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Par EMOTION, le 22/02/2012
La Source cachée de
Hella Serafina Haasse
Infinie est la diversité des images d'un solstice à l'autre ; celui qui observe d'un regard aiguisé par un si grand désir voit comment, à chaque seconde, naît une nouvelle situation sans rapport avec tout ce qui précédait et différente de tout ce qui suivra. Jamais une tache d'ombre n'est deux fois la même sur une feuille ou sur le sol ; comment puis-je conserver l'image de la courbe décrite par une volée d'oiseaux fendant le ciel comme une flèche ?
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Par Cath36, le 11/12/2011
La chasse aux étoiles de
Hella Serafina Haasse
Le médium se cacha le visage dans ses mains. Il réussit encore à articuler "Mouzique ! Mouzique !" puis se dirigea en titubant vers une petite table couverte d'accessoires de prestidigitation... A cet instant la rampe s'éteignit, de même que les petites appliques de lumière rouge fixée sur les murs. Il ne resta qu'un seul projecteur qui jetait une lueur fantomatique, d'un bleu verdâtre sur le visage effrayé de Rakatra.
"La suite !" exigeait une moitié de la salle. "Le sac !" hurlait la moitié de l'autre. Un "boum" retentissant mit fin au différent. Sorti des coulisses, un nuage de fumée phosphorescent, d'un vert soufré, se répandit sur la scène et dériva dans la salle. La panique gagna les premiers rangs. On cria "au feu! Au feu!", tandis que les lamentations de Rakatra Jakatra dominaient le tumulte : "Mes illousions ! Mes vabeurs phosphoriques !" Suivit une nouvelle pétarade. La salle fut prise sous un tir de rayons de feu, des fusées éclairantes montèrent vers le plafond du théâtre comme des ballons lumineux et éclatèrent en une pluie d'étoiles scintillantes. Des feux de Bengale embrasèrent la scène, colorant alternativement en bleu, en rouge et en violet le plateau, ainsi que Rakatra qui tournait en rond comme un hystérique. Le public était déchaîné et réclamait de la lumière et de l'air. Au milieu de cet indescriptible chaos, je réussis à échapper à mes gardiens en me faufilant à travers les spectateurs qui criaient et se bagarraient.... A cet instant un soleil crépitant illumina tout le décor d'une lumière crue. J'entendis le notaire crier : "Il est là ! Attrapez-le ! Au voleur ! Au voleur !" Des pétards explosèrent un peu partout sur la scène. Je sautai lestement par-dessus les cordes et les praticables et m'engageai dans le dédale des coulisses. La première personne que je vis fut la pauvre Fatima, qui, à moitié évanouie de peur, s appuyait contre la paroi.
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La Source cachée de
Hella Serafina Haasse
Au fond de chaque être se cache – j'en suis convaincu- un sentiment de jalousie envers la nature, qui si elle est mortelle, ne cesse de se renouveler. Comment fixer à jamais cette richesse périssable et pourtant éternellement vivace de formes, de couleurs et de lignes, comment capter l'essence de la beauté, l'élément fugace qui sans cesse nous séduit et nous trahit?
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Par saphoo, le 19/03/2010
Un long week-end dans les Ardennes de
Hella Serafina Haasse
Dans le vestibule de ma maison dans les Ardennes où tu n’es pas jamais venu, il y a une immense toile d’un peintre allemand du XIX siècle, tombé dans l’oubli de nos jours, et avec raison, je pense. ….
Sur un ciel menaçant envahi de nuées sombres, un gigantesque loup noir, gueule ouverte et toutes griffes dehors, bondit sur le soleil couchant.
Parmi mes tout premiers souvenirs, il y a le moment où mon père me raconta l’histoire du loup Fenrir qui, année après année, tente de dévorer le soleil. L’astre s’affaiblit, s’éteint, devient une boule sanglante à la merci du monstre; La guerre et les catastrophes naturelles s’acharnent sur le monde, les enfants assassinent leurs parents, les frères s’entretuent, “l’homme est un loup pour l’homme”, les glaces recouvrent la terre et alors une nuit longue, très longue, commence.
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Par Irisa, le 12/02/2011
L'anneau de la clé de
Hella Serafina Haasse
C'était le domaine de Noni Meyers et de ses orchidées. Lorsque j'étais enfant, j'étais fascinée par les formes extravagantes et les couleurs magnifiques de ces fleurs. Plus tard, mon intérêt s'éveilla pour la complexité de la culture des orchidées à laquelle Noni vouait sa vie.
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Par saphoo, le 13/04/2010
La Source cachée de
Hella Serafina Haasse
Cette maison est vraiment pareille à une coquille : une enveloppe vide, étrangement remplie du murmure du temps. Si j’avais l’oreille plus fine, je pourrais peut-être distinguer les voix qui forment ensemble ce murmure dans lequel se confondent l’hier et l’aujourd'hui.”
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Par Cath36, le 24/12/2011
Les Initiés de
Hella Serafina Haasse
Elle aurait voulu tendre la main, prendre la sienne et la serrer fort pour lui dire qu'elle comprenait, qu'elle savait que c'était vrai. Mais était-ce le moment et le lieu pour manifester cette affinité, cette connivence ? Elle pouvait le toucher, c'était comme s'il était une partie d'elle-même, marchant ainsi à côté d'elle, dans l’obscurité, avec son souffle tiède, l'odeur de son jeune corps rempli d'une vie intense, et pourtant, la distance entre eux était infranchissable.
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Par EMOTION, le 07/12/2011
Locataires et sous-locataires de
Hella Serafina Haasse
Elle ne trouvait pas de mots pour exprimer ce qui etait arrivé en realite. Elle avait été aspirée dans le noir des pupilles de Dupleix et là, derriere, il n'y avait rien.
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Par saphoo, le 13/04/2010
La Source cachée de
Hella Serafina Haasse
La maison est cachée dans la lumière incertaine des bois, comme un coquillage au fond de l’océan. Entre les murs flotte un bruissement de vent dans la cime des arbres, de gouttes de pluie sur le sable, de fuites invisibles d’animaux à travers les fourrés. La maison est séparée du bois de trois côtés par un fossé profond, couvert de lentilles d’eau ;un pont mène à la cour intérieure, pavée de pierres plates, grises, entre lesquelles pousse l’herbe. Les fenêtres, qui emprisonnent le reflet des arbres, semblent aussi vertes qu’eux. Le lierre s’accroche au mur et au toit, et la balustrade de la terrasse est envahie par une prolifération de roses. Derrière la maison s’étend une combe avec ses ondulations de terrains herbus, un vallon plein de bouleaux — je présume que des violettes y poussent encore en automne —, à part cela, seulement la forêt, rien que la forêt ombreuse et verte. J’étais debout entre les troncs, parmi les fougères et les halliers qui m’arrivaient aux genoux et je me croyais au fond de la mer. Chose curieuse, il y a peu d’oiseaux. J’ai écouté intensément mais je n’ai rien entendu d’autre que le frémissement des feuilles dans le vent et les battements de mon cœur.
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Par le_Bison, le 20/02/2012
Les routes de l'imaginaire de
Hella Serafina Haasse
Pendant un moment, ils continuèrent de rouler en silence. La pluie avait cessé.
- On pourrait s’arrêter ? demanda enfin Maya. Il faut que les enfants fassent pipi. C’est leur habitude.
- D’accord, mais je ne peux pas m’arrêter ici. Dans un kilomètre ou deux, on va trouver une aire de repos.
Maya ne savait pas de quoi il parlait.
- On voit que vous n’avez jamais encore circulé sur les routes de France. Un peu de verdure avec des chiottes et une cabine téléphonique. La nuit, c’est bourré à craquer, avec nos engins. On peut y dormir tranquille, gratis.
L’aire de repos semi-circulaire, avec - en effet - une double rangée de camions parqués côte à côte, faisait irrésistiblement songer à l’endroit où seraient venus boire des monstres préhistoriques. Elle descendit du camion et Joop lui tendit les enfants, l’un après l’autre. Tout endormis, pressés contre elle, Koos et Rutger se laissèrent aller vers l’édicule mal éclairé. Pimpin ne se réveilla même pas. Ensuite, ils se pelotonnèrent tous les trois sur la couchette, avec de petits gémissements, dans la posture du sommeil. Maya étendit sur leurs jambes nues sa veste et son écharpe.
- Vous êtes une bonne mère, ma p’tite dame, dit Joop en démarrant. Continuez comme ça !
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