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Par caro64, le 19/05/2013
Nina Simone, roman de
Gilles Leroy
Tout au long de ma vie j’ai appris. J’ai eu la chance. J’ai rencontre des gens qui m’aimaient et qui m’instruisaient. C’est le plus précieux trésor de la vie, les amis qui vous apprennent.
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Par Syl, le 14/05/2013
Alabama Song de
Gilles Leroy
"(…) je songe à celui qui m’aimait si mal.
J’avais vingt ans (…) pour me décourager d’écrire, peut-être, ou pour que la fusion fût parfaite, il me faisait lire ses auteurs préférés, William Faulkner, puis Carson MacCullers, "des monuments, disait-il, des génies absolus"
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Par Syl, le 14/05/2013
Alabama Song de
Gilles Leroy
"Il est petit, oui, mais ce défaut de quelques centimètres est compensé par une taille fine que la veste cintrée de l’uniforme souligne, par un front haut et un je-ne-sais-quoi (l’assurance d’être quelqu’un, la foi en soi, le sentiment qu’un destin sans pareil vous appelle), par une allure folle, en fait, qui l’exhausse d’une tête. Les femmes en sont babas et les hommes aussi. Il faudra que je réfléchisse un jour à cette singularité : aucun de ses frères d’armes ne le jalouse ni n’en prend ombrage. Non, c’est comme si les autres hommes acceptaient sa séduction et l’encourageaient…
Autant il me trouble, autant il m’irrite ! Divorce de ton rêve. Tout de suite."
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Par philo15, le 08/08/2008
Alabama Song de
Gilles Leroy
Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La future fiancée du grand écrivain.
Du jour où je l'ai vu, je n'ai plus cessé d'attendre. Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui.
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Par KATE92, le 17/04/2012
Alabama Song de
Gilles Leroy
« La belle flasque allait beaucoup servir, cadeau étrange et criminel, quand j’y repense. Scott l’égarait souvent et se maudissait de l’avoir sortie de sa poche de veston puis il partait à sa recherche comme un fou. Il pouvait retourner une chambre d’hôtel ou une maison en une demi-heure. On voyait l’angoisse grandir minute après minute, mais l’angoisse de quoi au juste ? La peur d’avoir perdu un objet précieux à son cœur, ou la peur de manquer de ce que l’objet renfermait – bathtub gin, corn whiskey, ou quelque autre bourbon de contrebande ? “Ne m’oublie pas” : n’est-ce pas la vérité, au fond ? On boit pour se souvenir autant que pour oublier. Avers et revers d’une même médaille, pas glorieuse, qui s’appelle le malheur. »
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Par carre, le 04/03/2012
Alabama Song de
Gilles Leroy
Plus je claquais des dents, plus il me serrait contre lui, toute menue, comme un grand rien contre lui si plein.
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Par luocine, le 17/06/2010
Zola Jackson de
Gilles Leroy
Il ne faut pas grand-chose pour se faire détester dans ce pays où tout le monde aime son prochain, comme il est ordonné par la constitution.
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Par Theoma, le 06/04/2010
Zola Jackson de
Gilles Leroy
Ils étaient beaux, les garçons, quelle que soit ma peine à le dire, et quelle que fût ma colère parfois ; ils étaient beaux, pas comme des gravures de mode, non, ils étaient si sérieux avec leurs petites lunettes cerclées de métal, il étaient si ternes dans leurs grandes chemises de flanelle, et, s'ils venaient à se frôler, dans l'escalier ou dans la cuisine, l'amour qui les unissait non seulement n'échappait à personne, même pas à la mère aveugle que j'étais, mais il explosait du cadre de la photo, il éclaboussait le monde et le monde en était renseigné alors, oui, vraiment, je crois que c'était le plus grand amour qu'il m'ait été donné de voir et j'ai craché dessus, cet amour je l'ai condamné au nom de ce que je méprise le plus, la reproduction, j'ai fait souffrir mon fils pour un principe auquel je ne croyais pas et je ne sais pas, je ne sais quand mon supplice trouvera sa fin.
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Zola Jackson de
Gilles Leroy
Nous demeurons pour eux la cité barbare la cité barbare, celle qui ne voulait pas apprendre l’anglais, qui n’aurait jamais le goût du puritanisme, qui fraternisait avec les Indiens et qui, comme eux, adorait les esprits du fleuve Mississippi avec bien d’autres divinités arrivées comme nous du monde entier et comme lui chamarrées. Et nous avons mêlé nos sangs, nos couleurs, nos langues et nos dieux métèques de tant de façons que sans doute nous avons mérité cette épithète de barbare. Il s’agit maintenant d’en payer le prix. Car l’on paie toujours cher sa volonté d’être, disait mon fils“
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Zola Jackson de
Gilles Leroy
Troy a rapporté les affaires de Caryl, sanglées à l’arrière du pick-up. Lorsqu’il a soulevé la bâche, j’ai vu les trois cantines en métal et une grosse vingtaine de cartons de livres ainsi que des caisses pour les disques. « Ça tient là-dedans, une existence de vingt-neuf années ? Tout est contenu là ? » Il a haussé les épaules et soupiré : « Trente ans. Il aurait eu trente ans hier. »
Et moi : « Je sais bien, Troy. Je n’ai pas envie de partager ce moment avec vous. Je préfère être seule. Gardez les livres. Gardez les vêtements et la musique. Gardez tout. je veux juste mes lettres et sa chaîne en or avec la croix. La croix en or de ses quinze ans. »
Troy rougit, il cligne des yeux avant de détourner le regard. De deux doigts tremblants, il déboutonne son polo noir et je reconnais à son cou la chaîne, la croix et la plaque d’identité.
Je crois que ma voix aussi a tremblé. « Garde-la, elle est à toi. Ce n’est que justice que tu l’aies. » Derrière les lunettes cerclées, les yeux de Troy clignent plus vite. « Je ne peux pas la garder. Plus maintenant. » De ses doigts gourds et nerveux, il cherche la fibule de la chaîne, la décroche. Il ébauche le geste de me la passer au cou, mais je raidis la nuque et recule. J’ai ouvert la main où Troy laisse lentement couler la chaîne tel un filet de sable froid.
« Pardon », ai-je dit en refermant ma paume sur ce pauvre trésor, ces quelques grammes de métal doré qui, pour deux êtres endeuillés, revêtait le poids merveilleux de l’amour soustrait.
« Pardon, je ne sais pas être autrement avec toi. Tout contact m’est impossible, toute intimité. J’ai accepté de t’embrasser quatre fois par an pour ne pas faire de peine à mon fils. Cela me révulsait. Maintenant qu’il est mort, nous ne sommes plus tenus de rien, n’est-ce pas ? Plus de cinéma, plus d’obligations diplomatiques. »
Lui, alors, dans un murmure : « Mais moi, je vous aime vraiment bien et… ça ne me répugnait pas, moi, de vous serrer dans mes bras. »
Moi : « Pitié, ne rends pas les choses plus difficiles. Je sais bien ton histoire. Je sais tout. Caryl ne me cachait rien. Mais je n’aurais jamais pu être ta mère morte. Tu es assez intelligent pour le comprendre, pour le sentir au moins. »
Troy ne bougeait pas, interdit, il basculait d’un pied sur l’autre, sans croire ce qu’il entendait.
J’ai forcé le trait : « Tu es révoltant avec ton insistance à être aimé. Tu me fais penser à un chiot. Tu crois que c’est ton dû, l’amour des autres ? »
Il a finit par sentir contre sa main la truffe de Lady qui depuis plusieurs minutes sollicitait une caresse. « Un chiot », reprend-il en glissant à genoux. Il ôte ses lunettes, enfouit sa tête dans le pelage de la chienne. Lady a fermé les yeux, comme si vraiment elle écoutait les mots chuchotés à son oreille. Je rentre dans ma cuisine d’où je les regarde, le temps que le café passe, immobiles et enlacés de longues minutes encore.
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