Critiques de Guillaume Apollinaire


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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 14/12/2011


    Poèmes à Lou, précédé de Il y a Poèmes à Lou, précédé de Il y a de Guillaume Apollinaire

    Derrière chaque poète il y a souvent une femme.
    Derrière chaque poème s’y dévoilent souvent les femmes, les muses, qui les ont inspirés.
    C’est en septembre 1914, alors qu’il séjourne à Nice, que Guillaume Apollinaire rencontre Louise Coligny-Châtillon, surnommée Lou. Elle est décrite comme une jeune femme « spirituelle, dégagée, frivole, impétueuse, puérile, sensible, insaisissable, énervée, un peu éperdue en quelque sorte ». D’emblée sa personnalité fantasque fascine le poète. Elle l’aiguillonne, l’exalte, l’enflamme et lui inspirera nombreux de ses plus beaux poèmes.

    Poèmes rimés ou en prose, lettres en vers, comptines, fabliaux, acrostiches, calligrammes, Lou s’anime, vibre, palpite comme une flamme vive, s’inscrit en toute lettres dans ce recueil qui lui est dédié, les « Poèmes à Lou ».
    Apollinaire la chante tout entière et loue son corps tant désiré au détour de rimes qui ne laissent pas d’étonner par la hardiesse, l’audace, l’érotisme et même la crudité de leur évocation, à une époque que l’on s’imagine encore bien chaste et pudibonde en matière de relations charnelles.
    Nombreux sont pourtant les poèmes qui vont clamer cet appétit physique et cette avidité sensuelle qui galvanisent l’homme et l’artiste.
    Lou est l’incarnation de La Femme. Idéalisée, déifiée, réifiée aussi parfois, elle est celle qui s’offre mais ne se livre pas, celle qui aime sans se donner, fille, petite sœur, amante, déesse, Lou insaisissable, évanescente, fugitive, inconstante, lascive, maîtresse ardemment fantasmée…

    Mais son cœur convoité se refuse, son âme si rêveusement espéré reste inaccessible, Apollinaire, alors engagé volontaire et affecté dans un régiment d’artillerie, se languit et s’exaspère de lettres qu’il attend avec impatience et qui viennent peu, ou pas.
    Ses rimes se font alors désabusées, désespérées, pleines de regrets et de douleur, qui plus est en pleine période de guerre.
    La Première Guerre et ses atrocités s’amalgament à cet amour perdu.
    Les vers pleurent, s’insurgent, se lamentent, disent leur incompréhension, se résignent enfin.
    En une sorte de sublimation de l’amour et de la mort, le poète enchevêtre son vécu au front, la vie des soldats de caserne, les horreurs des champs de bataille, les éclairs des obus, avec cet amour qu’il aspire à voir renaître mais qu’il sait pourtant désormais révolu.
    C’est l’acrostiche formant le nom de Lou comme une dernière supplication désillusionnée et qui clôt le superbe poème « Si je mourrai là-bas » :
    « La nuit descend
    On y pressent
    Un long un long destin de sang »

    Précédé de nombreux poèmes et ébauches regroupés sous le titre « Il y a », le recueil des « Poèmes à Lou » dévoile toute la fantaisie et la liberté qu’Apollinaire a apporté à la poésie.
    En prose ou en rimes, sous formes de lettres ou par ses fameux calligrammes, les mots et les vers d’Apollinaire se font tantôt aériens, oniriques, hallucinés, plein d’un imaginaire débridé, tantôt plus terre à terre, crus, croustillants et grivois.
    Par ses divagations, ses chimères, ses inventions stylistiques et métaphoriques, celui qui fut l’un des premiers précurseurs du mouvement surréaliste a adopté une excentricité dans la création que l’on ne cautionnera ou comprendra pas toujours, et bien sûr certains poèmes nous parlent plus que d’autres. Toujours est-il qu’il a su insuffler à l’art de la poésie une indépendance, une autonomie qui, en le libérant des contraintes et règles imposées d’ordinaire à cet art, en lui faisant emprunter d’autres chemins, en le guidant sous d’autres latitudes, aura permis d’influencer nombre des grands poètes du XXème siècle qui lui ont succédé.

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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 01/07/2010


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Tension entre le moderne et l'ancien, peut-être. Est-ce ce qui touche dans Apollinaire ? Il y a de ça. Il y a d'abord les mots, répétés ou pierres précieuses déposées au coin d'un poème, d'une incantation magique, alchimie, chocs. Comme souvent, le commentaire sur la poésie est vain. Il suffirait de citer, de ne pas se creuser la tête, même si l'on ne voit pas tout, même si l'analyse en groupe des "Colchiques" a été un chouette moment. La poésie, celle d'Apollinaire, si simple si l'on veut bien ne pas tenter de l'intellectualiser, n'est rien d'autre, rien de plus et rien de moins, qu'un dépôt de formules, magiques ou triviales, dans notre esprit.

    Lire la poésie comme on va à la pêche, tirer un mot, un vers, l'accrocher à notre âme, "soleil cou coupé", ou "Mon Automne éternelle ô ma saison mentale". Encore : "C'est la lune qui cuit comme un oeuf sur le plat", "Ecoutez mes chants d'universelle ivrognerie". La poésie d'Apollinaire est cocktail d'alcools plus ou moins forts dont on se laisse imprégner à l'envie, un petit verre par ci, un petit verre par là, et mine de rien, on s'en soûle, on voit le monde autrement, on vit plus intensément. Fulgurance du regard du chat, croisé en titubant, au coeur de la nuit : "Je souhaite dans ma maison : / Une femme ayant sa raison, / Un chat passant parmi les livres, / Des amis en toute saison / Sans lesquels je ne peux pas vivre".

    Boire sa vie comme une eau de vie, un poème d'Apollinaire en tête, la voix de Léo Ferré, le souvenir d'une Annie qui rendait fou, et se dire que la joie, jadis, et demain, et toujours, venait toujours après la peine et que sous les ponts de Paris, qui bêlent ce matin, coule la Seine, et nos amours, et que les femmes paissent parfois ce grand pré mal fleuri par l'automne que deviennent, fatalement, les poètes un brin trop sensibles. Ou trop simples.

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    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 02/11/2011


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Renonçant à la ponctuation traditionnelle, le poète ne connaît d'autre scansion que celle commandée par la respiration d'une part, et de l'autre par la palpitation intérieure de la passion.
    Des pages d'une incroyable drôlerie, des "jeux" où la virtuosité et le goût de l'étonnement s'associent à l'inspiration poétique la plus authentique et la plus noble, constituent des assemblages, extravagants par instants, toujours beaux, et nouveaux de ton et d'aspect. Le mouvement épique de "la Chanson du Mal Aimé", par exemple, qui porte l'incantation à un degré magnifique d'évidence et d'émotion, la nonchalance habile et délicieuse de certaines "pièces de circonstance", la résurrection de vieilles légendes rhénanes – la poésie du Rhin avait fortement marqué Apollinaire – attestent la diversité de ce recueil qui rassemble l'œuvre écrite entre 1898 et 1913.

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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 31/03/2011


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Je redécouvre ce recueil avec un oeil curieux. Entre des lignes à la facture classique (Sous le pont Mirabeau...), le tournant du siècle est là, ainsi que ses influences. Des textes aux sujets variés, tantôt personnels (A la Santé), étranges (Réponse des Cosaques Zaporogues au Sultan de Constantinople), naturalistes (Colchiques), ils révèlent toujours une sorte d'inquiétude, de tension, d'angoisse un peus sourde. Je suis surpris à cette lecture, l'atmosphère particulière que construit Apollinaire, une sorte d'univers cohérent fait de touches d'étrangeté. Difficile d'y lire au premier abord un ensemble cohérent, et pourtant, il en sort une impression d'ensemble par petites touches. Des impressions Rhénanes entre autres qui m'ont surpris. Un bestiaire digne des poètes du XVIIème tout à fait étrange. Je m'y replonge!

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    • Livres 4.00/5
    Par Epytafe, le 13/10/2011


    Les onze mille verges Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire

    Ce livre est une farce, une facre immense. Apollinaire se doit de dépasser toutes les limites, ce qu'il fait allégrement. Le résultat fait osciller le lecteur entre les éclats de rire et le dégout se lon la sensibilité de chacun. Mais il faut absolument être doté d'un solide sens du deuxième degré pour attaquer ce livre.

    La scène dans le train entre la France et l'Allemagne lors de laquelle une orgie assez abominable se déroule, scène constament mis en paralèlle avec la campagne allemande qui subit elle aussi la féroce ironie de l'auteur est un exemple d'humour totalement débridé.

    Pour lecteur averti, doté d'un estomac solide et dépourvus de préjugés et de principes.

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    • Livres 5.00/5
    Par Hindy, le 18/12/2010


    Apollinaire : Oeuvres poétiques complètes Apollinaire : Oeuvres poétiques complètes de Guillaume Apollinaire

    Pour le Pont Mirabeau, Lettres à Lou

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    • Livres 5.00/5
    Par neophyte332, le 12/06/2010


    Les onze mille verges Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire

    Un comte roumain,Vibescu,traverse Paris pour aller à la rencontre de phantasmes érotiques, des plus coquins aux plus improbables! Cet ouvrage fut publié clandestinement ,car trop licencieux pour l'époque,et fut signé G.A.

    Je vous conseille vivement cet ouvrage et n'écoutez point les mauvais ragots des scribouillards!

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    • Livres 5.00/5
    Par iris, le 31/03/2008


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Un de mes livres de chevet, auquel je reviens par période régulièrement depuis plus de dix ans. peut être parce qu'il y a de tout dans ces poèmes: du trivial, du quotidien, du mythique et du mystique, de la nostalgie, beaucoup de musicalité, et, ce à quoi je suis peut être la plus sensible, l'écriture de soi

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    • Livres 4.00/5
    Par Anassete, le 15/01/2012


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Apollinaire est un grand poète qui peut vous aider à renouer avec le genre : le ton n'y est ni hautain ni déférent à son égard. Alcools est une œuvre qui s'ouvre au monde mais surtout à soi. Contrairement à ce que l'on croit, l'absence de ponctuation n’est pas une idée de l'auteur mais il a été le premier à l'appliquer et à faire entrer la poésie dans une nouvelle ère. Les sujets choisis ne sont pas alourdis par une syntaxe préconçue mais ils restent très emprunts de l'expérience personnelle de l'auteur. La liberté et la fluidité balancent avec un texte très souvent élégiaque et permettent une lecture facile et vivante.
    Ni trop antique ni trop moderne, Alcools permet par son ambivalence d'être un plaidoyer pour le "c'était mieux avant mais on va faire autre chose". Les amateurs de linguistique s'amuseront à former plusieurs phrases pour trouver différents sens à une strophe ! Les néophytes en poésie pourront porter un œil neuf sur le côté archaïque qu'ils ont de leurs cours de français.
    Vitam impendere Amori est la partie la plus belle du livre, à mes yeux.

    J'avais gardé un très bon souvenir d'Apollinaire et il se confirme. Par contre, j'ai eu beaucoup de mal à m'y replonger, ne pas pratiquer régulièrement la versification c'est mauvais pour les affaires. Il n'empêche que cette deuxième lecture m'a permis de me poser des questions totalement différentes qu'à l'époque de ma 1èreL. L'usage d'octosyllabes et de décasyllabe m'a particulièrement bouleversé parce que j'étais restée à l'idée déca/octosyllabe = vers épiques. J'avais oublié que l'alexandrin était passé par là... Je me suis davantage intéressée à la signification formelle des poèmes qu'à leur contenu et c’est là, tout de même, qu'on voit la vraie beauté du texte et sa modernité. Enfin, lire Alcools avec Le Bestiaire m'a permis de mieux comprendre l'importance du Christ Orphée dans ces poèmes.


    Lien : http://anassete.blogspot.com/2011/09/alcools-dapollinaire.html

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    • Livres 1.00/5
    Par coquecigrue, le 12/07/2011


    Les onze mille verges Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire

    Un jour où je paie avec ma CB, ce petit Librio complète utilement le montant dû, à un niveau acceptable par mon vendeur. Avouez que comme motivation de lecture, ce n'est pas très sexy. Je m'y attelle pourtant. Consciencieusement, j'avale quelques pages en prenant garde à bien mâcher mais la digestion reste lourde. Pourtant c'est de l'Apollinaire, courage, encore quelques pages... puis, non, j'ai arrêté. "Trop c'est trop".
    Je vais me contenter de citer (traduire) ce que l'en a dit il y a cinquante ans Julia Hartwig (poétesse polonaise) dans sa biographie du poète :
    "Certains romans portent des titres prometteurs mais leur seule justification artistique sont la clarté et la beauté de la langue. Pour "Les onze mille verges", hélas, rien d'autre ne vient à l'esprit comme circonstance atténuante, et il est également difficile de supposer, que par simple culte de l'auteur l'on puisse un jour le mettre à la grande lumière, tout au contraire, c'est ce même culte qui le fait garder dans les oubliettes des bibliothèques."

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 23/02/2010


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Parmi les grands classiques, un auteur reste encore énigmatique, c’est Apollinaire. Rien ne me prédisposait à le lire, mais devant une telle renommée, surtout chez les puristes de la littérature, je me devais de découvrir le plus célèbre de ses recueils : "Alcools".
    A la fois classique, car il traite des thèmes propres à la poésie : l’amour, la nostalgie, les références à l’antique, l’espoir et le désespoir, ce recueil, difficile à caractériser dans sa variété, est également novateur dans la forme - absence de ponctuation, variété formelle et rythmique, correspondances poétiques entre texte et image (voir les nombreux liens entretenus avec les peintres de son temps) - mais aussi dans les thèmes inattendus de sa poésie, essentiellement des portraits et paysages d’un monde en mutation, acquis aux préceptes d’une science souveraine, créant en cela un monde étrange, à la fois nostalgique d’un passé idéalisé, mais tout à la fois exalté face aux promesses de l’avenir. Un univers que le poète pouvait encore construire, avant que sonne le glas de la Première Guerre mondiale.

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    • Livres 1.00/5
    Par Sarah_DD, le 09/06/2008


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Même en ayant eu un long commentaire sur la vie et l'oeuvre d'Apollinaire je ne parviens pas à apprécier ce recueil de textes. L'absence de ponctuation y est peut-être pour quelque chose, je ne sais pas. Pourtant les thèmes sont variés, tant anciens que mythiques ou modernes.

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    • Livres 5.00/5
    Par brusc, le 25/11/2011


    Poèmes à Lou, précédé de Il y a Poèmes à Lou, précédé de Il y a de Guillaume Apollinaire

    A lire, rien que pour "Si je mourais là-bas", mis en musique et chanté par Jean Ferrat. Un grand moment de poésie, d'amour et de chanson. Pour le plaisir, la dernière strophe.

    Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
    Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
    De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur
    Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
    Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

    Ô mon unique amour et ma grande folie.

    Pour les fans, je signale une édition Textuel, de 2007, intitulée "Je pense à toi mon lou" qui reproduit en fac-similé des Poèmes à Lou et lettres du poète. En sus, des commentaires.

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 27/06/2011


    Poèmes à Lou, précédé de Il y a Poèmes à Lou, précédé de Il y a de Guillaume Apollinaire

    Appolinaire, poète à l'immense talent du XX° siècle, après avoir publié(entre autres) le recueil "Alcools" à l'envoutement subtil, en 1913, a écrit ses "Poèmes à Lou" qui relate sa correspondance avec Louise de Coligny Chatillon entre octobre 1914 et septembre 1915. Calligrammes à l'aventureuse esthétique, verra le jour en 1918.
    André Breton disait de lui qu'il était un maître de la génération nouvelle. Je rajouterais: intemporel, il nous transporte aux portes du rêve et de visions chères aux surréalistes.
    Deux recueils en un.
    "Il y a", textes au charme acide des citrons verts, à la séduction insolite,aux tournures quelque peu baroques et audacieuses et "Poèmes à Lou" passionné, mon préféré sur lequel je m'attarderai.
    Amour fou.
    Lou ma rose, pt'it Lou, mon adorable jardinière,chère chère bien aimée,jolie bizarre enfant chérie, si belle Colombelle, Lou Démone enfant, mon coeur, mon adorée... que d'appellations! Que de dévotion!
    Une passion empreinte de désir que je rapprocherai de celle de Louis Blériot pour Nora dans "La vie est brêve, le désir sans fin " de Patrick Lapeyre, car nous retrouvons un homme éperdu de désir face à la femme enfant qui tour à tour se dérobe, se prête, se détache, se laisse ..désirer.
    Mais en plus c'est du vrai! De la passion pure.
    Fascinante, puérile,frivole, avec ses grands beaux yeux de biche,Louise Chatillon Coligny sait jouer de son charme lorsqu'Appolinaire la rencontre en septembre 1914.Elle le provoque, spirituelle, impétueuse.
    Insaisissable, elle se dérobe, lui échappe. Il part à Nimes et rejoint le 38° régiment d'artillerie en décembre. Elle le rejoint, mutine, langoureuse. Se donne, l'affole. Repart. Le revoit quelques fois. Et s'en suit cette correspondance.
    Elle le traite de "Toutou", qu'importe, il est à ses pieds.Spontané, vrai, il espère.
    Journal dans lequel il se raconte.
    "Je fume un cigare à Tarascon en humant un café".
    Passion déchainée à l'érotisme violent:
    "Ô mon unique amour et ma tendre folie";
    "Si tu te couches Douceur tu deviens mon orgie"
    Il chante la joie et la douleur des corps, l'attente et la souffrance:
    "De toi depuis longtemps je n'ai pas de nouvelles"
    "Chaque heure infiniment augmente sa souffrance"
    Il connait cette souffrance et le prix de l'attente.
    "Car ô ma chevelure de feu tu es la torche
    Qui m'éclaire ce monde et flamme tu es ma force."
    "Je rêve de t'avoir nuit et jour dans mes bras
    Je respire ton âme à l'odeur des lilas".

    Quelle femme n'a rêvé d'être l'objet de tels débordements?
    Appolinaire émeut et touche de ses vers sublimes et également lorsqu'il entremèle ses poèmes enflammés de calligrammes( poèmes dont la topographie a la forme d'un dessin, tour à tour croix,fleur, tête au chapeau..) à la réelle portée esthétique comme de petits tableaux offerts à l'aimée.
    Un beau portrait d'homme tendre et amoureux s'élève alors!

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    • Livres 0.00/5
    Par Aela, le 15/02/2011


    Alcools Alcools de Guillaume Apollinaire

    Alcools est un recueil écrit en 1913; c'est la somme d'un parcours personnel. Une conception très affirmée de la modernité.
    Apollinaire nous présente un monde où tout va en s'accélérant, dans lequel les images se télescopent.
    Une poésie très lyrique, mélancolique avec la fuite du temps pour thème principal.

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    • Livres 2.00/5
    Par Sly, le 04/07/2010


    Les onze mille verges Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire

    J'ai voulut lire cette œuvre car j'avais vraiment beaucoup apprécié "Les exploit d'un jeune Dom Juan" du même auteur. Malgré l’avertissement d'une amie me précisant que la lecture serait plutôt difficile de par son contenu je me suis tous de même lancé.
    Et bien, force est d'avouer qu'elle avait tous à fait raison.

    Je tien à préciser que ce n'est pas vraiment un livre érotique et vous laisse découvrir cette critique qui résumera parfaitement le contenu.

    "Voici une notice aguichante de 1907 citée par Louis Perceau dans sa Bibliographie du roman érotique d'après un catalogue clandestin de l'époque. Voici cette notice, à laquelle on peut supposer, avec Toussaint Médecin-Molinie, qu'Apollinaire a mis la main, sans en être le rédacteur :

    "Plus fort que le marquis de Sade", C'est ainsi qu'un critique célèbre a jugé Les Onze Mille Verges, le nouveau roman dont on parle à voix basse dans les salons les plus cossus de Paris et de l'étranger.
    Ce volume a plu par sa nouveauté, par sa fantaisie impayable, par son audace à peine croyable.
    Il laisse loin derrière lui les ouvrages les plus effrayants du divin marquis. Mais l'auteur a su mêler le charmant à l'épouvantable.
    On n'a rien écrit de plus effrayant que l'orgie en sleeping-car, terminée par un double assassinat. Rien de plus touchant que l'épisode de la Japonaise Kilyemu dont l'amant, tapette avérée, meurt empalé comme il a vécu.
    Il y a des scènes de vampirisme sans précédents dont l'auteur principal est une infirmière de la Croix-Rouge, belle comme un ange, qui, goule insatiable, viole les morts et les blessés.
    Les beuglants et les bordels de Port-Arthur laissent rougeoyer dans ce livre les flammes obscènes de leurs lanternes.
    Les scènes de pédérastie, de saphisme, de nécrophilie, de scatomanie, de bestialité se mêlent de la façon la plus harmonieuse.
    Sadiques ou masochistes, les personnages des Onze Mille Verges appartiennent désormais à la littérature.
    LA FLAGELLATION, cet art voluptueux dont a pu dire que ceux qui l'ignorent ne connaissent pas l'amour, est traitée ici d'une façon absolument nouvelle.
    C'est le roman de l'amour moderne écrit dans une forme parfaitement littéraire. L'auteur a osé tout dire, c'est vrai, mais sans aucune vulgarité."

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    • Livres 4.00/5
    Par Ansault, le 06/01/2009


    Les onze mille verges Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire

    Mony Vibescu est un personnage atypique, roumain, richissime, héréditaire du titre d'Hospodar, c'est-à-dire ce qui pourrait correspondre au titre de sous-préfet, ce dernier s'auto-proclame "prince" trouvant ridicule de recevoir et porter un titre administratif. Lassé de se faire enculer par son ami Brandi Fornoski, vice-consul de Serbie, il décide de partir pour Paris, cette ville où les femmes sont, dit-on, toutes belles et ont aussi le cuisse légère.
    C'est ainsi que débuteront les aventures du Prince Mony Vibescu qui l'emmèneront à traverser toute l'Europe, en passant par la Serbie pour finir à Port-Arthur en plein conflit russo-japonais.

    A travers ce récit, Apollinaire trace un portrait caustique d'une Europe déchirée par des tensions intestines où fleurit les coups d'État fomentés au service d'intérêts personnels alors que l'Empire Russe affaibli est en lutte avec le Japon pour la domination du Pacifique. L'œuvre d'Apollinaire est une satire politique visant à entacher les gouvernants et les puissants qui régissent une Europe vieillissante issue des poncifs décadents du 19ème siècle. Son récit est éminemment subversif et d'une grande richesse et il fourmille d'allusions politiques et militaires et les évènements évoqués et les personnalités citées appartiennent tous à l'histoire.

    Le but d'Apollinaire est évidemment de choquer ses contemporains, avec violence, avec le secret espoir de réveiller les consciences mais sans jamais se départir d'une forte dose d'humour.
    Son récit est jouissif, et même si aujourd'hui le contexte historique nous est bien flou (en tout cas pour des lecteurs comme moi peu au fait du contexte politique de l'époque), sa verve et son style font mouche.
    Publié en 1907, ce roman est antérieur aux Exploits d'un Jeune don Juan qui paraît bien sage et bien conventionnel face à ce précédent opus. En effet dans Les Onze Mille Verges, toutes les perversions possibles et imaginables y passent. Pédérastie, pédophilie, scatologie, nécrophilie, ondinisme, onanisme, sadisme, masochisme, meurtres et j'en passe et des meilleurs. Ici on tue des hommes, des femmes, des enfants, des bébés même, sans aucun état d'âme. Enfin bref c'est comme si tout à coup vous étiez dans la peau d'un fornicateur tueur en série et tous ces événements horribles sont racontés avec le plus grand des naturels comme s'il s'agissait de la normalité. Il faut quand même avoir le cœur bien accroché pour en poursuivre la lecture et si le décalage volontaire entre les situations d'une extrême cruauté et la verve jubilatoire dont elles sont racontées ne rendaient pas le récit d'une grande drôlerie, je crois que sa lecture en serait carrément impossible.
    Avez-vous vu ce film "C'est arrivé près de vous" de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde ? Nous sommes ici avec ce roman dans le même registre d'humour noir... Peut-être en pire même !!! Et en 1907 !!! C'est dire !!!

    Avec Les Exploits d'un jeune don Juan, Apollinaire voulait alerter ses concitoyens sur la nécessité de procréer, ici il se livre à une satire politique de l'époque dans laquelle il vit.
    En tout cas, Apollinaire, c'est sûr quand il a quelque chose à dire, il n'y va pas par quatre chemins et il ne fait pas semblant, c'est le moins qu'on puisse dire.
    Jugez-en par vous-même...

    Les Onze Mille Verges... Une lecture que je ne vous conseille pas !!!


    Lien : http://www.michel-danzo.com

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    • Livres 2.00/5
    Par quenlore, le 02/11/2011


    Les Exploits d'un jeune Don Juan Les Exploits d'un jeune Don Juan de Guillaume Apollinaire

    Ce court récit narre les jeunes années du très précoce Roger qui sent peu à peu ses sens s'éveiller. Ce jeune garçon, amateur de la chair et, plus encore, de toutes les chairs fraîches et moins fraîches puisqu'il n’hésitera pas à déflorer sœurs et cousines avec une ardeur toujours renouvelée. Si ces "Mémoires" ne brillent pas par l'inventivité du séducteur en herbe, la richesse du vocable de l'amour physique constitue chez Guillaume Apollinaire un plaisir de gourmet: lui seul sait nommer avec autant de variations métaphoriques le corps et le sexe et c'est en amoureux des femmes, en hédoniste qu'il décrit la passion charnelle.

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    • Livres 5.00/5
    Par neophyte332, le 12/06/2010


    Les onze mille verges Les onze mille verges de Guillaume Apollinaire

    Il est vrai que de nombreuses scènes scabreuses peuvent choqué les âmes sensibles mais cette oeuvre est bien plus riche qu'elle n'y parait;L'on y retrouve également de l'humour,ce goût de la clandestinité et de l'exotisme....Je trouve cela original et excitant!!!A vous de juger!

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)


    • Livres 4.00/5
    Par Ansault, le 06/01/2009


    Les Exploits d'un jeune Don Juan Les Exploits d'un jeune Don Juan de Guillaume Apollinaire

    Roger, jeune garçon prépubère, se rend en compagnie de sa mère, de sa tante, une de ses sœurs et leur bonne dans leur maison de campagne. Cette demeure est une grande propriété divisée en un nombre impressionnant de pièces et de recoins, sans parler des dépendances et des installations nécessaires au travail des champs, si bien que les habitants du coin l'avaient appelé "le château". Une chapelle attenante à la bâtisse permettait quelquefois à un prêtre d'un couvent voisin de venir confesser en ce lieu les âmes en perdition des habitants du hameau.
    Roger, dans l'innocence de sa jeunesse, prenait régulièrement le bain avec sa jeune sœur. C'est sa mère, sa tante et la bonne qui s'occupaient de laver les enfants. Sa mère en effet, craintive, ne tolérait pas que ces jeunes enfants prennent le bain seuls de peur qu'ils ne se noient.
    Jusqu'au jour où... Les caresses appuyées de l'éponge ne laissèrent plus le jeune Roger indifférent et que son sexe se déploya en une impudique turgescence. Ainsi Roger entrait dans une nouvelle ère de son existence et se mit en chasse des charmes enfouies sous les jupes et les jupons de toutes les femmes de son entourage.

    Tout au long du roman on assiste à une gradation des situations érotiques au fur et à mesure que l'appétit sexuel de Roger grandit. Ainsi les petites badineries inconséquentes, poussées par une curiosité naissante des choses de l'amour passant par la découverte anatomique du sexe opposé, se transforment vite en situations pornographiques livrées sans fard ni concession et nombre de perversions y passe, gougnottages saphiques, incestes en périodes de menstrues, fornications maïeutiques, scatologies diverses et variées, etc, etc.
    Si le roman est de ce point de vue fort imagé, il faut reconnaître que les situations décrites conduisent rapidement le lecteur à un certain dégoût. Il faut avouer que notre regard sur la pornographie à nous lecteurs du 21ème siècle est on ne peut plus formaté et notre vision est en parfait décalage avec l'approche de l'époque d'Apollinaire. Aujourd'hui à l'ère dite des "métro-sexuels", le poil ne fait plus partie des canons esthétiques, les corps sont lisses et imberbes et la sexualité et la pornographie telle qu'elle est montrée ne supporte aucune tache ni aucune souillure. Aujourd'hui nous sommes devenus bien sage et bien tâtillon !
    Mais qu'en était-il à l'époque d'Apollinaire ?
    Les canons de la beauté étaient quelque peu différents, les femmes étaient appréciées pour leurs rondeurs, et le poil n'était pas pourchassé en vue de son éradication. Les femmes étaient poilues sous les aisselles, c'était ainsi, et personne ne s'en offusquait.
    Ainsi...
    "Dans la chambre régnait une atmosphère pleine d'odeurs mêlées, exhalées par les corps des servantes, dont les vêtements pendaient à la muraille ou sur le pied du lit. Ces odeurs étaient d'abord très désagréables, mais dés qu'on s'y était habitué on les trouvait plutôt excitantes que suffocantes, c'était la véritable odor di femina : Le parfum qui fait bander."
    Ou encore...
    "J'approchai mon visage de son cul et sentis sa sueur pénétrante. Son trou du cul gardait encore quelques traces de sa dernière selle. Au-dessous on voyait très bien sa fente fermée, couronnée par des poils châtains. Je la chatouillai doucement aux fesses et au con. Dès que j'eus mis le doigt dedans, elle fit un mouvement et se retourna. Je pus la contempler par-devant. Sa toison était frisée et sentait fortement la pisse, ce que je remarquai en mettant le nez dedans."

    Pourtant en 1910, bien que les avant-gardes esthétiques commencent à libérer les esprits, ce début de siècle reste malgré tout sous la coupe du conformisme, du puritanisme et des non-dits du 19ème siècle porté par des idéaux conventionnels.
    Que pouvait donc ainsi poussé un poète tel que Guillaume Apollinaire à choquer et outrer ses contemporains de la sorte ? Quel est le but de cette démarche ?

    Guillaume Apollinaire de ce point de vue est un précurseur et un avant-gardiste. L'époque dans laquelle il vit lui dicte ses choix esthétiques. En effet il est né en 1880, soit un peu moins de 10 ans après la fin de la guerre franco-prussienne, marquée par de terribles défaites françaises qui coûta la vie à nombre de soldats et de civils. Un véritable désastre pour la nation en somme. En 1911, l'Europe est en équilibre instable et déjà les prémices de la première guerre mondiale sont en place.
    Le message de Guillaume Apollinaire face à ces constats, et devant la pénurie démographique présente et pressentie est clair : "Concitoyens, forniquez, forniquez et repeuplez la France si vous voulez que celle-ci rivalise avec les grandes nations de ce monde." C'est pourquoi la force de son message en ces périodes troubles ne saurait tolérer aucun compromis, il ne faut pas s'arrêter à quelques poils, quelques odeurs, ou quelques défaillances hygiéniques, il faut savoir être opportuniste et profiter de toutes les occasions données pour jouir, prendre du plaisir, forniquer et... repeupler la France, et que ceci soit avec votre sœur, votre mère, votre tante, vos bonnes et toutes les paysannes de vos campagnes.
    Et évidemment ce message n'en est que plus fort et plus convaincant en le poussant dans ses extrêmes sans jamais se départir d'une forte dose d'humour. Les situations sont imaginaires, improbables, et le style caustique d'Apollinaire les rend savoureuses de drôleries une fois les premiers dégoûts passés.


    Lien : http://www.michel-danzo.com

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