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Par erellwen, le 05/02/2012
Manazuru de
Hiromi Kawakami
Qu'en est-il alors de mon mari? Ce mari qui a disparu, dont je ne connais plus l'apparence, cette coupure soudaine et brutale. Mon mari n'est pas "quelqu'un qui n'est plus", il est celui qui n'est "pas encore là".
Celui qui n'est pas encore là. Qui apparaîtra peut-être un jour. Seul ce qui existe maintenant peut disparaître dans le passé. Indélébile pour toujours. Absent, et pourtant qui ne disparaîtra jamais, présent à jamais.
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Par erellwen, le 05/02/2012
Manazuru de
Hiromi Kawakami
Pendant un certain temps, j'ai laissé le journal au fond d'une étagère de la bibliothèque. Pour ne pas le voir. Moi qui n'vais pas été un seul instant effleurée par l'idée que mon mari était paut-être pour moi un inconnu, à peine avais-je pris connaissance de son journal qu'il était devenu un étranger. Je n'arrivais plus à me rappeler son visage. Son odeur. Le contact de sa peau. Sa voix. Rien.
Ce n'était pas parce qu'il n'était plus là. C'était parce qu'en lisant son journal, j'avai vu avec ses yeux à lui les choses qui m'entouraient. Voir avec les yeux d'autrui les éléments familiers du quotidien est une chose infiniment déplaisante. A partir de ce moment, le simple fait de lire les lettres tracées sur son journal suffisait à me fendre le coeur. Je souffre. Je ne veux pas. Je le hais. Rei est différent de moi. Il a pris ses distances par rapport à moi.
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Par erellwen, le 05/02/2012
Manazuru de
Hiromi Kawakami
Rei était comme le reflux.
On a beau se retenir, la marée descendante emporte tout.
Je me suis laissée enlever par Rei. Il avait le don de prendre les gens au dépourvu. Persuadée d'avancer sur une route unie, je ne me méfiais pas, et il s'était emparé de moi. Au bout de deux mois de fréquentation à peine, j'étais devenue incapable de penser à autre chose qu'à lui.
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Par erellwen, le 05/02/2012
Manazuru de
Hiromi Kawakami
Nous avons vieilli, me dis-je parfois. Dix anneées se sont écoulées depuis notre première rencontre. Ce temps qui s'est accumulé sur nos épaules est le même, mais nous n'avons pas vieilli de la même façon. Nous prenons de l'âge à des moments différents. L'écoulement du temps n'est pas identique pour nous deux.
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Par le_Bison, le 28/01/2012
Le temps qui va, le temps qui vient de
Hiromi Kawakami
Rumi est passée devant moi pour entrer. Nous nous sommes installées tout au fond, au comptoir, elle a commandé une bière et de la seiche grillée, moi, du poulpe.
Rumi buvait à gorgées rapides. Elle a eu vite fait de vider sa chope, en a entamé une deuxième, bientôt avalées elle aussi, et a pris en supplément une brochette de poulet et une autre de légumes. Médusée, je la regardais qui voulait commander cette fois un verre de thé alcoolisé.
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Par kathel, le 18/08/2010
Manazuru de
Hiromi Kawakami
Tandis que je marchais, j’ai senti que je n’étais pas seule.
La distance était trop grande, je ne pouvais pas savoir si c’était un homme ou une femme qui se trouvait derrière moi. Sans me poser davantage de questions, j’ai continué à avancer.
J’avais quitté dans la matinée l’auberge près de l’estuaire, et je me dirigeais vers la pointe du cap. J’avais passé la nuit dans un petit hôtel du bourg tenu par un couple dont l’âge laissait supposer que c’était la mère et le fils.
A mon arrivée de Tokyo après deux heures de train, il était neuf heures du soir et la façade était obscure. En fait de façade, le nom de l’auberge n’y figurait même pas, il y avait simplement un petit portillon de fer que rien ne différenciait d’une habitation ordinaire, avec deux ou trois pins de petite taille aux branches torsadées et une vieille plaque accrochée discrètement sur laquelle on découvrait le caractère «Sunna », « Sable » écrit au pinceau.
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Par BMR, le 06/08/2007
Les Années douces de
Hiromi Kawakami
[...] - Tsukiko-san, comprenez-vous la signification de l'expression tashô no en ?
- C'est-à-dire qu'il y a un lien, enfin, un petit lien, c'est ça ? ai-je répondu après avoir réfléchi un instant. Les sourcils froncés, le maître a secoué la tête.
- Mais non, il ne s'agit pas de tashô dans le sens de un peu, c'est l'expression qui veut dire plusieurs vies, vivre en se réincarnant, voyons !
Le lien que j'évoquais à l'instant, ce tashô no en, c'est celui qui unit des êtres dans une vie antérieure.
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Par erellwen, le 08/01/2012
Manazuru de
Hiromi Kawakami
Je ne désirais pas mon mari. Momo me remplissait de chaleur. Pendant que je lui donnais le sein, je ne ressentais pas le moindre désir d'un homme. En un sens, mon mari ne comptait pas. Ca ne m'empêchait pas de l'aimer dans ma tête. La nuit quand il m'approchait, mon corps ne l'accueillait qu'en surface. Je croyais que le corps et l'esprit étaient distincts, mais en réalité j'étais seulement un corps. Et ma tête faisait partie de mon corps.
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Par ennA, le 29/03/2010
Cette lumière qui vient de la mer de
Hiromi Kawakami
Otori est mon père biologique (paraît-il). Ma mère et lui furent autrefois amoureux l'un de l'autre. A présent, ils se fréquentent, c'est tout (ce sont les termes de ma mère). Ma mère et lui furent autrefois amoureux l'un de l'autre. A présent, ils n'arrivent pas à rompre vraiment (ce sont ses termes à lui.)
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Par ennA, le 29/03/2010
Cette lumière qui vient de la mer de
Hiromi Kawakami
Rire avec quelqu'un a un effet rassurant. C'est un peu la même sensation que lorsqu'on tient un drap par les deux bouts et que les plis disparaissent comme par enchantement. Sûr que les plis vont se reformer, mais ça ne fait rien. Le drap est bien lisse et c'est agréable.