Ajouter une citation

Citations de Günter Grass (39)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


  • Par brigittelascombe, le 21/01/2012

    Le Tambour de Günter Grass

    Quand on a envie d'un miracle,il faut savoir attendre!

    Citation de qualité ? (5 votes positifs)


  • Par bibliophage, le 02/12/2008

    Le Tambour de Günter Grass

    Pour ne pas faire sonner un tiroir-caisse, je me cramponnai au tambour et à partir de mon troisième anniversaire je ne grandis plus d'un doigt.

    Citation de qualité ? (4 votes positifs)


  • Par brigittelascombe, le 23/01/2012

    Le Tambour de Günter Grass

    C'était le bonheur.Cela ne valait pas mon tambour; ce bonheur n'était qu'un ersatz; le bonheur,ça n'existe peut-être qu'en ersatz;le bonheur succède au bonheur par sédimentation:marbre,grés,grés de l'Elbe,grés du Main,grés du bain,grés du sein,du sien,du nôtre,grés de Kirchheim,bonheur de Grenzheim.

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par brigetoun, le 08/05/2010

    Une rencontre en Westphalie de Günter Grass

    en l'an quarante sept, comme après vingt-neuf ans de guerre la paix n'était toujours pas faite, la rencontre devait avoir lieu entre Münster et Osnabrück, soit pour remettre en honneur le dernier lien qui restât, la langue commune, soit -ne fût ce que par la bordure - pour tenir sa petite partie dans le concert politique.
    Finalement on était qui. Quand tout gisait en ruine, seuls brillaient les mots. Si tous les princes s'étaient ravalés, le crédit échéait aux poètes..
    Et ainsi, tant qu'à la fin tout s'accorde, faire naître la compagnie tout ensemble pegnitzienne, fructière et sincère du Sapin et de la Tonnelle de Courges patriotiques

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par Woland, le 07/02/2012

    Le Tambour de Günter Grass

    [...] ... Par extraordinaire, Matzerath me marqua une affection qui, pour maladroite qu'elle était, ne laissait pas d'être cordiale. Oscar, étonné, s'accommoda de ce que cet homme jusque là indifférent le prît sur ses genoux pour le cajoler, le regarder, et même, une fois, pour l'embrasser ; les larmes en vinrent aux yeux de Matzerath et il dit, plus en aparté qu'à l'adresse de Maria [sa seconde épouse] : "Impossible. On ne peut pas donner son fils. Même si tous les médecins disent la même chose. On dirait qu'ils n'ont pas d'enfants."

    Maria, assise devant la table, collant comme chaque soir des tickets d'alimentation sur des feuilles de journal, leva les yeux : "Calme-toi, Alfred. Tu fais comme si ça ne me faisait rien. Mais s'ils disent qu'aujourd'hui, on fait comme ça, alors, je ne sais plus ce qu'il faut faire."

    L'index de Matzerath montra le piano qui, depuis la mort de ma pauvre mère, restait à court de musique : "Agnès n'aurait jamais fait ou permis ça."

    Maria jeta un oeil sur le piano, haussa les épaules et ne les laissa retomber qu'en parlant : "Bien sûr, parce que c'était la mère et qu'elle espérait toujours que ça s'arrangerait. Mais tiens : il n'en est rien sorti, il est partout rejeté et ne sait ni vivre, ni mourir !"

    Je ne sais si ce fut dans le portrait de Beethoven, toujours suspendu à notre mur au-dessus du piano et toisant d'un regard sinistre le sinistre Hitler, que Matzerath puisa sa force soudaine. "Non !" cria-t-il. "Jamais !" et il abattit son poing sur la table, sur les feuilles humides, collantes se fit donner par Maria la lettre envoyée par la direction de l'établissement, la lut, relut, la re-relut, puis la déchira et en dispersa les lambeaux parmi les tickets de pain, de matière grasse, d'alimentation, les tickets pour voyageurs, les tickets pour travailleurs de force, les super-travailleurs de force et parmi les tickets pour femmes enceintes et nourrices. Si, grâce à Matzerath, Oscar ne tomba pas entre les mains de ces médecins-SS, il garda dans l'esprit et voit encore aujourd'hui, à peine a-t-il aperçu Maria, une charmante clinique implantée dans l'air salubre de la montagne ; dans cette clinique, une claire salle d'opération, moderne, accueillante ; il voit, devant la porte capitonnée, Maria timide mais au sourire confiant, me remettre à des médecins de premier ordre qui, pareillement, sourient et inspirent confiance tandis que, derrière leurs blouses blanches aseptisées, qui inspirent confiance, ils tiennent dissimulées, aseptisées, de foudroyantes seringues. ... [...]

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par Woland, le 07/02/2012

    Le Tambour de Günter Grass

    [...] ... Assez longtemps, exactement jusqu'en novembre trente-huit, j'ai, embusqué avec mon tambour sous des tribunes, avec plus ou moins de succès, dispersé des manifestations, fait bégayer des orateurs, tourné des marches et des choeurs en valses et en fox-trots.

    Aujourd'hui, malade à titre privé dans un établissement ad hoc, alors que tout cela est devenu historique et qu'on le rabâche avec ardeur certes, mais à froid, j'ai pris le recul nécessaire pour apprécier mon activité de tambour. Rien n'est plus éloigné de mes intentions que de voir en moi un résistant : c'est peu de choses que six ou sept manifestations démolies, trois ou quatre rassemblements ou défilés à qui le tambour a fait perdre le pas cadencé. Le mot de résistant est devenu très à la mode. On parle d'esprit de la résistance, de milieu résistant. Il paraît même que la résistance peut se prendre par voie interne ! On appelle ça émigration intérieure. Sans parler de ces hommes d'honneur aux fermes convictions qui, pendant la guerre, pour avoir négligemment obscurci les fenêtres de leur chambre à coucher, se virent coller une amende et s'appellent maintenant résistants, hommes de la résistance.

    Jetons encore un coup d'oeil sous les tribunes d'Oscar. Est-ce qu'Oscar leur a joué du tambour, à ceux-là ? A-t-il, suivant les conseils de son maître Bebra, pris les rênes de l'action et fait danser le peuple devant la tribune ? A-t-il, un dimanche de plat unique du mois d'août mil-neuf-cent-trente-cinq, pour la première fois, et plus tard encore quelquefois, pulvérisé des manifestations brunâtres à l'aide d'un tambour qui, pour être rouge et blanc, n'en était pas pour autant polonais ?

    J'ai fait tout cela, vous devez bien l'admettre. Suis-je, moi, le pensionnaire d'un établissement psychiatrique, un résistant pour si peu ? A cette question, je dois répondre non et je vous prie, vous qui n'êtes pas internés, de ne voir en moi qu'un être un peu à part qui, pour des raisons privées, esthétiques de surcroît, prenant à coeur aussi les doctrines de son maître Bebra, rejetait la couleur et la coupe des uniformes, la cadence et la force de la musique en usage sur les tribunes, et qui, pour cette raison, ramassait un peu de protestation sur un tambour d'enfant. ...

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par brigetoun, le 28/01/2012

    L'Agfa box : Histoires de chambre noire de Günter Grass

    Bien plus tard, même Lena et Nana ont capté ce que faire le deuil signifiait chez lui : un livre après l'autre.

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par sentinelle, le 31/07/2011

    Mon siècle de Günter Grass

    La porte de Brandebourg aussi était encore une masse grise, uniquement explorée de temps à autre par un projecteur de la police. Alors s'approcha, puis se déversa le défilé aux flambeaux, telle une coulée de lave dans toute sa largeur, brièvement fendue par les piliers pour se ressouder aussitôt, incessante, irrésistible, solennelle, fatale, rendant la nuit plus claire et illuminant la Porte jusqu'au quadrige qui la couronne, jusqu'au plus haut bord du casque triomphant de la déesse ; même nous, sur le toit de la maison des Liebermann, nous étions éclairés par cette lueur désastreuse, et enfumés par la puanteur fuligineuse de plus de cent mille torches.
    Quelle honte ! J'avoue à contrecœur que cette image, ou plutôt ce tableau d'une sorte de cataclysme naturel, me faisait horreur, mais en même temps me transportait. Il en émanait une volonté à laquelle on était sommé de se plier. C'était un flot qui vous emportait. Et les ovations qui s'élevaient de toutes parts et montaient jusqu'à nous m'auraient peut-être bien arraché à moi aussi - ne fût-ce que pour essayer - un "Sieg Heil !" d'approbation, si Max Liebermann n'y était allé d'une phrase qui par la suite, chuchotée de bouche à oreille, fit le tour de la ville. Se détournant de ce spectacle mémorable comme d'une peinture d'histoire luisante de vernis et signée d'un peintre pompier, il dit en dialecte berlinois : "Jamais je pourrai manger autant que j'ai envie de vomir."

    [1933]

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par sentinelle, le 31/07/2011

    Mon siècle de Günter Grass

    Mais à la maison, je l'entendais pleurer, quand il était couché dans le noir avec Maman. Elle ne pleurait jamais. Seulement à la fin, peu avant la prise du pouvoir par Hitler, elle disait tout le temps : "Ca ne peut pas devenir pire que c'est". Des choses pareilles ne peuvent plus nous arriver aujourd'hui, je l'ai dit à mon petit-fils pour le calmer, un jour qu'il ne faisait que râler contre tout et le reste. "T'as raison, a répondu ce vaurien, l'emploi va mal, mais les actions n'arrêtent pas de monter."

    [1932 - A propos du manque de travail à l'époque]

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par sentinelle, le 31/07/2011

    Mon siècle de Günter Grass

    - Comme une semaine plus tard, toujours à Brunswick même, où c'est nos gars qui ont fait la police, et où plus de cent mille chemises brunes se sont rassemblées dans l'ordre...
    - Là, j'ai croisé le regard du Führer...
    - En défilant devant lui, moi aussi ! ...
    - Et moi pendant une seconde, non, pendant une éternité...
    - Ah, camarades ! Là, il n'y avait plus de "moi", seulement un grand "nous, qui défilait heure après heure, la main levée pour le salut allemand. Tous, nous avons tous capté son regard...
    - J'ai eu l'impression que ses yeux me bénissaient....
    - C'était une armée brune qui défilait. Et le regard du Führer se posait sur chacun de nous...

    [1931]

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par sentinelle, le 31/07/2011

    Mon siècle de Günter Grass

    Je ne peux pas présenter des états de service aussi glorieux. Ensuite, je n'ai plus été affecté qu'à l'hôpital. J'y ai vu et entendu suffisamment de choses. Et je puis encore moins faire concurrence à ce qui orne votre cou, l'ordre 'Pour le mérite'. Mais vaincus, nous l'avons été tout de même. De tout point de vue. A vous et vos semblables, il ne manqua que le courage de reconnaître la défaite. Et ce courage fait manifestement défaut aujourd'hui encore.

    [1918]

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par sentinelle, le 31/07/2011

    Mon siècle de Günter Grass

    Jünger fit le bilan des victimes de l'épidémie de grippe qui fit rage dans les deux camps pendant les dernières années de la guerre : "Plus de vingt millions de malades morts de la grippe, un peu près autant que les morts au combat de tous les côtés, et ceux-ci savaient au moins à quoi ça servait '". Presque à mi-voix, Remarque demanda : "A quoi, grand Dieu ?".

    [1918]

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par cicou45, le 10/06/2011

    Une rencontre en Westphalie de Günter Grass

    "Ainsi resta sans être dit ce qui de toute façon n'aurait pas été entendu."

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par cicou45, le 09/06/2011

    Une rencontre en Westphalie de Günter Grass

    "Tel est notre sort sur la Terre :
    Tout ce qui vit court à sa fin,
    Sachez que le mort de son groin,
    Boit avec nous dans notre verre
    Et mâche avec nous notre pain."

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par cicou45, le 09/06/2011

    Une rencontre en Westphalie de Günter Grass

    "L'espérance crevait de soif auprès du puits comblé. [...] Qu'est-ce que l'existence humaine constamment tenue en balance au gré du temps qui va ?"

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par cicou45, le 06/06/2011

    Une rencontre en Westphalie de Günter Grass

    Quand tout gisait en ruine, seuls brillaient les mots. Si tous les princes s'étaient ravalés,
    le crédit échéait aux poètes. C'était à eux, non aux puissants, qu' appartenait l'immortalité."

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par cicou45, le 05/06/2011

    Une rencontre en Westphalie de Günter Grass

    "Il mentait mieux qu'un livre."

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par Jemlyre, le 09/05/2010

    Anesthésie locale de Günter Grass

    Pourtant, afin que la vilaine petite piqûre ne soit pas trop consciente, je peux demander du secours à notre télévision...

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par brigetoun, le 08/05/2010

    Une rencontre en Westphalie de Günter Grass

    Mieux que beaucoup de poètes, elle connaissait à fond le ballet changeant des puissances. Elle dit : ce qui déterminait le cours des opérations, c'était non la diplomatie, mais la recherche des quartiers d'hiver

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)


  • Par bibliophage, le 02/12/2008 Première phrase du livre

    Le Tambour de Günter Grass

    (incipit)
    D'accord : je suis pensionnaire d'une maison de santé. Mon infirmier m'observe, me tient à l'oeil ; car il y a dans la porte un judas, et l'oeil de mon infirmier est de ce brun qui ne peut me radiographier car j'ai, moi, les yeux bleus.

    Citation de qualité ? (1 votes positifs)





Faire découvrir Günter Grass par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz