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Le Paradis perdu : 1922, la destruction de Smyrne la tolérante de
Giles Milton
Georges Horton, Consul américain écrivait “Dans nulle autre ville au monde, l’Orient et l’Occident ne se mêlaient physiquement de manière spectaculaire“
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Par Nanne, le 14/07/2010
Le Paradis perdu : 1922, la destruction de Smyrne la tolérante de
Giles Milton
[…] le tout nouvel engouement pour le cinématographe y était apparu dès 1908. Il n'y avait pas moins de dix-sept sociétés de commerce exclusivement spécialisées dans l'importation d'objets de luxe parisiens. Et pour s'informer, le père de Petros avait le choix entre onze quotidiens en grec, sept en turc, cinq en arménien, quatre en français, et cinq en hébreu, sans parler de ceux qui arrivaient par bateau de toutes les capitales européennes.
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Par urbanbike, le 04/07/2010
Le Paradis perdu : 1922, la destruction de Smyrne la tolérante de
Giles Milton
On ne savait pas grand-chose de la stratégie de Mustafa Kemal, qui était mal connu de la hiérarchie militaire britannique.
Les fonctionnaires de Whitehall s'essayèrent à de nombreuses analyses de personnalité, mais qui reposaient davantage sur des fantasmes que sur la réalité. D'après un dossier des services secrets, il aurait mené une vie « dissolue » dans ses jeunes années et aurait contracté une maladie vénérienne.
Cet événement lui aurait donné «du mépris et du dégoût pour la vie», et J'aurait conduit « au vice homosexuel ». On l'accusait d'avoir désobéi à Liman von Sanders pendant son énergique défense de la péninsule de Gallipoli.
Plus étrange encore, on peut lire qu'il avait perdu un oeil au combat dans une bataille contre les Anglais. Bien qu'ayant étudié toutes les informations disponibles sur Kemal, Sir John de Robeck n'arrivait pas à le cerner. « Il reste une véritable énigme », écrit-il, découragé. Lloyd George était plus méprisant : « un marchand de tapis dans un bazar », jugeait-il.
On se rendit vite compte que le « marchand de tapis » était un élément rassembleur particulièrement actif en Turquie centrale.
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Le Paradis perdu : 1922, la destruction de Smyrne la tolérante de
Giles Milton
En 1905, lors de sa première visite Kemal déclara :“J’ai vu ses quais magnifiques encombrés par un peuple qui était notre ennemi juré et j’en conclu qu’Izmir (Smyrne) avait échappé aux mains de ses vraies et nobles habitants turcs.”
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Par Nanne, le 14/07/2010
Le Paradis perdu : 1922, la destruction de Smyrne la tolérante de
Giles Milton
Smyrne se tournait depuis longtemps vers la Grèce et les eaux clémentes de la mer Égée. La cavalerie découvrait une ville bien différente de l'Anatolie intérieure aride et désolée d'où elle venait. La population hellénique était deux fois plus nombreuse que celle d'Athènes, et des traces de son grand héritage byzantin survivaient un peu partout. A la lueur des cierges dans l'obscurité des églises cuspidées, les prêtres orthodoxes chantaient pour le salut de l'âme de Saint Polycarpe, martyrisé en ces lieux au IIe Siècle. Depuis des temps très anciens, Smyrne avait ses lettres de noblesse chrétiennes. Saint Jean le Divin ne l'avait-il pas désignée comme l'une des sept Églises d'Asie Mineure ?