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Critiques de Honoré de Balzac


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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 10/03/2014


    Un drame au bord de la mer Un drame au bord de la mer de Honoré de Balzac

    On a probablement tort de considérer Maupassant comme le maître absolu de la nouvelle au XIXème et comme l'héritier de Flaubert. Quand on y regarde de près, c'est Balzac qui est source de tout.

    On oublie souvent — et combien trop — qu'Honoré de Balzac a lui aussi écrit des nouvelles, des belles, des fortes, notamment régionalistes comme celle qui nous occupe aujourd'hui, spécialité à laquelle Maupassant s'attèlera bien plus tard. (À ce titre, j'en profite pour signaler que dans les journaux dans lesquels paraissaient ses nouvelles, Guy de Maupassant avouait clairement de quel maître il se réclamait en signant souvent du pseudonyme Maufrigneuse, le nom d'un des personnages de la Comédie Humaine.)

    Balzac nous concocte donc avec son Drame Au Bord De La Mer une nouvelle " à la Maupassant ", avant même que celui-ci n'ait vu le jour. Il nous fait débarquer au Croisic, qui, loin encore de jouir des bénéfices du tourisme balnéaire ou côtier, n'est encore à ce moment-là qu'une bourgade peu engageante, les pieds englués dans les marais salants de Guérande.

    Un petit couple d'amoureux (parisiens ?), venus mouiller à l'occasion leurs beaux souliers vernis auprès des bas peuples des rivages, histoire de humer l'air du large pendant quelques heures avant de s'en retourner dans les tourbillons de la vie citadine, tombent sur un pêcheur à pied d'allure misérable.

    Lui achetant grassement son homard et son araignée de mer, ils se concilient ses services en qualité de guide pour l'exploration de cette petite tranche de littoral. Celui-ci leur explique les meilleurs chemins, tant à marée haute qu'à marée basse, ainsi que...
    ... que cette espèce de grotte où l'on aperçoit un triste hère.

    S'ils veulent rejoindre Le Croisic, le plus court sentier passe devant la grotte, mais, s'ils n'y voient pas d'inconvénient, lui fera un détour pour éviter la grotte de l'ermite. Pourquoi diable cet homme inspire-t-il tant de crainte au pêcheur ? Est-il un voyou, un malfrat, un gredin, un bagnard oublié ?

    Cela ne semble pas être le cas. Le couple réclame des explications et le pêcheur en donne, plus que je ne saurais le faire moi-même car je considère comme un grand danger pour votre santé littéraire de vous en avouer beaucoup plus sur le passé houleux de l'ermite.

    Sachez seulement qu'il peut y être question d'éducation et dont le thème me rappelle un peu celui de la nouvelle L'Orphelin de Maupassant dans le recueil Le Père Milon Et Autres Nouvelles.

    Bref une petite nouvelle sympa, sans trop d'ambition, qui pourrait aussi, à la rigueur, exhaler des parfums de Simenon. Mais ceci n'est qu'un avis, une simple trame... au bord de la mer, secouée par les embruns de vos esprits affûtés, c'est-à-dire bien peu de chose.

    Critique de qualité ? (71 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 04/11/2013


    Études de femmes Études de femmes de Honoré de Balzac

    Encore une maladresse de facteur !
    Force m'est de constater que cela ne date pas d'hier et que la privatisation de La Poste n'est donc pas seule en cause.
    Étude De Femme est une nouvelle (du format de celles qu'aurait pu écrire Guy de Maupassant) faisant intervenir l'incontournable Eugène de Rastignac (voir, entre autre, Le Père Goriot) aux moments de sa jeunesse alors qu'il s'épanche dans une lettre à sa maîtresse, Delphine de Nucingen, la fille de Goriot.
    Le problème, c'est que l'épître en question, va atterrir non pas chez Madame de Nucingen mais chez la très pieuse, trop droite, tellement prude et si fidèle Madame de Listomère (voir par exemple Le Curé de Tours).
    Laquelle dame, comme on pouvait s'y attendre, prend tous les traits d'une femme offensée par cette déclaration impertinente.
    Mais, de vous à moi, l'est-elle tant que cela, offensée ?...
    Voici donc une petite nouvelle fort sympathique, sans prétention aucune, mais agréable à lire, du moins c'est mon avis, fort peu étudié, un parmi tant d'autres, c'est-à-dire bien peu de chose.

    Critique de qualité ? (71 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 16/03/2014


    Peines de coeur d'une chatte anglaise Peines de coeur d'une chatte anglaise de Honoré de Balzac

    Il existe de nombreuses éditions de cette nouvelle, seule ou en association avec d'autres (le plus souvent en association, mais pas toujours avec les mêmes nouvelles ou petits romans).

    Il s'agit d'une nouvelle ne faisant pas partie de l'ensemble de La Comédie Humaine (bien qu'elle s'en rapproche à mille égards) mais d'un étrange recueil collectif, Scènes De La Vie Privée Et Publique Des Animaux, où George Sand et Charles Nodier, notamment, avaient aussi participé.

    Dans cette brève nouvelle, Balzac anthropomorphise des animaux à la manière d'un La Fontaine, en l’occurrence, des chats (et dans une moindre mesure des souris et des rats).

    Il utilise ce procédé pour dépeindre la pruderie, l'hypocrisie et la fausseté de la haute société anglaise d'alors. Il nous parle de toutes ces " bonnes manières " qui s'étalent en public et qui n'en dissimulent pas moins un caractère aussi bas qu'ailleurs derrière les jolies tentures et les formules de politesse.

    Il nous évoque aussi le carcan que l'éducation puritaine et anglicane fait peser sur les femmes anglaises. Cette malheureuse Beauty, qui s'ennuie à mourir avec Puff, un gros matou bien élevé de l'aristocratie autrichienne et qui tout à coup s'émoustille lorsqu'elle découvre un audacieux chat de gouttière français, Brisquet, vif et pétillant, qui ne met aucune affectation ni dans ses manières ni dans son apparence physique, qui, si je puis me permettre, appelle un chat, un chat.

    Bien évidemment, Brisquet n'est autre que Balzac lui-même et il règle ses comptes avec ces (ou ses, au choix) chers Anglais, qui lui ont pourri son amourette adultère.

    C'est un Balzac dans un autre registre que celui dans lequel on le connaît habituellement, qui évoque peut-être plus des Voltaire, des La Fontaine, des Swift, des Diderot, mais cela reste extrêmement plaisant à lire et tellement court qu'on ne risque vraiment pas grand-chose à s'y essayer, à tout le moins, c'est mon avis, un tout petit avis, seulement destiné à ne pas que vous achetiez cette nouvelle chat en poche.

    Critique de qualité ? (70 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 05/11/2012


    Eugénie Grandet Eugénie Grandet de Honoré de Balzac

    " - Dis, Maman. Raconte-moi ton premier Balzac.
    - Eh bien, vois-tu, ma fille, mon premier Balzac n'avait rien de très poétique ni de très motivant.
    C'était par un temps gris d'automne, de la pluie et du vent à ne plus savoir qu'en faire. De plus, comme pour bon nombre d'entre nous, c'était une lecture imposée à l'école. Si tu savais comme je détestais ces lectures imposées. Bien souvent, je m'arrangeais pour ne pas les lire, pour faire illusion. Bref, cela m'est tombé dessus.
    Bien sûr, Balzac, je connaissais de nom, mais n'avais jamais rien lu de lui. On ne m'en avait dit que du mal, que c'était ennuyeux, pénible à lire, très démodé, une vraie corvée. Certains titres de ses romans m'étaient connus, mais pas celui-là. Non, ça ne me disait vraiment rien ce nom, Eugénie Grandet, je n'en avais jamais entendu parler.
    Ma mère était allée me l'acheter à l'une des mauvaises librairies de la ville, car, comme tu peux te l'imaginer, il n'y avait pas beaucoup de livres chez mes parents. Quand j'ai vu le livre que me rapportait ma mère, j'eus encore plus le bourdon. La couverture était moche comme il n'y a pas.
    Un samedi après-midi, il n'y avait vraiment rien à faire dehors, il pleuvait sans discontinuer. Notre chienne était sur le point de mettre bas et comme elle n'avait pas l'air très en forme, mon père m'avait demandé de la surveiller afin de pouvoir appeler le vétérinaire au bon moment si le besoin s'en faisait sentir.
    Alors je pris Eugénie Grandet avec moi et commençai à lire pour tromper l'attente. Je n'ai plus une conception précise du temps à partir de ce moment-là. Je sais juste qu'assez rapidement il m'a fallu allumer la lumière, soit que le ciel était trop gris, soit que la nuit commençait à tomber.
    Je sais aussi que je n'ai pas vu naître le premier petit chiot et que je me suis couchée tard ce soir-là. Il n'y avait pourtant rien à faire me semblait-il. Je ne me souviens pas avoir vraiment dîné, par contre, je me souviens parfaitement que ce jour-là, outre les six petits chiots, un grand amour pour Balzac est né... "

    Voilà un bien trop long préambule mais cela s'est réellement passé comme ça. Et ce n'est pourtant pas mon Balzac préféré ni même celui que je conseillerais à un jeune désireux de découvrir cet auteur. Mais celui-ci garde pour moi une saveur assez spéciale...
    Quoi vous dire que vous ne sachiez déjà sur cet ultra classique de chez classique ?
    Peut-être que, comme parfois chez Honoré de Balzac, le personnage qui donne son nom au roman ne semble pas être le personnage principal, du moins le plus marquant. Ici, la figure du père Grandet, ancien tonnelier avare ayant fait fortune à Saumur, trône au cœur du roman, lui dont l'ombre et la férule continueront de planer au-dessus de la tête de sa fille même bien après son décès.
    Quant au destin de sa fille Eugénie, il paraît n'être qu'un simple dommage collatéral de l'avarice maladive du vieux.
    Molière nous avait peint un avare pathétique jusqu'au rire, Balzac nous en sert un pathétique tout court, qui crève avec son magot, le cœur dur comme un granit et les paupières plus sèches que le désert.
    Eugénie et sa mère sont les pauvres témoins, voire, de vulgaires expédients du vieux radin. Elles n'ont nul droit à la chaleur humaine et surtout pas à l'amour. Le vieux non plus d'ailleurs, mais il s'en fiche comme d'une guigne tant qu'il a de l'or.
    À la mort du vieillard, Eugénie demeure richissime, mais effroyablement seule dans la froide maison de Saumur. Les oiseaux de proie tournent autour de ce jeune petit cœur naïf, petit cœur de femme qui a éclos coupée du monde et qui n'en connaît pas les dangers, petit cœur qui s'émeut et qui croit à l'éternité d'un premier amour né d'une rencontre fortuite, petit cœur qui croit en la pureté des hommes aimés et de leurs sentiments, petit cœur qui croit en l'inaltérabilité de la parole donnée, petit cœur qui croit qu'on l'aime pour ce qu'elle est non pour ce qu'elle possède... Aura-t-elle droit à sa parcelle de bonheur ? Ceux qui l'ont déjà lu le savent et pour les autres, je me dépêche de me taire et de vous laisser lire la fin...
    Ce monument de Balzac vaut principalement pour la dentelle dans laquelle l'auteur cisèle la sensibilité d'Eugénie, ses frêles attentes, ses désirs accessibles, son âme neuve, éprise de romantisme et si éloignée de la cruelle réalité de son père, de la rudesse confinant à la goujaterie de son cousin qu'elle aime, la dentelle encore avec laquelle Honoré de Balzac sait si bien nous faire sentir les attentes cupides des deux clans ennemis cherchant à tout prix à faire un beau mariage rentable avec Eugénie, la considérant, elle, comme une quantité négligeable.
    Sublime œuvre psychologique et sociale, écrite tout en finesse, en sensibilité, en amertume aussi, c'est à juste titre que ce roman figure parmi les plus célèbres de son auteur. Mais ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (69 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 21/04/2013


    Le message Le message de Honoré de Balzac

    Avec toutes mes condoléances, Madame...
    Vous l'aurez compris, Le Message est une courte nouvelle qui relate la tâche, ô combien ingrate, d'annoncer à une femme de l'aristocratie de province, la mort de son amant dont elle est follement éprise, alors qu'elle se trouve précisément dans le château séculaire de son mari légitime, et bien sûr, en présence de celui-ci, ce qui est plus drôle...
    Balzac s'en tire assez bien et nous fait toucher du doigt certaines sensations, sans toutefois qu'on puisse catégoriser cette nouvelle parmi les chefs-d'œuvre de l'auteur.
    Il y dépeint un aspect de la fibre romantique si présente dans la jeunesse.
    Une nouvelle vraiment pas essentielle dans le gros œuvre de la Comédie Humaine, mais assez plaisante tout de même, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.

    Critique de qualité ? (65 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 01/03/2014


    Madame Firmiani Madame Firmiani de Honoré de Balzac

    Madame Firmiani, c'est une courte nouvelle où Honoré de Balzac tâche de nous dire que les apparences sont parfois trompeuses. Bon, jusque là, pas de quoi être surpris car l'auteur est coutumier du fait.

    Là où c'est un peu plus rare, tant pour Balzac que dans la littérature en général, c'est quand les apparences nous laissent suggérer calcul et manipulation, intrigue et combinaison, et qu'en creusant un peu, on ne trouve que...
    ... de la discrétion et de la vertu.

    Oui, elle a tout pour plaire cette Madame Firmiani, elle est belle, encore jeune, pleine d'esprit, veuve ou peu s'en faut d'un mari que personne n'a jamais vu. Elle donne des réceptions où l'on ne côtoie que du beau monde, du raffiné s'entend et où la médisance ne semble pas la règle, comme c'est souvent le cas ailleurs.

    Dissipatrice, alors ? Ça c'est bien possible. Un bruit court que certains sont prêts à se ruiner pour ses beaux yeux. D'ailleurs, c'est suite à ce bruit que Monsieur de Bourbonne, un riche propriétaire terrien de province, vient s'enquérir du sort de son neveu chéri, Octave de Camps.

    Le vieil oncle a connu son neveu riche en province et le retrouve pauvre à Paris. Tous les témoignages concordent pour dire qu'il est un assidu du salon de Mme Firmiani. Sous un habile tour, M. de Bourbonne parvient à se faire introduire chez Mme Firmiani, un jour où il est sûr que son neveu ne peut s'y trouver.

    À la fin de la soirée, alors que tout le monde a déjà déserté le salon, lui reste seul au déni de toutes les convenances. Il désire plus que tout avoir un entretien privé avec elle. Il y a va tout de go, se présente et annonce la couleur : il est l'oncle d'Octave et s'étonne de le savoir dans le dénuement.

    Un trouble indéfinissable se peint sur le visage de Mme Firmiani. Mais bien malin celui qui pourrait interpréter ce trouve et il ne faut pas compter sur moi pour vous en dire davantage.

    Bref, une petite nouvelle, sans déplaisir mais également sans prétention, avec une fin heureuse qui pourra satisfaire le dépressif ou l'optimiste. Mais bien sûr, ceci n'est que mon avis, un bruit qui court — encore un ! — sur Madame Firmiani, c'est-à-dire, bien peu de chose.

    Critique de qualité ? (63 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 18/04/2013


    Illusions perdues Illusions perdues de Honoré de Balzac

    Une grande inspiration, un œil décidé et c'est parti pour cette critique qui me tient tant à cœur. C'est que j'ai peine à vous dire tout l'amour que j'ai pour Balzac en général et pour les Illusions Perdues en particulier.
    Il est tellement malmené au lycée, on lui fait porter un tel chapeau à mon pauvre petit Honoré, on nous donne souvent tellement peu envie de s'aller essayer à la Comédie Humaine que s'en est presque consternant. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir varié tant la taille que le type de ses écrits, mais tout tourne autour de 4 ou 5 titres qu'on se refile d'année scolaire en année scolaire, comme un vilain rhume.
    Ici, vous êtes au centre de l'édifice énorme, labyrinthique, monumental que constitue la Comédie Humaine, au cœur du donjon, pilier porteur essentiel.
    Quand bien même n'aurait-il écrit que cet unique roman que Balzac eût été, sans nul doute, l'un de nos plus grands écrivains de langue française.
    L'auteur déploie dans ce livre sa quintessence, celle qui en fait un géant de la littérature française et mondiale. Pas UN Balzac, mais LE Balzac, le MAGIC-BALZAC comme on le rêve : riche, tonique, corrosif, lucide, drôle et tout, vraiment tout, ce qu'on peut attendre d'un roman du XIXème siècle.
    Chapeau bas Monsieur Balzac ; on a beau dire, on a beau faire, ils ne sont pas si nombreux ceux qui vous arrivent à la cheville et, s'il fait moins vibrer les trémolos du pathos que ne le fait Victor Hugo, ne nous y trompons pas, cette œuvre est du calibre des Misérables, aussi franche et savoureuse que Le Comte De Monte-Cristo, les deux seuls romans francophones de ce siècle à pouvoir faire moindrement le poids face à ce monstre sublime que nous a légué Honoré de Balzac.

    La première partie intitulée Les Deux Poètes nous présente, vous l'imaginez, les deux amis : l'un, David Séchard, fils d'un imprimeur d'Angoulême, économe, la tête sur les épaules, qui a fait des études à Paris et qui a surtout compris qu'il ne pourrait jamais compter sur son père, aussi avare dans son genre que le père Grandet (voir Eugénie Grandet) ce qui n'est pas peu dire. L'autre, Lucien Chardon, fils d'un apothicaire, issu d'une branche noble par sa mère, les " de Rubempré ", possède un talent littéraire indéniable et semble attiré par le grand monde et les lumières de la grande ville comme les papillons sur les lampes à incandescence.
    La question étant de savoir s'il se brûlera les ailes auprès de Madame de Bargeton, une célébrité aristocratique locale. Le titre du roman pourrait presque, à l'extrême limite, vous donner un tout petit indice, mais je n'en suis pas bien sûre...

    La deuxième partie, Un Grand Homme De Province À Paris, comme son nom l'indique, déplace l'un des personnages principaux, Lucien Chardon (ou de Rubempré selon qu'on considère ou non son ascendance noble du côté maternel), d'Angoulême à Paris.
    Lucien quitte tout pour les beaux yeux de Madame de Bargeton, une aristocrate provinciale qui s'est éprise de lui. Très vite, le grand monde va se charger d'exclure ce rejeton illégitime de la noblesse et donc, de faire cesser l'admiration de Mme de Bargeton pour son petit protégé de poète.
    En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, seul et avec le coût exorbitant de la vie parisienne, Lucien se retrouve dans l'indigence la plus noire, avec pour seul espoir, sa jeunesse et son talent de plume. Il a le bonheur de faire la connaissance de Daniel d'Arthez, jeune écrivain incorruptible, initiateur du Cénacle, cercle d'amoureux des arts, prêts à tout pour aller jusqu'au bout de leur art sans tremper jamais dans aucune compromission, d'aucune sorte.
    Lucien sera très vite fasciné par cet droiture morale, cet ascétisme de pensée et de travail, dont les résultats commencent à porter leurs fruits dans son esprit critique et dans son maniement de la plume.
    Cependant, Lucien, pauvre comme les pierres, va lorgner abondamment vers les lumières du journalisme et ses succès faciles, richement rétribués. L'ascension de Lucien va être fulgurante, lui permettant au passage de tailler des costards à ses vieilles connaissances angoumoisines qui l'ont si lâchement laissé tomber à son arrivée dans la capitale.
    Néanmoins, être talentueux n'est pas sans risque, comme vous le découvrirez à la lecture de cette partie.
    Balzac nous offre des pages sublimes et dresse un portrait corrosif et peu flatteur tant du journalisme que du monde de l'édition. Un portrait qui sent éminemment le vécu et qui ne semble pas avoir pris une ride.
    Les requins et les fourbes d'aujourd'hui ne sont guère différents de ceux d'hier. C'est en cela que l'universalité et le talent de visionnaire de Balzac était (Baudelaire s'en émerveillait), est et demeurera impressionnant.

    Dans la troisième et dernière partie baptisée Les Souffrances De L'Inventeur, après ce long épisode parisien ayant Lucien pour protagoniste principal, Balzac poursuit en synchronique avec la destinée de sa sœur Ève et de David Séchard, restés à Angoulême dans le même temps.
    L'auteur y développe, avec un luxe qui sent trop le vécu pour ne pas avoir son origine dans ses propres mésaventures personnelles, la savante machinerie de l'extorsion de l'invention d'un concurrent par le biais des lois, le concours des créanciers et l'entremise des hommes sensés être les garants de l'équité sociale. Ainsi, David Séchard, mis dans de cruels draps par les trois faux billets de mille francs signés à son insu par Lucien, se retrouve entre les griffes voraces des frères Cointet, imprimeurs, usuriers et banquiers d'Angoulême.
    Malgré la défense héroïque du secret de fabrication de David par les deux infortunés époux Séchard, le destin s'acharne à leur vider les poches (enfin, le destin, c'est surtout les frères Cointet, Petit-Claud, l'avoué véreux, le fourbe Cérizet, l'avare père Séchard et Lucien involontairement par-dessus le marché).
    Lucien, voyant dans quelle déroute il a mis sa sœur et son beau-frère est prêt au sacrifice suprême, mais il rencontre un bien singulier prêtre, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un ancien bagnard qu'on a bien connu dans Le Père Goriot...
    Balzac règle ses comptes avec les usuriers, banquiers, notaires, avocats et autres juges. Bref, une fin sublime pour ce roman qui ne l'est pas moins, et de bout en bout, mais tout ceci, vous l'aurez compris, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose, le mieux, et de loin, que vous ayez à faire, c'est de le lire. Je vous rembourse la différence si vous n'y trouvez pas votre compte et n'êtes pas satisfaits.

    P. S. : c'est dans ce roman que Balzac invente un néologisme qui fera long feu, notamment via Jacques Brel, à savoir la " soulographie ".

    Critique de qualité ? (59 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 18/11/2013


    Le message Le message de Honoré de Balzac

    AVEC TOUTES MES CONDOLÉANCES...
    Eh oui, en effet, Le Message est une courte nouvelle qui relate la tâche, ô combien ingrate, d'annoncer à une femme de l'aristocratie de province, la mort de son amant dont elle est follement éprise, alors qu'elle se trouve précisément dans le château séculaire de son mari légitime.
    Honoré de Balzac s'en tire assez bien et nous fait toucher du doigt certaines sensations, sans toutefois qu'on puisse catégoriser cette nouvelle parmi les chefs-d'œuvre de l'auteur.
    Il y dépeint un aspect de la fibre romantique si présente dans la jeunesse.
    En somme, une petite nouvelle sans prétention, sans déplaisir non plus, mais ceci, n'est bien sûr que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (58 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 12/09/2012


    Le Père Goriot Le Père Goriot de Honoré de Balzac

    Qu'est-ce qui n'a pas été dit, écrit, filmé, dessiné, radiodiffusé sur Le Père Goriot, en particulier, et sur Balzac, en général ?
    Réponse : à peu près rien. Mais s'il est vrai que parmi cet amas épais et hétérogène tout a probablement été dit et bien dit, tout le monde, moi la première, moi surtout, n'a probablement pas lu le monceau impressionnant d'avis ou de critiques littéraires qui ont été laissés à son sujet.
    Alors je ne ferai très certainement que répéter ce que d'autres auront dit bien avant moi et de bien meilleure façon que je ne saurais le faire. Excusez-moi pour cette somme de mauvaises redites.
    En premier lieu, première redite, qu'il s'agit d'un très bon roman et que c'est une bonne porte d'entrée pour s'en aller frétiller dans l'immense testament littéraire que nous a laissé le bon Honoré et qui se nomme La Comédie Humaine. Néanmoins, je tiens à souligner que manifestement trop de lycéens ont eu à "subir" ce roman à un âge où, selon toute vraisemblance, ils n'étaient pas prêts à goûter toute la saveur du vécu et le cruel réalisme qui émane de cette pièce maîtresse lorsqu'on le lit quelques années plus tard. Je vais donc clairement vous dire que si j'avais à faire découvrir Balzac à quelques jeunes personnes, je ne choisirais sans doute pas ce roman comme première approche. Passé la trentaine, pourquoi pas, même s'il va sans dire qu'on est apte à jouir de toute la saveur de cette œuvre bien avant trente ans, je suis fermement convaincue qu'il réclame à la fois vécu et investissement dans sa lecture, deux choses qui ne sont pas monnaie courante à un âge précoce.
    Ensuite, deuxième redite, que toutes les clefs d'écriture qui sont propres à Honoré de Balzac se retrouvent ici : la description première (celle qui rebute souvent les néophytes) un peu comme le ferait un peintre qui soignerait particulièrement son décor avant d'entamer la figure centrale de sa toile, ensuite, la mesquinerie ou la loupe focalisée sur les défauts de ses personnages souvent très haut ou très bas en couleur, puis le ton ironique, sarcastique, cynique, caustique, désabusé avec lequel l'auteur nous raconte ses histoires, viennent ensuite les accélérations, les montées en puissance de l'intrigue, les coups de projecteur sur le passé d'un personnage que l'on croit bien connaître (les fameux éclairages rétrospectifs dont parle Proust), puis les sortes de tonnerres ou de descentes aux enfers du final.
    Enfin, vous étonnerais-je en prétextant que le père Goriot n'est probablement pas le personnage principal de ce roman même s'il en est la morale de la fable ? Vous recommanderais-je le savoureux verbe du truculent Vautrin alias..., vous découvrirez qui, et de sa vision du monde ? Oui, "le monde selon Vautrin" vaut vraiment le détour. Alors, bon séjour en immersion dans le noir Paris du début XIXème siècle.

    Juste pour la route et pour parfaire mon content de redites, quelques mots de l'intrigue au cas où vous ne la connaîtriez pas.
    Eugène de Rastignac, jeune étudiant débarque de sa province à Paris dans le but de s'y faire un nom et une situation. Malheureusement pour lui, même si la famille possède le lustre de la particule, si utile dans le grand monde, elle ne lui procure pas de rentrées d'argent suffisantes au train qu'il convient d'afficher à Paris lorsqu'on aspire à devenir un dandy.
    Le père Goriot, quant à lui, pour son plus grand malheur a deux filles. Deux filles qu'il aime mieux que lui-même, deux filles pour lesquelles il sacrifierait sa vie, deux filles belles comme l'aurore... et ingrates comme le sont les belles filles roturières qui se veulent du grand monde.
    Notre brave père Goriot, commerçant prospère, ne recule donc devant aucun sacrifice financier susceptible de lui attirer "l'affection" de ses deux vénales progénitures...
    Voici Honoré de Balzac dans tout sa splendeur et sa misère, lui le courtisan désabusé et parfois vindicatif, lui le magicien, l'inventeur du roman moderne, lui le génial observateur de cet étrange animal qu'on nomme "l'humain", lui, l'un de mes auteurs fétiches, mais ce n'est là qu'un fort misérable avis, un parmi pléthore d'autres et d'autre carrure et d'autre facture, autant dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (57 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 02/05/2013


    La grande Bretèche La grande Bretèche de Honoré de Balzac

    Qu'y a-t-il derrière un mur abandonné ? Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qu'il pouvait bien y avoir derrière ce que l'on prend du soin à dissimuler ?
    Combien de fantasmes, d'histoires rocambolesques ne nous sommes-nous pas déjà construits, échafaudé sur rien de tangible, juste une impression qu'on nous cachait quelque chose.
    Balzac titille cette fibre en nous grâce à La Grande Bretèche, une très belle nouvelle ayant à nouveau pour narrateur le médecin Horace Bianchon, tout comme la non moins réussie Messe de l'Athée.
    Notre Honoré national nous emmène cette fois dans le Vendômois, où Bianchon s'est pris d'une passion pour un lieu insolite : La Grande Bretèche.
    Il s'agit d'un magnifique domaine en bordure du Loir, parc à la française et manoir de caractère, le tout complètement laissé à l'abandon depuis au bas mot une dizaine d'années. Le médecin y goûte quelques temps le bonheur d'un lieu de recueillement propice à la création poétique. Jusqu'au jour où un vieux notaire de sinistre physionomie, maître Regnault, vient lui signifier qu'il n'est pas permis à qui que ce soit de pénétrer sur ce domaine et ce, par volonté testamentaire.
    Quel mystère baigne cette incompréhensible décision d'un mourant ? c'est ce que vous découvrirez en même temps que Bianchon qui, émoustillé par le piment de l'intrigue décide d'en connaître le fin mot, quitte à tirer les vers du nez de Madame Lepas, l'aubergiste ou à faire les yeux doux à Rosalie, l'ancienne femme de chambre du domaine.
    Par ce bref récit, Honoré de Balzac nous livre une nouvelle fois toute l'étendue de son talent de conteur ; si doué à susciter les merveilleux parfums de l'évocation et si prompt à faire palpiter les ressorts du suspense. Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (56 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 25/05/2013


    L'Interdiction L'Interdiction de Honoré de Balzac

    L'Interdiction est un titre qui peut porter à confusion quand on ne sait à quoi cette interdiction se réfère.
    De nos jours, la formule consacrée pour désigner cette forme d'interdiction serait très certainement " la mise sous tutelle ".
    Ici, il sera bien sûr question d'argent, de jugement, et, accessoirement, de noblesse.
    En effet, la très noble, très en vue et très soucieuse de son apparence, Madame la Marquise d'Espard, qui vit séparée de son légitime époux et de ses deux enfants depuis douze ans, réclame cette susnommée interdiction à l'encontre de son mari, estimé fou et non responsable de ses actes, notamment en qualité de spoliateur et de dissipateur d'une fortune appréciable.
    La marquise, qui tient un salon très couru fréquenté par nombre de (très) grosses légumes (il s'agit de cette même personne qui sera la protectrice de Madame de Bargeton dans les Illusions Perdues), essaie de jouer de toutes ses influences pour piper les dés de l'arbitrage judiciaire.
    Or, le juge d'instruction mandaté pour faire toute la lumière sur cette requête en interdiction n'est autre que l'humble, discret et fort honnête juge Popinot, positivement connu des pauvres et des nécessiteux, oncle du non moins philanthrope médecin Horace Bianchon, vieille connaissance des habitués de la Comédie Humaine.
    Après un démarrage assez poussif, Honoré de Balzac relance l'intérêt de ce petit roman et nous ravit en faisant de son juge Popinot un avatar avant l'heure du célèbre lieutenant Colombo.
    Jean-Jules Popinot, homme d'allure minable, qui joue les niais mais qui sait mieux que personne percer à jour les plus habiles plaideurs et les plus retorses intentions et qui laisse stupéfaits (j'allais écrire " interdits ", mais ce ne me semble pas judicieux) ceux qui l'ont sous-estimé de prime abord.
    Qu'en est-il de la folie du Marquis d'Espard ? Qu'obtiendra la ravissante fourberie de la Marquise ? Voilà bien deux questions pour lesquelles je m'en voudrais de vendre la mèche.
    En somme, un bon petit roman (peut-être même qualifiable de nouvelle) qui une nouvelle fois met à mal tant la Vertu humaine (avec un grand V comme Vérole) que le crédit qu'on peut escompter de notre sacro-sainte Justice (avec un grand J comme Judas).
    Oui, une fois encore, n'hésitez pas à venir gratter un petit peu le vernis de l'humanité avec notre vieil ami Balzac, afin de voir ce qu'il y a en-dessous, vous ne serez pas déçus, à tout le moins, c'est mon misérable avis, qui ne vaudrait pas grand-chose en justice.

    Critique de qualité ? (55 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 02/03/2014


    Gambara Gambara de Honoré de Balzac

    Quelle est la forme ultime de l'art ?

    Honoré de Balzac nous interpelle sur cette question dans Gambara, comme il l'avait fait dans Le Chef-D'Œuvre Inconnu. Si le thème est le même, la facture est différente. Ici, il n'est pas question de peinture mais de musique.

    Ce thème, donc, c'est celui de la quête de l'art absolu pour les artistes. Dans le chef d'œuvre inconnu, le vieux maître Frenhofer, cherche à toujours s'approcher de la perfection en peinture, quête perdue d'avance et qui, malgré le talent indéniable du peintre, ne lui permet pas de produire quoi que ce soit de tangible.

    Dans cette nouvelle, Paolo Gambara est un musicien italien qui souffre du même trouble. Tellement prodige, tellement en symbiose avec la musique qu'il va au delà de ce qui est compréhensible musicalement par le commun des mortels. Si bien que son opéra Mahomet est tout simplement inaudible.

    À telle enseigne que tout le monde croit Gambara être un fort piètre musicien. Le message de Balzac semble être que pour les artistes, il ne convient pas de s'éloigner trop des formes d'art que l'intelligence commune est capable de déchiffrer, sous peine d'immobilisme et d'incompréhension généralisée.

    En ce sens, l'auteur se rapprocherait de la définition que Kant donne en substance du beau dans Critique de la Faculté de Juger (citation de mémoire ne respectant pas la lettre) : est beau ce qui plait et ce qui donne une satisfaction sans qu'il soit besoin de posséder au préalable aucun concept.

    Ceci nous entraine sur un sentier de réflexion passionnant, à savoir, le fait que l'art doit rester accessible au novice et donc, une affaire de " non-initiés ". Vaste question pouvant susciter de vastes débats... Voilà pourquoi cette nouvelle fut catégorisée par l'auteur comme une étude philosophique dans La Comédie Humaine.

    Balzac greffe sur ce message une histoire d'amour, pas franchement nécessaire entre un riche comte milanais, Andrea Marcosini et l'épouse de Gambara, Marianna. Il dédouble le génie incompris de Gambara avec le personnage du cuisinier Giardini, également génial et incompris, qui sert d'entremetteur à Andrea pour la conquête de Marianna.

    Mais surtout, cette nouvelle pèche, à mon sens, par le côté indigeste des explications musicales auxquelles se livre Gambara, tout d'abord sur son propre opéra Mahomet, puis, sur l'opéra (qui existe vraiment) Robert le diable de Giacomo Meyerbeer. Sur un texte aussi court, ces descriptions longues et fastidieuses sont préjudiciables.

    C'est la raison pour laquelle je considère cette nouvelle comme un peu moins " al dente " que d'autres du si génial et prolifique Honoré de Balzac. Mais vous connaissez la musique, ceci n'est que mon avis cacophonique, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (53 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 22/04/2013


    Gaudissart II Gaudissart II de Honoré de Balzac

    Comme il vous plaira, Madame...
    Honoré de Balzac avait brossé le portrait type du Vendeur Représentant de Commerce dans L'Illustre Gaudissart. Ici, dans cette mince nouvelle, contrairement à ce que le titre pourrait laisser à penser, il ne fait pas reprendre du service à son personnage de Félix Gaudissart, plus particulièrement spécialiste en vente d'articles de chapellerie, mais s'adresse à nous en nous désignant cette " caste " de vendeurs-beaux parleurs-arnaqueurs-souriants comme étant tous, chacun à sa façon, des Gaudissart.
    Ce n'est pas tant le commis qui est le fer de lance de la nouvelle, ni même la femme bourgeoise de Paris, qu'il prend un si malin plaisir à écorner, elle aussi, mais c'est plutôt l'interaction vendeur/acheteuse qui est mise en avant ici, avec délectation.
    Du coup, l'auteur nous livre une petite nouvelle assez désincarnée, par rapport à d'habitude, se voulant plus une analyse extérieure à caractère général d'un fait de société, qu'une histoire à proprement parler et dont le ton rappelle beaucoup celui de Petites Misères De La Vie Conjugale.
    C'est toujours assez caustique et mordant, tant pour les combines des vendeurs que pour les manières des acheteuses, mais pas plus que d'ordinaire chez cet auteur.
    Encore un fameux exemple d'éthologie humaine signé Balzac, cet œil d'observation toujours si aiguisé, pas non plus du MAGIC-BALZAC, mais un bon moment à passer lorsque vous êtes dans les transports en commun ou que vous projetez un achat de châle, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (53 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, le 07/03/2014


    Le Réquisitionnaire Le Réquisitionnaire de Honoré de Balzac

    Le Réquisitionnaire est une petite nouvelle qui a pour cadre la Terreur des années 1793-94 et ses suites.
    L'héroïne de cette histoire est une comtesse, madame de Dey, veuve d'un gradé militaire (c'est-à-dire, à l'époque, forcément un noble, or, en ces temps troublés de la révolution, il ne fallait guère faire montre de ses titres et de ses privilèges).
    C'est ce que madame de Dey a bien compris en se repliant en ses terres normandes, où elle mène une vie humble et non sujette à convoitise vis-à-vis des personnes importantes du cru, tout en étant généreuse et secourable pour les populations miséreuses qui voisinent son domaine, s'attirant ainsi une sympathie générale et unanime, qui lui laisse de droit de vivre sans trop de craintes cette période difficile pour l'aristocratie française.
    Mais madame de Dey, outre le fait d'être une belle veuve de trente-huit ans qui ferait un parti très convenable pour beaucoup de prétendants, est également la mère d'un fils qui représente tout pour elle et qui, lui, a dû s'exiler pour fuir la rage homicide révolutionnaire.
    Ce noble chérubin de dix-huit ans a, comme son père, embrassé la carrière des armées, mais bien évidemment, pas au service des autorités françaises.
    La vie calme et bien orthométrée de madame de Dey subit soudain un bouleversement lorsqu'elle reçoit un billet souillé qui lui indique que son fils a été fait prisonnier mais qu'il est question de négocier son évasion. Si cette escapade réussit, il sera chez elle dans quatre jours au plus tard, si elle échoue, qu'adviendra-t-il de lui ?...
    Honoré de Balzac nous dresse le décor d'une belle petite nouvelle savoureuse mais, je suis au regret de déplorer une chute que je juge particulièrement creuse et artificielle qui nuit à la bonne impression d'ensemble. Je suis donc plus que mesurée dans mon enthousiasme à conseiller cette nouvelle, qui est selon moi, loin d'être la meilleure de l'auteur. Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (52 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 16/11/2013


    Gobseck Gobseck de Honoré de Balzac

    Gobseck est encore l’un de ces magnifiques romans-portraits auxquels Honoré de Balzac nous a habitué.
    Ici, il s'agit d'un vieillard et, si vous me permettez le calembour douteux, on peut dire que celui-ci, il gobe sec.
    Peu importe et ce n’est pas pour nous déplaire car le tableau est particulièrement réussi et haut en couleur (ou plus exactement, bas en couleur pour être plus conforme au personnage).
    L'auteur fait reprendre du service à l’avoué Derville (voir Le Colonel Chabert) pour nous narrer le caractère, plus que l’histoire, de l’étrange Gobseck.
    Celui-ci, hollandais de naissance usurier d’adoption, ne reconnais en effet que le pouvoir et les sortilèges de l’or. C’est le prêteur sur gage le plus rapace et le plus efficace de Paris.
    L’on ne sait qu’une chose en entrant chez lui : on ressortira probablement avec de l’argent mais il va nous coûter cher !
    Balzac le dépeint comme un cynique de la dernière espèce, tellement au fait des usages et des déviances des hommes qu’il en possède presque un don de divination.
    Pourtant, et c’est là tout le génie de l’auteur, il arrive à faire poindre des nuances de hautes valeurs morales derrière cette façade inaltérable et impitoyable.
    Le roman est court mais absolument truffé de phrases dignes de figurer dans nos pages roses de proverbes tellement elles semblent recéler une vérité générale.
    Bref, un vrai petit chef-d’œuvre très largement sous estimé et sous connu de Balzac, mais ceci, bien sûr n’est que mon avis, qu'on ne peut guère laisser en gage et qui donc, ne vaut pas grand chose.

    Critique de qualité ? (52 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 21/01/2013


    Le Père Goriot Le Père Goriot de Honoré de Balzac

    C'est toujours avec émotion que je regarde mon exemplaire du Père Goriot sur mes étagères.

    Ce roman a été mon premier vrai coup de coeur pour un classique. Non pas que je n'en avais pas lu avant, c'est juste que celui là a été une révélation !
    C'était à la fin de ma 4ème (ok ça date!), j'étais l'une des seules à avoir lu et apprécié Eugénie Grandet et quelques mois après j'ai vu ce livre du même auteur et je me suis dit "pourquoi pas!".

    Et là, dès que j'ai ouvert le livre... Je ne voulais plus le lâcher ! A tel point que je l'ai dévoré en 2 jours ! Le sort de ce père si gentil et si dévoué à ses 2 filles qui se révèleront êtres ingrates, des vraies pestes ! Et qui, pire encore, abandonneront leur pauvre père à son sort alors que lui ne cessera jamais de les aimer.

    Maintenant que je suis devenue adulte, quand j'ouvre des pages au hasard, l'histoire prend encore une autre dimension. Je ne suis plus une adolescente dans le délire "les adultes sont tous nuls et personne ne me comprend", et ce personnage de père me touche encore plus qu'il y a 14 ou 15 ans maintenant.

    Libre à chacun d'en penser ce qu'il voudra, mais il me semble que c'est à ce genre de "détails" qu'on reconnaît un grand livre !

    Critique de qualité ? (52 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 11/06/2013


    La Maison Nucingen - Melmoth réconcilié La Maison Nucingen - Melmoth réconcilié de Honoré de Balzac

    Ce livre regroupe deux courts romans d'Honoré de Balzac n'ayant pas forcément grands rapports entre-eux, si ce n'est que le second fait intervenir un personnage travaillant dans la banque, dont il est question dans le premier. Hormis ce lien ténu, on pourrait se gratter longtemps la tête pour chercher d'autres similitudes et seul l'éditeur pourrait éventuellement nous l'expliquer s'il était en mesure de le faire, ce dont je me permets de douter. Mais peu importe.
    Tout d'abord, La Maison Nucingen, roman de petite taille où Balzac invite son lecteur à être une oreille indiscrète qui écoute aux portes des confidences de quatre larrons, journalistes ou apparentés journalistes, bien connus de la comédie humaine: Bixiou, Blondet, Couture et Finot. Lesquels amis commentent la réussite financière aussi subite qu'étonnante d'Eugène de Rastignac (héros du père Goriot) sous l'impulsion du Baron de Nucingen. L'auteur y dresse un bref portrait du financier dont Nucingen est selon lui l'archétype, ainsi que de la mécanique d'auto dévaluation ou réévaluation de ses propres valeurs. Le tout visant à faire exploser ou imploser temporairement la masse d'un portefeuille d'actions en vue soit de sa cession au-dessus de sa valeur réelle ou réciproquement de son rachat bien en-dessous.
    Évidemment, beaucoup sont les dupes de ces transactions, et d'autant plus que l'on est un proche de Nucingen, que Balzac compare à un loup-cervier et qui, s'il est la cause de la fortune de Rastignac, ne lui procure pas cet avantage par sympathie ou amitié, mais juste parce qu'il a besoin d'un porte-parole crédible pour ébruiter des " fuites " volontaires dans le dessein d'affoler les places financières à son profit.
    Cette mécanique boursière est reprise, complétée et développée dans l'excellent roman d'Émile Zola, L'Argent. On peut en effet reprocher à Honoré de Balzac, une fois n'est pas coutume, le côté succinct de la façon dont il traite un sujet aussi vaste, et aussi important de sa comédie humaine, car, peu ou prou, l'argent est cause de tous les maux de son œuvre. Qui suis-je pour prétendre faire la fine bouche sur le travail de Balzac ?
    Ensuite vient Melmoth Réconcilié où l'auteur nous questionne sur nous-même : Que ferions-nous si nous disposions d'un pouvoir illimité ? Qu'adviendrait-il de nous ? de nos désirs ? de os espérances ?
    Tout comme il se réapproprie le mythe de Dom Juan dans L'Élixir De Longue Vie, ici, Honoré de Balzac revisite à sa façon le thème du pacte avec le diable que Goethe avait fraîchement mis en lumière dans son Faust.
    Mais ici, après une entrée en matière tonitruante et corrosive à souhait, Balzac fait récipiendaire de son pacte diabolique un obscur caissier de la banque de Nucingen. (D'où le vague lien entre les deux livres, je suppose.)
    Cet insignifiant caissier, Rodolphe Castanier, plongé dans les dettes jusqu'au cou pour les beaux yeux d'une apprentie prostituée repêchée in extremis sur le pavé de Paris, s'apprête à commettre sa plus savante malversation pour s'assurer le confort d'une nouvelle vie à l'étranger lorsqu'il voit apparaître un sinistre anglais du nom de John Melmoth.
    Celui-ci voit tout, devine tout, domine tout et impose son fait. Le caissier éberlué, au bord de l'abîme, déjà aspiré par les affres du gouffre, ne voit d'autre choix que d'accepter le pacte que lui soumet l'Anglais démoniaque.
    Doué de ce don nouveau de vue extralucide, Castanier voit tout, les trahisons de sa maîtresse, les intentions fourbes des servantes, les soifs mesquines, les désirs fades, la grande comédie qu'est la vie. Un peu comme pour le Peter Schlemihl de Chamisso, la fortune de Castanier prend un goût très amer sitôt qu'elle s'offre à lui.
    À l'étroit dans son omnipotence, rien n'est jamais aussi simple et beau qu'on se l'imagine vu d'en bas et c'est sur cette douloureuse réflexion que l'auteur nous place au travers de ce petit roman qui tient, à juste titre, sa place dans la section " études philosophiques " de la Comédie Humaine.
    Le trait fantastique n'est pas ce que je préfère chez Balzac, mais ce petit volume se laisse lire sans aucun déplaisir. Au final, un livre très correct, mais assurément pas la fine fleur de l'auteur, en tout cas, c'est mon avis, c'est-à-dire, il est vrai, bien peu de chose.

    Critique de qualité ? (51 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par isajulia, le 23/07/2013


    La Recherche de l'Absolu La Recherche de l'Absolu de Honoré de Balzac

    La maison Claës à toujours joui d'une réputation honorable en Flandre. Famille puissante et riche , les descendants de la lignée ont toujours perpétré la respectabilité de leurs aïeux au fil du temps. L'intrigue met en scène Balthazar Claës et sa femme Joséphine, le couple vit heureux en compagnie de leurs enfants dans leur grande maison de Douai. L'harmonie et la prospérité du ménage sont exemplaires, chaque jour étant fait de joie et d'amour. Balthazar, bon père de famille et mari aimant va un jour héberger sous sont toit un vieux polonais qui va lui exposer toute une théorie scientifique concernant l'Absolu. Il n'en faut pas plus à Balthazar, ancien disciple de Lavoisier, pour manifester un intérêt sans limites aux arguments du vieil homme. C'est alors que la rivale la plus dangereuse, la science, va venir semer le trouble dans l'harmonie de la famille. Balthazar se dévouera corps et âme dans la recherche de l'Absolu mais à quel prix...

    Dieu sait si j'avais du mal avec le style de Balzac et bien La Recherche de l'Absolu est vraiment grandiose. Avec des personnages forts et attachants, une histoire prenante à souhait, voilà qui m'a enfin réconciliée avec ce cher Honoré.
    Ce roman met deux grands thèmes en avant. Tout d'abord les femmes, ici deux grandes héroïnes, Joséphine l'épouse de Balthazar et Marguerite, sa fille aînée. Face au démon de la science, qui emportera l'une, l'autre devra faire face aux réalités du quotidien avec courage pour tenter de reconstruire sur les ruines de la tornade qui a balayé l'harmonie du foyer. Nous suivons avec admiration à cette prise d'indépendance, au changement de ce caractère d'enfant qui laisse place à une maturité de femme qui accomplira des prouesses pour préserver sa famille. Cette force d'âme illumine le récit et contribue à embarquer le lecteur dans la bataille de longue haleine qui sera menée.
    En dehors de ses personnages féminins, la science est le véritable point de mire du roman. Passion destructrice qui emportera doucement Balthazar dans la folie, délaissant les siens et causant leur ruine. Notre héros, accumulant les expériences sans résultats mais ne pouvant se détacher de cette diabolique compagne qui telle une drogue le grignote et lui fera courir toute sa vie après une chimère. Nous assistons un peu à une lutte sans merci entre le bien et le mal, c'est avec hâte que je tournais les pages afin de savoir qui l'emporterai sur qui.
    J'ai pris un grand plaisir à lire ce livre, les 100 premières pages qui sont uniquement des descriptions et pourraient refroidir de prime abord sont finalement très utile pour la mise en place de l'histoire. Une fois rentrés dans le vif du sujet, ce roman ne se lâche plus jusqu'à la fin.
    Je remercie mon ami B, avec qui je partage la passion de collectionner les affichettes de marabouts, de m'avoir conseillé ce livre. La Recherche de l'Absolu étant son Balzac préféré, je devais lui faire honneur en le lisant à mon tour. Foncez, c'est un vrai bijou!
    A lire !

    Critique de qualité ? (50 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 27/05/2013


    La comédie Humaine, tome 1 La comédie Humaine, tome 1 de Honoré de Balzac

    Voilà quelque temps que je médite d'écrire un petit commentaire non tant sur l'œuvre elle-même dont vous savez depuis le temps tout le bien que je pense et pour laquelle j'ai déjà posté des commentaires ailleurs, mais plutôt sur cette édition.
    Cette collection de Classiques Garnier parue en 2008-2009 (il ne s'agit que d'un rachat de nom car les " véritables " Classiques Garnier à reliure jaune avec appareil critique de haut vol n'existent plus depuis belle lurette) présente vraiment beaucoup d'avantages.
    Le livre est parfaitement équilibré, pas trop lourd, agréable en main avec une couverture rigide de qualité. Les notes, ni trop nombreuses ni trop absentes sont situées en bas de page et n'obligent pas à d'incessants va-et-vient, ce qui est parfois lassant dans certaines éditions.
    Je ne vous cache pas que même s'ils sont plus encombrants que les Pléiades (pas imprimé sur du papier bible donc un peu plus volumineux) je les préfère largement, notamment pour le confort de lecture qui est un vrai bonheur dans cette série.
    Les regroupements, bien que bon an mal an suggérés par le classement de Balzac, n'est pas inintéressant. Ce volume 1, pas choisi au hasard bien que respectant dans l'ordre des quatre livres les prescriptions de l'auteur, est une sorte de best of à lui tout seul.
    Choix admirable pour donner envie de se plonger dans la Comédie Humaine.
    Bref, si vous hésitez sur le choix d'une collection sympa pour vous offrir cette fresque littéraire, je vous conseille sans hésitation celle-là qui vous donnera bien du plaisir. Mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    P. S. : Pour information, ce volume contient les quatre romans ou nouvelles suivants (dans cet ordre) : Le Père Goriot, Le Colonel Chabert, La Messe De L'Athée et L'Interdiction. J'ai apporté à chacun d'eux un avis plus détaillé quant à l'œuvre directement sur chacun des titres.

    Critique de qualité ? (49 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 26/07/2013


    La Femme de trente ans La Femme de trente ans de Honoré de Balzac

    'La femme de trente ans' a été pour moi une découverte de l'univers balzacien, ou presque. Une belle découverte, assurément, assortie quand même de pas mal de surprises.

    En fait, à part 'La cousine Bette' que ma cousine, justement, m'avait offert un Noël il y a bien longtemps et qui m'avait, à mon grand étonnement, beaucoup plu, je n'ai jamais rien lu de Balzac. Pas envie, drôles de titres, trop classique, sûrement ennuyeux... voilà tout ce qu'il m'inspirait. Jusqu'à ce que je lise la biographie comparée écrite par Zweig : Balzac, Dostoievski, Dickens, Trois maîtres. Cette description de l'écrivain Balzac comme artisan besogneux cherchant jusqu'à l'obsession à caractériser les archétypes humains m'a mise en appétit... et j'ai encore faim de Balzac après 'La femmes de trente ans' !

    En fait, 'La femme de trente ans' est un livre un peu bizarre, plein de trous, d'invraisemblances et de changements de ton. Cela s'explique par son histoire : les 6 chapitres étaient au départ 6 textes complètement indépendants, ayant simplement en commun un même thème, celui de la femme passionnée et des difficultés qu'elle peut rencontrer... C'est apparemment pour des raisons pratiques de volume déjà composé que Balzac les a rassemblés, en changeant juste les noms des héros ! Étonnant, non ? C'est en tout cas le genre d'anecdotes qui me fait aimer un livre malgré ses petits défauts.

    Il y a en revanche une grande unité au sein de chaque chapitre, correspondant peu ou prou à chaque âge de la vie d'une femme : la jeune fille en fleur, la femme de trente ans, la vieillarde (je cite), l'épouse, la maîtresse, la mère... Les portraits successifs sont frappants de justesse et de précision, et prennent à rebours les clichés et la morale de l'époque. Là, on est pile dans ce que j'attendais et espérais de Balzac... mais en mieux !

    Bref, je suis tout à fait d'accord avec la thèse du livre, à savoir que 'La femme de trente ans' est bien plus passionnante qu'elle n'en a l'air...

    Critique de qualité ? (47 l'ont appréciée)




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