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Par genou, le 10/05/2013
Cécile parmi nous de
Georges Duhamel
J'aime beaucoup les personnages qui font des fortunes immenses. C'est drôle, mais ça me fait plaisir comme s'il s'agissait de moi.
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Par genou, le 10/05/2013
Cécile parmi nous de
Georges Duhamel
Si j'étais Dieu, je ne souffrirais pas les arrivistes du Ciel.
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Par genou, le 10/05/2013
Cécile parmi nous de
Georges Duhamel
Le désir d'ordre est le seul ordre du monde.
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Par gill, le 25/08/2012
Scènes de la vie future de
Georges Duhamel
Trois jours après notre dernière escale aux Canaries, les voix du vieux monde s'éteignirent.
Pendant cinquante ou soixante heures, ce fut le silence total, tout au moins pour le joujou du capitaine en second, car, là-haut, chez les marconistes, on entendait les navires en route à travers l'Atlantique poursuivre jour et nuit leur crépitante conversation.
Un soir enfin, le capitaine me passa le casque.
"La voici ! dit-il. La voici, votre Amérique !" On percevait des harmonies plaintives, presque funèbres. "Ce sont, dit l'officier, des hymnes religieux chantés par les cœurs nègres. Ça ou le Jazz...". Il ajouta bientôt : "l'Amérique, vous allez maintenant la sentir mieux, d'heure en heure."......
(extrait de "A bord du monde futur", chapitre I de "Scènes de la vie future" paru aux éditions "Mercure de France" en 1930)
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Par BVIALLET, le 07/07/2012
Vue de la terre promise de
Georges Duhamel
- L'énormité du risque, prononça-t-il, n'empêchera sûrement pas la société bourgeoise de faire encore la guerre. Et la guerre nous délivrera de la société bourgeoise. Pas d'autre solution. Il n'y aura de paix que dans l'ordre socialiste.
- Pouvez-vous nous expliquer, demanda posément Joseph, ce que vous appelez un bourgeois ?
- Vous ! Répliqua Schleiter.
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Par stcyr04, le 29/12/2012
Journal de Salavin de
Georges Duhamel
Pendant plusieurs semaines, je me suis trouvé si recru, si démoralisé que je faisais semblant de ne pas vivre, pour n’être point tenté de me détruire. Petit à petit, le calme est revenu. L’oubli suivra ; c’est ce qu’il y a de plus terrible. Je reprends mon journal et j’écris, pour ne pas oublier. J’ai fait, de ma personne, un examen général sans indulgence ; car, si je manque d’indulgence pour les autres, j’en manque aussi pour moi-même. Que cette justice dérisoire me soit, en secret, rendue. Je suis faible et lâche. Voilà. Me délivrer en me tuant serait trop simple et trop beau. Je suis faible et lâche pour l’éternité. Je ne crois pas à l’immortalité de l’âme et, pourtant, je suis faible, lâche, triste pour l’éternité, car la tristesse et la lâcheté ne sont pas que de Salavin, elles sont de l’éternité. Elles me survivront, comme le feraient mes vertus, si j’en avais. Je n’ai pas mérité cela, pas plus qu’Alexandre et César ne méritaient leur courage et leur gloire. Je n’ai pas mérité ce lot. Si je ne me suis pas tué, pendant le mois de septembre, c’est parce que ma mort ne suffirait pas à tuer toute la lâcheté du monde, l’éternelle lâcheté, l’éternelle tristesse du monde.
L’automne est venu. Je vis encore. Chose affreuse, je me suis repris à espérer. Déjà ma pensée, comme un chien, trotte en reniflant sur une autre piste.
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Par BVIALLET, le 21/07/2012
Suzanne et les jeunes hommes de
Georges Duhamel
Ces mouchoirs qui voltigeaient, ce n'était pas pour Suzanne. Elle avait des camarades. Elle avait, toujours et partout, rencontré beaucoup de camarades. Elle n'avait pas d'amis. Non, elle regardait la ville, les quais et la foule à mouchoirs parce qu'il faut bien regarder quelque chose quand on a les yeux ouverts.
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Par stcyr04, le 29/12/2012
Journal de Salavin de
Georges Duhamel
30 Juillet. – Au troisième étage, de l’autre côté de la rue, dans l’hôtel neuf, loge depuis quelque temps un homme qui m’intéresse beaucoup. J’ai , sur sa chambre, un coup d’œil plongeant. Le soir, j’éteins ma lampe, je m’assieds dans le fauteuil crapaud, ce qui est une façon de ne pas le voir, ce fauteuil, puisque je n’ai pu m’en défaire, et, pendant de longues minutes, parfois des heures, je regarde l’inconnu de l’hôtel. Sa fenêtre est ouverte, à cause l’extrême chaleur. Il n’a pas même l’air de soupçonner qu’on peut le voir.
Les premiers jours , je l’observais négligemment. Je me passionne à ce jeu. L’inconnu se tient, le plus souvent, assis devant une petite table, comme moi-même. Il écrit, sur des calepins, remue toutes sortes de petits papiers, ou bien lit, un stylographe aux doigts. De temps à autre, il recule son fauteuil, allonge les jambes et s’étire en soupirant. La nuit est si calme que j’entends l’homme soupirer. Ah ! voilà qu’il enlève ses chaussures. Il soulève doucement le bout de ses chaussettes, ce qui repose le pied. Il se remet à lire. Il baille.
C’est un homme seul. Du moins il se croit seul. Peut-il imaginer que, là-haut, immobile comme une araignée à l’affut, un autre homme seul épie, dans l’ombre de la mansarde ? je ne suis pas très sûr de ne pas faire une chose coupable. Il me semble que je viole un secret terrible.
L’inconnu baille encore. Il se passe la main sur le front. De minute en minute, il glisse un index distrait dans son pantalon et se gratte. Un homme seul, que c’est triste ! Comme il est immobile ! Il dort ? Non, il doit rêvasser. Ah ! Il se met les doigts dans le nez. Il se lève. Il boit un verre d’eau
Je ne devrais pas rester là. Ce n’est plus de l’indiscrétion, c’est un crime de lèse-humanité.
Voilà qu’il se lève. Il se tord les doigts. Il remonte vers le fond de la chambre et disparait aux trois-quarts : je ne vois plus que ses jambes. Oh ! oh ! Il vient d’éteindre la lumière.
Que fait-il ? je frissonne d’une sorte d’horreur. Et j’éprouve un infini soulagement. En éteignant sa lumière, il m’a délivré, désenchainer. Je vais mettre mes paperasses en ordre et me coucher. Je fermerais ma fenêtre. Il n’y a de solitude que dans la mort.
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Par stcyr04, le 29/12/2012
Vies et aventures de Salavin de
Georges Duhamel
30 Juillet. – Au troisième étage, de l’autre côté de la rue, dans l’hôtel neuf, loge depuis quelque temps un homme qui m’intéresse beaucoup. J’ai , sur sa chambre, un coup d’œil plongeant. Le soir, j’éteins ma lampe, je m’assieds dans le fauteuil crapaud, ce qui est une façon de ne pas le voir, ce fauteuil, puisque je n’ai pu m’en défaire, et, pendant de longues minutes, parfois des heures, je regarde l’inconnu de l’hôtel. Sa fenêtre est ouverte, à cause l’extrême chaleur. Il n’a pas même l’air de soupçonner qu’on peut le voir.
Les premiers jours , je l’observais négligemment. Je me passionne à ce jeu. L’inconnu se tient, le plus souvent, assis devant une petite table, comme moi-même. Il écrit, sur des calepins, remue toutes sortes de petits papiers, ou bien lit, un stylographe aux doigts. De temps à autre, il recule son fauteuil, allonge les jambes et s’étire en soupirant. La nuit est si calme que j’entends l’homme soupirer. Ah ! voilà qu’il enlève ses chaussures. Il soulève doucement le bout de ses chaussettes, ce qui repose le pied. Il se remet à lire. Il baille.
C’est un homme seul. Du moins il se croit seul. Peut-il imaginer que, là-haut, immobile comme une araignée à l’affut, un autre homme seul épie, dans l’ombre de la mansarde ? je ne suis pas très sûr de ne pas faire une chose coupable. Il me semble que je viole un secret terrible.
L’inconnu baille encore. Il se passe la main sur le front. De minute en minute, il glisse un index distrait dans son pantalon et se gratte. Un homme seul, que c’est triste ! Comme il est immobile ! Il dort ? Non, il doit rêvasser. Ah ! Il se met les doigts dans le nez. Il se lève. Il boit un verre d’eau
Je ne devrais pas rester là. Ce n’est plus de l’indiscrétion, c’est un crime de lèse-humanité.
Voilà qu’il se lève. Il se tord les doigts. Il remonte vers le fond de la chambre et disparait aux trois-quarts : je ne vois plus que ses jambes. Oh ! oh ! Il vient d’éteindre la lumière.
Que fait-il ? je frissonne d’une sorte d’horreur. Et j’éprouve un infini soulagement. En éteignant sa lumière, il m’a délivré, désenchainer. Je vais mettre mes paperasses en ordre et me coucher. Je fermerais ma fenêtre. Il n’y a de solitude que dans la mort.
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Par BVIALLET, le 13/07/2012
Le désert de Bièvres de
Georges Duhamel
C'est incompréhensible ! Quand nous vivions chacun de notre côté, nous avions tous de quoi manger et de quoi boire. Et maintenant que nous sommes réunis – l'union fait la force, je vois cela – nous sommes réduits à crever littéralement de faim. Dis-moi pourquoi Larseneur.