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Par Sharon, le 16/05/2013
Le violoncelle poilu : Et autres histoires de 14-18 de
Hervé Mestron
Les musiciens-brancardiers reviennent le soir, exténués, en état de choc, remerciant le Ciel d'être encore vivants.
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Par murielan, le 23/01/2013
J'irai graffer sur ta tombe de
Hervé Mestron
- On ne peut pas aller contre la volonté de l'art, dit-elle. Sur les centaines de tombes présentes dans le cimetière, c'est celle de mon mari que l'artiste a choisi. Ce n'est sans doute pas un hasard. Je trouve ça au contraire extrêmement intéressant. D'autant qu'il était poète et même un peu révolutionnaire sur les bords, mon mari. Vous comprenez ? Je suis sûre qu'il nous regarde et qu'il s'amuse beaucoup...
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Par Villoteau, le 23/12/2012
Enterrement d'une vie de cancre de
Hervé Mestron
Avant je rendais des feuilles blanches avec juste mon nom marqué en haut à gauche. Et la date s'il vous plaît. Le reste en dessous n'était que pelouse blanche quadrillée. Je n'y mettais pas les pieds. Je rendais copie vierge comme on dit dans le métier. Puis un jour j'ai changé.
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Enterrement d'une vie de cancre de
Hervé Mestron
Puis la cloche a sonné, les portes du bahut se sont ouvertes. J’ai observé ces élèves sur le trottoir, comment ils bougeaient, comment ils se parlaient, comment ils étaient sapés, comment ils mettaient leur casque sur leurs oreilles, bref tout ça, et j’ai eu l’impression de me retrouver devant la grille de Boris-Vian. C’était tout pareil. C’était comme des clones de ce qu’on était là-bas, de notre cité pourrie. La différence peut-être, c’est que nous les iPhone on les avait piqués et que pas eux qu’avaient de la thune plein les fouilles. Mais bon ça restait les mêmes iPhones de toute façon. Je m’attendais presque à voir surgir mes ex-potes d’enfance avec leur capuche et leur démarche de pingouin. Ils ont regardé de mon côté. Ils ont tout de suite vu que j’étais pas des leurs, je me suis senti scanné des pieds à la tête. Moi, j’étais un vrai, pas eux. C’était moi l’original et eux la copie de ce que je voulais plus voir. Je me suis dit, mais pourquoi ils essaient de nous ressembler ? Pourquoi dans ce bahut de bourges ils veulent se donner l’air de sortir des cités ? ça a été mon grand mystère de la journée. Une énorme déception aussi.
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Par orbe, le 30/10/2012
Touche pas à ma mère de
Hervé Mestron
Pourquoi me suis-je enfuie au lieu de lui porter secours? J'erre un long moment dans la ville sans savoir où aller. Je tourne en rond autour d'un bloc d'immeubles. J'ai la trouille de rentrer. Au bout de l'allée, j'aperçois Sébastien en train d'allumer le barbecue. En me voyant, son visage s'illumine.
- Bonjour ma petite Cécile ! Alors la piscine, c'était bien?
Il a l'air hyper détendu. Je ne comprends plus.
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Hervé Mestron
A propos de Le violoncelle Poilu :
Ce qui a déclenché l’écriture de ce livre, c’est d’abord la rencontre avec l’historial de la grande guerre à Peronne, où j’ai pu voir et même toucher des instruments fabriqués dans les tranchées. Et là, j’ai été très ému, à un point que je n’aurais jamais pu imaginer. L’horreur de la bataille a laissé place à un grand moment de poésie. Le sujet est arrivé sur un plateau et je me suis fait tout petit devant l’immensité de la tache: écrire sur la guerre. Mais je m’y suis collé, avec passion et humilité.
L’historial est un musée qui, paradoxalement, dégage une vraie plénitude. Il est extrêment bien pensé, organisé, il travaille sur les mentalités et non sur le voyeurisme. Il ne donne pas à voir la violence de la guerre, il invite à se la raconter, contrairement à son homologue de la ville d’Albert, à une trentaine de kilomètres, véritable parcours du combattant qui ne nous épargne rien.
Un an et demi après, j’en garde un souvenir extrêmement présent. Et je suis content d’avoir été capable d’écrire ce livre.
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Par orbe, le 24/09/2012
Lully, le chat de Louis XIV de
Hervé Mestron
- Lully? L'arrière-grand-père de l'arrière-grand-père de mon arrière-grand-père l'a bien connu ! Je suis un descendant de Colbert, ministre de Louis XIV ! C'est à mon aïeul qu'il a demandé de développer les manufactures et le commerce.
- Mais mon chat? insisté-je, avec l'impression d'être tombée sur un personnage loufoque.
- Votre chat? demande-t-il. Qu'est-ce que j'en sais?
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Par Villoteau, le 26/12/2012
Touche pas à ma mère de
Hervé Mestron
Chris, ma mère, et Sébastien, son amoureux, emménagent dans une nouvelle maison, à la sortie de Nîmes. Oui, parce que maintenant ça y est, elle a quelqu’un. Maman me l’a dit, c’est une nouvelle vie qui commence. Ça ne va plus être exactement comme avant, vu qu’on va habiter tous les trois, ensemble, sous un seul et même toit. Style famille Ikea. Ça me fait un peu bizarre.
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Soupçons de
Hervé Mestron
Puis c’est comme partout ailleurs, les choses finissent par se caler, les personnalités cohabitent, la terre continue de tourner. Faut dire que je ne suis pas particulièrement sauvage. Moi j’aime le collège parce qu’il y a du monde, tout le temps, et toutes sortes de gens, des bouilles, des pifs, des bides, des ongles rongés et de bananes première fraîcheur. La pire des maladies, c’est d’être seul. Parce que c’est à travers les autres qu’on arrive le mieux à exister. Prenez un exemple : jaloux tout seul, ça n’existe pas. La jalousie, c’est toujours quelque chose qui vous relie à l’autre. Comme l’amour ou le ping pong.
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Par sylvicha, le 27/03/2013
Touche pas à ma mère de
Hervé Mestron
J'essaie de faire bonne figure, mais le coeur n'y est pas. Maman a un petit sourire triste sur les lèvres. Je me rends compte qu'elle s'efforce de ne jamais le contredire. Elle a peur, c'est clair. Peur de Sébastien.