. Les courses-poursuites ne seront clairement pas de la partie.

    Si l'intrigue est intéressante (les différents témoignages laissent à penser que le curé détient seul les clés de l'intrigue, sans que l'on comprenne pourquoi), chaque conversation m'a plongé dans la plus grande confusion : à aucun moment je n'ai compris qui soupçonnait qui et pourquoi. Les digressions sur la nature humaines ne m'ont pas aidé particulièrement. Je pense avoir eu les mêmes sentiments qu'un spectateur assistant à une partie d'échec entre deux grands maîtres sans en comprendre les règles : pourquoi untel joue-t-il de telle façon ? Quel est son but ? Pourquoi tout le monde retient son souffle maintenant ? Est-ce que quelqu'un pourrait enfin me dire ce qu'il se passe et me donner la signification de ce que je regarde depuis une heure ? Merci !

    J'ai préféré abandonner ma lecture aux deux tiers du livre. Les autres critiques laissent à penser que la fin éclaire beaucoup de choses, mais je n'ai pas eu le courage d'aller jusque là, d'autant que les précédents livres de Bernanos ne m'ont pas laissé non plus de souvenirs impérissables.

    Critique de qualité ? (20 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par Luniver, le 23/06/2013


    La grande peur des bien-pensants La grande peur des bien-pensants de Georges Bernanos

    Premier écrit politique de l'écrivain, la grande de peur des bien-pensants est un hommage à un homme politique français, Edouard Drumont. Ce dernier est auteur de « La France juive », pamphlet qui dénonce entre autre la main-mise des juifs sur tout le système financier (thème hautement original), et fondateur de la « Ligue nationale antisémitique de France ». Tout un programme.

    Cet hommage est l'occasion de revenir sur les événements politiques qui ont secoué la France 50 ans plus tôt. Quand on est monarchiste et catholique, on ne vit pas forcément très bien l'instauration de la troisième république et la séparation de l'église et de l'état. Surtout que pour l'auteur, il y avait plusieurs situations qui auraient pu faire rebasculer le pays dans la « bonne » direction, mais qui ont échouées par lâcheté, par naïveté, par mauvais calcul, au moment de faire le dernier geste. Ces situations sont d'ailleurs toujours amèrement remâchées aujourd'hui par les successeurs du mouvement : le boulangisme, l'affaire Dreyfus, le décret Crémieux, ...

    Même s'il faut reconnaître que Bernanos écrit très bien, il donne dans ce livre dans l'exagération à outrance. Peut-être que le décalage de ses écrits avec notre époque s'est encore creusé ? Toujours est-il qu'on a l'impression de voir quelqu'un vider en vain ses poumons pour tenter de redonner forme à une baudruche crevée.

    Critique de qualité ? (19 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 20/09/2013


    Journal d'un curé de campagne Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos

    Un jeune prêtre fraîchement sorti du séminaire vient d'être nommé dans une petite paroisse du nord de la France. Ses débuts y sont difficiles : sa simplicité, sa naïveté dans les rapports sociaux et son état maladif empêchent les habitants de le prendre vraiment au sérieux. La foi sincère qui l'habite et qu'il cherche à transmettre ne rencontre que peu d'échos parmi la population, qui préfère que le curé s'en tienne à son rôle social habituel, sans faire de vagues. Aussi décide-t-il de tenir son journal intime et d'y raconter les réflexions trop longues pour faire l'objet de prières.

    Les livres de Bernanos me donnent toujours deux sentiments contradictoires : d'abord, je suis sous le charme d'une qualité d'écriture incontestable. D'autre part, les thèmes qu'il aborde (la foi, le doute, le péché, ...) me sont complètement étrangers et je décroche instantanément dès qu'il essaie de développer ses idées. J'imagine sans peine que les lecteurs qui sont sur la même longueur d'onde que l'auteur doivent se régaler, mais pour moi, ses romans me laissent toujours une impression de rendez-vous manqué.

    Critique de qualité ? (17 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par patrick75, le 09/05/2013


    Journal d'un curé de campagne Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos

    Nous découvrons les états-d'âmes d'un jeune prêtre envoyé dans un village du nord de la France. Les passages les plus marquant du récit sont les dialogues entre le prêtre et certaines personnes qu'il rencontre. Des réflexions philosophico-religieuses sur lesquelles , je l'avoue , je ne me suis pas trop attardé. Peut être l'ai-je mal lu, un peu trop rapidement.
    En tous les cas , un livre de convictions. Intéressant pour découvrir ce que pouvait être la vie d'un prêtre de province au début du dernier siècle. Un livre de "terroirs".

    Critique de qualité ? (14 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par jsgandalf, le 07/09/2012


    Sous le soleil de Satan Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos

    Je ne savais pas que ce bon vieux Satan pouvait être aussi ennuyeux. Hé bien si ! Pourtant avec un prêtre qui voit le mal partout, Bernanos avait de quoi nous délivrer une œuvre forte que l'on soit croyant ou non. Toutes ces longues tergiversations, ce curé neuneu, sont d'un ennuyant.  Pourtant cela commençait bien !!! 
    Pour moi, malgré les explications que j'ai lu après, ce livre est à fuir au même titre que l'abbé Donissan. 

    Critique de qualité ? (14 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 29/04/2009


    Sous le soleil de Satan Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos

    Quel étonnant parallèle entre cette lecture de "Sous le soleil de Satan" et celle des deux volumes d’"Humain, trop humain" de Nietzsche qui l’a encadrée. Alors que le philosophe allemand annonce la mort de Dieu et tente par son œuvre de lui porter le coup fatal, Georges Bernanos, écrivain hanté par l’idée de la mort, exprime, dans son premier roman, le désespoir d’un curé de la région picarde doutant de sa foi qui, pour éprouver cette existence divine, mettra Dieu au défi, afin de se libérer de cet étouffant fardeau (je préviens qu’il s’agit de ma propre interprétation de l’œuvre). Le succès de ce livre doit beaucoup à sa merveilleuse et profonde poésie. Y figure essentiellement une description de la vie intérieure des personnages magnifiquement traduite par Bernanos, même si ce dernier nous précise les difficultés d’une telle entreprise : « Les comparaisons sont peu de chose, quand il faut les emprunter à la vie commune pour donner quelque idée des événements de la vie intérieure et de leur majesté. »

    Critique de qualité ? (12 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par akhesa, le 02/04/2013


    Journal d'un curé de campagne Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos

    Un jeune pretreprend ses fonctions dans une paroisse de campagne;il peine a faire sa marque au sein d'une communaute qui se moque de son autorite et de sa faible constitution.Il redige un journal,qui va l'aider a garder son esprit sur sa mission et il y consigne tout(discussion avec son superieur,avec ses ouailles,et ses impressions concernant les paroissiens).
    C'est un livre sur le doute.Neanmoins certains passages sont vraiment profonds et bien ecrits.J'ai trouve interessant les passages concernant les discussions avec ses superieurs hierarchiques concernant le role des pretyres dans les paroisses.
    A lire meme si le sujet n'est plus d'actualite

    Critique de qualité ? (10 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 11/09/2009


    Journal d'un curé de campagne Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos

    Un jeune prêtre fait ses premières classes à Ambricourt, petite paroisse rurale. A travers son journal, nous suivons le parcours mystique et désespéré d’un homme de foi confronté aux contradictions de son Eglise, mais aussi aux incompréhensions d’une société qui a du mal à tolérer les individus qui sortent du rang, non pas pour se démarquer par simple volonté, mais parce qu’irrésistiblement poussés par leurs inébranlables convictions.
    L’une des plus belles œuvres de Bernanos, intense, spirituelle et exigeante .

    Critique de qualité ? (10 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par zenzibar, le 21/02/2013


    Les grands cimetières sous la lune Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos

    Objectivement, le XXème siècle débute en 1914, de même la seconde guerre mondiale n'a pas commencé à Dantzig en 1939 mais en Espagne au cours de l'été 1936.
    Cette oeuvre est par conséquent bien plus qu'un simple livre fut-il écrit par une grande plume. Il s'agit d'un témoignage direct sur cette épouvantable tragédie. Il ne s'agit pas d'une retranscription des événements politiques et militaires ou d'un récit de combattant mais de réflexions appelées par le vécu des événements.
    Par un concours de circonstances Georges Bernanos se trouvait en résidence en Espagne au moment des évènements. L'auteur était un homme de droite, proche même de l'ultra droite particulièrement active et violente en ces années là en France. Dans ce livre, Bernanos se livre à une sorte d'examen de conscience et s'adresse à sa famille politique pour lui dire qu'elle fait fausse route. Les croisés présumés défendre la civilsation contre les hordes communistes commettent aussi d'abominables forfaits et ne sauraient servir de modèles à importer en France. Il ne voit aucune supériorité spirituelle dans ces massacres.
    Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne fut pas entendu en France.
    Une oeuvre courageuse et poignante qui prend toute sa place aux côtés des récits de Malraux (L'espoir) et d'Hemingway (Pour qui sonne le glas)

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 31/05/2011


    Un crime Un crime de Georges Bernanos

    Il y a quelques mois j’ai lu un roman de Georges Bernanos, je dois avouer que c’était le premier, je n’avais rien lu de cet auteur même au moment de la sortie du film et de la polémique autour du " Soleil de Satan" de Maurice Pialat.
    Je n’ai pas encore fait mon billet car si j’ai aimé et admiré l’écriture, le livre est très difficile à résumer. Quand je suis tombée sur celui là, surprise ! Bernanos écrivant un polar ! Georges Bernanos a des projets d’écriture plus importants mais il faut bien vivre et du coup il écrit ce récit qui est considéré dans son oeuvre comme un roman mineur.

    Mazette beaucoup d’auteurs devraient être heureux de publier des romans alimentaires de cette qualité ! Direction la montagne dans les environs de Grenoble, un village perdu, un presbytère....
    Le village de Mégère attend son nouveau curé, il n’était pas au rendez vous de la patache qui montait de la vallée, le maire et ses adjoints l’ont attendu pour rien, et le voilà qui débarque au petit matin, c’est Mademoiselle Céleste qui est étonnée, mais tout de suite elle sait qu’elle va être heureuse de le servir celui-là, elle ne se fait pas de souci à le voir « si grâcieux, si doux, si honnête » tout le village va lui faire bon accueil.
    Quand dans la nuit le curé est réveillé par des cris, des coups de feu, des appels, Céleste est tout d’abord sceptique, un mauvais rêve peut-être, bien vite le maire, le garde-champêtre sont alertés, et il faut se rendre à l’évidence il y a eu crime, un homme gît dans un fossé près du château et Mme Beauchamp la châtelaine est retrouvée morte dans sa chambre, sa gouvernante une ancienne religieuse n’est pas d’un grand secours pour raconter les évènements.
    Une enquête longue et difficile commence. Le juge d’instruction et son greffier, le procureur, la gouvernante, Céleste, tout le monde est stupéfait quand le curé de Mégère laisse entendre qu’il est détenteur d’un secret ce que confirme son visage "au masque tragique, au regard pénétrant, au sourire funèbre." et ce secret est la clé du mystère.

    Vous avez compris, j’ai aimé ce roman d’un auteur qui d’un bout à l’autre nous manipule nous fait prendre des chemins sans issue, nous trompe, nous perd dans un récit d’une construction extrêmement habile toute en ambiguïté et d’une intelligence que je qualifierai de diabolique (pardonnez-moi Mr Bernanos)

    Dans la postface Michel Bernier explique le peu de succès du roman, jugé comme appartenant à un genre mineur dans l’oeuvre de Bernanos, alors que le récit contient tous les thèmes chers à l’écrivain " Si l’on admet que l’art du roman policier est pour une part un art du leurre, Bernanos a réussi dans Un crime un coup de maître "

    Régalez-vous de ce crime c'est tout le mal que je vous souhaite.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/04/23/un-crime-georges-b...

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 31/07/2009


    Les grands cimetières sous la lune Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos

    Ma lecture récente de "Sous le soleil de Satan" m’a amené à m’interroger sur les nombreuses contradictions soulevées par Bernanos en ce qui concerne la lucidité et la clairvoyance d’une pensée telle que la sienne d’une part et son attachement à l’église catholique et à ses textes canoniques d’autre part. En effet, comment pouvait-on être aussi historiquement avisé sur la construction des dogmes religieux et en même temps se cramponner à une vérité donnée, présentée comme indiscutable et souveraine ?
    Une partie du paradoxe se dévoile dans "Sous le soleil de Satan", à travers les doutes sur la foi du jeune prêtre, personnage central de ce roman. Le mystère s’éclaircit encore plus à la lecture de "Les grands cimetières sous la lune", essai composé à Majorque sous les feux de la guerre civile espagnole en 1938. Bernanos n’y traite pas seulement de l’énigme de la Foi, mais surtout de son absence de plus en plus criante et dramatique. Si le soleil est peut-être la marque de la divinité, qu’elle soit bienfaisante ou, comme dans le célèbre roman de Bernanos, malfaisante, la lune serait alors la marque des êtres humains, inconstants et versatiles. Cette lune couvre de ses rayons étouffés les carnages et la folie des hommes, massacrant à tout va au nom de Dieu. Sous la forme de l’interpellation, Bernanos fustige les ecclésiastiques, les hommes de Dieu, les professionnels de la religion chrétienne, les moralistes, mais aussi les bourreaux droitistes, les assoiffés de sang qui n’hésitent pas à se couvrir du blanc-seing de l’Eglise pour justifier leur désir de mort. Cet écrivain conservateur et monarchiste s’oppose alors ouvertement à Franco, aux fascistes et à leurs fervents défenseurs en France, annonçant, avec intuition, le chaos vers lequel l’Europe se jette insensément et rageusement. Pour Bernanos, la fin de Dieu, annoncée par Nietzsche, se double d’une abdication et d’un dévoiement de ses représentants sur Terre. L’Eglise catholique a affirmé et confirmé par son soutien à Franco que Dieu n’existait plus pour les hommes.

    Critique de qualité ? (8 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 23/04/2012


    La joie La joie de Georges Bernanos

    Entre lumière et ténèbres, Georges Bernanos dans La joie, mystique torturé, jette le lecteur avec force dans le spectacle dantesque, celui de la pure, "trop sage" Chantal de Clergerie, emplie de La joie de Dieu, qui, par "simple ignorance de sa vie intérieure" plonge dans "le regard ténébreux" semblable à celui "des bêtes corrompues"du Colonel Fiodor, chauffeur russe de son père, qui la devine.
    L'enfer de Bernanos, brûlerait-il semblable à celui de Sartre dans Huis-clos (dont les mots d'Ines sont un exemple: "Vous m'avez volé jusqu'à mon visage, vous le connaissez et je ne le connais pas.")?
    Mais se connait-on vraiment soi-même et qui peut vraiment prétendre nous connaître?
    Seule la mort, la folie ou l'oubli délivrent du paradoxe.
    Une oeuvre classique magistrale!

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par letendard, le 19/02/2011


    Les grands cimetières sous la lune Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos

    "On gagne toujours à reprendre Bernanos. Ce grand homme de foi et tout aussi grand homme de passion, pamphlétaire redoutable et « plus grand romancier de son temps » selon Malraux (qui préfaça en 1974 le Journal d’un curé de campagne), avait la vocation...


    Lien : http://www.denecessitevertu.fr/2011/02/19/bernanos-le-grand-imprecateur-2/

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par JAsensio, le 11/09/2011


    Les enfants humiliés Les enfants humiliés de Georges Bernanos

    Quelle est cette voix douce, puissante, infatigable, que l'on dirait venue de quelque recoin oublié de notre conscience et qui, chargée d'un savoir interdit au jour, ne cesse de murmurer les mots de la nuit qui fut celle où elle combattit, dans la boue et la puanteur, le ciel déchiré par les éclairs des obus, celle ou la paix indigne fut signée par des mains de cadavres, celle où la guerre infâme se déchaîna comme une suite logique à cette paix tronquée, celle enfin qui est la nôtre, alors que nous lisons ces mots qui coulent dans notre mémoire, depuis elle, et savons que la nuit à venir sera peut-être encore plus profonde, et plus noire, et qu'elle ne trouvera peut-être pas le jour, la lumière que cette voix douce, puissante, la voix infatigable de Georges Bernanos, a tirée des ténèbres où elle avait sa demeure ?


    Lien : http://stalker.hautetfort.com/archive/2011/06/10/les-enfants-humilies-de-geor...

    Critique de qualité ? (5 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 23/11/2010


    La France contre les robots La France contre les robots de Georges Bernanos

    Un livre que l'on croirait écrit aujourd'hui alors qu'il date de 1944. Visionnaire.

    Critique de qualité ? (5 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 22/04/2012


    La joie La joie de Georges Bernanos

    "Méfiez-vous de ce qui trouble" lui avait conseillé l'Abbé Chevance.
    Chantal de Clergerie, (entre un père veuf académicien égoïste qui rêve de la voir "entrer en religion" et une grand-mère sénile "méchante femme"), pure,bonne,trop claire,trop confiante; se voit un jour troublée par l'insolent Colonel Fiodor, le chauffeur russe "habillé comme un prince" "au regard d'une fixité ténébreuse".
    Il est "l'ennemi", "l'homme à craindre". Et cette jeune fille qui "donne sa joie", "parle à Dieu", devenant lucide va ressentir douloureusement sa propre solitude, son vide, ses imperfections.
    Cacherait-elle un secret? Le piège se refermera-t-il sur elle?
    La joie (prix Fémina 1929) de Georges Bernanos (écrivain français académicien du XX° siècle déchiré et mystique) exulte de ferveur catholique, campe un portrait fort de Chantal de Clergerie, incarnant le bien confrontée au mal et à ses propres doutes et critique l'éducation trop stricte des jeunes filles élevées au couvent , (proies faciles, qui ne savent rien de la vie).
    Un peu trop alambiqué à mon goût!

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)




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