Critiques de Gérard Mordillat


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    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 28/07/2011


    Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain de Gérard Mordillat

    Qui était Jésus ? Un prophète juif (dont certains contestent l'existence) qui n'a pas laissé de trace dans l'histoire autre que par ses disciples. Vers la fin de leur ouvrage, les auteurs font revenir Jésus - le personnage historique, pas le personnage théologique - vers l'an 500, quand l'Empire romain est chrétien, et énumèrent les nombreux sujets d'étonnement (et de colère ?) qu'il aurait eu en découvrant la religion de ceux qui se réclament de lui.

    Ce livre présente une histoire du christianisme pendant ces cinq siècles. Entre autres. Comment né au sein du judaïsme le christianisme devient religion universelle (puis invente l'antisémitisme). Quand les écrits chrétiens ont été rédigés, comment ils ont été sélectionnés parmi d'autres pour constituer le corpus nommé Nouveau Testament. Comment les influences gnostiques et la branche du marcionisme ont été combattues tout en nourrissant le christianisme main stream. Comment l'annonce d'un royaume juif ici et bientôt devient la promesse d'un au-delà pour tous. Quelle est la place et l'importance réelle des martyrs. Comment le christianisme a été imposé à l'Empire par les empereurs. Comment ce qu'on appelle le paganisme disparait. Comment les hérésies sont combattues sans relâche à partir du moment où les chrétiens ont le pouvoir.

    Loin d'être révélée, la doctrine chrétienne s'est forgée progressivement tout au long de ces premiers siècles, évoluant et se renforçant tout au long des luttes qu'elle a menées, à l'extérieur comme à l'intérieur d'elle-même. Il suffit d'examiner la répartition temporelle des pères de l'Eglise.

    Les auteurs sont connus pour leurs émissions diffusées sur Arte (dont j'avais vu Corpus Christi en son temps qui m'avait fort impressionné, preuve que bien que me pensant athée à l'époque j'étais encore bien endoctriné par ces années de catéchisme). Leur ouvrage, contrairement à d'autres, n'est pas hostile au Christianisme. On pourra déplorer certaines conclusions qui paraissent un peu hâtives. Et aussi de ne pas aborder de nombreux sujets, comme l'injection de la philosophie grecque, ou l'apparition du culte marial et du culte des saints. Sans doute est-ce abordé dans leurs autres livres. Malgré cela c'est une excellente introduction sur la question.

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par DamienR, le 10/10/2011


    Les vivants et les morts Les vivants et les morts de Gérard Mordillat

    Oui il est vrai qu'on peut tomber dans les clichés et la redite quand un auteur aborde la chronique sociale. L'histoire de la littérature française en ce domaine passe inévitablement par Emile Zola, il est difficile de se faire une place à côté de lui. J'y ajoute par coup de coeur Frédéric Fajardie. Il y en a des auteurs, mais pas tant que ça ! Gérard Mordillat est de ceux-là.
    L'histoire présente est simple, parfois on sourit, mais elle rend la lecture très abordable au plus grand nombre. C'est une bonne manière de parler du drame social dans le contexte de pensée unique libérale. J'ai vraiment dévoré ce roman, et je pense qu'on en sort un peu plus attentif, là où les médias grand public (radio, télé ou presse) pratique une forme d'omerta. Ca fait pas de mal de remuer le couteau dans la plaie de temps en temps.

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    • Livres 5.00/5
    Par IzaBzh, le 16/03/2011


    Les vivants et les morts Les vivants et les morts de Gérard Mordillat

    Lorsque j'ai commencé ce roman, j'ai pris un peu de distance avec l'écriture scénaristique, ça me gênait après avoir lu Katherine Mosby dont le style est complètement différent.
    Par contre, une fois habituée, il m'a été très difficile de lâcher ce gros bouquin de 647 pages dont le sujet est toujours d'une actualité brûlante. Quelques personnages m'ont paru assez caricaturaux voire superflus, mais à part ça, je me suis laissée emporter par l'histoire de ces ouvriers luttant pour leur dignité même si l'issue de leur combat est prévisible. En arrivant à la manifestation finale, entre dormir et finir le livre, j'ai préféré lire, pas possible de le reposer avant de savoir comment tout ça se terminait ! Par certains côtés, ce roman a presque les traits d'un documentaire. En tout cas, il est passionnant et m'a donné envie de découvrir d'autres écrits de Mordillat.

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)


    • Livres 0.00/5
    Par 4nn3, le 30/07/2009


    Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain de Gérard Mordillat

    Gérard MORDILLAT et Jérôme PRIEUR, Jésus sans Jésus. La christianisation de l’Empire romain


    C’est la série d’Arte, l’Apocalypse, qui a inspiré aux écrivains, journalistes et cinéastes Gérard Mordillat et Jérôme Prieur l’écriture du livre « Jésus sans Jésus, La christianisation de l’Empire romain ». Ce qui explique probablement le caractère assez décousu de l’essai qui enquête à la suite des séries télévisées d’Arte « Corpus Christi » et « L’origine du christianisme » et des essais « Jésus contre Jésus » et « Jésus après Jésus » sur un événement considérable pour l’Occident : la naissance d’une nouvelle religion, le christianisme.

    Malgré cet effet patchwork, on apprend beaucoup de choses à la lecture de cet ouvrage, et on organise ses connaissances. Les auteurs suivent l’ordre chronologique et épinglent les caractéristiques et les temps forts du développement de cette secte qui deviendra religion d’état.

    Ce sont les répliques de « En attendant Godot » de Samuel Beckett « Comment ? Pourquoi ? » qui servent de leitmotiv à cet essai.

    Comment ? Pourquoi ? Comment et pourquoi un Juif de Galilée, à la naissance douteuse, charismatique a-t-il pu se présenter comme le Christ, le Sauveur, le Seigneur, le fils de Dieu... ? Comment ce qui est aujourd’hui une des plus grandes religions du monde a-t-elle pu voir le jour et se développer ?

    En huit chapitres, les auteurs tentent de répondre à ces questions. C’est d’abord la crucifixion de Jésus sur le Golgotha, comme un criminel politique, qui est étudiée : les Romains n’aiment ni les fauteurs de trouble ni le contre-pouvoir.
    Les auteurs évoquent également l’incendie de Rome (19 juillet 64) pour rappeler que des boucs émissaires ont du être trouvés et l’on s’est tourné évidemment contre les Chrétiens, coupables de se réunir en secret et de sacrifier aux dieux de l’Empire.

    Le deuxième chapitre montre que l’Apocalypse de Jean de Patmos est un brûlot anti-romain, une charge contre la puissance impériale, un appel à la rébellion et à l’insurrection.

    Ensuite, vient la notion de martyr, instrument de propagande non politique mais religieuse, et les persécutions. Les auteurs évoquent aussi longuement les attaches et la rupture avec le judaïsme, ce qui aura pour conséquence la réunion d’un corpus de textes chrétiens destiné à compléter la Bible juive : le « Nouveau Testament ». Le problème du choix des textes qui le constitueront (Concile de Trente, 1545) est largement développé.

    Différentes hérésies (montanisme, gnose vont gagner le monde chrétien.

    Ensuite la figure de Constantin, premier empereur romain converti au Christianisme (Pont Milvius, 312), jouera un rôle très important dans la diffusion et le rayonnement de cette toute jeune religion. Désireux d’assurer l’unité de l’empire, Constantin doit assurer d’abord l’unité de l’église mais va être entraîné contre son gré dans le schisme « donatiste », puis dans la crise arienne (Concile de Nicée, 325).
    Après sa mort, l’un de ses successeurs Julien entreprend de restaurer la tradition des dieux protecteurs de Rome, abroge toutes les mesures discriminatoires contre les païens et restitue leurs biens aux temples. Il meurt rapidement. Et si Julien avait eu le temps de régner ?

    Une nouvelle étape est franchie en 390 lorsque l’évêque de Milan, Ambroise s’oppose à l’empereur Théodose après le massacre de Thessalonique (le pouvoir temporel doit être soumis au pouvoir spirituel, l’empereur à l’évêque) et triomphe ! Cette évolution suscite des résistances internes : le monachisme.

    Les auteurs terminent leur analyse par un ensemble de réflexions qui tentent finalement de répondre au pourquoi (Le christianisme offrait une clé d’explication du monde plus simple, plus rationnelle ainsi qu’une exigence spirituelle et morale élevée ; elle s’est imposée comme facile d’accès, sans distinction de sexe, classe, race ; elle met en place un système d’aide aux démunis (geste de l’aumône), etc.)

    C’est donc à une belle étude que l’on a affaire. Solide mais accessible. Une chronologie, une bibliographie de 10 pages, un index complètent cet ouvrage que j’ai pris beaucoup de plaisir (et de temps) à étudier autant qu’à lire. Il faut dire que l’histoire des religions est un sujet qui me passionne et que j’avais déjà quelques connaissances préalables que j’ai pu enrichir. Un seul regret : ne pas avoir vu les documentaires diffusés sur Arte (mais ce sera bientôt chose faite, ils sont disponibles en DVD) !


    Gérard MORDILLAT et Jérôme PRIEUR, Jésus sans Jésus, La christianisation de l’Empire romain, Paris, Editions du seuil/ Arte éditions, 2008.

    Je remercie vivement Guillaume de chez BABELIO et les Editions ARTE dont on peut retrouver l’intégralité du catalogue sur www.arteboutique.com











    Lien : http://legenditempus.canalblog.com/archives/2009/07/30/14583128.html

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    • Livres 0.00/5
    Par vhirondelle, le 19/06/2009


    Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain de Gérard Mordillat

    Jesus sans Jésus mais comment ont ils fait ?
    C'est dans le livre de Mordillat et Prieur que l'on nous propose un début de réponse. De quel livre je parle ? De "Jésus sans Jésus", ouvrage qui explique comment le christianisme s'est séparé du judaïsme et surtout comment le christianisme a pu connaître un tel développement au cours des siècles. Reconnaissons que c'était bien mal parti ;-)

    Les auteurs de ce livre reprennent les argumentaires déjà développés dans leurs documentaires vidéo que vous avez peut être eu le plaisir de découvrir sur Arte :
    Pour mémoire il s'agit de :
    "Corpus Christi"
    "L'Origine du christianisme"
    "L'apocalypse" qui sera bientôt disponible à la médiathèque.

    Les thèmes abordés dans cet ouvrage sont assez vastes :

    Extrait de la présentation du livre faite par l'éditeur :
    "La naissance d'une nouvelle religion, le christianisme. Quelles ont été, entre la fin du Ier siècle de notre ère et le début du Ve, les étapes décisives de cette histoire ?
    Comment les chrétiens ont-ils rompu avec les juifs tout en gardant le Dieu de l'Ancien Testament ?
    Comment le monothéisme chrétien a-t-il pu s'imposer malgré le polythéisme païen qui dominait l'Antiquité ?
    Comment les chrétiens ont-ils réussi à surmonter leurs conflits internes, à écarter les hérésies ? Combien y eut-il de martyrs et qui furent-ils ? Quels furent le rôle et l'ampleur des persécutions ? Qui était l'empereur Constantin [dont vous voyez une représentation sur la gauche], qui consacra la victoire politique du christianisme ? Pourquoi le messianisme d'un courant marginal du judaïsme, entièrement tourné vers l'attente de la Fin des temps, a-t-il abouti à une immense institution, l'Eglise ? Comment le christianisme a-t-il pu devenir la religion officielle et obligatoire de l'Empire romain ? La conversion de l'Etat au christianisme était-elle inéluctable ?" Tout un programme !

    Les questions posées sont nombreuses comme vous avez pu le lire et les réponses apportées par les auteurs sont bien argumentées et semblent à première vue cohérentes pour autant que je puisse en juger.
    La lecture de l'ouvrage reste agréable et les explications apportées sont compréhensibles par la majorité du commun des mortels.

    Un sujet riche en controverses !

    Mais (car il y a toujours un mais ;-), les auteurs partent de postulats assez agaçants et proposent des interprétations parfois sujettes à caution. Un des postulats qui semble acquis aux auteurs est que Jésus aurait réellement existé. Il faut savoir que pour une partie (infime, il faut bien le reconnaître) des historiens, cette existence ne repose pas sur des faits tangibles et serait soumise à caution. Je pense notamment à Nicolas Bourgeois, pour qui, Jésus n'aurait pas existé. Il le démontre dans son livre "Un mensonge nommé Jésus , Enquête sur l'historicité du Christ".

    Quand la Sorbonne s'en mêle !
    De plus, un professeur d'Histoire spécialiste de cette période a lui aussi relevé quelques facilités d'interprétations chez les auteurs qui ne sont pas historiens. Bref, le sujet est sensible mais les dernières lignes que je viens d'écrire ne doivent pas vous détourner de la lecture de ce livre que j'ai trouvé très intéressant et surtout très accessible. Les réponses aux questions posées bien que soumises à polémiques apportent un éclairage intéressant sur les éléments qui ont permis au christianisme de se développer bien après la mort de son prophète.

    Un ouvrage passionnant à lire et indispensable pour toutes personnes souhaitant approfondir ses connaissances en histoire Antique.

    A lire donc !

    Pour les amateurs de polémiques, je vous renvois au site d'ARTE :

    http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/L-Apocalypse/2285794.html
    En 5 vidéos vous aurez droit à l'intégralité du débat qui oppose le tandem Mordillat Prieur à Salamito, l'historien dont je parlais précédemment.
    Débat intéressant qui vaut le coup d'œil.

    Je vous invite aussi à jeter un oeil sur le site d'ARTE éditions, ils ont plein de livres et de documentaires très intéressants.
    http://www.artepro.com/statique/Arteboutique/Presentationboutique/index.htm

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    • Livres 3.00/5
    Par fdm, le 17/07/2011


    Rouge dans la brume Rouge dans la brume de Gérard Mordillat

    Des usines qui ferment, des ouvriers en colère, des syndicalistes remontés, des patrons inflexibles....tous les ingrédients chers à Mordillat sont réunis ! Ca se lit bien, mais perso j'ai préféré 'Des vivants et des morts'. Et je crois que je vais m'arrêter là avec Moridllat car ses bouquins se ressemblent vraiment trop. Un bon point pour les citations des paroles de dirigeants qui ponctuent ce livre.

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    • Livres 4.00/5
    Par csapin, le 31/01/2011


    Rouge dans la brume Rouge dans la brume de Gérard Mordillat

    Si la littérature française n'est pas celle vers laquelle je me dirige d'instinct, c'est pourtant elle que j'ai choisie pour faire mon premier pas dans la rentrée littéraire de ce début d'année. Aucun regret puisque...


    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2011/01/30/rouge-dans-la-brume-de-gerar...

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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 09/06/2009


    Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain de Gérard Mordillat

    Essai de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur. Seuil, ARTE Editions.
    L'Antiquité a été ébranlée par l'irruption d'une nouvelle croyance: le christianisme, en rupture marquante avec le judaïsme, a mis plus de cinq siècles à s'imposer comme la religion officielle du grand Empire romain, de chaque côté de la Méditerrannée, renversant le paganisme et le polythéïsme. Un homme, Jésus de Nazareth, suivi de ses disciples, a mis en branle une formidable machine à penser et à régner.
    Les auteurs, avec talent et perspicacité, mènent un travail minutieux sur le développement du christianisme. Certains chapitres sont légèrement obscurs, mais l'ensemble est cohérent et bien documenté. Ils retracent habilement les retournements et les dérives qui ont tranformé le judaïsme en christianisme. Jésus était venu proclamer l'avènement du Royaume d'Israël, au sein duquel les enfants d'Israël - c'est-à-dire les Juifs - rejoindraient le Seigneur dans sa gloire. La réalité et la suite des choses ont prouvé que le Royaume d'Israël, supposé advenir à la fin des temps, s'est installé au sein de l'Empire romain, et ceux qui y étaient destinés, toujours les Juifs, en ont été exclus, au nom d'un antisémitisme ironique. Le christianisme s'est en fait développé sans Jésus Christ, juif convaincu.
    J'ai vraiment apprécié ce voyage dans l'histoire, la façon qu'ont les auteurs de rétablir les vérités, le vrai sens des mots et des choses. Cet ouvrage a nourri ma culture et ma foi de catholique tout en éclairant ma lanterne sur bien des points.
    Je ne résiste pas à citer un long passage de cet ouvrage (pages 229 à 231). C'est une synthèse très claire de la construction du christianisme, de sa rupture avec le judaïsme et de sa transformation en religion unique, officielle voire obligatoire. Ces lignes devraient donner le goût aux lecteurs intéressés de s'aventurer plus avant dans le texte.
    Supposons un instant que Jésus revienne sur terre. Il n'est pas besoin de faire preuve de beaucoup d'imagination pour comprendre qu'il serait stupéfait. [...] Mais il l'aurait été tout autant s'il était réapparu au V° ou au VI° siècle, lorsque le christianisme est devenu la religion officielle et unique de l'Etat romain, tandis que le judaïsme, vaguement toléré, étroitement borné, soigneusement isolé, n'avait plus aucun espoir de devenir un jour la religion de l'humanité toute entière.
    Premièrement: sans doute, vers 450-500, Jésus serait-il abasourdi de voir que le monde existe toujours, que la Fin des temps qu'il a annoncée sans relâche ne s'est pas produite, que le Royaume de Dieu ne s'est pas rétabli avec puissance.
    Deuxièmement: il serait tout aussi attristé de constater que la restauration du royaume d'Israël n'a pas eu lieu et que Rome, plus que jamais domine la Palestine.
    Troisièmement: quant à Jésuralem, il n'y reconnaîtrait rien, tant la ville a été transformée par les Romains, qui sont allés jusqu'à créer un parcours de pèlerinage "touristique" sur les lieux où il a été torturé et exécuté, désormais baptisés "lieux saints".
    Quatrièmement: même s'il pouvait être honoré de l'attention portée à sa personne, lui qui n'avait vécu que dans le judaïsme et pour le judaïsme, il enragerait vraisemblablement de voir les chrétiens se réclamer de lui, se proclamer "véritable Israël", tout en stigmatisant les juifs comme fils du Diable (Jn 8,44)
    Cinquièmement: son étonnement serait aussi grand à la lecture de l'évangile, où ses actes et ses paroles sont rapportés par des témoins qu'il n'a jamais rencontrés, qui ne l'ont jamais vu, jamais connu.
    Sixièmement: il ne comprendrait pas non plus pourquoi apparaissent sur sa bouche des phrases qu'il n'a jamais prononcées, comme ses dialogues avec Pilate ou, au sommet, l'ineffable formule "mon royaume n'est pas de ce monde" (Jn 18,36)
    Septièmement: ne parlant ni le grec, ni le latin, Jésus aurait par ailleurs beaucoup de mal à lire ces textes qui lui sont consacrés - comme à dialoguer avec les chrétiens qui le vénèrent.
    Huitièmement: il n'accepterait certainement pas que son livre, la Bible hébraïque, soit reléguée à l'arrière-plan, périmé comme un "Ancien Testament".
    Neuvièmement: plus incroyable serait d'apprendre que, pour les fidèles du christianisme, il n'est pas un prophète comme ses collègues prophètes de l'Antiquité, mais un dieu, le Fils de Dieu, voire Dieu lui-même, de "même substance" que son "Père".
    Dixièmement: qu'il ait pu ressusciter avant le Jugement dernier, revenir seul d'entre les morts, lui paraîtrait de toute façon une hypothèse abracadabrante.
    Onzièmement: alors qu'il n'avait aucun lieu où poser sa tête, comment pourrait-il songer à s'abriter dans les basiliques ou les églises, qui désormais attirent tous les regards, étalent leurs ors et leurs marbres et ornent les murs de son effigie (peut-être penserait-il qu'il s'agit de sa caricature), l'exposant "glorieux", mais supplicié sur le bois du malheur?
    Douxièmement: alors qu'il n'avait cessé de vitupérer les riches et les puissants, le pouvoir des autorités, qu'elles soient romaines ou juives, comment accepterait-il que, si le royaume des cieux est toujours promis dans l'au-delà à ceux qui m'ont rien ici-bas, les riches et les puissants se dispensent de passer par le chas de l'aiguille et continuent à jouir des plaisirs de la vie sans vergogne?
    Treizièmement: crucifié par les Romains sous le chef d'accusation "roi des Juifs", ne s'insurgerait-il pas de voir son disciple Pierre [Shimon] trôner chez les ennemis des juifs, à côté de Paul, nouveaux Romulus et Remus de la légende romaine du christianisme?
    Quatorzièmement: et ce Paul, qui se disait le dernier des apôtres, comment Jésus admettrait-il que, se réclamant de son enseignement, il ait pu proclamer que "la force du péché, c'est la Loi" (Co, 15,56), que par elle abonde la faute et qu'elle s'avère incapable d'apporter la perfection aux hommes?
    Quinzièmement: ne serait-il pas horriblement choqué de voir que l'instrument de son supplice par les Romains, la croix, est devenue sur la bannière chrétienne le symbole même de la mainmise de Rome?
    Seizièmement: comme nous, ne se poserait-il pas la question, toujours la même et lancinante question, qui ne vaut que parce qu'elle est question, éternelle, sempiternelle, qui se dérobe dès qu'on s'approche trop près du feu de la réponse: pourquoi? comment? Ou, en d'autres termes, comment expliquer le succès du christianisme?




    Lien : http://lililectrice.canalblog.com

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    • Livres 5.00/5
    Par Giwago, le 28/04/2008


    Les vivants et les morts Les vivants et les morts de Gérard Mordillat

    Ce livre est un pur joyau. Je crois que c’est sans doute un de mes plus grands coups de cœur des dernières années… On pourrait reprocher au livre de Mordillat de plagier Germinal de zola, et il est vrai qu’à bien des égards c’est le même livre transposé à notre époque et dans un secteur d’activité différent. On pourrait aussi lui reprocher des personnages et des situations un peu trop caricaturaux par moments. Mais une fois qu’on est plongé dans Les Vivants et les Morts il est impossible d’en sortir : on veut savoir ce qui va se passer ensuite, si la grève va tourner à l’avantage des ouvriers lésés ou à l’avantage de ceux qui veulent les léser encore plus… Pour ne rien gâcher au plaisir, le style est admirable : vif, incisif, sans concession.
    Or phénomène de mode (pour faire branché) ce livre est vraiment à lire, je dirai même plus qu’il doit figurer dans toute bibliothèque qui se respecte…

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    • Livres 0.00/5
    Par AlietteArmel, le 07/03/2011


    Rouge dans la brume Rouge dans la brume de Gérard Mordillat

    Critique de Aliette Armel pour le Magazine Littéraire

    À l'heure où le succès de Stéphane Hessel transforme l'injonction Indignez-vous ! en impératif catégorique, Gérard Mordillat poursuit sa construction d'une machine de guerre littéraire contre l'indifférence, la peur et la résignation. Depuis son premier roman Vive la sociale ! en 1981, il donne la parole à ceux qui ne l'ont pas, dénonce le capitalisme et proclame la possibilité d'un monde meilleur. Fils d'un serrurier de la SNCF, déserteur de l'école à 15 ans pour devenir conducteur d'une machine offset au Quartier Latin, son parcours s'inscrit dans la lignée de la littérature prolétarienne pratiquée par des auteurs autodidactes, fidèles à leur origine sociale ouvrière ou paysanne. Alors que la littérature engagée, telle que la concevait Sartre, telle que l'avaient pratiquée Voltaire, Zola ou l'américain Dos Passos, semblait devenue un simple sujet de dissertation pour classes préparatoires littéraires, Gérard Mordillat ne renonce pas à mettre son engagement en oeuvre.

    Son récit progresse avec rapidité, par courts paragraphes. Il en tisse le fil narratif avec une technique s'apparentant au montage cinématographique, faisant alterner dialogues serrés, passages plus didactiques, scènes amoureuses fortes, citations et moments dramatiques dépeints avec un certain lyrisme. Il saisit son lecteur, l'entraîne dans une intrigue aux rebondissements imprévisibles, l'intéresse au destin de personnages attachants, que l'insurrection ouvrière bouscule et révèle : leurs réactions inattendues sont les moteurs d'une action qui se renouvelle sans cesse de livre en livre. Rouge dans la brume est le dernier opus d'une trilogie consacrée à des révoltes ouvrières radicales contre la fermeture de leur usine, à la lutte d'ouvriers aux mains nues contre des groupes aux intérêts mondiaux. Comme dans Les Vivants et les Morts, qu'il a récemment adapté sous forme de série télévisée, et dans Notre part des ténèbres, l'écrivain-cinéaste prend le parti de l'indignation contre la résignation, de l'action contre le capitalisme qui représente pour lui « le crime et la peur » : « Il faut arrêter d'être compréhensifs, d'être responsables, d'être polis, il faut qu'une seule et même colère embrase tout le pays ! »

    Il tient également compte des complexités de l'âme humaine : « Ils sont en grève, ils luttent pour ne pas passer à la trappe et c'est le sexe, sinon l'amour, qui les gouverne en secret ! » Tout autant que la lutte des classes, Mordillat excelle à décrire les relations de couples qui se construisent et se défont sous l'effet d'événements rendant possible l'impensable : dans Rouge dans la brume, Anath, la DRH, libère enfin ses désirs de passion amoureuse, de mise en accord de ses actes avec ses idées et forme, avec Carvin, le chef de l'insurrection, le couple central du livre - comme Rudy et Dallas dans Les Vivants et les Morts ; le professeur Werth, figure d'intellectuel atypique - y compris dans les romans de Mordillat - part, lui, avec son jeune élève Cerus pour vivre selon leur inclinaison réciproque et écrire un essai « pour en finir avec le monothéisme, ennemi du genre humain ».
         
    Mordillat se montre impitoyable à l'égard des dirigeants politiques et industriels. Il scande son récit de citations empruntées à leurs discours, en total décalage avec les décisions mises en oeuvre par leurs hommes liges, et avec la réalité vécue par des hommes et des femmes dont ils n'imaginent même pas le quotidien. « Aujourd'hui, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit. » Cette phrase de Nicolas Sarkozy résonne dans un contexte qui la transforme en menace tout autant qu'en déni d'une réalité que, par ailleurs, la liberté romanesque pousse aux extrêmes. Gérard Mordillat n'hésite pas sur les moyens mis au service de ses convictions. Dans Notre part des ténèbres, un paquebot où se déroulait une fête de Nouvel an au profit des actionnaires, était détourné par les ouvriers au milieu d'une tempête cataclysmique. Dans Rouge dans la brume, plusieurs usines s'enflamment, se noient sous l'encre d'imprimerie ou explosent avant que le mouvement de révolte soit contraint de se dissoudre : c'est une victoire pour Anath et Carvin, la démonstration de la puissance de la colère, mais aussi de l'amour et de la vie.

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    • Livres 5.00/5
    Par LoupBlanc, le 06/03/2011


    Jésus après Jésus : L'origine du christianisme Jésus après Jésus : L'origine du christianisme de Gérard Mordillat

    Que dire... à lire pour comprendre l'un des cheminement spirituel qui à façonné le monde.

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    • Livres 5.00/5
    Par guika, le 17/06/2009


    Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain Jésus sans Jésus : La christianisation de l'Empire romain de Gérard Mordillat

    C'est dans le cadre de la quête du Jésus historique que les recherches de Gérard Mordillat et de Jérôme Prieur s'inscrivent depuis quelques années. Depuis toujours, les évidences concernant Jésus se sont heurtées aux convictions des gardiens de l'orthodoxie. Le scandale suscité par la « découverte » de Reimarus: Jésus est né et mort juif, en est une illustration. Cet essai de démythification n'échappe pas à la règle, pour preuve la récente polémique qui a opposé les auteurs du livre aux représentants de la calotte.


    Lien : http://arnivi.blogspot.com/2009/06/jesus-sans-jesus-gerard-mordillat-et.html

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    • Livres 4.00/5
    Par migo, le 11/06/2008


    Les vivants et les morts Les vivants et les morts de Gérard Mordillat

    Si l'étiquette "Roman" ne qualifiait pas cet ouvrage, on pourait être tenté de lire une page d'actualité. Petite ville de province, dont l'économie est entièrement liée à la présence d'une usine. Rachat, par une multinationale, grèves, manifestations.
    Voila la trame, hélas devenue monnaie courante. On y découvre avec curiosité, les dessous sordides des accords patronaux. Mais on y vit aussi le quotidien, avec les ambiguités de chacun. D.R.H., syndicalistes floués, ouvriers prets à tout pour survivre. Magnifiques portraits de la France d'en bas mais aussi du milieu.
    Personne n'est épargné, mais tout le monde a son rôle dans cette aventure.
    L'amour, la passion y ont aussi leur place. Ces sentiments font partie, comme le désespoir du quotidien de chacun.
    C'est un roman, qui, une fois ouvert ne se laisse pas refermer facilement.
    Je l'ai lu avec avidité et vous le conseille vivement;
    Ecriture simple, ne laissant jamais le vulgaire s'installer, malgré les situations qi pouraient prêter à le faire.
    Lisez le! offrez le! Vous ne perdrez pas votre temps!

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    • Livres 0.00/5
    Par Telerama, le 08/02/2012


    Rouge dans la brume Rouge dans la brume de Gérard Mordillat

    Il s'agit [...] du dernier volet de la trilogie de Gérard Mordillat sur la lutte des classes et le désir de penser le monde autrement. Prémonitoire.


    Lien : http://www.telerama.fr/critiques/critique.php?id=77684#xtor=RSS-31

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    • Livres 4.00/5
    Par felixgilles, le 03/10/2011


    Il n'y a pas d'alternative. 30 ans Il n'y a pas d'alternative. 30 ans de Gérard Mordillat

    Vous connaissez Tina ? Non pas Turner bande de décérébrés. Les anglophones peut-être un peu plus ?

    TINA : There Is No Alternative.

    TINA c'est le gimmick des libéraux pour nous envoyer toujours un peu plus dans le mur. C'est Margaret Thatcher qui a popularisé TINA (c'était même un de ses surnoms, avec la dame de fer).

    Une (contre-)réforme passe mal ? TINA. Vous devez justifier une action jugée injuste ? TINA. Etc...

    Vous voulez des exemples ? Soyez juste un peu plus attentif le matin en écoutant votre radio ou le soir devant votre télé. En ce moment on bouffe du TINA (ou en français du "nous n'avons pas d'autre choix", "c'est la seul option", "on peut pas faire autrement"...) matin, midi et soir.

    Ce livre fait donc une rétrospective de la contre-révolution néo-libérale, de ces premiers penseurs (Hayek, Freidman), jusqu'à la crise systémique actuelle et ses bon soldats, en passant par ceux qui débuté la mise en pratique (Thatcher, Reagan).

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    • Livres 4.00/5
    Par fdm, le 31/08/2011


    Les vivants et les morts Les vivants et les morts de Gérard Mordillat

    Une usine qui fait travailler de nombreuses personnes dans la région va fermer... Mordillat décrit habilement les révoltes, les luttes qui en résultent et également les conflits entre classes sociales, mais aussi entre ouvriers. J'ai bien aimé.

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    • Livres 0.00/5
    Par biblio47, le 15/04/2009


    Notre part des ténèbres Notre part des ténèbres de Gérard Mordillat

    La réponse inventive d’ouvriers virés par des patrons voyous qui vendent leurs usines au plus offrant même si elles dégagent des bénéfices. Histoire que j’ai trouvé jubilatoire même si elle est peu plausible, qui va plus loin que « Les vivants et les morts », roman précédent sur le même thème.

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    • Livres 5.00/5
    Par tessgeffroy, le 27/01/2008


    Les vivants et les morts Les vivants et les morts de Gérard Mordillat

    dans le milieu ouvrier, un grande fresque sociale et economique !
    bourré d'humour ! de talent !

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