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Par odorata, le 01/10/2009
Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
- Comment c'est d'avoir un frère jumeau ?
- C'est la plus belle chose qui soit, Henk.
- À présent, tu te sens diminué de moitié?
Je veux dire quelque chose, mais n'y parvient pas. je suis même obligé de m'agripper à l'une des barres métalliques pour ne pas tomber. J'ai toujours été ignoré, j'étais le frère, papa et maman comptaient davantage, Riet a revendiqué - si peu que cela ait duré - son veuvage, et voilà le fils de Riet ici, face à moi, en train de me demander si je me sens diminué de moitié. Henk m'attrape par les épaules, je lui fais lâcher prise.
- Pourquoi pleures-tu ? demande-t-il.
-Pour tout, dis-je.
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Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
Les ânes ne s’approchent pas immédiatement de la barrière, mais viennent, flanc contre flanc, bien tranquillement, dans ma direction. Ces bêtes sont à moi, vraiment à moi, je les ai achetées. Tout le reste, ici, n’est pas véritablement à moi ; les vaches, les brebis et même les poules Lakenvelder font partie de la succession. Quant à la vieille Opel Kadett, au tas de fumier, et aux saules têtards, je roule avec la première, j’évacue mon fumier sur le deuxième, j’étête les troisièmes, mais ils ne sont pas à moi. Je suis un métayer, et ce que je fais, quelqu’un d’autre aurait dû le faire.
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Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
Durant toute une moitié de mon existence, je n’ai pensé à rien. J’ai remis tous les jours ma tête sous les vaches. En un sens, je les maudis, ces vaches, mais elles sont par ailleurs pleines de chaleur et de sérénité, quand, front appuyé contre leur flanc, on leur met la trayeuse. Rien n’est aussi rassurant, rien n’est aussi protecteur qu’une étable remplie de vaches respirant paisiblement, par un soir d’hiver. Jour après jour, été, automne, hiver, printemps.
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Par kathel, le 26/02/2011
Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
Avant de peindre les boiseries, j’ai blanchi les murs et le plafond du séjour. Il a fallu deux couches pour faire disparaître les rectangles qui ressortaient une fois décrochés les tableautins, les photos et les marquoirs. J’ai acheté de la peinture et un nouveau pinceau chez le marchand de peinture, puis je suis allé au supermarché de bricolage Praxis, où j’ai trouvé des stores vénitiens en bois des dimensions exactes des fenêtres du séjour et de la chambre. Les normes en vigueur il y a un siècle et demi ont manifestement toujours cours. Avant de les installer, j’ai débarrassé les rebords de fenêtre des plantes qui restaient, pour les jeter à leur tour sur le tas de fumier. A présent, les deux pièces sont vides et gris-bleu, la lumière y pénètre en bandes horizontales. Le matin, je ne remonte pas les stores vénitiens, mais j’actionne l’ouverture des étroites lamelles.
Equipé d’une boîte en carton pleine de clous, d’un marteau et d’une grande et lourde caisse à pommes de terre, je monte l’escalier.
« Qu’est-ce que tu fais ? » demande papa .
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Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
La pendule ronronne, tout est calme là-haut, il reste quelques gorgées de café froid dans ma tasse. Il n’y a pas que là-haut que c’est calme, c’est calme partout, la pluie bat doucement sur le rebord de la fenêtre, la route est mouillée et déserte. Je suis seul, je n’ai personne contre qui me blottir.
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Par yv1, le 12/05/2011
Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
Nous appartenions l'un à l'autre, nous étions deux garçons et un seul corps.
Mais il y a eu Riet. Lorsqu'en janvier 1966 je suis entré dans sa chambre [celle de Henk] et ai voulu me coucher près de lui, il m'a renvoyé. "Fous le camp", a-t-il fait. Je lui ai demandé pourquoi. "Idiot", m'a-t-il répondu. En quittant sa chambre je l'entendais pousser des soupirs de mépris. J'ai regagné mon lit en frissonnant. Il gelait, la nouvelle année venait de commencer et, le matin d'après, la fenêtre était couverte de haut en bas de fleurs de givre. Nous étions désormais deux jumeaux et deux corps. (p.215)
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Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
Durant toute une moitié de mon existence, je n’ai pensé à rien. J’ai remis tous les jours ma tête sous les vaches. En un sens, je les maudis, ces vaches, mais elles sont par ailleurs pleines de chaleur et de sérénité, quand, front appuyé contre leur flanc, on leur met la trayeuse. Rien n’est aussi rassurant, rien n’est aussi protecteur qu’une étable remplie de vaches respirant paisiblement, par un soir d’hiver. Jour après jour, été, automne, hiver, printemps.
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Par oops, le 08/02/2011
Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
Qui conserve ses illusions n'a pas idée de ce qui lui manque.
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Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
J'étais le deuxième choix, dis-je. C'était ça le pire.
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Par Skritt, le 29/03/2011
Là-haut, tout est calme de
Gerbrand Bakker
Je sais que je dois me lever, que le dédale de chemins et de petites routes non pavées, bordés de pins, de bouleaux et d'érables, est, à la faveur de ces arbres, déjà dans l'obscurité. Mais je reste tranquillement assis. Je suis seul.