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Par Aifelle, le 12/05/2012
L'Affinité des traces de
Gérald Tenenbaum
"Claquemurée entre les caisses de munitions, les palettes de corned-beef et les inévitables sacs postaux, elle sent, à travers les vapeurs de kérosène, la qualité de l'air changer. Comme si, à plusieurs centaines de mètres d'altitude, la terre desséchée lui lançait un appel. Tu marcheras ici, oui, c'est ici, sur ce sol étranger, que tes pas laisseront leurs traces. Car les traces, comme les hommes, ont leurs dispositions secrètes, tu verras, sur le sable même, sur le sable surtout, une trace peut en rejoindre une autre. C'est l'impérissable, l'inaltérable magie propre aux traces, leur mystérieuse alchimie, c'est l'ineffable affinité des traces".
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Par Nanne, le 06/08/2010
Souffles couplés de
Gérald Tenenbaum
Alex est accroché au passé. Sa mémoire le protège du présent, mais, Sacks l'a décrit, c'est une arme aussi, formidable, qu'il pourrait utiliser pour recouvrer la liberté. Lettres, lire, libre … Pour Alex, être libre, c'est être lire.
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Par Nanne, le 06/08/2010
Souffles couplés de
Gérald Tenenbaum
Des vies jumelles, de part et d'autre, sur les deux versants. Côté italien ou français, c'est le même temps qu'on prend. Quand on est de là-haut, de la montagne, la ville, on y descend parfois. Pas souvent. Quand il faut. Avec parcimonie. Mais là, d'un coup, c'est la ville qui est montée. La ville est vite et bruyante, elle s'agite, elle parle fort, elle vibre, elle résonne. En haut, on ne fait pas comme ça. C'est à cause du silence qui se dépose. On prend son temps. Le temps va comme il peut, on n'y peut pas grand-chose, c'est d'autre chose qu'on s'occupe. Le soleil se lève chaque jour du même côté de la montagne, on l'accepte, on fait avec.
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Par nanoucz, le 09/05/2010
Souffles couplés de
Gérald Tenenbaum
Buste incliné vers l'avant, Alex gravit la Bastille par le sentier caillouteux, flanqué en silence d'un Trumeau étonné, oreilles aux aguets, alternant allure chaloupée et impulsions désordonnées. Tenté par les bourgeons ou les premiers insectes, il s'amuse par instants comme en plein jour, veillant discrètement cependant à maintenir le cap au côté de celui qui marche.
Ils sont deux, le chat et l'homme, mais seul l'homme est dans la nuit. Ce qui lui plaît tant dans ces échappées noctambules, c'est la disparition des ombres, la sienne surtout. (p 92-93)
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Le problème de Nath de
Gérald Tenenbaum
Si je peux te donner, comme un oncle qui t’aime, un conseil pour ta vie, c’est celui-ci : pense par toi-même, toujours, toujours, et jamais n’accepte de rien ni personne qu’il le fasse à ta place.
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Par line70, le 28/03/2011
Souffles couplés de
Gérald Tenenbaum
Il y a des moments, quelques-uns dans une vie, où l'à-peu-près ne suffit plus, où les demi-mesures révulsent soudain, où les arrangements implosent d'eux-mêmes. Ce qui étreint alors ressemble à une voix paisible, venue du fond des âges vous rappeler un pacte ancien, une allégeance essentielle portée par tous et germant en chacun, une part d'absolu dont le sens ultime est tout ensemble partage et indivision. La vérité de l'être est à ce prix.
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L'Ordre des jours de
Gérald Tenenbaum
Et il y a quelque part un héros vivant, qui en sait peut-être assez pour déclouer la porte, ouvrir la fenêtre et laisser entrer l'air du temps.