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Mississippi de
Hillary Jordan
"Je n'aurais jamais cru que ça me manquerait autant. Je ne parle pas de l'Allemagne nazie, il aurait fallu être marteau pour regretter un endroit pareil. Je parle de celui que j'étais là-bas. Là-bas, j'étais un libérateur, un héros. Dans le Mississippi, je n'étais qu'un nègre qui poussait sa charrue comme tant d'autres. Et plus le temps passait, plus je n'étais que ça."
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Mississippi de
Hillary Jordan
"Dès le jour de son arrivée, Jamie s'est employé à gagner mon affection. A me complimenter sur ma cuisine et à se charger de diverses bricoles pour m'aider dans la maison. Des bricoles qui signifiaient : Je te vois. Je pense à ce qui pourrait te faire plaisir. Ayant été privée de ce genre d'égards, je les ai absorbés comme un pain une sauce. Henry n'avait jamais été un homme prévenant, pas pour ces petites choses du quotidien qui comptent tant pour une femme."
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Par BMR, le 17/09/2010
Mississippi de
Hillary Jordan
[...] J'entrais dans la maison quand le marteau s'est abattu sur le premier clou en un bruit délicieusement irrévocable qui a fait sursauter les enfants.
« C'est quoi ça, maman ? a demandé Amanda Leigh.
- C'est ton papa qui ferme le cercueil de Pappy.
- Il va se fâcher ? » a murmuré Bella effrayée.
Laura m'a jeté un petit coup d'oeil farouche.
« Non, ma chérie, a-t-elle répondu. Pappy est mort. Il ne se fâchera plus jamais. Maintenant, mettez votre manteau et vos bottes. Il est temps de porter votre grand-père en terre. »
Heureusement qu'Henry n'était pas là pour entendre la satisfaction dans sa voix.
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Par canel, le 12/06/2011
Mississippi de
Hillary Jordan
[Il] ne m'a pas parlé de la guerre. Dans l'ensemble, les hommes qui sont allés au feu se taisent. Ce sont ceux qui ont bénéficié d'une affectation loin derrière les lignes de front qui veulent tout vous raconter et ceux qui n'ont jamais servi qui veulent savoir. (p. 211)
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Par canel, le 12/06/2011
Mississippi de
Hillary Jordan
"Home again, home again, juiggety-jig", dit la comptine. Moricaud, jus de réglisse, mal blanchi, négro. S'en était allé défendre son pays pour découvrir au r'tour que rien n'avait changé ohé ohé. Les Noirs continuaient à voyager à l'arrière des bus, à emprunter les portes de service, à cueillir le coton des Blancs, à demander pardon aux Blancs. On avait répondu à leur appel, on avait fait leur guerre, mais ils s'en foutaient : pour eux, on continuait à n'être que des nègres. Et les soldats noirs qui étaient morts n'étaient que des nègres morts. (p. 162)
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Par canel, le 12/06/2011
Mississippi de
Hillary Jordan
Il paraît qu'il faut avoir la haine pour être dans l'infanterie, mais ce n'était pas vrai dans l'armée de l'air. On ne voyait jamais le visage de ses ennemis. Si jamais il m'arrivait de penser à eux, j'imaginais des ovales blancs et vides avec des cheveux blonds en brosse - jamais de franges, de boucles ni de tresses, alors que je savais que nos bombes aplatissaient pas mal de femmes et de gamins aussi. (p. 230)
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Mississippi de
Hillary Jordan
Ils nous appelaient les "nègres d'Eléonore Roosevelt". Ils disaient qu'on se battrait pas, qu'on se sauverait comme des lapins dès l'instant qu'on serait vraiment au combat. Ils disaient qu'on n'avait pas la discipline nécessaire pour faire de bons soldats, qu'on n'était pas assez intelligent pour servir un char; que notre nature nous poussait à toutes sortes de turpitudes- mensonge, vol, viol de Blanches.
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Mississippi de
Hillary Jordan
Pendant la guerre, tout le monde a eu mal, d'une façon ou d'une autre, ma petite Bella.
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Mississippi de
Hillary Jordan
Blancs ou Noirs, aucun est assez malin pour comprendre que le maître, c'est elle. Elle prend leur sueur, leur sang, la sueur et le sang de leurs femmes et de leurs enfants et quand elle leur a tout pris, elle prend leur corps aussi et touille, touille jusquà ce qui font plus qu'un, eux et elle.
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Mississippi de
Hillary Jordan
On n'est pas restés longtemps dans leur pays, mais je serai éternellement reconnaissants à ces Anglais de nous avoir acueillis comme ça. La première fois dans ma vie que je me suis senti plus homme que Noir.