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Par Aela, le 06/06/2012
Mississippi de
Hillary Jordan
Mais je me trompais. Il y a avait des tas de Blancs là-bas, c'est certain, mais ils ne ressemblaient pas à ceux de chez nous.
Ils n'avaient pas la haine.
En Angleterre, où on a stationné le premier mois, il y avait des gens qui n'avaient encore jamais vu de Noir, mais ils étaient plus curieux qu'autre chose.
Dès l'instant où ils ont vu qu'on était comme tout le monde, ils nous ont traités pareil.
Les filles aussi.
La première fois qu'une fille blanche m'a invité à danser, j'ai failli en tomber à la renverse.
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Par Nadael, le 11/01/2013
Ecarlate de
Hillary Jordan
Instinctivement, elle essaya d'abord de se rendre invisible, puis, mue par une soudaine révolte, elle planta son regard dans celui de ses voisins, ces gens qu'elle écoeurait tant (…). Elle se demanda combien d'entre eux étaient des menteurs et dans quelle mesure leur probité apparente ne masquait pas des crimes aussi graves que les siens.
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Par BMR, le 17/09/2010
Mississippi de
Hillary Jordan
[...] J'entrais dans la maison quand le marteau s'est abattu sur le premier clou en un bruit délicieusement irrévocable qui a fait sursauter les enfants.
« C'est quoi ça, maman ? a demandé Amanda Leigh.
- C'est ton papa qui ferme le cercueil de Pappy.
- Il va se fâcher ? » a murmuré Bella effrayée.
Laura m'a jeté un petit coup d'oeil farouche.
« Non, ma chérie, a-t-elle répondu. Pappy est mort. Il ne se fâchera plus jamais. Maintenant, mettez votre manteau et vos bottes. Il est temps de porter votre grand-père en terre. »
Heureusement qu'Henry n'était pas là pour entendre la satisfaction dans sa voix.
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Par cursive, le 16/12/2012
Ecarlate de
Hillary Jordan
Lorsqu'elle se réveilla, elle était rouge. Ce n'était ni la honte ni un coup de soleil, c'était le rouge franc et parlant d'un panneau de stop.
C'est ses mains qu'elle vit en premier. Elle les leva et les examina en plissant les yeux. Dans l'ombre de ses cils et à la lumière blanche et crue du plafond, elles lui apparurent noires durant quelques secondes. Puis elle accommoda et l'illusion se dissipa. Elle les étudia de dos, de face. Vues par en dessous, elles lui semblèrent avoir à peu près autant de points communs avec elle que des étoiles de mer. Ce n'était pas une surprise - des Rouges, elle en avait déjà vu plusieurs fois, bien sûr, dans la rue et sur les vids -, pourtant, elle n'avait pas imaginé devoir affronter pareille métamorphose dans sa chair. Depuis vingt-six ans qu'elle était en vie, ses mains avaient été d'un rose aux nuances de miel qui virait au brun doré pendant l'été. Aujourd'hui, elles avaient la couleur du sang frais.
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Par canel, le 12/06/2011
Mississippi de
Hillary Jordan
[Il] ne m'a pas parlé de la guerre. Dans l'ensemble, les hommes qui sont allés au feu se taisent. Ce sont ceux qui ont bénéficié d'une affectation loin derrière les lignes de front qui veulent tout vous raconter et ceux qui n'ont jamais servi qui veulent savoir. (p. 211)
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Par canel, le 12/06/2011
Mississippi de
Hillary Jordan
"Home again, home again, juiggety-jig", dit la comptine. Moricaud, jus de réglisse, mal blanchi, négro. S'en était allé défendre son pays pour découvrir au r'tour que rien n'avait changé ohé ohé. Les Noirs continuaient à voyager à l'arrière des bus, à emprunter les portes de service, à cueillir le coton des Blancs, à demander pardon aux Blancs. On avait répondu à leur appel, on avait fait leur guerre, mais ils s'en foutaient : pour eux, on continuait à n'être que des nègres. Et les soldats noirs qui étaient morts n'étaient que des nègres morts. (p. 162)
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Mississippi de
Hillary Jordan
"Je n'aurais jamais cru que ça me manquerait autant. Je ne parle pas de l'Allemagne nazie, il aurait fallu être marteau pour regretter un endroit pareil. Je parle de celui que j'étais là-bas. Là-bas, j'étais un libérateur, un héros. Dans le Mississippi, je n'étais qu'un nègre qui poussait sa charrue comme tant d'autres. Et plus le temps passait, plus je n'étais que ça."
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Par Ari, le 27/05/2012
Mississippi de
Hillary Jordan
Mais il faut que je commence par le début, si je le trouve. Les débuts sont insaisissables. Juste au moment où vous croyez en tenir un, vous jetez un coup d'oeil en arrière et vous en apercevez un autre, antérieur, et un autre antérieur au précédent. Même en commençant par "Chapitre Un : Ma naissance", vous avez un problème d'antécédents, de causes et d'effets.
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Par Nadael, le 11/01/2013
Ecarlate de
Hillary Jordan
Hannah devait faire son rappel à la fin du mois de janvier. Il fallait s'en occuper tous les quatre mois et le moindre retard avait des conséquences gravissimes. Si elle n'avait pas sa piqûre à la date requise, la demi-vie biologique du virus commencerait à se dégrader, le chromatisme s'estomperait et sa couleur de peau reviendrait peu à peu à la normale. Mais ce jour-là, elle serait malheureusement bien trop fragmentée pour s'en réjouir.
La fragmentation était pour le gouvernement le moyen de s'assurer que les Chromes restent des Chromes (…). Au début, ça se manifestait par de vagues murmures, confus et sporadiques, qui s'amplifiaient à mesure que le cerveau se détériorait et finissaient par provoquer de véritables hallucinations auditives. La personne affectée avait alors la conviction que l'univers et tous ses habitants lui voulaient du mal.
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Mississippi de
Hillary Jordan
"Dès le jour de son arrivée, Jamie s'est employé à gagner mon affection. A me complimenter sur ma cuisine et à se charger de diverses bricoles pour m'aider dans la maison. Des bricoles qui signifiaient : Je te vois. Je pense à ce qui pourrait te faire plaisir. Ayant été privée de ce genre d'égards, je les ai absorbés comme un pain une sauce. Henry n'avait jamais été un homme prévenant, pas pour ces petites choses du quotidien qui comptent tant pour une femme."
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