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Citations de Gustave Flaubert (700)

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  • Par mandarine43, le 26/03/2011

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    [Incipit.]

    À Louis Bouilhet
    Première partie

    Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
    Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
    - Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l'appelle son âge.
    Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
    On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.

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  • Par sophie9206, le 17/03/2011

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Elle s'esquiva brusquement, se débarrassa de son costume, dit à Léon qu'il lui fallait s'en retourner, et enfin resta seule à l'hôtel de Boulogne. Tout et elle-même lui étaient insupportables. Elle aurait voulu, s'échappant comme un oiseau, aller se rajeunir quelque part, bien loin, dans les espaces immaculés. Elle sortit, elle traversa le boulevard, la place Cauchoise et le faubourg, jusqu'à une rue découverte qui dominait les jardins. Elle marchait vite, le grand air la calmait : et peu à peu les figures de la foule, les masques, les quadrilles, les lustres, le souper, ces femmes, tout disparaissait comme des brumes emportées. Puis, revenue à la Croix-Rouge, elle se jeta sur son lit, dans la petite chambre du second, où il y avait des images de la Tour de Nesle. A quatre heures du soir, Hivert la réveilla.

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  • Par Emma20, le 27/02/2011

    Notes pour les livres à venir précédées de Cahier des vingt ans de Gustave Flaubert

    J’aime mieux l’inspiration que la réflexion, le sentiment que la raison, la clémence que la justice, la religion que la philosophie, le beau que l’utile, la poésie avant tout. L’art est plus utile que l’industrie, le beau est plus utile que le bon. S’il en était autrement, pourquoi les premiers peuples, les premiers gouvernements ne seraient-ils pas industrieux, commerçants ? Ils sont artistes, poètes, ils bâtissent des choses inutiles comme des pyramides, des cathédrales ; ils font des poèmes avant de faire du drap. L’esprit est plus gourmand que l’estomac.

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  • Par Miss-Sneeze, le 10/12/2010

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    ... et Charles suffoquait comme un adolescent sous les vagues effluves amoureux qui gonflaient son coeur chagrin...

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  • Par brigetoun, le 03/07/2010

    Mémoires d'un fou de Gustave Flaubert

    Alors je me croisais les bras, me regardant comme un homme mort, je n'étais plus qu'une momie embaumée dans ma douleur ; la fatalité, qui m'avait courbé dès ma jeunesse, s'étendait pour moi sur le monde entier, je la regardais se manifester dans toutes les actions des hommes aussi universellement que le soleil sur la surface de la terre, elle me devint une atroce divinité, que j'adorais comme les Indiens adorent le colosse ambulant qui leur passe sur le ventre ; je me complaisais dans mon chagrin, je ne faisais plus d'effort pour en sortir, je le savourais même, avec la joie désespérée du malade qui gratte sa plaie et se met à rire quand il a du sang aux ongles

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  • Par courgette, le 19/05/2010

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Il prit l'habitude du cabaret, avec la passion des dominos. S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public, pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs, lui semblait un acte précieux de sa liberté, qui le rehaussait d'estime vis-à-vis de lui-même.

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  • Par melusine1701, le 28/01/2010

    Salammbô de Gustave Flaubert

    Enfin, on entendit un craquement; une pierre énorme, en ricochant sur les arcs inférieurs, roula jusqu'en bas - et tout à coup, une cataracte, un fleuve entier tomba du ciel sur la plaine. L'aqueduc, coupé par le milieu, se déversait. C'était la mort pour Carthage, et la victoire pour les barbares.

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  • Par chartel, le 01/11/2009

    La Tentation de Saint Antoine de Gustave Flaubert

    Comme l’existence provient de la corruption, la corruption du désir, le désir de la sensation, la sensation du contact, j’ai fui toute action, tout contact ; et – sans plus bouger que la stèle d’un tombeau, exhalant mon haleine par mes deux narines, fixant mon regard sur mon nez, et considérant l’éther dans mon esprit, le monde dans mes membres, la lune dans mon cœur, - je songeais à l’essence de la grande Âme d’où s’échappent continuellement, comme des étincelles de feu, les principes de la vie.

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  • Par dede, le 12/11/2008

    Correspondance de Gustave Flaubert

    On ne fait rien de grand sans le fanatisme.

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  • Par dede, le 12/11/2008

    Le dictionnaire des idées reçues : Et le catalogue des idées chic de Gustave Flaubert

    Evidence: Vous aveugle, quand elle ne crève pas les yeux.

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  • Par Bruno_Cm, le 10/08/2014

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    ... chaque notaire porte en soi les débris d'un poète.

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  • Par Bruno_Cm, le 10/08/2014

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Alors un attendrissement la saisit : elle se sentit molle et tout abandonnée comme un duvet d'oiseau qui tournoie dans la tempête ; ...

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  • Par Mar-Khe, le 21/07/2014

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux, que la lampe brûle.

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  • Par Mar-Khe, le 21/07/2014

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Le dénigrement de ceux que nous aimons toujours nous en détache quelque peu. Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains.

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  • Par jojobegood, le 24/06/2014

    L'Education sentimentale de Gustave Flaubert

    Les affections profondes ressemblent aux honnêtes femmes; elles ont peur d'être découvertes, et passent dans la vie les yeux baissés.

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  • Par MelleFifi, le 23/06/2014

    L'Education sentimentale de Gustave Flaubert

    À droite et à gauche des plaines vertes s’étendaient ; le convoi roulait ; les maisonnettes des stations glissaient comme des décors, et la fumée de la locomotive versait toujours du même côté ses gros flocons qui dansaient sur l’herbe quelque temps, puis se dispersaient.
    Frédéric, seul sur sa banquette, regardait cela, par ennui, perdu dans cette langueur que donne l’excès même de l’impatience. Des grues, des magasins, parurent. C’était Creil.
    La ville, construite au versant de deux collines basses (dont la première est nue et la seconde couronnée par un bois), avec la tour de son église, ses maisons inégales et son pont de pierre, lui semblait avoir quelque chose de gai, de discret et de bon. Un grand bateau plat descendait au fil de l’eau, qui clapotait fouettée par le vent ; des poules, au pied du calvaire, picoraient dans la paille ; une femme passa, portant du linge mouillé sur la tête.
    Après le pont, il se trouva dans une île, où l’on voit sur la droite les ruines d’une abbaye. Un moulin tournait, barrant dans toute sa largeur le second bras de l’Oise, que surplombe la manufacture. L’importance de cette construction étonna grandement Frédéric. Il en conçut plus de respect pour Arnoux. Trois pas plus loin, il prit une ruelle, terminée au fond par une grille.
    Il était entré. La concierge le rappela en lui criant :
    - Avez-vous une permission ?
    - Pourquoi ?
    - Pour visiter l’établissement !
    Frédéric d’un ton brutal, dit qu’il venait voir M. Arnoux.
    Qu’est-ce que c’est que M. Arnoux ?
    - Le chef, le maître, le propriétaire, enfin !
    Non, monsieur, c’est ici la fabrique de MM. Lebœuf et Milliet !
    La bonne femme plaisantait sans doute. Des ouvriers arrivaient ; il en aborda deux ou trois ; leur réponse fut la même.
    Frédéric sortit de la cour, en chancelant comme un homme ivre ; et il avait l’air tellement ahuri que, sur le pont de la Boucherie, un bourgeois en train de fumer sa pipe demanda s’il cherchait quelque chose. Celui-là connaissait la manufacture d’Arnoux. Elle était située à Montataire.

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  • Par BookFan, le 02/05/2014

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.

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  • Par gelinasguy14, le 18/02/2014

    Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Aux narines: Par cette onction sainte et par sa grande miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis part l'odorat.

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  • Par PiertyM, le 28/01/2014

    Rage et impuissance de Gustave Flaubert

    Il pleurait de rage, il s’arrachait les cheveux, criait après la vie, lui si plein de force et de santé.
    Que de larmes il versa sur ses mains. Que de cris il jeta dans sa tombe, que de coups de colère. Il frappa son cercueil. Il prit son linceul, le déchira avec ses ongles, le mit en pièces avec ses dents, – il lui fallait quelque chose à broyer, à anéantir sous ses mains, lui qui se sentait si impitoyablement écrasé sous celles de la fatalité.
    Enfin il s’arrêta dans son désespoir, s’étendit sur sa planche, ferma les yeux et pensa à Dieu.

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  • Par THoniger, le 13/01/2014

    Lettres à Louise Colet de Gustave Flaubert

    L'obligation où l'on est de vivre sur un coin de terre marqué en rouge ou en bleu sur la carte, et de détester les autres coins en vert ou en noir, m'a paru toujours étroite, bornée, et d'une stupidité finie.

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