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Le jardin des Finzi-Contini de
Giorgio Bassani
Combien d'années s'est-il écoulé depuis ce lointain après-midi de juin ? Plus de trente. Pourtant, si je ferme les yeux, Micol Finzi-Contini est toujours là, accoudée au mur d'enceinte de son jardin, me regardant et me parlant. En 1929, elle n'était guère plus qu'une enfant, une fillette de treize ans maigre et blonde avec de grands yeux clairs, magnétiques. Et moi j'étais un jeune garçon en culotte courte, très bourgeois et très vaniteux, qu'un petit ennui scolaire suffisait à jeter dans le désespoir le plus puéril. Nous nous regardions fixement l'un l'autre. Au-dessus d'elle, le ciel était bleu et compact un ciel chaud et déjà estival, sans le moindre nuage ; Rien ne pourrait le changer, ce ciel, et rien, effectivement, ne l'a changé, du moins dans le souvenir.
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Le jardin des Finzi-Contini de
Giorgio Bassani
N'insistons pas, l'une des formes les plus odieuses d'antisémitisme était précisément celle-ci : se plaindre que les Juifs ne soient pas assez comme les autres, et puis, vice versa, après avoir constaté leur assimilation à peu près totale au milieu environnant, se plaindre de l'opposé : se plaindre qu'ils soient tels que les autres, c'est-à-dire même pas un peu différents de la moyenne commune.
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Le jardin des Finzi-Contini de
Giorgio Bassani
De fait, il n'y a qu'Alberto qui y soit inhumé, Alberto, le fils aîné, mort en 42 d'une lymphogranulomatose. Alors que Micol, la fille cadette, et son père le professor Ermanno, et sa mère la signora Olga, et la signora Regina, la mère paralytique et très âgée de la signora Olga, tous déportés en Allemagne au cours de l'automne 43, qui pourrait dire s'ils ont trouvés une sépulture quelconque?
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Par pile, le 27/08/2011
Le jardin des Finzi-Contini de
Giorgio Bassani
Dans la vie, si l’on veut comprendre, comprendre vraiment ce que sont les choses de ce monde, il faut mourir une fois au moins. Et alors, étant donné que c’est la loi, mieux vaut mourir jeune, quand on a encore beaucoup de temps devant soi pour se relever et ressusciter…
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Le jardin des Finzi-Contini de
Giorgio Bassani
Envoyer ses enfants à l'école publique était considéré, en général, comme patriotique. Ne pas les y envoyer, comme défaitiste : et en conséquence, pour tous ceux qui les y envoyaient, comme nettement insultant.