-
Par bbessodes, le 18/01/2012
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
Par Dieu, par le Prophète, par l'Imam Ali! dis-je à ma mère. Ici, même les pigeons vont à l' école. Depuis que je suis à Beyrouth, je vois des volées de pigeeons décrire des cercles puis se disperser, se regrouper, plonger, repartir dans les airs...
J'ai arraché une page d' un cahier de mon neveu et avec un crayon à copier j' y ai dessiné deux oiseaux posés sur deux fleurs avec des pétales en forme de coeur. Puis j' ai dessiné un soleil, une lune et un nid pour les deux oiseaux. J' ai gardé mon dessin pour le lui donner à son retour et lui expliquer que le soleil qui se levait et se couchait , c' était lui, et que moi j' étais la lune. Le nid, c' était sa chambre, et nous étions les oiseaux.
> lire la suite
-
Par Sando, le 02/06/2011
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
"J'ai écrit la première phrase (...) mais je me suis tout de suite arrêtée. A moins que ce ne soit ma mère qui m'ait arrêtée. Je l'entendais insister pour dire elle-même son histoire. Elle ne voulait pas de ma voix; elle voulait sentir les battements de son coeur, ses angoisses et ses rires, ses rêves et ses cauchemars. Elle voulait revenir au commencement avec sa propre voix. Elle était si heureuse de pouvoir enfin être la narratrice...
C'est ma mère qui a écrit ce livre. C'est elle qui a déployé ses ailes pour prendre son vol. J'ai juste soufflé le vent qui l'a emportée dans ce long voyage."
extrait p.331, clôturant le récit.
> lire la suite
-
Par IzaBzh, le 23/08/2011
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
Malgré tout, mon coeur s'est mis à battre très fort quand je les ai vues prendre la main de ma belle-soeur. Elles se sont retournées vers moi comme pour s'assurer que j'étais vraiment d'accord pour qu'elles partent. Je suis restée figée, un doigt entre mes dents. Le bus s'est arrêté, je les ai regardées monter. Leurs petits yeux ont continué à me fixer comme pour me dire que c'était ma dernière chance si je voulais qu'elles restent avec moi. Le but s'est ébranlé. Le bruit du moteur est entré dans mes tympans. Je me suis mordu le doigt. Pour la première fois, je venais de comprendre ce que j'avais fait.
> lire la suite
-
Par IzaBzh, le 23/08/2011
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
Je vous salue, avec le pépiement des oiseaux, avec la clameur des vagues, le roucoulement des colombes, le murmure de l'eau, le bruissement des feuilles, l'exhalaison des parfums, l'éclat de la lumière...
-
Par IzaBzh, le 23/08/2011
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
Ibrahim n'était pas le seul à vouloir contrôler les femmes de sa famille. Chacune de mes amies craignait un cousin, un frère, un mari. Cela valait aussi pour les riches et le grand monde, comme la cousine Mira. [...] J'ai compris alors que malgré tout son argent, tout l'or qui brillait à son cou et à ses poignets, ses semelles de crêpe blanc, ses cigarettes, son sac à main en crocodile, elle était comme moi : elle tremblait de peur. Une femme mariée, mère, pleine d'aplomb, et même un peu hautaine, qui tremblait de peur.
> lire la suite
-
Par IzaBzh, le 23/08/2011
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
C'est ainsi que je me suis retrouvée mariée à Abou Hussein, qui avait 18 ans de plus que moi et qui reprochait à ma mère de m'avoir allaitée passé ma première année. Quand j'étais petite, je croyais qu'il s'appelait "Attention, le voilà" parce que chaque fois que je courais, sautais ou riais aux éclats, les grands me mettaient en garde en soufflant "Attention, le voilà".
-
Par IzaBzh, le 23/08/2011
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
Je me sens comme un eucalyptus : chaque fois que je perds une couche de mon écorce, il en repousse une autre, rouge comme le sang.
-
Par IzaBzh, le 23/08/2011
Toute une histoire de
Hanan el- Cheikh
Là, me voyant absolument perdue, il s'est mis à m'expliquer les secrets de la vie, moi qui étais enceinte de mon deuxième enfant.