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Par wictoria, le 12/04/2010
Les arbres d'orgueil de
Gilbert Keith Chesterton
Non seulement cette silhouette lui était étrangère, mais elle était étrange en elle-même. C'était celle d'un homme encore jeune, qui semblait d'ailleurs plus jeune que ses habits, qui n'étaient pas seulement élimés mais depuis longtemps démodés-des habits d'une étoffe assez commune, mais portés de façon peu commune. Il était vêtu en effet d'une sorte d'imperméable léger, qu'il avait peut-être mis pour aller en mer, mais qui, retenu au cou par un seul bouton, avec les manches qui ballaient au vent, ressemblait plus à une cape qu'à un manteau. Il s'appuyait d'une main osseuse sur un bâton noir, et de son chapeau à large bord s'échappaient une mèche ou deux de cheveux noirs. Il avait un visage basané mais assez beau, sur lequel flottait une sorte de sourire embarrassé, à moins qu'il ne s'agît de l'esquisse d'un ricanement.
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Par Prigent, le 06/06/2010
Hérétiques de
Gilbert Keith Chesterton
La forte littérature primitive ne fait que l'éloge du faible.
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Par Cath36, le 10/01/2012
Les enquêtes du Père Brown de
Gilbert Keith Chesterton
Ces pas étaient si étranges qu'il était difficile de juger s'ils appartenaient à l'ordre normal des choses. Du bout des doigts, le Père Brown suivait leur rythme, sur le rebord de la table, comme quelqu'un qui essaierait de reproduire une mélodie au piano.
D'abord venait une série précipitée de petits pas rapides, tels ceux d'un léger marcheur engagé dans une course au pas. Puis ils s'arrêtaient net, pour faire place à une marche lente et cadencée qui occupait le même intervalle de temps, mais comptait quatre fois moins de pas. A l'instant même où le bruit de la dernière enjambée s'éteignait dans le corridor, les pieds rapides et légers reprenaient leur course, pour faire bientôt place aux chocs sourds causés par les grands pas. Ces bruits de pas provenaient certainement d'une même paire de bottes, d'abord parce que (comme nous l'avons vu) il n'y avait pas d'autres bottes dans le couloir, ensuite parce qu'elles produisaient le même craquement. Le Père Brown avait l'esprit trop actif pour ne pas chercher la solution d'une telle énigme, mais cette fois son cerveau faillit éclater. Il avait vu des gens courir pour mieux sauter. Il en avait vu d'autres courir pour mieux glisser. Mais dans quel but pourrait-on courir pour marcher ? Ou bien encore, dans quel but marcherait-on pour courir ? Et comment décrire autrement les entrechats auxquels se livrait cette paire de jambes invisibles ?...le cerveau du prêtre s'emplissait des mêmes ténèbres que la pièce dans laquelle il se trouvait.
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Par Prigent, le 06/06/2010
Hérétiques de
Gilbert Keith Chesterton
Le fort ne peut être courageux. Seul le faible peut l'être [...] C'est pourquoi cette sympathie envers les petits et les vaincus, qu'on nous a souvent reprochée, à nous libéraux et nationalistes, n'est pas du tout un sentimentalisme vain, comme l'imaginent M. Wells et ses amis. C'est la première loi du courage pratique. Appartenir au camp le plus faible, c'est appartenir à l'école la plus forte.
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Par Prigent, le 06/06/2010
Hérétiques de
Gilbert Keith Chesterton
Supprimez le symbole de Nicée et d'autres choses du même genre et vous causerez un singulier préjudice aux marchands de saucisses.
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Par Cath36, le 03/03/2011
Le club des métiers bizarres de
Gilbert Keith Chesterton
Je ne pense pas qu'il y ait rien de stupide dans le fait de hurler à la lune ou d'avoir peur des démons dans les ténèbres...ni que ce soit une preuve d'ignorance. Cela me semble parfaitement philosophique. Pourquoi un homme serait-il considéré comme une sorte d'idiot parce qu'il ressent le mystère et le danger de l'existence elle-même ?
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Par Cath36, le 02/03/2011
Le club des métiers bizarres de
Gilbert Keith Chesterton
Lorsque j'arrivai, il y avait seulement quatre autres demoiselles avec miss Brett, mais elles étaient en train de coudre avec beaucoup d'activité...Après environ dix minutes de conversation, je me levai pour partir et, à ce moment,... j'ai entendu Miss Mowbray dire à miss James : "vas-y Bill !". Ceci me parut extraordinaire. Je ne comprenais absolument pas...Mon expérience, comme je vous l'ai dit, peut-être incomplète ; il se peut que les demoiselles aient, dans l'intimité et dans des réunions composées exclusivement de célibataires, des coutumes plus déréglées que je ne le sache.Mais cela me parut bizarre....Mais je fus encore plus étonné lorsque...je vis la dame maigre au châle de laine appuyée de toute sa hauteur contre la porte par laquelle j'étais sur le point de sortir.Elle tricotait toujours et je supposai que cette position verticale n'était qu'une excentricité de vieille fille et un oubli de mes intentions de départ.Je dis doucement : "je suis désolé de vous déranger, Miss James, mais vraiment il faut que je parte." Là je m'arrêtais court car les mots qu'elle prononça en réponse furent tels qu'ils rendaient cette interruption de ma phrase naturelle et excusable. ...Elle dit : "la ferme, grosse andouille"...et puis le dernier fil soit de ma propre raison, soit de la raison de tout l'univers, se rompit subitement. Miss Brett, debout près de la cheminée dit : "colle-lui la tête dans un sac et attache-le avant de commencer à gueuler." Était-il vrai, comme j'en avais eu l'impression subite un moment auparavant , que les dames non mariées composaient quelque société spéciale, affreuse et débauchée, dont toute autre personne était exclue ?...Je me rappelais les sabbats de sorcières. J'étais même en train, mon esprit battant complètement la campagne, d'essayer de retrouver quelques vers sur les nymphes de Diane, lorsque Miss Mowbray m'entoura de son bras par derrière...Miss Brett -ou ce que j'avais appelé Miss Brett-était debout devant moi, un gros revolver à la main et un rire satanique sur le visage.
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Par Prigent, le 06/06/2010
Hérétiques de
Gilbert Keith Chesterton
Cette magnanimité n'est pas un produit de l'humanitarisme moderne ; ce n'est pas un produit ayant un quelconque rapport avec la paix. Cette magnanimité est simplement un des arts perdus de la guerre.
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Par Cath36, le 02/03/2011
Le club des métiers bizarres de
Gilbert Keith Chesterton
J'admets qu'il a le léger défaut réel d'avoir, sans discussion possible, perdu la tête.Mais il a surtout de défaut réel, né de l'engouement moderne pour le Progrès et la Nouveauté, de croire tout que tout ce qui est étrange et nouveau est forcément une conquête. Si vous alliez le trouver pour lui proposer de dévorer votre grand-mère, il serait de votre avis, pourvu que vous lui; présentiez la chose sur le terrain de l'hygiène et de l’intérêt général, comme un procédé moins coûteux que l'incinération. Pourvu que vous progressiez en vitesse, il lui importe peu que ce soit vers les étoiles ou vers l'abîme. Il en résulte que sa maison est remplie par un défilé ininterrompu des coteries littéraires et politiques, d'hommes qui portent les cheveux longs parce que c'est romantique et d'autres qui les portent courts parce que c'est hygiénique ; d'hommes qui marchent sur leur pieds dans le seul but de se servir de leurs mains, et d'autres qui marchent sur leurs mains de crainte de se fatiguer les pieds. Mais quoique les habitués de ses salons soient généralement des toqués comme lui, ils sont presque toujours, comme lui, de braves gens.
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Par Prigent, le 06/06/2010
Hérétiques de
Gilbert Keith Chesterton
Si nous n'avons plus de fantômes en forme de navets, c'est surtout par manque de navets.