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Soupçons de
Hervé Mestron
Puis c’est comme partout ailleurs, les choses finissent par se caler, les personnalités cohabitent, la terre continue de tourner. Faut dire que je ne suis pas particulièrement sauvage. Moi j’aime le collège parce qu’il y a du monde, tout le temps, et toutes sortes de gens, des bouilles, des pifs, des bides, des ongles rongés et de bananes première fraîcheur. La pire des maladies, c’est d’être seul. Parce que c’est à travers les autres qu’on arrive le mieux à exister. Prenez un exemple : jaloux tout seul, ça n’existe pas. La jalousie, c’est toujours quelque chose qui vous relie à l’autre. Comme l’amour ou le ping pong.
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Par AliceW, le 11/10/2011
La Marrakech du nord de
Hervé Mestron
J’ai acheté trois caleçons pour le prix de deux. Une étiquette indiquait offerta. Il n’en fallait pas plus à cet instant pour combler mon bonheur. En sortant j’ai traversé les favelas et comme je n’avais pas de monnaie, j’ai donné mes sous-vêtements à un vieux. Il en a mis un sur sa tête pour se protéger du soleil et m’a regardé comme si j’étais Dieu.
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La décapoute de
Hervé Mestron
Douce nuit tisanière. Les meubles chuchotent entre eux. Une langue sourde, âpre, une musique de pieds de table. Un mélange de néerlandais et d'auvergnat. le parquet craque alors que personne, pas même mon regard, ne marche sur les lattes de bois. Et lorsque le lustre se met à remuer comme une pendule, une alarme se déclenche en moi. Attention, fantômes. Instinctivement, je cherche la main de Denise. Mais la place à côté de moi est vide. Ni tiède, ni froide, seulement glaciale. A travers le chant de cette maison hantée, j'ai l'impression d'entendre l'écho de mes agitations intérieures. Ceux qui ont trouvé l'âme sœur, même chiante, ne connaissent pas leur bonheur. Oh non. La solitude, c'est bien au soleil, avec des filles en bikini, mais dans le noir, sur un lit qui pleure en vieux français, c'est terrible.
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La décapoute de
Hervé Mestron
J’arrive de Tokyo. Retour dans le caveau familial. Je ne suis qu’amour et j’ai un petit mot gentil pour tout le monde. Le radiateur du couloir, le placard encastré, le clou auquel j’accroche mon trousseau de clefs. Je suis quelqu’un de très organisé. Un compliment, une caresse, pour moi ce n’est pas grand-chose, pour eux c’est tellement important. Je suis accueilli en héros. Je suis le seul dans cette maison à entrer et sortir avec une sorte d’autonomie parfaite, cela force le respect.
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Par Eskalion, le 17/01/2011
Crucifix et crustacés de
Hervé Mestron
« La soutane avait atterri dans le feu. Une odeur de curé brûlé s’éleva dans les airs. »